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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement : notre petite bulle à trois.

Ca y est, mon bébé est né . On demande à l’amoureux s’il veut couper le cordon et je me reconcentre sur le reste. Mon bébé. La puéricultrice me félicite, me dit qu’il est bien beau comme bébé mais qu’il n’est pas si gros que ça, que je m’en faisais pour rien. Elle l’essuie un peu et va le peser. « ah, mais vous avez vu ? ». « vu quoi ? ». « Ce que c’était. »

Ah non. Ça m’était sorti de la tête. On va enfin savoir le sexe ! Elle tend le bébé façon Rafiki et … « C’est un garçon ! ». On a un bébé. On a un garçon. Je regarde l’amoureux. Il est heureux. Je suis heureuse. Tout va bien. La puéricultrice le reprend et le pose sur la balance. Une fois. Elle redémarre la balance et le repose. Deux fois. Elle finit par demander à l’amoureux de venir. « Mon amour… 3,970kg ». Je ris. Pour un « petit » bébé, 4kg, c’est pas mal !

On me dépose mon petit garçon contre moi et je regarde son petit visage de poupon. Qu’il est beau… Il pleure et cherche mon sein. Bien sûr, il n’arrive pas à téter tout de suite, ce qui nous fait rire. On est bien. L’amoureux caresse la joue de ce petit être, ma joue, m’embrasse. Il est heureux et je suis bien.

4 peau à peau

La sage femme me demande de pousser encore un peu. Ah oui, c’est vrai. La délivrance. Sauf que euh… Je ne sais pas faire. Je ne retrouve plus cette sensation de gène qui me faisait pousser. Je ne ressens plus rien. La péridurale ou les émotions ? Je ne sais pas. Mais je me retrouve bête à ne pas savoir quoi faire. J’essaye, elle me guide mais rien à faire. Je suis perdue et ne sais pas comment faire pour pousser. Elle arrête d’insister et passe à autre chose.

La puéricultrice en profite pour préparer le petit bracelet de Cookie. « Et alors, ça va être quoi son prénom ? ». Je regarde mon bébé, je regarde l’amoureux. On se fixe un instant et en un sourire, on sait. « Gabriel. Il s’appelle Gabriel ». Ca me fait tout drôle de le dire comme ça, à voix haute, pour la première fois. On a un bébé, un petit garçon.

Après s’être enquis de l’orthographe exacte du prénom, elle me guide pour la mise au sein. On réussit et il tête enfin. Quelle douce sensation. Je ne saurai même pas expliquer le mélange de sentiments qui m’assaillent à ce moment. Fatigue, fierté, amour ? Surement un peu de tout ça.

Je réussis enfin à pousser et à « sortir » cette fichue poche placentaire. La sage-femme m’explique qu’elle va devoir me recoudre à deux endroits mais que c’est pas grave. A vrai dire, je m’en fiche. Mon esprit est totalement ailleurs. Sauf que je suis finalement assez contente d’être anesthésiée pour la partie couture de mon intimité !

Les deux femmes finissent par nous laisser tous les trois faire connaissance. Mon bébé contre moi en peau à peau et l’amoureux qui tient ma main. On en profite pour échanger quelques mots émus. Et je lui tends mon téléphone. Il sait ce qu’il doit faire. Il compose le numéro de ma mère, attend qu’elle décroche et déclame « la grosse a explosé, je répète la grosse a explosé ». Il raccroche aussitôt et j’explose de rire. Cette phrase, c’est celle que mon grand-père par alliance a dite à ma grand-mère quand ma propre mère a accouché. On ne pouvait choisir de meilleurs mots pour annoncer la nouvelle à ma mère. Bien sûr, elle a rappelé aussi sec et a tenté d’en savoir plus (ce à quoi l’amoureux a seulement répondu que c’était un garçon et qu’on rappellera plus tard pour les détails). J’ai, quant à moi, envoyé un SMS à ma sœur et ma belle-soeur. Un simple « coucou tata ! » efficace. Puis, nous avons éteint nos téléphones et sommes restés ensemble, les uns contre les autres.

J’ai dû m’endormir quelques minutes plus tard puisque je n’ai aucun souvenir du reste. Nous sommes restés tous les trois, dans notre bulle pendant 3h. Puis, l’amoureux et la puéricultrice ont habillé notre Cookie. Autant dire qu’on a même pas tenté la taille naissance. Direct le 1 mois. Puis, nous sommes revenus dans notre chambre. L’amoureux a tenu à faire du peau à peau, donc on a placé notre fils tout contre lui, dans le fauteuil à côté de mon lit. Je les ai regardé, tendrement pendant presque une heure, pendant laquelle, mes deux hommes se sont endormis. J’étais frustrée, on m’avait interdit de me lever sans aide et je n’avais rien d’autre pour m’occuper. J’aurais aimé atteindre mon Ipod, un livre ou quelque chose. J’ai fini par sonner (ce qui a reveillé l’amoureux) pour aller aux toilettes. L’aide-soignante avait peur que je tombe dans les pommes, ce qui est fréquent apparemment. Mais non, je tenais très bien sur mes deux jambes. Et dès cet instant, j’ai gambadé un peu partout.

5 peau à peau Ben

Le peau à peau avec papa

J’ai missionné l’amoureux d’envoyer un message à nos proches pour annoncer la nouvelle. Je t’en fais part puisque j’ai ri en apprenant quelques jours plus tard la teneur dudit message. « On est à l’hopital, tout va bien ». Voilà ! Sa cousine et sa tante l’ont donc harcelé de messages pour en savoir plus. En même temps, son message était plutôt…. énigmatique. Il ne disait ni si j’avais accouché ni rien du tout d’ailleurs. De mon côté, j’ai envoyé une petite photo à mes copines chroniqueuses et à mes copines (qui avaient passé l’après midi à me harceler parce qu’elles étaient persuadées que j’avais accouché). Gagné d’ailleurs. Mais en même temps, les filles, on était le jour du terme hein …

On a posé Cookie dans son berceau, non sans l’avoir regardé pendant de longues minutes et pris en photo 12000 fois. On est parents. Ca y est.

Cookie aura attendu le jour du terme. Il ne voulait pas être en avance, ni en retard. Et surtout, il s’est décidé de lui-même, sans qu’on l’aide. J’ai eu un accouchement parfait. Douze heures exactement se sont écoulées entre la rupture de la poche des eaux et la venue au monde de Cookie. Je suis fière d’avoir porté un aussi beau bébé, de l’avoir aidé à naître comme ça. Je suis fière d’avoir faire tout le travail sans péridurale, même si j’ai une petite pincée d’amertume pour avoir cédé. Je suis fière de l’amoureux qui, malgré sa hantise du sang et des hopitaux, est resté près de moi coûte que coûte, qui m’a encouragé, m’a soutenu et ne s’est pas évanoui (même si je sais qu’il en a vu beaucoup plus qu’il ne voulait). Je suis fière de nous, en tant que couple et parents. Je suis heureuse.

Nous sommes le dimanche 24 avril 2016 et je suis devenue maman.

Crédit photo : toutes photos personnelles 

 

Et toi ? Comment s’est passé les premiers moments avec ton bébé ? Est-ce que vous avez été surpris ? Est-ce que ton amoureux a lui aussi envoyé des messages codés à vos proches ? Est-ce que tu as mitraillé de photos ton bébé ? Raconte !

A propos de l’auteur

26 ans, mariée depuis quelques mois, en couple depuis six ans et maman d'un bébé chat et d'un bébé (plus si bébé) Cookie né en avril 2016, je suis prof de français pour migrants, optimiste, bordélique, passionnée de voyages, de contes, de cuisine et de tout ce que essayer de faire avec mes dix doigts, je fatigue (légèrement) mon entourage. Mais c'est souvent pour la bonne cause ! Pour me contacter : Instagram : @djawene Email : freesiabdv@gmail.com