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A la une / Témoignage

L’allaitement, ce n’est pas qu’une affaire de motivation !

Avant d’accoucher, j’étais certaine que je voulais allaiter. Un choix motivé par la proximité avec bébé que ça implique, évidemment, mais aussi par la transmission d’anticorps et de toutes les saveurs des aliments de saison que je pourrais avaler. Mais je ne m’étalerai pas sur ce point, car je trouve qu’allaiter, c’est un désir très personnel et intime, au final.

Sauf que tout ne s’est pas passé comme prévu lorsque petit prince est né… Allez, je te raconte mon parcours du combattant… que je ne regrette absolument pas !

Les difficultés de l'allaitement

Crédits photo (creative commons) : Cordelia Naumann

Les débuts

Tu te souviens de mon séjour « horrible » à l’hôpital ? Mon ressenti est venu en partie du fait que je n’avais pas été aidée pour l’allaitement. Petit prince arrivait à téter, mais il avait beaucoup de mal à prendre un de mes seins, et surtout, il s’endormait.

Eh oui, c’est l’inconvénient d’avoir eu un accouchement très long : bébé était sans doute très fatigué. En outre, je n’ai pas accouché d’un très gros bébé, par rapport à sa taille. Peut-être que ça a joué aussi sur son état de fatigue ?

Quoi qu’il en soit, il aura mis deux semaines à réussir à téter sans s’endormir. J’entends par là : sans stimulation du type chatouillis dans le cou, sur le ventre, sous les pieds… En plus, je me suis aidée pendant dix jours de bouts de sein, qui ont permis à petit prince de s’habituer au sein qu’il aimait le moins. Ils ont aussi limité considérablement les crevasses.

Bref, quand je suis rentrée à la maison, j’étais confiante. Petit prince arrivait à téter et il avait repris du poids à l’hôpital avec un allaitement exclusif. J’avais juste donné un biberon de transition une nuit, car ma montée de lait tardait un petit peu !

Le retour à la maison

Nous avons continué tranquillement le sein les premiers jours. Sauf que… quand la sage-femme est venue nous voir deux ou trois jours après le retour à la maison, bébé avait perdu du poids.

Avec le recul, pas tellement. En effet, il est normal qu’un bébé perde du poids après sa naissance. Il faut seulement que la perte ne soit pas trop importante (au point que le bébé s’épuise), et que l’enfant retrouve son poids de naissance dans les dix jours après celle-ci.

Mais la sage-femme m’a alarmée. Sans doute à tort, après avis de la PMI et du pédiatre. Je suis certainement passée trop rapidement aux compléments, pour pallier ce soi-disant manque de lait. Je te laisse imaginer ma frustration : au bout d’une semaine, je me retrouvais donc en allaitement mixte.

La douche froide… et la déception

Trois semaines après mon accouchement, je me suis rendue à l’évidence : je n’avais pas assez de lait.

La faute à qui ? Je ne sais pas… J’ai essayé de trouver des coupables : l’hôpital qui ne m’avait pas aidée, la sage-femme qui m’avait alarmée, le fait que je ne me reposais pas assez, notamment parce que je passais des examens professionnels quelques semaines après l’accouchement…

Il y a un fait avéré : c’est que ma poitrine n’a pas été assez stimulée lorsque j’ai eu ma montée de lait ! Eh oui, j’ai toujours produit du lait, mais pas assez… Le tire-lait n’a pas fait grand-chose là-dessus et ne m’a pas permis d’augmenter ma lactation (ou très peu), alors qu’il paraît que c’est le cas pour de nombreuses femmes. En fait, je trouvais surtout cette machine douloureuse et un peu « dégradante ». Mais bon, elle m’a quand même permis de récupérer du précieux lait !

Pour te dire à quel point je voulais que ça marche, le premier mois, j’ai fonctionné de la manière suivante : tétée, puis complément, puis tirage de lait pendant vingt minutes (pour pouvoir le donner en complément lors d’un prochain biberon…). Oui, je sais, c’est compliqué ! Chaque réveil de nuit durait en moyenne une heure et demi avec tout ce rituel…

Mais je voulais vraiment que ça fonctionne ! C’est frustrant quand ton bébé tète bien, cherche le sein… et que tu n’as pas assez de lait ! J’ai donc cherché des solutions…

Les solutions pour stimuler ma lactation

En désespoir de cause, j’ai appelé des associations, et j’ai obtenu un rendez-vous avec une conseillère en lactation un mois après mon accouchement. Je précise que j’avais d’abord demandé des conseils à la PMI, à la pharmacie… et que tous les avis se contredisaient. Donc un conseil : suis ton instinct.

À l’hôpital, on me demandait d’enlever mon fils du sein, car un bébé ne pouvait pas téter plus de trente ou quarante minutes, dixit les auxiliaires. Pour être honnête, je voulais continuer à allaiter malgré cet avis. Mon fils aimait bien dormir cinq minutes, puis se remettre à téter… et avec du recul, je me dis que c’est peut-être pour ça que je n’ai pas eu assez de lait… Comme il s’endormait et que je ne le laissais pas assez au sein, il ne stimulait pas assez mes seins !

Bref, je suis donc allée voir une conseillère en lactation. Premier constat : j’avais un bébé génial, qui tétait super bien malgré la mise en place de l’allaitement mixte dès 1 semaine !

Elle m’a proposé trois solutions :

  • La solution naturelle : tisanes, gélules de fenugrec et homéopathie (ricinus communis).
  • La solution issue des services de néonatologie, le dispositif d’aide à la lactation (DAL), qui consiste à faire passer un petit tuyau alimenté par un biberon dans la bouche de bébé quand celui-ci tète au sein. Cette solution est très pratique pour nourrir suffisamment les bébés qui ont du mal à téter, tout en stimulant la lactation, car ils continuent à téter malgré le complément.
  • La solution médicamenteuse : la dompéridone.

J’ai testé les deux premières, étant fermement opposée à la solution médicamenteuse, alors que j’aurais eu plus de garanties d’avoir une lactation suffisante grâce à ce médicament.

C’est un anti-vomitif, dont l’effet secondaire est de stimuler la lactation. Sauf que, selon plusieurs études, ce médicament peut provoquer des troubles cardiaques chez les nouveaux-nés. Normalement, il n’y a pas de risque quand il passe par le lait de la maman, mais ça m’a refroidie direct. J’étais ultra motivée, mais pas au point de faire quelque chose de contraire à mes principes. Je ne suis pas fan des médicaments : je n’en prends que quand c’est vraiment nécessaire !

Les deux premières solutions ont pas mal fonctionné, en particulier le fenugrec. Elles m’ont permis d’augmenter sensiblement ma lactation. Par contre, je n’ai pas pu arrêter totalement les compléments de lait industriel. Et ces solutions ne marchent pas sur la durée, car ton corps s’habitue ! Elles n’ont été efficaces que pendant un gros mois dans mon cas.

Bilan de toutes ces péripéties

Malheureusement, je n’aurai réussi à allaiter petit prince que trois mois et une semaine. Le premier mois, petit prince buvait principalement de mon lait, puis à 50% environ les deux mois suivants, pour passer à 10-20% les deux dernières semaines (la reprise du travail ne m’a pas aidée !).

Ça reste une vraie frustration, et pour mon prochain petit bout, je m’écouterai. Maintenant que j’ai de l’expérience, je saurai ce qu’il faut faire pour bien stimuler la lactation, et j’aurai plus confiance en moi pour « envoyer bouler » les mauvais conseillers.

En attendant, je me suis vraiment battue, et chaque tétée ou biberon de lait tiré a été une petite victoire. Ça reste quand même douloureux d’en parler, car nous voulions vraiment tous les deux que ça marche.

Mon ressenti maintenant que l’allaitement est terminé

Malgré mon souci de lactation, j’en garde un très bon souvenir. Je me suis accrochée, car mon fils cherchait mon sein. C’est ce qui m’a fait tenir !

Je suis obstinée de nature. J’ai vraiment fait le maximum, alors que je n’ai pas toujours été soutenue par mon mari ou par ma mère. Pour eux, cet allaitement était source de fatigue et de beaucoup de travail. Ils avaient peut-être raison, mais je reste convaincue que la proximité et les anticorps transmis sont bénéfiques pour le bébé. Pour autant, je ne juge personne. C’est vraiment une conviction très très personnelle !

Avec du recul, je pense que mes proches sont néanmoins très fiers de moi, et que leurs remarques avaient aussi pour but de me faire déculpabiliser. Quoi qu’il en soit, j’espère avoir un allaitement plus serein pour son futur petit frère ou petite sœur, et qui durera un peu plus longtemps. Je pense aussi que je me mettrai moins la pression, et que je me ferai plus confiance !

Et toi ? As-tu allaité ? As-tu rencontré des obstacles ? Regrettes-tu d’avoir arrêté plus tôt que prévu ? Viens en discuter…

A propos de l’auteur

Je suis la maman de Petit Prince né en 2015 et de Petit Poussin né au printemps 2019. Après deux grossesses bien surveillées, j'assume pleinement ma vie professionnelle avec le soutien sans faille de mon mari et beaucoup de flexibilité & d'organisation. Depuis un peu plus d'un an maintenant, nous avons quitté la région parisienne pour vivre dans l'Est de la France suite à une opportunité professionnelle. Bref beaucoup de changements pour notre famille en très peu de temps !