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Lettre ouverte à mon fils


Publié le 25 mars 2019 par Doupiou

Mon petit Barbouille, tu as déjà un an et comme je l’avais fait pour ta grande sœur, je t’écris cette petite lettre ouverte.

Revenir sur une année est tellement difficile, j’ai l’impression que le temps est passé vite et lentement à la fois. C’est étrange.

Quand tu étais dans mon ventre, mon gynécologue m’avait dit que j’aurais bien moins le temps de me regarder le nombril que pour ma première grossesse. Il avait raison, aussi bien pour la grossesse que pour l’après d’ailleurs !

C’est comme si cette année, je n’avais pas suffisamment passé de moments avec toi. Pourtant tu avais cinq mois à ma reprise du travail mais passée cette étape, tout est allé très vite.

Quand tu étais dans mon ventre, tu es passé maître dans l’art de te cacher ! Tu roulais dans un coin de mon utérus à chaque échographie, tu te collais à ma colonne au moment des doppler (ce qui nous a valu quelques belles frayeurs quand le gynécologue ou la sage-femme ne trouvaient pas ton cœur) mais le summum reste cette position transversale dans laquelle tu t’es calé jusqu’à l’accouchement, quasiment. Chacun de tes mouvements étaient une vraie torture et la version pratiquée n’a pas fonctionné.

Cet accouchement. Programmé. La césarienne. Je t’expliquais la date à laquelle elle allait avoir lieu, je te racontais mon angoisse, je te préparais autant que moi je préparais aussi. Et puis non, cette date d’anniversaire, tu n’en as pas voulu. C’était la même que ton arrière-grand-père pourtant. Tu as préféré arriver avec encore plus d’avance de ce qui était prévu et c’est toi qui a choisi ton jour.

La suite, tu la connais. L’accouchement qui prend une tournure imprévue : cette anesthésie générale par surprise (autant pour toi que pour moi je crois) et notre premier regard échangé à mon réveil.

Tu étais beau, tes grands yeux noirs me fixaient. J’avais l’impression d’y lire : tout va bien maman, je suis sorti maintenant. Depuis combien de temps étais-tu né ? Aucune idée. Le choc était de te voir déjà emmailloté et nettoyé, et j’ai réalisé dans la douleur : je ne t’ai pas vu, ni entendu à la naissance. Je n’étais même pas là à ta naissance. Alors j’ai pleuré pendant des longues minutes pendant que tu partais en peau à peau avec papa. Je me suis excusée. Mais quelle mère j’allais être pour toi ? Je ne pourrais jamais te raconter si tu avais pleuré en sortant de mon ventre ou si tu étais bleu ou rose.

Mon fils, que les premiers jours ont été difficiles. Je voulais rentrer à la maison, te ramener dans le calme dans notre foyer, voir ta sœur, discuter avec papa. Je comptais les jours qui me séparaient de la sortie de la maternité. Malgré la douleur de la cicatrice fraîche, je courrais presque dans les couloirs pour rejoindre le parking au plus vite.

Une fois à la maison, tout était facile avec toi. Evidemment, les biberons nocturnes ne m’avaient pas manqués ! Mais tu étais un bébé très cool.

Même si tu n’avais pas l’exclusivité d’une maman comme PetitePerle a pu l’avoir, tu as en revanche bénéficié de mon expérience et de ma maturité. A quinze jours de vie, tu perdais du poids et tu as été hospitalisé, exactement comme ta sœur. Sauf que si j’avais pleuré toutes les larmes de mon corps il y avait deux an et demi de cela, avec toi j’étais complètement sereine à l’hôpital. Une petite larmichette pour la forme mais c’est tout !

crédit photo : Profile (Pixabay)

 

Je dirais que l’entrée à la crèche s’est bien passée. Je n’avais pas l’impression d’abandonner mon enfant contrairement à ce que j’avais pu ressentir pour ta sœur. L’expérience une fois encore ! Tu étais tout sourires avec les professionnelles qui s’occupaient de toi et tu t’es rapidement fait quelques copains.

La fin d’année a été difficile en terme de maladies. Je me suis faite à l’idée que ton asthme serait compliqué à gérer, une nouvelle hospitalisation m’a minée le moral et ce début d’infection pulmonaire était le pompon d’une longue série de maladies hivernales. J’espère que tu as fais des anticorps pour l’hiver prochain…

Bon sang, quel parcours peu positif je suis en train de décrire de cette première année… Et pourtant, tu es un enfant remarquable !

La malice se voit dans tes yeux, je fonds dès que tu essais de faire des câlins à ta grande sœur (comprends : lui arracher la moitié du visage !), tu adore jouer à cache-cache et tu voues un culte à l’aspirateur !

Ta sœur, parlons-en un peu. Je crois qu’il y a un lien réel et puissant qui vous uni. J’extrapole sûrement mais ce lien semble être plus fort que la fraternité. Quand vous êtes tous les deux à vous amuser, plus rien n’existe autour. Elle te place dans une bulle d’amour, s’inquiète pour toi et fait une grande sœur formidable. Je dois parfois la remettre dans sa position : elle est ta sœur, pas ta maman !

Mon fils, je t’aime d’un amour indescriptible. Tu as illuminé ma vie, tu as fait grandir tout l’amour qu’il y avait déjà dans cette famille. Tu as fait de moi une maman comblée et heureuse avec ses deux petits monstres !

Ton grand-père était aux anges d’avoir son premier petit-fils. Surtout le premier garçon dont l’issue de l’accouchement n’a pas été tragique. Tu as brisé la « malédiction ». Ces petits bonhommes dont le corps sans vie a été arraché aux entrailles de ma maman. Tu es une vraie fierté pour ton grand-père, ne lui en tiens pas rigueur, c’est son côté macho-italien ! Et qu’est-ce que tu lui ressemble !

Mon petit Barbouille, je sais que tu ne restera pas un bébé toute ta vie. Cette première année en est la preuve, je ne m’appelle plus mes enfants « bébé » dès leur un an. Je m’efforcerais de faire de toi un petit garçon bien dans ses bottes et respectueux. J’ai hâte de partager avec toi toutes ces belles années qui nous attendent.

Je te le dis régulièrement mais aujourd’hui je souhaite te l’écrire : je serais toujours là pour toi. Je ne serais jamais loin. Quoi qu’il se passe, tu pourras me faire confiance et me dire tout ce que tu veux.

La lettre ouverte que j’avais faite à ta sœur s’était terminée par une ouverture sur un éventuel autre enfant dans la famille. Ce ne sera pas le cas pour celle-ci.

Je terminerais simplement en disant, que je serais peut-être une horrible belle-mère ! Je serais très regardante sur tes éventuelles copines… Non je plaisante bien sûr ! Tant qu’aucune ne te brisera le cœur (sinon je lui briserais les genoux…)

Mon fils, mon Barbouille, mon C. d’amour : je t’aime

Ta Maman

Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Bibou15

Merci pour la douceur de si bon matin 🙂
ça me donne envie d’en écrire une pour mon fils.

Belle journée à toi <3

le 25/03/2019 à 10h14 | Répondre

Doupiou

Merci ! N’hésite pas à en écrire à ton petit ! C’est avec émotions que tu la reliras quelques années plus tard !

le 26/03/2019 à 08h52 | Répondre

Madame PMR

Wahou! J’ai versé une petite larmichette… Très beau texte! 🙂

le 26/03/2019 à 09h35 | Répondre

Mme Espoir

C’est une très jolie lettre très émouvante.

Et au moins, ta future belle-fille est prévenue de ce qui l’attend ! 😀

le 26/03/2019 à 09h54 | Répondre

Doupiou

Merci ! Oui ma future belle-fille sera validée selon des critères très stricts !

le 26/03/2019 à 10h56 | Répondre

Mère Renarde

C’est si touchant! Je ne trouv rien de plus beau qu’une maman qui s’adresse à son enfant.

J’ai également écrit une lettre à ma fille le lendemain de sa naissance. Je la lui ai mise dans le cahier souvenir de sa première année et je la lui donnerai quand elle sera plus grande.

le 26/03/2019 à 11h29 | Répondre

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