Menu
A la une / Récit d'accouchement

Bref, j’ai fini par accoucher


Notice: Undefined index: host in /home/nmagnouloux2/sites/dans-ma-tribu.fr/wp-content/plugins/ziofix-credit-picture-old/ziofix-credit-picture.php on line 32

Notice: Undefined index: host in /home/nmagnouloux2/sites/dans-ma-tribu.fr/wp-content/plugins/ziofix-credit-picture-old/ziofix-credit-picture.php on line 32

Notice: Undefined index: host in /home/nmagnouloux2/sites/dans-ma-tribu.fr/wp-content/plugins/ziofix-credit-picture-old/ziofix-credit-picture.php on line 32

Après neuf mois d’une grossesse un peu (beaucoup) pourrie, j’ai rêvé de ce jour, et il a été au-delà de mes attentes.

J’ai choisi d’accoucher dans l’hôpital dans lequel je travaille. Oui, tu as bien lu, tous mes collègues m’ont vue toute nue (bon, pas tous quand même !) et… je m’en fous. Je ne sais pas du tout si je suis pudique, j’aime préserver mon intimité, mais elle est passée largement au second plan dans ma décision d’accoucher dans mon deuxième chez-moi.

J’ai choisi d’accoucher dans une maternité non labellisée « amie des bébés » (je préfère celles qui sont amies de tous !), de niveau 2, en banlieue, alors que j’étais au départ destinée à accoucher dans un hôpital parisien de très bonne réputation. Pourquoi ? Tout simplement parce que celle que j’ai choisie est proche de chez moi, certes, mais aussi pas trop loin pour que ma famille puisse venir me voir (détail qui prendra son importance plus tard).

Women_giving_birth_IMG_1112-black

Crédits photo (creative commons) : Rama

Les conditions de mon accouchement, je les connaissais avant même d’être enceinte. Probable accouchement entre la 38 ou la 39SA, surtout si diabète pas clément. Or, j’ai un utérus cicatriciel, et même si les recommandations actuelles jouaient en ma faveur, les chances que je me mette en travail toute seule pour un premier accouchement avant la trente-huitième semaine d’aménorrhée restaient faibles, ce qui voulait dire dès le départ césarienne.

Personnellement, ça ne me gêne pas, tant que je sais quel produit on utilise et que le temps d’exposition du bébé est limité. De plus, avec mon gynéco de l’hôpital, on voulait partir sur une césarienne extra-péritonéale, du coup, j’étais en totale confiance.

Malgré cela, je te l’avoue, j’ai gratté au maximum pour repousser la date de la césarienne. On a donc attendu jusqu’à 39SA + 1, mais rien : aucune contraction, col fermé et bien haut.

J-1 avant la rencontre

On se rend à l’hôpital, on me fait les bilans, un dernier monitoring, une vérification de col (sait-on jamais ?), tout est en ordre pour la césarienne.

Je revois mon gynéco, qui m’annonce qu’au vu de la prise de poids du bébé entre l’échographie T3 et T4, il a peur d’une macrosomie fœtale et de difficultés à expulser le bébé. Il recommande plutôt une césarienne classique. Il nous recommande également de rentrer, et de profiter de cette soirée : on se revoit le lendemain à 7h.

On suit ce conseil, et on réserve une petite table dans un restaurant que l’on adore. On y passe d’ailleurs une excellente soirée, et mon repas m’a été offert par la maison étant donné mon accouchement imminent.

Le jour J

Mon mari se lève le premier, il est excité comme une puce ! Il est 6h, on a déjà eu un appel de nos mamans et de nos frères et sœurs (les seuls au courant, de toute façon !).

Moi, je suis bien plus zen. Même si j’angoisse toujours à l’idée de l’après-accouchement, je vis dans l’idée que les neuf derniers mois ont été tellement éprouvants que ça ne peut qu’être mieux.

En moins d’une demi-heure, tout est prêt.

Moi : Allez, on y va ?

L’homme : Bah, de toute façon, faudra bien qu’il sorte, hein !

On est accueillis aux urgences, j’y resterai jusqu’à mon entrée au bloc. Mon retour se fera par contre dans ma chambre, en suites de couches pathologiques.

Toute l’équipe est de bonne humeur. Je les connais tous, à part les deux internes et l’élève infirmier anesthésiste. C’est fou, mais ça rassure, de ne voir presque que des têtes connues.

On m’installe en salle, et une fois que je suis techniquée, l’homme me rejoint.

IMG_2754.jpgbis

Crédits photo : Photo personnelle

Chaque geste m’est expliqué. Franchement, je n’en demandais pas tant. Ils me parlent de ce qu’ils font. On nous demande le prénom. Tout le monde se moque de moi et de mes lubies au travail. On plaint l’homme qui me subit au quotidien.

Le haricot naît entre deux rigolades. Il va bien, crie fort, nous regarde d’un air dubitatif, puis se remet à crier. L’homme ne touche plus terre, il plane complet. Je ne suis pas sûre de l’avoir jamais vu plus béat.

Je glisse que vu que le bébé pète le feu, si on avait une couverture chauffante, je lui ferais bien la tétée d’accueil. Et là, j’entends un : « Bah, faites comme vous le sentez. »

Pardon ???

Je peux ?

Pour de vrai ?

Ni une ni deux, on va me chercher une couverture chauffante, et on me pose mon fils sur le haut du torse. On va donc avoir notre tétée d’accueil au bloc, je n’en reviens pas. Je plane moi aussi, je suis aux anges.

Aiiiieeee, mais p…, ça fait mal !!!

Le haricot a établi le contact avec mon sein, un contact particulièrement douloureux. Mais je m’en fous, j’ai eu ma tétée d’accueil. Elle n’aura duré que quelques minutes, elle m’aura fait p… de mal, mais j’en aurai eu une. J’ai l’impression d’avoir gagné au loto.

Il est temps d’aller faire les soins du haricot. Je rappelle tout de même à l’homme les instructions laissées aux soignants. Pas d’aspiration, aucun des soins qu’on a choisi de reporter, pas de tétine, et si hypoglycémie, je ne suis pas contre un complément, mais à la seringue uniquement.

On a le temps de faire les derniers selfies, puis mes hommes s’éloignent.

IMG_2507.jpgbis

Crédits photo : Photo personnelle

J’expire profondément. Pour l’instant, tout va bien, c’est un soulagement extrême.

Subitement, sans prévenir, mon corps se met à pleurer, mais sans bruit, sans même en informer mon cerveau. Un peu comme un robinet qui se serait ouvert tout seul. On me demande pourquoi je pleure, je n’en sais rien. Je pleure, c’est tout. On a beau me consoler, rien n’y fait. Je m’endors ainsi, avant même qu’on ait fini de me refermer, les yeux humides et le cœur léger.

IMG_2513.jpgbis

Crédits photo : Photo personnelle

Je crois que je viens d’avoir un enfant. Je suis maman, mon mari est papa. Haricot est enfin là, tu y crois, toi ? Moi, j’ai encore un peu de mal.

Et toi ? Comment s’est passée la naissance de ton enfant ? Était-elle aussi programmée un jour particulier ? As-tu choisi un hôpital que tu connaissais bien ? Quelles ont été tes premières réactions après l’accouchement ? Raconte !

A propos de l’auteur

Je suis une fille ( ça j'en suis sûre!), jeune ( faut le dire vite.) drôle ( oui, même si je suis la seule à rire ) Je suis enceinte de mon premier humain miniature, et je vis cette grossesse plutôt au jour le jour. Disons que comme il était pas prévu pour tout de suite, on a pas eu le temps de faire un power point avec plan détaillé. Je viendrais donc m'épancher ici sur cet état soi-disant merveilleux qu'est la grossesse.