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A la une / Vie de maman

Mon allaitement n’a pas été épanouissant

Je vais peut-être m’attirer des foudres mais tant pis, j’assume : pour moi, allaiter mon enfant n’a pas du tout été source d’épanouissement.  Pourtant, j’ai voulu allaiter, j’ai réussi à le faire, j’allaite encore un peu aujourd’hui. Je vais essayer de t’expliquer mon point de vue.

Nos boissons familiales : thé de Madame, chocolat de Monsieur et biberon de Mam’zelle ! – photo personnelle 

Avant la naissance

Avant la venue au monde de notre fille, je me disais que j’avais envie d’allaiter mais sans me mettre la pression. J’ai autour de moi de nombreuses mamans et je sais que l’allaitement peut être source de stress, d’angoisses. Je sais que ça peut bien se passer (et durer très longtemps) ou au contraire que la montée de lait peut ne jamais arriver. Donc, si ça le fait ok, sinon biberon !

A la naissance

Notre fille n’a pas eu de tétée d’accueil, trop fatiguée par la naissance. Pendant 72h, nourrir ma fille s’est révélé très compliqué : elle s’endormait, prenait le sein mais attendait que cela coule tout seul… nous étions obligés de la déshabiller et de la surstimuler pour qu’elle boive. Malheureusement, elle a perdu beaucoup de poids. J’ai tiré mon lait pour lui donner des compléments au biberon, elle a également eu des compléments de lait artificiel. Je me mettais beaucoup de pression, alors même que je m’étais jurée de ne pas le faire et (les hormones n’aidant pas) j’en ai beaucoup pleuré, ayant déjà l’impression d’être une mauvaise mère qui ne peut pas nourrir son enfant…

Et enfin ! Une puéricultrice m’a proposé une solution pour aider ma coccinelle à bien boire au sein : une téterelle en silicone.

Grâce à cela, Charlotte a réussi à téter au sein, correctement, et à reprendre du poids. A ce jour je les utilise toujours : en effet, mon mamelon est très plat, et elle a de fait du mal à se positionner, ce qui entraîne son énervement.

Au retour à la maison

Le premier mois a été une véritable horreur ! Oh, notre fille s’y retrouvait très bien, elle a pris du poids, tétait bien, pas de souci. Mais moi, j’ai trouvé ça… long. Ennuyeux. Pas du tout le moment de symbiose et de bien-être mère-fille dont on m’avait tant parlé.

Ma fille tetait toutes les trois ou quatre heures, jour et nuit,  et pendant 40 minutes à chaque fois (20 minutes par sein)… ce qui m’a valu le nouveau surnom de « Biquette » par mon mari. Autant dans la journée, ça allait, autant la nuit je l’ai assez mal vécu.

Rapidement j’ai eu beaucoup de lait, ce qui a entraîné des fuites, des douleurs, un engorgement. J’ai vite pris le pli de tirer mon lait, entre deux tétées.

Par  conséquent,  j’avais l’impression de passer ma vie les seins à l’air, à nourrir ma fille ou à vider le trop plein de lait. Jamais mes seins n’avaient tant été au centre de mes préoccupations !

Désormais…

Comme je tirais mon lait, dès la quatrième semaine, mon mari a pu donner le biberon à notre fille. Nous avons ainsi pu nous rendre compte qu’elle acceptait très bien le biberon et buvait sans souci.

Côté allaitement, les tétées en journée sont toujours toutes les trois heures mais ne durent désormais que trente minutes maximum, rots inclus.

De sa sixième à sa huitième  semaine, Charlotte a eu un biberon par jour de lait artificiel ou de lait maternel (en fonction de ce que j’ai tiré). Depuis sa huitième semaine, elle a deux biberons par jour. Elle accepte tant le lait maternel que le lait artificiel. Nous allons bientôt tester le fait que quelqu’un d’autre que nous, parents, donne le biberon, pour préparer l’arrivée chez la nourrice.

Et moi ? Je me sens bien ! L’allaitement se passe bien, mais je trouve cela agréable de pouvoir partager le temps des repas avec mon mari, et ne plus être « esclave » des demandes alimentaires de ma fille. Je peux aller passer une soirée au cinéma en solo sans problème !  Je suis contente d’avoir allaité, et d’avoir fait bénéficier ma fille des bienfaits du lait maternel, mais il est certain que je ne veux pas continuer l’allaitement au delà de ma reprise du travail (elle aura trois mois). Cela n’a pas été une source d’épanouissement, cela n’a pas non plus été une charge insupportable.

A l’avenir, pour un autre enfant, je saurais comment faire, et je crois que je m’écouterai davantage, en passant peut être plus rapidement à un allaitement maternel mixte, au sein et au biberon de lait tiré.

A propos de l’auteur

33 ans, mariée depuis 2014 et maman de Charlotte (2017) et Cyprien (2019)