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Petit mode d’emploi pour l’entourage des couples en essais bébé depuis longtemps

J’ai fait partie de celles qui ont trouvé le temps long. Très long. Quatre longues années, avant de pouvoir mettre au monde le petit morceau de bonheur que nous attendions tant.

Nous avons fait le choix de parler relativement ouvertement (ouvertement = à la dizaine d’amis les plus proches ainsi qu’à nos parents et frères et sœurs) de notre parcours de PMA. D’abord parce que ça évite les gaffes (enfin, c’est ce que nous pensions naïvement à ce moment-là !), mais aussi, et surtout, parce que c’était une période importante de notre vie, que nous n’avions pas l’intention de passer sous silence une fois bébé parmi nous. Enfin, le cours des événements a fait que nous avons eu besoin de soutien et de réconfort, et nous étions soulagés de pouvoir partager cela avec eux.

Mais qui dit « plein de gens au courant » dit « plein de gens qui essaient tant bien que mal de trouver les mots ». Et malheureusement, ce n’est pas facile, dans ce genre de situation…

Oh, je ne leur jette pas la pierre, je n’aurais sans doute pas fait mieux à leur place ! Mais du coup, je me suis dit que j’allais essayer d’en tirer du positif : je t’ai compilé un petit medley des phrases à éviter, et de ce que tu peux dire à la place.

chaussons de bébé

Crédits photo (creative commons) : Iris

« C’est parce que vous y pensez trop. »

Pourquoi c’est nul :

Parce que c’est ultra culpabilisant ! (Tu essaies de tomber enceinte et tu sais pas contrôler chacune de tes pensées ?! Non mais allô quoi !)

La tête contrôle beaucoup de choses, c’est vrai. Mais, il s’agit d’une décision qui modifie des habitudes profondément (on ne ricane pas) ancrées : jusque-là, on avait toujours tout fait pour NE PAS que ça arrive. Maintenant, on fait tout POUR que ça arrive. Et on voudrait ne pas y penser ?! Mais il n’y a rien de plus naturel !

Alors oui, parfois Murphy fait que ce que tu attendais tant te tombe dessus au moment où tu t’y attendais le moins. Et parfois pas. Et tu ne le contrôles pas, ce satané Murphy. (Si je le tenais, celui-là… !)

À dire à la place :

Comme toute situation qui implique une part de hasard, il est plus sain de ne pas s’arrêter de vivre en attendant que le projet bébé se réalise.

Tu peux faire comprendre ça gentiment à ton ami(e)/voisin(e)/collègue/cousin(e) avec des propositions ouvertes, telles que « Vous ne voudriez pas faire une pause, en profiter pour partir en voyage ? Ça vous ferait changer d’air ! » ou « Et si tu mettais ce temps à profit pour parfaire ta culture cinématographique/te mettre au tricot/préparer ton mariage/faire du sport… ? ».

« Profitez-en, vous verrez, après ce n’est plus pareil ! »

Pourquoi c’est nul :

C’est bien simple : parce que si le couple a pris cette décision, c’est justement qu’ils ont envie que ce ne soit plus pareil !

D’ailleurs, on n’a pas encore trouvé le moyen de faire des stocks de sommeil, de silence, de bonne humeur, d’air pur, de bains moussants et autres pédicures, de sorties entre potes ou de tendresse conjugale… *Aparté : à tout hasard, si tu as un tuyau pour les réserves de sommeil, j’ai quelques copines intéressées…*

De manière générale, dénigrer quelque chose qu’une autre personne désire ardemment, ce n’est ni très gentil, ni très poli, même si c’est pour lui remonter le moral !

À dire à la place :

Là encore, invite ton interlocuteur à profiter de ce temps pour faire des choses qu’il ne pourra pas faire de la même façon pendant les quelques mois qui suivent l’arrivée de bébé, sans pour autant lui noircir inutilement le tableau – parce que ça peut même être un immense bonheur, l’arrivée d’un bébé !

« Mais vous êtes jeunes, vous avez le temps ! »

Pourquoi c’est nul :

Parce qu’une envie d’enfant, ce n’est pas une question d’âge. Certains sont prêts à 20 ans, d’autres ne le sont pas à 40.

À dire à la place :

Rien. Ou plutôt si : juste « Je croise les doigts pour vous, je suis sûre que vous ferez de bons parents ».

« La nature sait ce qu’elle fait. » ou « C’est que ce n’est pas le bon moment. »

Pourquoi c’est nul :

Il y a déjà suffisamment de hasard dans la conception d’un enfant (Murphy, oui oui, toujours lui) sans y rajouter en plus une dose de volonté supra naturelle qui déciderait de façon totalement injuste qui a un enfant à quel moment !

À dire à la place :

L’empathie fonctionne bien mieux que la minimisation : « Je comprends que tu trouves le temps long… La vie ne fait pas toujours bien les choses. Je croise les doigts pour vous ! ».

Je suis sûre que ça va marcher !

Pourquoi c’est nul :

Bah… comment tu le saurais ? Madame Soleil, sors de ce corps !

À dire à la place :

Tu peux proposer ton soutien à la personne : « Je souhaite de tout cœur que ça marche », « je croise les doigts pour vous », voire, si tu es croyante, tu peux proposer de glisser une petite prière pour que ça aille plus vite… ça fait toujours plaisir.

J’ai une amie/voisine/collègue/cousine qui a mis du temps aussi, mais ils ont un/deux/trois beaux enfants maintenant.

Pourquoi c’est nul :

Ça a beau être vrai (Dieu merci, il y a encore des gens qui finissent par y arriver !), moi, ça ne me réconforte pas du tout de savoir que Machine-truc-muche y est arrivée et pas moi. Et puis qu’est-ce qu’on en sait, d’abord, de la vie de Machine-truc-muche ? Est-ce que le problème avait la même origine, est-ce que c’était au même degré ?

À dire à la place :

Si tu souhaites évoquer l’expérience de personnes que tu connais, tu peux proposer : « Je connais un couple qui a aussi traversé une épreuve semblable. Peut-être que ça te ferait du bien d’en parler avec eux ? »

Oh un an, c’est rien ! J’ai une amie/voisine/collègue/cousine qui en est à sa 7ème FIV en 8 ans !

Pourquoi c’est nul :

Parce que ça ne rassure pas du tout. Bien sûr, il y a toujours des gens dans une situation pire que la nôtre, mais est-ce que ça rend la nôtre plus facile pour autant ?

À dire à la place :

« Je comprends que ça vous semble long. »
« Je vous souhaite que ça marche très vite et que la médecine n’ait pas à s’en mêler/que vous n’ayez pas à refaire d’autres tentatives de sitôt. »

Ne t’inquiète pas, la médecine fait des miracles, aujourd’hui !

Pourquoi c’est nul :

Là encore, c’est tout à fait vrai – merci la médecine ! Mais ton interlocuteur le sait probablement déjà… Par contre, il préfèrerait peut-être ne pas avoir à recourir à la médecine et/ou se demande peut-être s’il ne fera pas partie de ce petit pourcentage de gens pour qui la médecine ne peut rien – la faute à Murphy.

À dire à la place :

« Je vous souhaite de ne pas avoir à recourir à la médecine. » ou « Je vous souhaite qu’on trouve vite le moyen de vous aider ».

Et l’adoption, vous y avez pensé ?

Pourquoi c’est nul :

Si on ne t’en a pas encore parlé, c’est probablement que ce n’est pas encore envisagé pour le moment.

À dire à la place :

Pose des questions plus ouvertes, qui peuvent éventuellement mener à évoquer l’adoption, mais pas obligatoirement : « C’est quoi, l’étape d’après ? », « vous vous êtes fixés une échéance ? ».

Tu devrais perdre du poids/te mettre au sport/arrêter de fumer/mieux manger

Pourquoi c’est nul :

Parce que c’est culpabilisant et sous-entend que la personne ne fait pas réellement tous les efforts pour mettre toutes les chances de son côté. D’ailleurs, si le couple a déjà consulté, il y a de fortes chances que la question ait déjà été abordée avec le médecin. Et puis au fait : de quoi je me mêle ?!

À dire à la place :

Là encore, les questions ouvertes sont tes amies : « Vous avez parlé de vos difficultés à un médecin ? Vous a-t-il donné des conseils d’hygiène de vie ? ».

En fait, bien sûr qu’on essaie de se consoler en se disant qu’il y a pire que soi, que les miracles existent, qu’il suffit d être patient… mais ça n’empêche pas de flipper. Et dans ces cas-là, ce qu’on attend de quelqu’un à qui on confie notre désir d’enfant, ce n’est pas qu’il tente de nous rassurer avec ces généralités, mais juste une écoute attentive et de la compassion.

Et toi, c’est quoi les trucs les plus pénibles et énervants que tu as entendu pendant l’attente ? Qu’est-ce que tu aurais préféré qu’on te dise ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

34 ans, citadine mais avec des envies d'ailleurs, maman d'une petite princesse née en mars 2014, passionnée de photo, un peu bavarde, un brin insouciante, beaucoup spontanée, grande paresseuse organisée... j'essaie toujours de voir le positif in life!