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A la une / Témoignage

Les suites de couches de ma césarienne (baby blues inside)

Les suites de couches : vaste expression qui me faisait paniquer lors de la préparation à l’accouchement ! J’avais très peur de ce qui allait se passer après : les saignements, la douleur, le corps post-grossesse… À ce moment, je ne savais pas que j’allais avoir une césarienne en urgence, donc j’écoutais religieusement les indications de ma sage-femme.

L’après-césarienne : sur le plan physique

Le lendemain de ma césarienne, la douleur physique se réveille doucement. C’est une sensation de tiraillement dans le bas du ventre, mais ça reste gérable pour l’instant.

Fatigue

Crédits photo (creative commons) : Mislav Marohnić

Une sage-femme vient pour m’aider à prendre ma douche. Elle me demande de me lever tout doucement et accompagne mes gestes. Je souffre terriblement. Je m’appuie sur mon porte-perfusion d’une main et sur la sage-femme de l’autre pour tenter de me mettre debout. Je marche en équerre comme une petite mamie, en traînant des pieds jusqu’à la salle de bain.

Je passe la journée à galérer pour passer de la position assise à couchée, et je dois solliciter les sages-femmes pour me donner ma fille, la mettre au sein ou lui changer sa couche : impossible de porter quoi que ce soit, y compris mon petit bébé…

Le lendemain, je me fais violence pour essayer de me lever toute seule. Doucement mais sûrement, j’y parviens. Puis, avec de la volonté et de la patience, je retrouve doucement mon autonomie : je peux prendre ma fille dans les bras et me doucher seule. On m’enlève enfin la sonde urinaire, car je retrouve l’envie d’uriner.

Les troisième et quatrième jours, le médecin insiste sur le fait que je dois « avoir des gaz », pour montrer que mon système digestif s’est réveillé de la césarienne. Il passe donc toutes les deux heures dans ma chambre, me donne des suppositoires et me demande de surélever les jambes pour faciliter les gaz.

Moment ultra glamour où j’ai les jambes sur la petite table de repas, avec à côté le médecin qui me demande comme d’habitude : « Vous avez eu vos gaz ? » Ouiiii, ça y est ! Sur le coup, j’étais terriblement gênée de tout ça, mais maintenant j’en rigole !

Le cinquième jour, je n’ai plus mal du tout. C’est comme si je n’avais jamais été opérée.

Enfin, le sixième jour, on m’enlève mes agrafes. Et là, je réalise : je ne savais même pas que j’avais des agrafes ! Je n’ai JAMAIS regardé ma cicatrice jusqu’ici (petit topo de ma découverte dans le chapitre suivant !). Tous les soins étaient faits par les sages-femmes. Le retrait des agrafes n’est absolument pas douloureux, je ne sens rien du tout.

Pour le reste des suites de couches, j’ai eu très peu de saignements. Seulement pendant une dizaine de jours, en fait. J’avais juste à faire attention à la cicatrisation de ma césarienne, en la séchant bien après la douche, et j’ai eu interdiction de prendre des bains pendant un mois.

L’après-césarienne : sur le plan psychologique

Si physiquement, les suites de ma césarienne se sont plutôt bien passées, il en est allé autrement de mon petit moral.

Déjà, je n’étais pas spécialement préparée à cette césarienne en urgence. Malgré les trente-six heures de travail, je n’ai pas l’impression d’avoir accouché. Quelle terrible sensation !

Ensuite, je me sens complètement diminuée :

  • en tant que femme : ma première douche est faite par une sage-femme, je ne peux pas bouger comme je le veux, je dois demander de l’aide pour aller aux toilettes.
  • en tant que mère : je ne peux pas prendre ma fille dans mes bras quand je le veux, pas m’occuper d’elle sans être accompagnée (les sages-femmes ont peur que je fasse un malaise).

Comme je te l’ai dit plus haut, je n’avais jamais regardé ma cicatrice avant qu’on m’ôte les agrafes. La sage-femme me laisse seule pour la découvrir. Mais je n’y arrive pas, j’ai l’impression d’avoir une balafre immonde ! Du coup, je prends une photo avec mon portable pour la découvrir indirectement.

Le choc ! C’est donc par là que ma fille est sortie ? Je vois physiquement mon accouchement et je fonds en larmes. Je déteste cette cicatrice, même si elle marque la naissance de mon bébé. Pourtant, elle est très « belle » : fine et symétrique. La sage-femme est très compréhensive et me la fait voir à nouveau avec un miroir.

Entre-temps, ma fille a attrapé une bactérie : elle doit rester sous antibio pendant sept jours. Mon retour à la maison est sans cesse repoussé. À chaque fois qu’on me dit que ce n’est toujours pas pour aujourd’hui, je m’effondre.

En plus de la douleur psychologique d’avoir été complètement étrangère à mon accouchement, de la perte d’autonomie des premiers jours et de cette cicatrice que je déteste, je dois supporter de voir mon tout petit bébé avec une perfusion et endurer des injections intra-musculaires deux fois par jour.

Je me force à rester forte pour ma fille, mais je pleure dès qu’il n’y a plus personne dans la chambre. J’hésite beaucoup à en parler, parce que j’ai peur qu’on me juge : je viens d’avoir un bébé, n’est-ce pas la plus belle chose qui soit ? Je garde tout ça pour moi, en espérant que ça ira mieux quand je serai à la maison…

Baby blues is back (épilogue)

En effet, de retour à la maison, je suis sur un petit nuage. Jusqu’à ce que, quatre jours plus tard, mon mari et moi amenions notre fille aux urgences, car elle a régurgité des glaires.

RAS aux urgences, sauf qu’ils remarquent que notre petite puce n’a pas repris son poids de naissance. Elle doit rester en observation. Sous le choc, je laisse mon mari aux urgences pédiatriques, pôle nourrisson, et file refaire une valise.

Lorsque je suis de retour aux urgences, le baby blues que je pensais loin derrière refait surface, comme un véritable tsunami. Je pleure TOUTE la journée et TOUTE la nuit. Mon mari est en panique, si bien que les infirmières me prennent ma fille toute une nuit pour que je dorme (mais elles me la ramènent à 3h du matin).

Nous restons trois jours et deux nuits en pédiatrie, où notre petite puce subit de nombreux examens. Tout est OK, heureusement !

De retour à la maison, le baby blues fait progressivement ses valises, à mesure que je prends conscience de mon rôle de maman.

J’ai fait l’énorme erreur de garder tout ça pour moi. Je ne veux plus jamais revivre autant de douleur enfouie. S’il m’a fallu plusieurs semaines pour voir à nouveau la vie en rose, je n’ai toujours pas digéré mon accouchement et ma césarienne.

Lors de ma visite post-accouchement, mon gynécologue m’a annoncé que je n’accoucherais jamais par voie basse. Étrangement, je m’y attendais et j’y suis préparée, maintenant.

Pour enfin faire la paix avec moi-même et avec cet accouchement que j’ai subi, j’ai demandé à l’hôpital le compte-rendu de mon accouchement et de ma césarienne. J’ai demandé à ma sage-femme de m’expliquer les termes médicaux. Et j’ai enfin découvert mon accouchement.

Et toi ? Tu as eu une césarienne ? Comment se sont passées les suites de couches ? Est-ce que tu as connu le baby blues ? Viens en parler…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !