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A la une / Vie de maman

J’ai détesté allaiter

Je t’ai raconté à quel point c’était galère de gérer les coulées de colostrum pendant la grossesse. Eh bien, figure-toi que l’allaitement a été PIRE !!

Avant la naissance de ma Petite Fleur, je perdais donc déjà beaucoup de colostrum. Du coup, à sa naissance, j’avais ce qu’il fallait.

En remontant du bloc, on me l’a collée au sein. Elle a eu du mal à attraper mon téton, qui ne prenait pas la bonne forme. On a donc tenté avec des bouts de sein en silicone, et c’était génial : elle attrapait bien et je n’avais pas mal.

Quand c’était encore du colostrum, tout allait bien : elle tétait, et j’avais la bonne quantité à lui offrir.

Allaitement et excès de lait

Crédits photo (creative commons) : Heather Williams

Mais ma montée de lait est arrivée. Tintintin !!! (Comme dans les films, le moment où tout a basculé.)

J’avais du lait, aucun doute là-dessus ! Mes seins coulaient en permanence, qu’elle tète ou pas. Les vannes étaient ouvertes. Je mettais des coques pour récupérer le lait qui coulait, elles étaient pleines en une demi-heure. Si elles débordaient ou bougeaient, mon soutien-gorge et mon tee-shirt étaient inondés.

J’ai passé des journées entières à la maternité à enlever mon soutien-gorge, le faire sécher au sèche-cheveux, enfiler le deuxième, qui était trempé au bout de vingt minutes, le sécher au sèche-cheveux, renfiler le précédent qui était encore humide, et ainsi de suite… L’horreur !!

Les sages-femmes étaient dépassées : elles sont plus habituées aux femmes qui n’ont pas assez de lait qu’à l’inverse. L’une d’elles m’a dit : « Vous pourriez nourrir quatre enfants sans problèmes ! » Une autre m’a dit : « Arrêtez de vous plaindre, il y en a qui n’arrivent pas à nourrir leur enfant ou qui ont mal. » Peut-être, mais à ce moment-là, je n’en avais rien à faire, des autres ! Mes seins occupaient toutes mes pensées et mes journées. Ils demandaient plus d’attention que mon bébé, qui dormait.

Rentrée à la maison, ça a continué. J’ai arrêté les coques, qui stimulaient mes seins, et je suis passée à une solution assez radicale : je vivais avec des torchons pliés en six dans le soutien-gorge. Torchons que je changeais toutes les deux heures… Et en plus, je me vidais les seins au-dessus de l’évier quand Petite Fleur dormait.

Je me suis renseignée pour donner mon lait, mais le lactarium ne venait pas jusque chez moi pour les collectes… Alors, j’ai mis en place un système : pendant que Petite Fleur tétait à un sein, je plaçais une bouteille avec un entonnoir sous l’autre sein, et je récoltais du lait, que je congelais ensuite. J’avais l’impression d’être une vache laitière…

Une sage-femme m’avait donné une « solution » pour diminuer la quantité de lait : faire deux tétées de suite sur le même sein et vider l’autre. Ainsi, les seins auraient dû produire moins. Je n’ai pas trop vu de différences, mais j’ai continué de le faire.

Je ne pouvais pas sortir de chez moi, j’étais trempée, fatiguée, déprimée…

Et outre mon malaise, cet afflux de lait avait une autre conséquence : le débit était tellement important qu’il ne se passait pas une tétée sans que Petite Fleur ne s’étrangle. Ça arrivait trop vite, trop fort. J’ai cru que j’allais la tuer à plusieurs reprises, quand elle toussait à ne plus pouvoir respirer pendant plusieurs secondes.

J’ai très mal vécu tout ça, et mon mari m’a souvent retrouvée le soir en train de pleurer… Allaiter était plus une contrainte qu’un plaisir.

Au bout d’un mois, j’ai décidé d’arrêter, et je suis passée progressivement au biberon. D’abord des biberons de mon lait, puis des biberons de lait artificiel. Petite Fleur a très bien vécu cette transition, puisqu’elle était déjà habituée aux tétines avec mes bouts de sein en silicone. Mes seins se sont très vite taris, et tant mieux !!

C’était plus cool pour elle, elle ne s’étouffait plus, j’étais plus détendue. Et moi, j’y trouvais beaucoup plus de plaisir qu’avec le sein. Je pouvais l’admirer pendant qu’elle buvait, sans avoir peur qu’elle ne s’étouffe. Et après le biberon, on faisait un câlin pour le rot (oui, parce qu’avec le sein, elle ne rotait pas).

Aujourd’hui, j’aime toujours autant lui donner le biberon et la câliner pour le rot. Alors non, je n’ai pas honte de le dire : j’ai détesté allaiter, mais j’adore donner le biberon !!

Et toi ? Si tu as allaité, comment se sont passés tes débuts ? Avais-tu trop de lait également ? Ou au contraire pas assez ? Es-tu finalement passée au biberon avec soulagement ? Raconte !

A propos de l’auteur

Je suis une passionnée d'histoire, de dessins animés et de pâtisserie. Après avoir quitté la région parisienne, je vis dans une maison en province avec mon mari, nos deux chats et Petite Fleur. C'est une petite fille gentille et malicieuse qui illumine chacune de nos journées.