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A la une / Récit de grossesse

Les petits et gros maux de grossesse

Cette grossesse tant espérée, j’avoue que je ne l’avais pas imaginée comme ça. Bien sûr, j’avais entendu cette expression, « petits maux de grossesse », mais clairement, je n’avais pas du tout du tout conscience de ce que ça pouvait représenter !

Certaines femmes vivent leur grossesse merveilleusement bien, ne se plaignent pas et recommenceraient tous les ans si elles voulaient douze enfants.

Personnellement, je suis ultra heureuse d’être enceinte, super fière de mon ventre (qui, cependant, ne va pas tarder à tenir plus de celui d’une mammouth enceinte que d’un joli ventre rond, mais bon…), mais alors tout ce qui va avec la grossesse, je m’en serais bien passé !

Il y a les symptômes que je connaissais et que j’ai eus, ceux que je connaissais et que je n’ai pas eus, et surtout, il y a ceux dont j’ignorais complètement l’existence.

C’est parti, sans filtre ! Et avec les maux, j’ai mélangé quelques effets secondaires plutôt cools.

gros ventre

Crédits photo (creative commons) : Jaron

Les symptômes auxquels je m’attendais et que j’ai eus

La fatigue des trois premiers mois

À ce stade, on ne parle pas de fatigue, mais limite de narcolepsie. Tu t’assois dans un canapé à 19h, et c’est bon, tu commences ta nuit.

Les nausées

J’ai été relativement épargnée, j’en ai eu, mais qui ne duraient jamais au-delà de quelques heures.

Les remontées acides

Quand tu prends du volume, tes organes se déplacent et peuvent empêcher la « valve » qui ferme ton estomac de se fermer correctement. Du coup, l’acidité de ton estomac remonte dans ton œsophage. Et ton œsophage, bah, il est pas content.

Je ne me plains pas, ça ne m’arrive que rarement.

Les migraines

Le rapport entre le mal de tête et ton utérus occupé ? Aucun, mais tant pis, t’as mal à la tête quand même. Pendant des heures, sans que le paracétamol ne fasse aucun effet.

Elles ont fini par passer toutes seules. Avant que ça ne s’arrête complètement, je réussissais à les combattre avec paracétamol + homéopathie (sepia universalis 9CH).

Le changement de qualité de la peau

Ça, apparemment, c’est quitte ou double : certaines femmes se retrouvent avec des boutons et une peau moche, d’autres, au contraire, rayonnent littéralement.

Moi qui ai une peau assez nulle d’habitude (40 ans, déjà des rides, mais encore des boutons), je n’ai pas eu un seul bouton depuis quatre mois, et depuis le début de cette grossesse, on m’a dit que j’avais bonne mine dix fois plus souvent que dans les cinq années précédentes.

Les symptômes auxquels j’ai échappé (pour le moment)

Le « syndrome du neurone unique »

Il semble que souvent, les femmes enceintes oublient tout, n’arrivent plus à réfléchir, cherchent leurs mots, ce genre de choses.

Dans l’ensemble, je ne m’en sors pas trop mal de ce point de vue. J’ai bien remplacé quelques mots, genre « twitter » par « flipper » (« Moi, j’ai un compte flipper, mais j’y vais pas souvent… »), mais c’est super rare. J’ai une copine qui en une après-midi nous a dit « permis de conduire » au lieu de « permis de construire » et « table à repasser » au lieu de « table à langer ». Son cerveau place le premier mot qui vient, apparemment. C’est marrant, mais dix fois par jour pendant plusieurs mois, ça doit être un poil relou.

Les vergetures

J’avoue que ça m’inquiétait pas mal, cette histoire de vergetures sur le ventre. J’ai vu des photos sur internet de grandes traînées toutes roses, et ça m’a bien fait flipper.

Du coup, avant même d’avoir du ventre, j’ai commencé à me tartiner matin et soir un mélange que j’ai fait moi-même à base de beurre de karité et d’huiles végétales (avocat, germe de blé et inca ischia), le tout bio. À 7 mois de grossesse et un ventre digne d’une femme sur le point d’accoucher, je n’ai aucune vergeture.

La ligne de poils sur le ventre

La pilosité peut se développer temporairement entre le pubis et le nombril, ainsi qu’autour des mamelons. J’ai échappé à ça, et je n’en suis pas mécontente, j’avoue.

Les hormones qui mettent le bordel dans tes émotions

Je ne passe pas trop mon temps à pleurer devant les pubs pour les couches-culottes, et je n’engueule pas trop mon mari. J’ai dit « pas trop ».

Les envies de femme enceinte

Pas d’envies de fraises, de cornichons ou de hamburgers à répétition pour moi. Par contre, j’ai eu du mal à manger de la viande pendant un moment. Ça va un peu mieux.

La grosse patate du deuxième trimestre

Alors là, s’il y a bien un symptôme que j’aurais voulu avoir, c’est celui-là. Celui qui est mentionné dans tous les guides : à la fin du premier trimestre, terminés le coucher avec les poules et les nausées, tu « débordes d’énergie ».

Oui oui oui, bien sûr. Je suis dans mon cinquième mois, je dors onze heures par nuit et je fais deux heures de sieste. Qu’est-ce que ce serait si je ne « débordais » pas « d’énergie » ??

Et le meilleur pour la fin…

Les symptômes auxquels je ne m’attendais pas

Les rêves tout bizarres

Je ne savais pas que quand tu étais enceinte, tu te mettais à rêver comme une dingue.

Moi, avant, je rêvais rarement. Là, je rêve toutes les nuits de trucs tous plus cons les uns que les autres. Pas du tout au sujet de ma grossesse, d’ailleurs, ça peut parler de n’importe quoi. Par exemple de cette amie, que je devais mettre sous perfusion d’houmous dans l’espoir d’un effet thérapeutique que je cherche encore.

Le mal de ventre permanent

J’ai passé les trois premiers mois de ma grossesse à avoir mal au ventre. Ça m’a valu quelques visites aux urgences… Et puis, au bout d’un moment, je me suis fait une raison : cette grossesse me faisait mal au ventre, tout le temps, et c’était comme ça, ça ne voulait rien dire. Ça s’est arrêté vers le quatrième mois.

La tachycardie

Le pouls à 120 (ce n’est pas une estimation, ce sont les mesures prises aux urgences), alors que ça fait dix minutes que tu es assise dans la salle d’attente, c’est super sympa. Le cœur qui bat la chamade au moindre escalier, l’essoufflement au moindre effort, et ce dès le début de la grossesse, je ne savais pas que ça faisait partie du package.

Le bas du dos coincé dès les premières semaines de grossesse

Pour une raison inconnue, mais bienvenue, c’est parti au quatrième mois.

La constipation

Pourtant, c’est un symptôme qui touche a priori toutes les femmes enceintes. Tes intestins sont comprimés, ils arrêtent de bosser. À toi l’eau d’hépar, le jus de pruneau, et autres solutions naturelles.

Personnellement, je n’en ai trouvé aucune qui fonctionnait vraiment. Au ventre qui grossit à cause des bébés, je dois donc ajouter cette impression que je vais exploser. Super sympa.

Les malaises vagaux

Deux possibilités : le malaise allongée (oui oui !) : tu es allongée sur le dos et tu commences à te sentir toute bizarre. Forcément, tu restes couchée, mais c’est de pire en pire : tu ne sens plus tes jambes, plus tes bras et tu as envie de vomir. Se pratique dans son lit, sur la table de l’échographie, chez l’ostéo, partout où tu es sur le dos. Ce n’est rien, ce n’est pas grave, tu es juste en train d’écrabouiller ta veine cave avec toi-même. Tourne-toi simplement sur le côté gauche, ça va passer tout seul.

Autre option (moi, j’ai pris les deux) : le malaise debout. Peut te prendre quand tu piétines dans la file d’attente ou, dans mon cas, à chaque fois que tu as l’idée saugrenue de marcher. Tu fais vingt mètres à pied, et pouf, bras et jambes tout mous, et menace de tomber dans les pommes. Parfois, juste être debout est trop difficile. Tu peux donc finir à quatre pattes dans ta douche (parce qu’assise, t’es pas sûre de pouvoir te relever).

La contraction permanente en position debout

À partir du quatrième mois, à peu près quand le mal de ventre est parti et a été remplacé par les malaises, j’ai commencé à avoir le ventre ultra contracté dès que j’étais debout. J’ai d’abord pensé que c’était ce qui provoquait mes malaises, mais ceux-ci ont fini par disparaître, au bout de trois semaines à peu près. En revanche, j’ai gardé cette contraction du ventre.

Certaines femmes, quand elles restent debout longtemps, disent : « Ça commence à tirer un peu… » Moi, ça tire très fort, tout de suite, tout le temps. Et ça me coupe les jambes parfois, alors je dois m’asseoir. Ma salle de bain et ma cuisine sont désormais équipées d’un tabouret pour faire des pauses. J’ai visité la mosquée de Cordoue en fauteuil roulant, et parcouru les allées d’Ikéa et du musée de l’Homme avec le même moyen de transport. J’ai quasi arrêté le métro et je calcule précisément mes déplacements. C’est ce qui a fait que j’ai été arrêtée dès mon quatrième mois de grossesse : les trajets pour aller travailler étaient vraiment trop éprouvants.

Au moment où j’écris, j’en suis à mon sixième mois. Je n’ai sans doute pas fini d’explorer le monde merveilleux de la grossesse ! Sache tout de même que ça peut aussi très bien se passer : j’attends des jumeaux, j’ai 40 ans, ça ne doit pas aider.

Et puis, tout ça, ce ne sont que des « maux », petits ou plus gros. Ce ne sont pas des maladies ou des complications qui me font craindre pour ma santé ou pour mes bébés. Je ne suis pas alitée, je ne menace pas d’accoucher prématurément, je n’ai pas de diabète gestationnel, d’hypertension ou d’énormes jambes (symptômes que j’ai oublié de lister plus haut).

J’ai de la chance, j’en suis consciente, mais bon sang, la grossesse, moi, je trouve ça dur !

Et toi ? Qu’as-tu eu comme effets secondaires de la grossesse ? Tu t’attendais à tout ? Y en a-t-il auxquels tu as échappé ? Dis-nous !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !