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Quand l’allaitement, en fait, c’est pas si pire !


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L’accouchement, j’y allais sereine et confiante. Parce que je savais que je n’avais pas tellement de prise dessus, et que tout ce que je pourrais faire, j’y avais été préparée. Mon mari, le meilleur coach qui soit dans ces cas-là, serait là pour me seconder. Tout irait forcément bien… ou mal, hein, mais on aurait fait ce qu’on pouvait.

Par contre, il y a une chose que j’appréhendais énormément. L’allaitement.

Il faut savoir que j’ai les seins extrêmement sensibles. Pas sensibles comme dans « Aïe, j’ai mes règles/je suis enceinte, j’ai les seins qui tirent ». Non, sensibles du bout, des tétons que « Non, non, tu ne touches pas, je déteste ça ». Alors va mettre une bouche vorace là-dessus, et laisser faire avec le sourire ce que tu refuses à ton mari en grimaçant…

Bref, l’allaitement, ça me faisait un peu flipper. Et en même temps, je VOULAIS allaiter. Vraiment. Pour un tas de raisons. Toutes celles qu’on lit dans les livres, bien sûr (c’est bon pour le bébé, y’a des anticorps, des vitamines, une diversité de goûts, toussa toussa, ça permet une perte de poids plus rapide, etc.), mais aussi pour des raisons très personnelles, comme le fait que je trouve ça beau, une femme qui allaite son bébé, que je ne suis pas fan des trucs bizarres qu’on trouve écrits sur les boîtes de lait en poudre, ou que ma maman n’ait pas pu m’allaiter (lait pas assez nourrissant, paraît-il…).

Ma sage-femme m’avait donc conseillé de :

  • préparer mes seins à l’allaitement, en étalant une crème tous les jours (deux fois par jour, même !) pour « endurcir » mes tétons (merci le supplice !),
  • demander une mise au sein dans les deux heures qui suivraient l’accouchement (non, ce n’est pas systématique : l’une de mes amies a attendu cinq heures pour avoir son bébé au sein, il avait été mis sous lampe chauffante avant…),
  • présenter les deux seins au bébé, car leur odeur n’est pas tout à fait la même (d’ailleurs, tu as pu le lire sur le blog, certains bébés ne prennent qu’un seul sein !).

Bon, tout ça, c’était bien beau, mais moi, ayant hérité des gènes de super pondeuse de ma maman (oui, laisse-moi y croire !), j’avais peur d’avoir aussi hérité de ses problèmes de lait… J’avais des fuites de colostrum de plus en plus abondantes depuis le début du quatrième mois, mais il paraît que ça ne veut rien dire ! Et si je n’avais pas assez de lait ? Et si mon bébé ne savait pas téter ? Et si je ne supportais pas de l’avoir au sein ?

Après mon accouchement parfait, on met donc ma Lueur au sein. Le droit pour commencer. On m’explique qu’à cet âge-là, le bébé ne boit que quelques millilitres de colostrum, juste de quoi mettre l’estomac en route, et déclencher la lactation chez la maman (genre « Roger, les gars, c’était pas une fausse alerte, le machin est bien sorti, et il va avoir faim ! On met l’usine en maaaaaarche ! »). Et là, problème : je n’ai pas de tétons. Enfin si, bien sûr, j’en ai, mais ils sont tout minus, et mes seins sont si tendus qu’ils disparaissent presque.

Avec l’aide de la puéricultrice sur place, je dois pincer un « bourrelet » de peau de ma poitrine pour permettre à ma fille d’attraper le sein. On pince, elle pose sa bouche, suçote un peu, s’énerve. On rit en lui disant qu’on lui en demande beaucoup pour son arrivée sur terre. Bref, tout le monde passe un petit quart d’heure un peu compliqué tandis qu’elle est sur mon sein droit. Ça tire.

Entre-temps, la puer nous a laissés pour que l’on s’apprivoise. Je demande à Monsieur Loup de prendre notre fille et de me l’installer sur l’autre sein. Et là, il se rend compte qu’elle m’a fait un énooooorme suçon… deux centimètres au-dessus du téton ! En fait, on a glissé au fur et à mesure, et comme je ne voyais pas ce que je faisais, elle s’est retrouvée à téter ma peau. Une magnifique ligne violette est apparue.

Monsieur Loup pose la Lueur sur le sein gauche, et c’est lui qui prend soin de pincer la peau et d’essayer de faire téter le bébé de façon un peu plus efficace. Elle est évidemment épuisée et n’aspire pas grand-chose, mais le peu qu’elle prend me fait un mal de chien. Je serre les dents en me disant que c’est normal, que c’est le début. Ma sage-femme m’avait dit qu’il fallait trois semaines pour mettre l’allaitement en place. Mais ça veut dire quoi, le mettre en place ? On parle de douleur qui disparaît ? D’efficacité de la lactation ? De rythme de tétées ?

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Crédits photo : Photo personnelle

Bref, la Lueur s’endort sur mon sein gauche. De retour dans la chambre, on s’aperçoit qu’elle y a fait une magnifique… CREVASSE !! Bon, la crème ne résout pas tout, alors… Allons-y pour un double tartouillage, crème à nénés + colostrum…

Je suis poisseuse à longueur de temps, et on me conseille de me promener les seins à l’air pour les « laisser respirer ». Voui… Mais moi, Messieurs-dames, je suis en chambre double, et je me lève trois fois dans la nuit pour aller changer ma Lueur quand elle se réveille, avant de la mettre au sein… Je ne suis pas pudique, mais il y a des limites à ce qu’on impose à nos voisins…

À chaque fois qu’on me met ma fille au sein, je sursaute et je me tends, me pliant vers l’avant. Les puer me répètent : « Détendez-vous, Madame ! Votre bébé doit partager ce moment complice ! » Mais à chaque succion, ça me projette en avant. Une horreur. Mais je tiens bon, quinze minutes sur chaque sein, comme on me l’a recommandé.

Au passage, je tiens à saluer l’équipe médicale. Que ce soit les docteurs, puéricultrices, infirmières, aides-soignantes… TOUS ont été impeccables, très à l’écoute, de bons conseils et sur la même longueur d’onde. Pas un seul n’a contredit son collègue, c’était vraiment super super rassurant.

Chacun me répète : « Surtout, si vous avez besoin d’aide pour la mise au sein, que vous voulez essayer d’autres positions ou quoi que ce soit, vous n’hésitez pas à appeler, même la nuit, hein ! » Et de fait.

Après deux jours de torture, à me retenir de hurler à chaque mise au sein, je ne présente plus que le droit à ma fille, tant le gauche me fait souffrir. Mais au bout de trois fois le même, je me rends bien compte que ma Lueur a de moins en moins à boire, qu’il faut que je la passe sur l’autre. J’ai mal rien que de l’imaginer au sein gauche, mais ma fille pleure à côté, dans son berceau (enfin, « pleure », c’est relatif : j’ai un bébé MEGA zen, qui se contente de vaguement gémir pour se manifester…), et il faut que je fasse quelque chose.

À 4h du matin, je sonne. Une aide-soignante arrive dans la chambre, une que je n’avais jamais vue encore.

« Tout va bien, Madame ? »

« Non, j’ai mal au sein gauche, j’ai une crevasse. J’ai mal au sein droit aussi, mais moins. Du coup, ça fait plusieurs fois que je lui donne le droit, mais là, elle a faim, et il faut qu’elle tète, et je sens qu’il faut que je donne le gauche. Mais j’ai mal, et ça me donne envie de vomir rien que d’y penser, et… »

Et là, je fonds en larmes. Devant la dame, en lui racontant mes déboires d’allaitement.

« Aidez-moi. Soit vous trouvez une solution, soit j’arrête tout… Mais j’ai vraiment envie de continuer… Faut m’aider, là… »

Je vois toute la pitié du monde dans ses yeux. Elle me console (je ne me suis même pas rendu compte que je pleurais, ça coulait tout seul ! Je n’arrivais à rien retenir !), et elle me dit : « Bon, c’est déconseillé avant la montée de lait, mais on va essayer les bouts de sein. Je reviens. »

Et elle revient. Avec le Graal. Elle me montre comment ça se met, me dit bien de les laver après la tétée, met ma fille au sein, et là… LÀ ! Je ressens tout le plaisir, le bonheur qu’on me décrivait quand on allaite le fruit de ses entrailles. C’est doux, et tendre, et très relaxant, en fait. Je ne sens plus que le bout de mon sein légèrement aspiré dans l’embout de silicone. Les infirmières sont surprises de voir comme ma fille tète bien. On l’entend déglutir régulièrement.

Après, ça a été drôle : je voyais les bouts de sein se remplir, et du coup, j’ai vu petit à petit le colostrum changer de couleur, s’épaissir… J’ai vu venir ma montée de lait, finalement !

La Lueur avait perdu 40g à J1, pris 20 à J2, et 10 à J3. Le biberon de complément qu’une infirmière m’avait laissé « au cas où » n’a, à ma grande fierté, jamais servi !

Voilà comment deux bouts de silicone ont sauvé mon allaitement ! Finalement, sa mise en place n’aura pris que trois jours…

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Crédits photo : Phare Ouest Photo

Je reviens vite te faire un point sur ce qu’est devenu mon allaitement, avec un trimestre de recul !

Et toi ? Avais-tu des craintes concernant l’allaitement ? As-tu eu mal pour les premières mises au sein ? As-tu pu résoudre le problème ? Raconte !

A propos de l’auteur

Bretonne de cœur, Normande de racines, Parisienne d'adoption. Mariée à Monsieur Loup, mon prince Charmant, depuis juin 2012, et maman d'une petite Lueur depuis décembre 2015. Dessinatrice, fan de Disney, gamine dans l'âme, je suis une éternelle positive... et c'est pas toujours facile ! Tu peux désormais me retrouver sur www.bribesdevies.fr, et me suivre sur instagram @chaperonrouge_et_cie