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A la une / Récit de grossesse

Mon tout début de grossesse gémellaire : ne pas s’emballer !

Je t’ai raconté la dernière fois comment j’avais commencé à comprendre qu’il se passait quelque chose à la fin de mes vacances, ce qui avait été confirmé par un test à mon retour.

J’ai bien sûr fait une prise de sang dès le lendemain matin, attendant fébrilement non pas le résultat positif/négatif, puisque je savais qu’il serait positif, mais le taux d’hormone de grossesse. Serait-il tout faiblard comme en janvier, lorsque j’avais fait une fausse-couche dès les premiers jours ? Vu mes symptômes (je n’en avais aucun en janvier), je me doutais qu’il serait plus important. Mais quand j’ai vu ce fameux taux, je n’en ai pas cru mes yeux : il crevait littéralement le plafond !

Et ça, ça peut être le signe qu’on attend des jumeaux ! En effet, les deux embryons font augmenter l’hormone de grossesse, et donc le taux est deux fois plus important. S’il est individuellement bas, multiplié par deux, il ne dépasse pas les niveaux normaux (les fourchettes sont larges), mais s’il est individuellement haut, multiplié par deux, il s’envole !

On peut aussi avoir un taux très haut sans attendre des jumeaux, ce n’est pas une science exacte, attention. Mais bon, dans mon cas, deux embryons implantés et un taux très élevé, il y avait de fortes chances pour que ce soit ça !

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Crédits photo (creative commons) : Jill M

Et puis, je dois te le dire, je l’espérais fortement. Car à mon âge avancé, comme je te l’ai expliqué, il devient beaucoup plus compliqué d’avoir un enfant. Avoir le premier à 40 ans après deux ans de FIV, ça laisse peu d’espoir (voire aucun) pour un deuxième ! Notre seule chance d’avoir deux enfants, c’était de les faire d’un seul coup !

Les résultats étaient donc très encourageants, et la joie et le soulagement auraient dû être là.

Sauf que voilà, il n’est pas vraiment possible de passer deux ans en PMA, de faire une fausse-couche à 5 semaines suite à une grossesse naturelle, et de ne ressentir que du soulagement et de la joie quand le test de grossesse est positif. C’est surtout le souvenir de la fausse-couche qui revient au grand galop. Dès lors, le mot d’ordre devient : « T’emballe pas ».

Dès que l’espoir devient trop grand, la conversation, trop enthousiaste, ou l’imagination, trop fertile, hop, la petite voix est là pour dire : « T’emballe pas. »

T’emballe pas avant la première échographie prescrite par le service PMA, à 5 semaines de grossesse.

T’emballe pas, parce que si cette échographie montre bien deux embryons avec chacun un cœur qui bat, les mesures ne correspondent pas à la date de conception : ils sont trop petits.

T’emballe pas pendant une semaine, en attendant une seconde échographie.

T’emballe pas, parce que si la seconde échographie montre qu’ils ont bien grossi, tu as quand même mal au ventre tout le temps.

T’emballe pas, parce qu’avant 12 semaines, les fausses-couches restent tout de même fréquentes.

Et je te mets pas la pression, hein, mais cette grossesse, c’est ta troisième FIV. Si elle s’arrête, il ne te restera plus qu’une seule tentative… Et puis le médecin a bien dit qu’une ou deux fausses-couches pouvaient être « normales », mais qu’il s’inquiéterait à partir de la troisième. Soit celle-ci, si ça s’arrête…

Ton innocence, tu l’as perdue l’année dernière, quand ta première grossesse, celle qui contenait toute ta naïveté, ton enthousiasme sans arrière-pensée, ta joie sans ombrage, s’est arrêtée. C’est comme ça, tant pis pour l’innocence !

Tu as dans ton ventre deux petits embryons qui ont l’air de s’accrocher, il va falloir apprendre à leur faire confiance. Ça prendra des mois, mais tu y arriveras.

Et toi, qu’as-tu ressenti au début de ta grossesse ? Étais-tu confiante ou craintive ? As-tu pu vivre les choses sereinement ? Raconte-nous…

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !