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A la une / Récit d'accouchement

Quand je donne la vie à la plus jolie chose au monde : la naissance


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La semaine dernière, je t’avais raconté toute l’attente avant que mon travail ne se mette bien en route, et je t’avais dit que j’avais finalement décidé de prendre la péridurale.

Monsieur Loup est mis à la porte le temps que la péri soit posée. (Il m’a dit plus tard qu’il entendait que je douillais, car j’étais passée des « Ouhouhouh » aux « Ahahaaaaaaaaaa ».)

Aucun problème pour la péri : l’anesthésiste et la sage-femme sont super patients face à mes contractions bordéliques, je ne sens pas la piqûre de l’anesthésie locale (par contre, je sens le produit se diffuser), je ressens juste une petite pression dans mon dos pendant la pose. J’arrive à plaisanter entre deux contractions, donc l’ambiance reste assez détendue…

La péri posée, on regarde mon col : ouvert à 4. Ça n’avance pas si lentement, finalement… Mais il est 18h, je suis épuisée. Monsieur Loup me rejoint, l’infirmière m’explique qu’il faut attendre quinze minutes pour que le produit fasse effet… Les contractions vont d’abord me sembler moins longues, puis moins douloureuses, et enfin, je ne les sentirai plus.

Avec l’Homme à mes côtés, ça passe assez vite : il raconte des bêtises, m’embrasse en me disant que c’est bientôt fini, et me fait respirer. Enfin, je ne sens plus rien, et je soupire de soulagement.

Ça fait quoi, concrètement, la péri ? Ben, tes sensations sont « divisées ». Par exemple, je sens la compresse qu’on pose sur ma jambe, mais pas qu’elle est froide. Je sens les doigts de mon mari sous mes pieds, mais ça ne me chatouille pas. C’est super étrange !

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Crédits photo : Photo personnelle

La sage-femme revient et me met sous perfusion d’ocytocine. La péridurale est si efficace… que je n’ai plus du tout de contractions ! La perf permettra de relancer la machine. Ce produit rend normalement les contractions encore plus douloureuses, mais du coup, je ne sens rien, donc tout va bien.

La péri a été très légèrement dosée, et j’ai une télécommande pour renvoyer du produit quand je souffre trop. Je ne l’enclencherai en fait qu’une fois par heure, uniquement pour être sûre de ne pas souffrir au moment où il faudra pousser. L’ocytocine est aussi envoyée par dose minimum, juste histoire de me donner un petit coup de pouce.

Le temps de mettre la perfusion, la sage-femme m’ausculte, en m’expliquant que la péri relâche souvent le col, qui jusque-là était crispé par la douleur. Verdict ? « C’est bien ce que je pensais, je fais ce que je veux de votre col tellement il est mou ! Vous êtes ouverte à un bon 7 ! »

Je m’endors vaguement, Monsieur Loup me réveille lorsque les contractions s’affichent au monito, pour que je respire bien, afin d’oxygéner mon bébé. Je sens de mieux en mieux venir les contractions : j’ai une sorte de point de côté quand elles commencent, et je sens mon ventre se durcir. Aucune douleur, juste des sensations différentes. Entre-temps, je me suis assise en tailleur, pour faire descendre le bébé comme il faut.

À 20h, la sage-femme finit sa journée et vient me présenter celle qui m’accouchera, Florence. Celle-ci repasse me voir trente minutes plus tard et regarde où on en est. « Ben dites donc, vous travaillez bien ! Vous êtes à 9 ! » On essaye une poussée pour voir : « Vous sentez mes doigts ? Poussez là. » Je pousse. C’est parfait !

Elle me propose de m’allonger sur le côté, pour aider encore plus la descente du bébé, qui est dans le bassin. Elle m’installe, sort… et presque instantanément, je sens que ça ne pousse plus DU TOUT au même endroit ! J’ai l’impression de vouloir faire caca !! Je sais que c’est le signal, je la rappelle.

« Ah ben oui, vous êtes à complète ! On s’installe ? »

Monsieur Loup est pris d’une espèce de frénésie : je le sens surexcité, tout sourire, bondissant. Moi, je n’en reviens pas : je vais bientôt voir ma fille !

J’avais fait un projet de naissance. Dans cet hôpital, tout est fait pour que le papa soit le moins traumatisé possible par ce qui se passe. On n’insiste pas s’il ne veut pas couper le cordon, il est cantonné à la tête du lit, ne croise pas l’entrejambe de sa femme quand il quitte la pièce, ne voit pas le placenta, etc.

Nous avions demandé à ce que Monsieur Loup participe le plus possible à l’accouchement, qu’il soit libre de circuler sans souci dans la salle. J’avais aussi demandé à ce qu’il y ait le moins de monde possible en salle, de la musique et le moins de lumière possible. Je voulais enfin une mise au sein dans les deux heures qui suivraient la naissance, et que tous les examens qui n’étaient pas vitaux pour le bébé soient repoussés.

Franchement, je ne savais pas à quoi m’attendre, mais l’équipe est gé-niale. Florence s’installe avec la puéricultrice. La puer à ma gauche, Monsieur Loup à ma droite. Elles lui demandent de me tenir ici, de me porter là, etc. Il surveille le monito et nous dit quand « y’en a une qui arrive ».

Florence éteint les lumières du plafond : ne restent plus que la rampe du fond pour éclairer le matériel en cas de souci avec bébé et, bien sûr, la lampe de la sage-femme, pour qu’elle voie ce qu’elle fait… On avait déposé notre mini enceinte sur une paillasse, et j’accouche donc en écoutant Brel, Bazar et Bémols, Juliette, les Blérots de R.A.V.E.L, etc. Tout le monde chantonne, c’est super agréable.

Mais il faut bien pousser, à un moment ! J’ai du mal à suivre les indications, entre souffler fort, puis finalement non, retenir son souffle le plus longtemps possible… Monsieur Loup me dit : « Encore, encore, tu y es presque, tiens bon ! » Et je reprends mon souffle au moment où ça avance.

Florence finit par dire : « Bon, on essaye encore une fois. Votre pépette est coincée dans une partie du bassin un peu étroite, donc si vous n’y arrivez pas, on appelle le médecin pour la ventouse ! » Je dis : « Des menaces, des menaces, mais je vous assure que je fais le maximum ! » et on rigole tous.

La puer sort chercher le docteur, revient sans. Monsieur Loup me dit : « Allez, tu as gagné un sursis ! Pousse, bordel, elle est là ! » Florence confirme : « On voit ses cheveux, vous savez ? » Devant mon étonnement, elle me fait toucher le crâne de ma fille, qui est là, en effet, juste à la sortie. Je pousse plus fort, et au moment où le docteur franchit la porte, Florence dit : « Monsieur, vous voulez accueillir votre fille ? »

Elle a le cordon autour du cou. Florence le déroule, le fait couper au papa, qui dégage ensuite les épaules, l’attrape sous les bras, et la fait glisser sur mon ventre. Je vois cette petite chose toute rose, pleine de vernix, atterrir sur le drap, être emmitouflée et frottée, et enfin pousser un petit gazouillis. Je me mets à pleurer comme une madeleine.

Monsieur Loup m’a dit que j’ai répété : « Merci, merci ! » un nombre incalculable de fois. Je ne sais pas si je remerciais mon mari, le personnel médical qui était là, la vie de m’avoir donné ce beau cadeau… mais en effet, je débordais de gratitude.

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Crédits photo : Photo personnelle

Ma fille est là, elle ouvre de grands yeux et me regarde. Elle est propre, maintenant, toute rose. Pas un pli, pas une tache, pas d’angiome, rien. Elle est parfaite, parfaite !

Monsieur Loup a un geste qui me fera longtemps rire : maintenant qu’il a mis sa fille au monde, il va se laver les mains, juste à côté de moi, avant de lui caresser le visage. Ce geste tellement froid et professionnel ne lui ressemble pas du tout, mais il a fait ça mécaniquement, puis est revenu caresser sa fille et trembler devant toute cette fragilité.

Il ne pleure pas, parce qu’il a vu tout le travail avancer petit à petit, donc il a eu le temps de se rendre compte que ça arrivait. Alors que moi, je suis passée de « Poussez » à « Ne poussez plus », puis directement à « Tadaaaaaaaaa !!! ».

Voilà, Ellana est née à 22h22 le 16 décembre, après un accouchement doux, tranquille, parfait (à mon sens), sans douleur (pas la moindre déchirure : tout est resté impeccable !), et nous avons passé ses deux premières heures de vie en peau-à-peau, dans la semi-obscurité… et en chansons !

Et toi ? Tu avais fait un projet de naissance ? A-t-il été respecté ? Que retiens-tu de ton accouchement ? Raconte !

A propos de l’auteur

Bretonne de cœur, Normande de racines, Parisienne d'adoption. Mariée à Monsieur Loup, mon prince Charmant, depuis juin 2012, et maman d'une petite Lueur depuis décembre 2015. Dessinatrice, fan de Disney, gamine dans l'âme, je suis une éternelle positive... et c'est pas toujours facile ! Tu peux désormais me retrouver sur www.bribesdevies.fr, et me suivre sur instagram @chaperonrouge_et_cie