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Mon expérience de l’allaitement au tire-lait


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Ce matin, une copine m’a demandé comment j’avais vécu le « tire-allaitement ». Le QUOI ?? Jusqu’à ce matin, j’ignorais que le fait de tirer son lait pour le donner à son bébé au biberon (sans lui donner le sein, donc) portait un nom.

J’ai donc pratiqué l’allaitement au tire-lait pendant deux mois, à la naissance de ma fille.

Plusieurs amies et connaissances l’avaient fait avant moi. Certaines étaient très enthousiastes, d’autres plus mitigées, mais avaient apprécié cela comme méthode de transition. Il y a certainement autant d’expériences qu’il y a de femmes, mais je te livre mon avis brut, avec le recul : c’était pour moi une forme de torture à petit feu.

Pourquoi avoir choisi cette méthode d’allaitement ?

Je sais que dans certains cas, c’est un choix volontaire et réfléchi en amont.

Ce n’était pas mon cas. Avant d’accoucher, je savais que je voulais essayer d’allaiter ma fille au sein. Je n’étais pas convaincue que ça fonctionnerait, ayant beaucoup d’exemples d’échecs autour de moi, mais j’en avais vraiment envie et étais prête à m’investir à fond.

Malheureusement, ma fille était trop pressée de découvrir le monde, et après avoir perdu les eaux à 32 semaines d’aménorrhée, je n’ai pas pu la garder au chaud au delà de 34 semaines et demie.

Nous avons été séparées les 48 premières heures. Pour combler l’attente, j’ai demandé un tire-lait à la maternité, pour amorcer ma montée de lait : ma toute petite louloute allait avoir d’autant plus besoin de toutes les bonnes choses que j’avais à lui apporter, je ne voulais pas perdre de temps. Ce tire-lait bas de gamme n’a pas réussi à me sortir une seule goutte de colostrum, et encore à moins provoquer ma montée de lait !

Je pensais qu’avec ma fille dans les bras, ça irait mieux. Mais malheureusement, elle ne voulait pas téter. Pourtant, jusque-là elle avait été nourrie par sonde, donc ça n’aurait pas dû modifier son réflexe de succion… J’ai donc continué à essayer tant bien que mal de tirer mon lait, le temps qu’elle « apprenne à téter », et à lui présenter le sein avant chaque repas, avant de lui donner son lait au doigt pour ne pas qu’elle s’habitue à la tétine d’un biberon. Le fait est qu’elle n’a jamais voulu téter au sein. Malgré un soutien sans faille (il faut le souligner !) de toute l’équipe des sages-femmes et de la néo-nat !

J’ai donc continué à tire-allaiter, cette torture à petit feu, comme je l’appelle.

dispositif d'aide à l'allaitement - allaitement au doigt

Crédits photo : Photo personnelle

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Crédits photo : Photo personnelle

Pourquoi c’était une torture pour moi

D’abord, j’ai mis une semaine à réussir à tirer 10ml (autrement dit, 5mm au fond d’un biberon), et ce en tirant 20 à 30 minutes 8 fois par jour. C’est allé en augmentant très progressivement (en ayant changé pour un tire-lait de compétition !), mais je n’ai jamais réussi à avoir assez de lait pour couvrir ses besoins d’une journée – je ne te parle même pas d’en avoir d’avance ! Pendant ce temps, ma fille était complétée au lait artificiel.

Donc au début, où elle tétait toutes les 2h30, ma journée se déroulait de la façon suivante :

  • 30 minutes de tire-lait
  • 5 minutes de rangement de la machine et des accessoires
  • 5 minutes pour lui changer la couche etc.
  • 10 minutes à essayer de la mettre au sein quand même, pour voir si cette fois-ci elle allait bien vouloir le prendre
  • 20 minutes de tétée au doigt (puis au biberon quand j’ai abandonné d’essayer de la mettre au sein)
  • 20 minutes de rot/câlin
  • 1h de douche OU repas OU lessive OU dodo (et encore, c’est quand j’arrivais à m’endormir rapidement – et j’ai de la chance, ma fille n’a jamais eu de mal à dormir).

JOUR ET NUIT.

Certes, ça s’est espacé un peu les semaines suivantes, mais je gagnais tout au plus 1h de rab entre deux repas… Bref, c’était épuisant.

Ensuite, j’avais l’impression de cumuler les inconvénients des deux méthodes, biberon et sein, et d’autres s’ajoutaient encore :

  • obligée d’acheter du lait artificiel, des biberons, de les laver, préparer et réchauffer le lait avant de le donner (car je conservais les éventuels excédents au frigo)
  • quasiment impossible de passer le relais au papa – certes, il pouvait donner le biberon à ma place le premier mois (il était en congés), mais après, il bossait la journée et avait besoin de dormir la nuit. Et puisque j’étais déjà debout pour le tire-lait, c’était idiot qu’il se lève aussi !
  • interdictions alimentaires de la grossesse prolongées
  • difficulté à suivre lors des « pics de croissance » de ma fille
  • obligée de trimballer mon tire-lait (en plus des biberons qui doivent se conserver au frais) si je quittais la maison pour plus de 3h, et de trouver un endroit où je pouvais me traire tranquillement (ah, tirer son lait dans les toilettes d’une aire d’autoroute… MEMORABLE !)
  • impossible d’allaiter tranquillement au lit : pour le tire-lait, tu dois être assise bien droite, et tenir les téterelles en place. Tu ne peux pas bouquiner en même temps, par exemple… Combien de fois j’ai renversé tout mon lait par terre en voulant répondre à quelqu’un sur Facebook… (Bon, il paraît que certaines y arrivent, mais ici ça n’a jamais marché !)

Et puis j’ai eu mal. J’ai eu des crevasses et des engorgements à plusieurs reprises. Je suis allée jusqu’à la mastite, quand ma fille a eu deux mois.

C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai réussi à arrêter : mon lait faisait vomir ma fille.

Mon bilan de l’allaitement au tire-lait

Oui, tu as bien lu, je dis que j’ai « réussi » à arrêter. Aujourd’hui, je dirais que j’ai entretenu une relation S/M avec mon tire-lait (n’ayons pas peur des mots !). Il me faisait du mal, c’était une torture physique et psychologique, et pourtant je continuais. Parce que j’avais l’impression d’avoir besoin de lui, que ma fille avait besoin de lui. Et puis j’avais tenu jusque là, pourquoi arrêter maintenant ?

Et pourtant, si c’était à refaire… Je crois que je replongerais. Comme on revient avec un amant qui nous a détruite mais qu’on a terriblement aimé.

Et toi ? Tu as tire-allaité ? C’était un choix réfléchi, ou ça s’est imposé par la force des choses ? Ça s’est bien passé, ou ça a été très pénible pour toi ? Tu réussissais à faire autre chose tout en tirant ton lait ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

34 ans, citadine mais avec des envies d'ailleurs, maman d'une petite princesse née en mars 2014, passionnée de photo, un peu bavarde, un brin insouciante, beaucoup spontanée, grande paresseuse organisée... j'essaie toujours de voir le positif in life!