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A la une / Témoignage

Les lits de Crapouillou

Plus Crapouillou grandissait et plus je me posais des questions du genre : quand le passer dans un lit sans barreaux, à quel âge ? Comment faire ? Matelas par terre ou grand lit directement ? Couette, pas couette, oreiller, pas oreiller ? Et au moment où j’ai expérimenté tout ça, j’ai vu que beaucoup d’entre vous se posaient aussi ces questions. Alors c’est partit, voici la petite histoire des lits de Crapouillou !

La nacelle

Au commencement il y a eu le berceau de la maternité… qui finalement n’a pas beaucoup servi car une sage-femme m’a rapidement montré comment sécuriser le lit d’hôpital pour dormir avec mon bébé. Plus pratique pour l’allaitement. Et même si j’avais peur de l’écraser j’étais contente de garder cette proximité avec mon bébé, tout juste sorti de mon ventre et avec qui je venais de passer 9 mois de « symbiose ».

Arrivés à la maison, mon mari a bricolé une planche sur le bord du lit pour pouvoir continuer ce cododo. D’un côté c’était pratique et émotionnellement rassurant, mais d’un autre côté ça me dérangeait un peu ce partage du lit conjugal…et puis clairement on manquait de place !

Crédit photo : photo personnelle. La nacelle, bien usée par Crapouillou.

La journée il dormait dans sa nacelle. D’ailleurs je laissais la nacelle sur les roues, comme ça il était à hauteur pour nous, et ça permettait de le bercer pour l’endormir.

A 10 jours de vie nous sommes allés passer le week-end chez mes beaux-parents. Pas possible de bricoler une solution cododo pour deux jours donc on l’a mis dans sa nacelle pour la nuit aussi. La nacelle était placée sur ses roues, à proximité de notre lit.

Le soir, mon mari allait se coucher vers 22h lorsqu’il travaillait le lendemain matin. Moi je patientais dans le salon que Crapouillou s’endorme (enfin, dit comme ça on pourrait croire que je m’ennuyais… en vrai j’enchaînais tétées, chansons, bercements, et tout autres techniques pour arrêter ses pleurs et l’endormir !). Je ramenais la nacelle dans notre chambre une fois Crapouillou endormi (souvent entre minuit et 1h) et je me couchais. Pour être réveillée plusieurs fois dans la nuit ensuite, mais ça c’est une autre histoire !

Le lit à barreaux avec barreaux

A l’approche de ses 3 mois, à notre retour de vacances, nous avons installé Crapouillou dans son lit à barreaux, dans sa chambre. Était-ce le changement de lit ? Les longues heures de trajet ? Le retour à la maison après deux semaines d’absence ? La réadaptation à la vie en intérieur après notre séjour en camping ? Toujours est-il que pendant une semaine nous avons été réveillés toutes les deux heures. Moi qui ne voulais pas de tour de lit, nous avons rapidement craqué pour en acheter un, pensant que ça pourrait l’aider à se sentir en sécurité dans son lit à barreaux. Si tu me demande si ça a fonctionné je ne saurais même pas te répondre… comme plein d’autres parents nous avons testé mille et une solutions pour aider Crapouillou à faire ses nuits (mais c’est toujours une autres histoire !).

Donc il était dans son lit à barreaux, au niveau supérieur. Ce lit a trois niveaux. Je ne sais plus trop à quel moment nous avons baissé son lit d’un niveau, vers ses 6-7 mois probablement, quand il a commencé à s’accrocher et à se relever. Toujours est-il qu’on l’a rapidement passé au niveau le plus bas, lorsqu’un soir, alors qu’il était censé dormir, nous l’avons retrouvé debout, accroché aux barreaux, à faire le fou. Il devait avoir entre 8 et 9 mois je crois.

Le lit à barreaux sans barreaux

Lorsque Crapouillou a eu 17 mois nous avons déménagé pour une maison plus grande (en prévision de l’arrivée du bébé). Cela faisait un moment que je me demandais si on ne pourrait pas lui enlever les 3 barreaux amovibles de son lit pour lui donner plus d’autonomie.  Et puis éviter de le porter, car enceinte de 6 mois ça devenait compliqué de me baisser pour le récupérer au fond de son lit. Nous avions un peu peur qu’il ne reste pas dans son lit mais bon, il fallait bien tester ! Et parce qu’on aime bien cumuler les changements (au risque de cumuler les difficultés !) nous avons enlevé ces 3 barreaux le lendemain du déménagement.

Crapouillou était ravi de pouvoir entrer et sortir tout seul de son lit ! La première sieste et la première nuit se sont bien passées, Crapouillou n’a pas cherché à sortir tout seul de son lit. Au moment de le coucher il était tout content d’y rentrer seul  et c’est même devenu un rituel. C’est son papa, qui, quelques jours plus tard, lui a montré comment descendre tout seul de son lit. Au début il continuait d’appeler quand il était réveillé, puis il sortait tout seul quand on venait le chercher.

Jusqu’au jour où, un après-midi alors qu’il était à sa sieste, je l’ai retrouvé dans le couloir. J’en ai presque eu peur, de voir cette petite silhouette silencieuse, assise au milieu du couloir, doudous dans une main, turbulette dans l’autre et tétine dans la bouche ! Puis c’est devenu une sorte d’habitude : quand il avait fini sa sieste il venait me rejoindre ou m’attendait silencieusement dans le couloir. Mais ça ne l’a jamais empêché de faire des bonnes siestes.

J’avais juste une seule trouille : qu’il débarque dans notre chambre en pleine nuit. Parce que pour le coup j’en aurais hurlé de terreur ! Nous prenions donc bien soin de fermer sa porte le soir, tandis qu’elle était juste tirée pour la sieste. C’est donc régulièrement que le matin il nous appelait et qu’on le retrouvait coincé derrière sa porte.

Cette nouvelle liberté a eu un autre avantage indéniable. Crapouillou était ce genre de bébé qui pleurait beaucoup, et qui râlait pour tout (il continue de râler d’ailleurs !). Et donc ce genre de bébé à pleurer dès qu’il est réveillé. C’était devenu un signal d’alarme auquel il fallait répondre très rapidement. Dès qu’il a pu sortir de son lit tout seul, il ne pleurait plus (ou beaucoup moins). Il appelait. Et ça, ça change tout !

Le lit de grand

Et puis le bébé est arrivé. Et on savait qu’à partir de la naissance nous avions 4 ou 5 mois tout au plus pour passer Crapouillou dans un grand lit, afin de récupérer le lit à barreaux pour son petit frère. Il fallait la jouer fine pour pas qu’il ne se sente « dépossédé » de son lit, et trouver le juste milieu entre « tu es grand donc tu vas aller dans un lit de grand » et son besoin d’être encore petit.

Nous avons commencé à lui en parler, un peu comme ça, en passant. Mine de rien, il est à un âge où il intègre énormément d’informations et où il comprend tout (gare aux discussions censées être anodines avec ses petites oreilles dans les parages !). Et puis une fois, c’est lui qui nous en parle « lit bébé pour P’tit Matelot, Crapouillou lit grand ».

Un mois avant la naissance du bébé, ma belle-mère lui avait confectionné une couette de la taille du lit à barreaux pour lui apprendre à dormir avec une couette – et donc sans turbulette. Lui qui n’a jamais réussi à dormir sans turbulette (oui, même en pleine canicule il lui fallait la turbulette !), il n’a jamais voulu dormir avec sa couette.

Donc un samedi du mois de mars, alors que Crapouillou avait 22 mois, nous sommes partis en expédition à la ville (oui oui, on habite loin d’une grande ville avec ses grands magasins !) pour acheter un lit de grand. Dans le magasin il s’amusait avec les lits « atypiques » (style cabane, tipis, en mezzanine, etc.) pendant qu’on choisissait son lit, son sommier, son matelas, sa couette, son oreiller, ses draps. Eh oui, il en faut des choses pour faire un lit ! (Et un budget aussi…) Nous l’avons monté le lendemain matin, afin de commencer le premier dodo dans le grand lit par une sieste et non par une nuit (le spectre des nuits compliquées nous hante toujours !). Je m’attendais vraiment à un loupé, et qu’il ne s’endorme jamais. D’autant plus, qu’encore une fois nous avons multiplié les challenges et avons fait ça le week-end du changement d’heure. Mais non, encore une fois, Crapouillou nous a étonné : il s’est bien couché dans son grand lit, sans faire d’histoires, et a bien dormi dedans. Comme s’il avait fait ça toute sa vie. Nous avons pris le partit de lui faire confiance et de monter le lit sans passer par l’étape « matelas au sol », et de ne pas installer de barrières. Nous avons juste vérifié à l’achat que le lit n’était pas trop haut pour qu’il puisse réussir à grimper seul dessus.

Crédit photo : photo personnelle. Le nouveau lit de Crapouillou.

A l’heure où j’écris cela fait presque une semaine qu’il a son lit de grand. Une seule chute à déplorer pour l’instant : un soir vers 23h Monsieur Solex l’a retrouvé au sol, face contre terre, avec son oreiller, la couette encore bordée… à se demander comment il dort ! Ce matin il était sur sa couette, la tête aux pieds et les pieds et les mains bien froids donc on pense qu’il a dormi en partie sans couette. Mais ce n’est pas grave, la nuit prochaine on lui mettra des chaussettes et il finira bien par apprendre à rester sous la couette.

Pour l’instant on lui a pris un oreiller très plat. On passera à l’étape supérieure un peu plus tard, quand il sera bien à l’aise dans ce grand lit de grand et qu’il aura appris à rester dans le bon sens, sous la couette.

En attendant on a démonté le lit à barreaux pour éviter qu’il soit tenté d’y retourner. D’autant plus qu’il est prévu de mettre les deux enfants dans la même chambre, et donc le lit à barreaux serait resté dans la chambre de Crapouillou. On le remontera d’ici 2 ou 3 mois pour P’tit Matelot.

Quant à P’tit Matelot, pour l’instant il dort dans un lit de cododo, juste à côté de moi. Ainsi nous avons encore notre lit conjugal, notre espace, et en même temps les tétées de la nuit sont facilitées. Ce lit de cododo peut se refermer et tenir à priori jusqu’aux 6 mois de l’enfant. Il permettra donc de faire la transition lorsque nous passerons P’tit Matelot de notre chambre à celle de Crapouillou. En espérant qu’il ne se réveillera plus pour téter la nuit… mais ça c’est une autre histoire !

 

Et chez toi, ça s’est passé comment la transition du lit de bébé au grand lit ? 

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).