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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement : la suite… ou quand mon utérus s’est mis en grève !

La dernière fois, je t’ai raconté mon accouchement… Enfin, il en manque un petit bout.
On dit que l’accouchement est en trois phases : la dilatation, la poussée et la délivrance (qui consiste en l’expulsion du placenta).

Dans mon dernier article, je me suis arrêtée à la sortie de notre bébé…

La découverte de notre bébé

J’ai donc mis au monde mon bébé… ma petite fille !

Nous avions gardé la surprise du sexe.
Mais tout le monde ou presque nous disait que nous allions avoir un garçon.
Et au début de ma grossesse, j’avais l’impression que ce serait un garçon… Je crois que le fait que nous ayons le prénom garçon depuis longtemps alors qu’on a galéré à se mettre d’accord sur un prénom de fille a joué dans l’idée de se projeter plutôt avec un garçon.

On s’est donc fait surprendre en découvrant que c’est une fille.
C’est d’ailleurs ce que je dis en premier en voyant notre enfant, « it’s a girl! » puis, « mon bébé, mon bébé… » – je le répète en boucle quand on me la pose sur moi.

Je ne pleure pas (moi, la madeleine, j’étais pourtant sûre que j’allais pleurer). Je ne suis pas prise par une grande vague d’amour. Mais j’ai l’impression d’être dans un état simple, naturel de bien-être… et toujours un peu dans un état second que j’ai ressenti pendant toute la phase de poussée.
Je regarde ma fille, je regarde mon mari et tout me parait naturel.

Crédits photos : Raphael Goetter

Après quelques minutes, l’amoureux coupe le cordon qui ne bat plus.

La délivrance

Rapidement, la sensation de poussée me reprend pour expulser le placenta. C’est rapide et facile avec l’aide de la sage-femme. Je garde ma fille sur moi pendant ce temps…

Le placenta sorti, la sage-femme vérifie qu’il est complet.
Elle me demandait si je veux le garder.
L’idée de l’enterrer dans le jardin et de planter un arbre au dessus m’a traversé l’esprit à un moment de ma grossesse – c’est ce qui arrive quand on lit pleiiiin d’articles de « hippies » autour de la naissance ; sauf que l’amoureux m’a regardée bizarrement quand je lui ai suggéré pendant ma grossesse, et puis, bon, détail qui a son importance, nous n’avons pas de jardin !
Je décline donc.
Mais elle me demande si je veux le voir ; je suis curieuse donc je dis oui et elle me présente donc mon placenta. Je l’observe puis revient rapidement me focaliser sur ma petite fille.

Ces minutes après la naissance sont précieuses.
Je n’ai pas encore remis mes lunettes, je viens de vivre un moment unique et intense, je suis sans doute baignée d’hormones, tout est doux et brumeux… Ma fille est toujours sur moi et nous la regardons émerveillée.

Quand les choses se compliquent…

Alors que nous sommes encore le regard curieux penchés sur notre enfant, la sage-femme s’active en bas… Et ce n’est pas très agréable.

Au bout d’un moment, elle me dit qu’elle va appeler la gynécologue car je continue de perdre du sang. C’est expliqué de manière calme et claire, je ne panique pas, je suis toujours focalisée sur mon bébé.

La gynéco arrive, se présente, me dit qu’elle va regarder d’où vient le sang que je perds.

J’ai beaucoup aimé que (conformément à mes souhaits), on est pris le temps de toujours m’expliquer ce qui se passait.

La gynéco commence à son tour à farfouiller en bas. Je tente encore de ne pas y prêter attention sauf que ça fait sacrément mal. Vivre les contractions et sortir mon bébé sans péri, c’est une chose, mais je n’ai plus la force de supporter la douleur à ce moment-là et je commence à me tortiller de douleur.
Rapidement donc, la gynéco me dit « ok, ça continue de saigner et nous ne voyons pas d’où ça vient pour le moment, mais comme on vous fait mal, nous allons vous emmener au bloc pour vous endormir, trouver d’où vient l’hémorragie et résoudre le problème »

Quand je raconte cette épisode, les gens me demandent si j’ai eu peur… Et on a du mal à croire que j’ai un si bon souvenir de mon accouchement avec ça.
Sauf que :

  1. pour moi, ce n’est pas directement associé à mon accouchement, j’ai eu cette belle expérience que je te racontais la dernière fois, puis une demi-heure pour faire la connaissance de mon bébé…
  2. Je n’ai pas eu peur non plus parce qu’il n’y avait pas de panique dans la pièce, pas de cri, pas de personne qui se presse, pas de regard inquiet…
    J’ai eu l’impression qu’on a géré de bout en bout, j’étais au bon endroit, entourée de professionnels compétents et bienveillants qui ont fait leur métier au mieux en respectant mes souhaits autant que possible.

Hémorragie de la délivrance

J’ai donc fait une hémorragie de la délivrance.

Pendant la grossesse, le placenta est composé de vaisseaux sanguins qui alimentent le cordon ombilical et donc le bébé. Ces vaisseaux sont alimentés par des artères à l’intérieur de l’utérus. Après la délivrance (l’expulsion du placenta), ces artères doivent se refermer progressivement pour ne plus saigner. Ce mouvement est créé par la rétractation de l’utérus.

Donc pour résumer, mon corps ayant déjà bien bossé (travail rapide, expulsion sans complication du bébé puis du placenta), a dû trouver que c’était déjà beaucoup lui demander. Donc paf, mon utérus a décidé de se mettre en grève, il n’a pas fait son dernier boulot qui consistait à se rétracter pour arrêter l’hémorragie.

J’ai perdu 2,2 litres de sang (détail que je n’ai eu que le lendemain).

La suite…

Au bloc opératoire, on m’a demandé 3 fois mon nom, prénom, date de naissance, si j’avais des allergies et si j’avais déjà été opérée (pas de visite pendant la grossesse avec l’anesthésiste ici), on m’a endormie avec un masque.

Autres détails que je n’ai eus que plus tard : pendant que j’étais sous anesthésie générale, on m’a mis un espèce de ballon de baudruche rempli d’eau dans l’utérus pour l’obliger à se contracter et on m’a perfusé de l’ocytocine.
Ils en ont profité pour recoudre la mini-déchirure que j’ai eu d’un point.

Moi, ce dont je me rappelle c’est que je me suis réveillée dans une salle de réveil dans la pénombre, j’étais un peu sonnée… Je n’ai pas vu que j’avais une sonde urinaire et deux perfusions et je ne ressentais pas vraiment de douleur alors qu’on me demandait plusieurs si la douleur était supportable. Sur le moment, je n’ai pas cherché à vraiment savoir ce qui m’était arrivé…
Non, parce que m’ont tout de suite rejoint les deux amours de ma vie, mon mari et ma fille. On m’a donné cette dernière, on me l’a mise au sein, et j’étais juste une maman comblée.

Les jours qui ont suivi ont été plus compliqués, je reviendrais te les raconter. Mais vraiment, je n’associe aucun ressentiment, aucune peur, aucun regret à ce qui s’est passé pendant et après mon accouchement.

Bien sûr, que je me suis posé la question de ce qui ce serait passé si j’avais accouché à domicile… Ça aurait sans doute été une bien plus grande panique puisqu’on aurait du me transférer en urgence à l’hôpital.

Bien sûr quand au rendez-vous post-accouchement, la gynéco m’a expliqué que pour le prochain accouchement, il me faudrait aller forcément à l’hôpital et avoir une perfusion dès le début, « au cas où ça se reproduirait », j’étais un peu triste. Ça veut dire faire une croix en partie à mon accouchement de rêve

Apparemment, ce qui m’est arrivé se produit dans 6% des accouchements. La faute à pas de chance. Mais bon, à côté de cela, tout le monde n’a pas la chance d’accoucher dans un pays où ce genre de problème n’est plus mortel. Et à plus petite échelle même, tout le monde n’a pas la chance d’accoucher en moins de 4h, d’en garder un super souvenir et d’avoir un bébé en bonne santé et disons-le même, une petite fille tellement parfaite qu’on se demande avec l’amoureux comment ce petit être peut venir de nous !

Et toi, tu as eu des complications après ton accouchement ? Tu as eu l’impression d’être bien entourée par le corps médical ? Raconte !

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com