Menu
A la une / Vie de maman

Quand je fais le bilan : ce qu’il me reste de la PMA

Même si tu ne l’as pas forcément vécu, je suis sûre que tu te doutes que ce genre de parcours laisse des traces. Oui, j’ai eu de la chance, je ne fais pas partie des parcours les plus difficiles, compliqués… désespérés.

Mais s’il te plaît, moi qui suis d’ordinaire si positive, laisse-moi juste cette fois la possibilité de considérer cette étape comme un échec personnel, dans ma vie à moi, qui jusque là avait été (vraiment trop) facile.

Mon bilan de la PMA

Crédits photo (creative commons) : Robert Valencia

De la PMA,il me reste des larmes quand j’entends cette chanson, et l’espoir douloureux de voir mes copines de galère arriver au même magnifique dénouement que celui que je connais.

De la PMA, il me reste une espèce de frisson quand j’entre dans la chambre de L. La chambre n’a pas changé, depuis la première piqûre que S. m’y a faite. D’ailleurs, à elle aussi, ça lui fait ça.

De la PMA, il me reste une boîte jaune qui contient quelques aiguilles usagées, que je n’ai pas encore re-déposées en pharmacie parce que pour moi, ce n’est pas encore vraiment terminé.

De la PMA, il me reste un stylo d’injection sans cartouches, des petits flacons de poudres et de liquides à mélanger que je dois rapporter, des aiguilles neuves de différents diamètres bien emballées.

De la PMA, il me reste une tolérance aux piqûres que je n’avais pas avant. Et j’aimerais transmettre ce nouveau « courage » à celles qui abandonnent à cause de cette peur-là.

De la PMA, il me reste quelques gélules que j’ai dû mettre à un endroit improbable, une boîte de préservatifs et une plaquette de pilule entamée que je n’utiliserai plus jamais.

De la PMA, il me reste un dossier énorme, d’ordonnances, de résultats d’examens, de taux divers et variés, que de toute façon, on devra recommencer.

De la PMA, il me reste une énorme envie de vomir quand j’apprends un nouveau fait divers à base de bébé congelé. Mais ça, je pense que ça arrive à tout le monde.

De la PMA, il me reste cette inimitié envers le test de grossesse, cette bile dans la bouche à l’idée de ne jamais pouvoir être surprise par mon corps et cette miraculeuse vie qu’il peut créer.

De la PMA, il reste à Monsieur Loup une cicatrice mal placée, une sordide histoire à raconter aux mecs, et vingt-et-une éprouvettes de gamètes, une forme d’accouchement peu pratiquée.

De la PMA, il nous reste deux embryons, et l’envie de donner, donner tout ce qu’on pourra pour que d’autres couples puissent vivre ce bonheur-là.

De la PMA, il nous reste le plus beau des cadeaux, la plus merveilleuse des victoires, la plus brillante des réussites. Ma fille, sa petite main crispée, ou bien à plat sur mon sein, son grain de beauté juste sous le coude, ses cris, ses chants, ses sourires, sa bonne humeur et sa zénitude à toute épreuve, et toute la lumière qu’elle met dans nos vies.

De la PMA, finalement, il nous reste le plus important. De l’amour, de la vie, une famille. Et tout le reste, eh bien… ce n’est que des restes.

Et toi ? Tu as vécu un parcours de PMA ? Qu’en retiens-tu aujourd’hui ? Est-ce encore douloureux ou as-tu trouvé une forme d’apaisement ? Viens en parler…

A propos de l’auteur

Bretonne de cœur, Normande de racines, Parisienne d'adoption. Mariée à Monsieur Loup, mon prince Charmant, depuis juin 2012, et maman d'une petite Lueur depuis décembre 2015. Dessinatrice, fan de Disney, gamine dans l'âme, je suis une éternelle positive... et c'est pas toujours facile ! Tu peux désormais me retrouver sur www.bribesdevies.fr, et me suivre sur instagram @chaperonrouge_et_cie