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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement pas si programmé -Partie 2

Nous sommes à quinze heures de travail.

La gynécologue de garde de la veille prend une petite pause dans ses consultations pour venir me voir. Elle comprend que les choses ne se passent pas comme elle l’aurait souhaité mais me dit de ne rien regretter!

On tente le tout pour le tout

Les heures passent. Une sage-femme vient me voir toutes les deux heures pour faire le point et m’aider à changer de position.

Elle me fait tester toutes les positions censées être les plus efficaces pour faire appuyer la tête du bébé sur le col. Et ça fonctionne ! Bébé appuie bien … mais le col ne s’ouvre toujours pas !

Après vingt heures de travail, la sage-femme me fait une petite séance de sophrologie pour aider encore le travail à être efficace.

Elle laisse passer deux heures. Si dans ce délai rien n’a bougé, on file au bloc.

Je comprends que l’issue sera à nouveau la césarienne et même si j’y suis préparée, je m’étais tellement fait rêver avec une voie basse que je fonds en larmes. Mari Barbu me dit d’y croire encore ! Comme d’habitude, il est d’un soutien sans failles.

C’est donc sans surprise que la sage-femme fait son retour, accompagnée de l’anesthésiste et de la gynécologue de garde. Elles me demandent toutes comment je me sens. Étonnamment, je me sens soulagée : ma rencontre avec Barbouille est proche et je n’ai aucun regrets !

Elles me disent d’attendre puisqu’il y a une césarienne en urgence avant moi. L’anesthésiste, que je surnommerais « affectueusement » la Charcutière me pose un second cathéter avec une douceur très relative. Elle m’injecte sans ménagement toute sorte de produit et me dit qu’elle reviendra me chercher quand le bloc sera prêt. J’attire son attention sur le fait que mon mari n’est pas équipé pour m’accompagner. Réponse de la Charcutière : ah non il ne vient pas. Pour les césariennes en urgence c’est non ! On n’a pas le temps de gérer les papas !

Mon sang ne fait qu’un tour et je lui dis que ce n’est pas vraiment une urgence, que la gynécologue avait dit oui. Pas le temps de discuter, la Charcutière a déjà passé la porte.

Mari Barbu est vraiment déçu mais ne le montre pas tandis que je m’effondre. Puis vient le temps de la colère ou j’insulte copieusement cette horrible femme. Ça me défoule… Alors qu’on vient me chercher, je tente une dernière fois de négocier mais je ne suis pas en position de force, Mari Barbu restera dans la salle de travail…

Crédit photo (creative commons) : Engin_Akyurt

Ça devait bien se passer

J’arrive au bloc complètement sereine. Une petite dizaine de personnes s’affairent à me mettre à l’aise : couverture chauffante, petite discussion avec l’infirmier.

Je me sens étrangement zen. On fait les tests d’usage de la péridurale et on commence à me badigeonner le ventre. Je sens les petits coups de pinceaux qui me chatouillent. Puis je fais quand même remarquer à l’équipe que je vois toute l’intervention par l’intermédiaire du miroir de la lampe au-dessus de ma tête ! Ils avaient oublié de mettre le champ vert pour cacher ! On rigole bien !

Et puis l’opération commence. Je sens ce qui se passe mais je n’ai pas de douleur.

Soudain, la gynécologue écarte les tissus et j’hurle de douleur. Personne ne comprend. Je dis que j’ai vraiment très très mal. Tout le monde fait une pause, on m’injecte une dose de morphine.

Dès la reprise j’hurle à nouveau de douleur. Je manque de défaillir. Je vois les visages paniqués de l’équipe médicale. Je peux complètement bouger les jambes ! La péridurale ne fait plus aucun effet alors que j’ai le ventre ouvert ! Un sénario de film d’horreur !

Je sens un masque sur ma bouche et trou noir.

Lorsque je me réveille, je suis fraîche comme une rose et plaisante comme si rien n’était avec l’infirmier à qui je demande une bière ! Je sens une légère tension dans le bloc et la gynécologue balance : votre petit garçon à bien pleuré !

Euh…pardon ? Je ne suis plus enceinte ? Mon bébé est né ? Il est où ?

Une sage-femme me montre immédiatement mon fils déjà emmailloté et avec un bonnet. Il ressemble traits pour traits à sa grande sœur. Je pleure en lui souhaitant la bienvenue et en le couvrant de bisous puis il repart faire du peau à peau avec papa.

En salle de réveil pour deux heures, j’ai la chance que la sage-femme accepte de venir avec Barbouille et Mari Barbu car il y a peu de patients et je suis seule dans un coin. Je peux donc faire la tétée d’accueil tranquillement !

Ce n’est qu’après que je réalise que je n’ai pas vu, senti ou entendu mon fils naître. Je pleure beaucoup et je m’excuse auprès de mon bébé de ne pas avoir été à la hauteur. La sage-femme commence à pleurer elle aussi et m’explique que je n’ai pas le droit de dire ça. Ce qui c’est passé n’était pas de ma faute.

Je retrouve peu à peu l’usage de mes jambes et on me remonte dans ma chambre avec mon mari et mon fils.

Je suis épuisée mais comblée !

Et toi ? As-tu accouché sous anesthésie générale ? Comment s’est passé la rencontre avec ton bébé ? Dis-nous tout !

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !