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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement express et presque parfait

La journée avait été d’une affligeante banalité. Comme tous les samedis, nous étions allés faire des courses pour la semaine au supermarché. Nous avions déjeuné, puis je m’étais installée sur le canapé devant un navet, alors que mon mari geekait sur son PC.

En fin d’après midi, ma sœur nous a proposé d’aller au parc avec mon neveu et mon beau frère. Bien sûr, traîner ma carcasse et mon ventre de dix kilos s’avérait de plus en plus compliqué, mais au moins la chaleur avait décidé de se faire la malle (pour mon plus grand plaisir). Le mari de ma sœur souhaitait que l’on se fasse un petit resto, mais ma sœur préférait que l’on reste chez eux. Du coup, on est passé au supermarché prendre des trucs pour le soir (dont une Tourtel Twist citron qui me faisait trop envie).

Crédit photos (creative commons) : Sanjasy

Le début des hostilités !

18h30 : on se cale devant la télé le temps que mon beau frère passe un coup de fil et prépare les pâtes bolognaises.

18h45 : je ne suis pas très à l’aise dans la position que j’ai prise sur le canapé et je demande à ma sœur si elle peut me céder sa place sur la méridienne.

J’ai quelques contractions non douloureuses, les mêmes qui m’avaient inquiété à 33 SA et qui avaient décidé de se stopper comme elles avaient débuté à partir de ma 37e SA. Bref rien de neuf sous le soleil !

Je commence à m’installer et à positionner une serviette au cas où, comme je le fais habituellement depuis ma 37e SA. Avant de m’installer et parce que je sais qu’une fois bien calée, je serais bien incapable de bouger, je dis à mon mari que je vais quand même aller aux toilettes avant !
Après avoir uriné, j’entends trois « ploc » et je sens que j’ai fissuré ma poche des eaux (j’ai fais ça très proprement, pas une goutte hors des toilettes). 

On rentre donc chez nous très rapidement. Pendant que mon mari descends les sacs et valises dans la voiture, je décide de prendre une douche (on m’a bien dit que la suivante pourrait être plus ou moins éloignée en fonction de l’accouchement). En me rhabillant, je ressens ma première contraction de travail. Aucun doute là dessus, comme on me l’avait si souvent répété, en effet on sait que cela en est une !

19h15 : on part pour la maternité. C’est certain, la prochaine fois que nous seront chez nous, ce sera avec notre bébé.

Je mesure mes contractions dans la voiture, elles sont assez fortes et bien régulières toutes les 3 min. J’arrive assez bien à les gérer en me concentrant sur mon souffle ! J’ai peur et je suis excitée à la fois.  Mon mari n’arrête pas de râler car il trouve que le trafic est très mauvais.

Cela se précise !

19h30 : on arrive à la maternité et je suis prise en charge tout de suite.

Après les formalités administratives, la prise de tension et de température, on me demande le récurrent test pipi ! Sauf que un, je n’ai pas du tout envie de faire pipi. Deux, il m’est très difficile de faire pipi dans un gobelet avec mon bide. Trois, il faut que je vise entre les contractions ! Une fois revenue de ce périple, je retrouve la sage femme en salle d’examen. Elle me demande de me déshabiller pour qu’elle m’examine. Je vide une partie de la poche des eaux sur mes pieds en enlevant mon legging. Dans un grand moment de honte, j’ai vidé l’autre partie de ma poche en écartant les jambes pour l’examen du col.

Verdict de la sage femme, dilatation à 4 ! Bon ben, on va en salle de travail !
Elle me demande si je souhaite la péridurale tout de suite. Je lui réponds que les contractions sont supportables et que par conséquent, je souhaite attendre un peu.

En salle de travail, on m’installe tout le tralala habituel et je demande à me mettre sur le côté (la pire idée que j’ai eu !). Durant toute la grossesse, j’ai eu des difficultés à être sur le dos, aussi, je ne me voyais pas accoucher dans cette position.

Sauf que sur le côté, les contractions deviennent complètement ingérables. Je me mets à hurler. Je dis à mon mari que cette enfant sera fille unique ! Du coup, la sage femme qui repassait pour voir comment ça allait, m’indique qu’elle appelle l’anesthésiste pour la péridurale. J’acquiesce complètement dépassée par la douleur. Heureusement, une super auxiliaire de puériculture vient m’aider à respirer. Elle a ensuite coaché mon mari, qui du coup, assure comme un chef.
L’anesthésiste arrive assez rapidement et heureusement, les contractions sont toujours plus difficiles à gérer.
Sauf que tout ne se passe pas comme prévu, une fois posée. Il me demande de m’allonger et j’appréhende cette position pour les contractions. Et en fait, ben j’aurais peut être dû la prendre direct ! Seulement, il y a un retour de sang dans ma péridurale et donc, cela prend un peu de temps avant que tout fonctionne correctement.

21h30 : je commence à sentir les effets de la péridurale. Je ne ressens plus la douleur juste la sensation de contraction. On m’examine le col, dilatation à 7 (du coup je comprends mieux les douleurs).
Mon mari et moi nous discutons tranquillement et il regarde l’intensité des contractions quand je lui demande.

22h : nouvel examen du col, dilatation à 9 ! Cela progresse !

23h : dilatation complète ! Youpi, je me dis que c’est bon ! Mais on m’indique qu’on va attendre deux heures pour laisser le bébé descendre dans le col. Débute donc la période que j’ai trouvé la plus longue. On essaye de se reposer un peu tous les deux en attendant. Je stresse un peu que quelques chose ne se passe pas bien.
Mon mari pense que je suis seule dans le service ! On aura confirmation qu’en fait oui, je suis bien la seule patiente et qu’en plus on nous trouve particulièrement sympathiques. Du coup, tout le monde veut absolument participer à mon accouchement.

Le dénouement

1h00 : on m’installe et c’est parti !!!
Ma super auxiliaire de puériculture, m’aide pour les poussées. Je pousse du mieux que je peux, mais la tête ne sors pas. En fait, je ne sens que très peu les contractions qui ont diminué en intensité et sont assez espacées. L’interne est appelé pour m’aider.

Je pousse, mais je m’épuise et je fais de la tachycardie à chaque poussée ! L’interne pose une ventouse qui au final ne tient pas et je finis par arriver à sortir la tête moyennant une petite aide via une épisiotomie. Je n’ai pas le temps de réaliser que déjà mon mari me dit que Petit Bourgeon est magnifique et on me la tend pour que je l’attrape ! Un des moments les plus émouvant de toute ma vie !

Il est 1h37 et je suis devenue la maman d’une adorable petite fille !

Comme je suis toujours la seule patiente, je suis recousue avec énormément de soin. Tout le monde plaisante ! J’ai trouvé l’équipe hyper sympa ! Et la super auxiliaire de puériculture s’est occupée des premiers soins de ma fille.

Après la tétée d’accueil et deux heures de surveillance post péridurale, je suis enfin transférée dans ma chambre.

Il est 4h30 quand on m’apporte un petit repas et 5h quand mon mari rentre à la maison pour un repos bien mérité, tandis que je m’endors en regardant ma fille.

Comment était ton accouchement ? Tu en gardes en bon souvenir ?

A propos de l’auteur

Je suis une jeune femme trentenaire, mariée qui vit à Paris par nécessité professionnelle. Depuis juin 2017, je suis la maman comblée d'une adorable petite fille. Je suis quelqu'un de dynamique (mais pas pour le sport). J'aime les séries télé surtout américaines (même les plus débiles), la lecture, les mangas, la musique sous toutes ses formes (et là encore même les plus débiles !) et les jeux de société.