Menu
A la une / Vie de maman

Vis ma vie en néonat


Notice: Undefined index: host in /home/nmagnouloux2/sites/dans-ma-tribu.fr/wp-content/plugins/ziofix-credit-picture-old/ziofix-credit-picture.php on line 32

Avant de commencer à te décrire mon séjour avec le Choupi en service de néonatalité, je souhaite préciser qu’il y a souvent plusieurs niveaux de néonat dans les hopitaux (pour les cas plus ou moins graves), et que le Choupi était dans le niveau le plus bas (il est né à 35 SA).

Après l’accouchement et la tétée de bienvenue, le Choupi a été emmené en néonat avec mon mari. Je n’ai pas pu aller avec eux, car on avait oublié de m’éteindre la péridurale, et je n’avais pas récupéré l’usage de mes jambes. Une fois le Choupi installé, mon mari est venu me dire que tout allait bien, avant de rentrer pour dormir un peu. On m’a apporté un petit truc à manger, et on m’a dit de me reposer pour le reste de la nuit.

Le lendemain, vers 7h, on est venu m’apporter mon petit-déjeuner, vérifier que je marchais correctement, et on m’a indiqué comment me rendre à la néonat. La salle était en face de ma chambre.

À l’entrée, il y avait un casier pour chaque enfant, avec des blouses et des chaussons pour les parents, et un panneau avec un protocole pour se laver les mains. Autant te dire qu’en néonat, tu suis scrupuleusement les consignes niveau hygiène… et tu les continues même une fois rentrée chez toi !

Au moment où j’ai passé la porte, j’étais à la fois excitée et anxieuse de voir le Choupi. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, et je ne savais pas s’il avait passé une bonne première nuit.

Au centre de la salle, il y avait un îlot avec des éviers géants et des matelas à langer. Tout autour, contre les murs, se trouvaient les berceaux/couveuses, avec à côté un fauteuil et un petit casier en plastique pour mettre les différentes affaires de chaque enfant. Il y avait également, contre un pan de mur de la salle, des sortes de tunnels (les fameux tunnels utilisés pour les bébés atteints de jaunisse).

L’endroit était très silencieux. Il n’y avait pas de lumière naturelle, seulement des néons, et on entendait les bip-bip des différents appareils.

J’ai été accueillie par une puéricultrice, à qui j’ai indiqué que j’étais la maman du Choupi (ça m’a fait tout bizarre de le dire !). Elle m’a emmenée devant sa couveuse. Il était tout nu (en couche, tout de même), profondément endormi, avec une petite électrode attachée à sa main, qui le reliait à une machine.

Elle m’a expliqué qu’il était dans la couveuse pour l’aider à réguler sa température corporelle, mais que dans un ou deux jours, on le passerait dans un berceau ouvert. La petite électrode était là pour surveiller les battements de son cœur. Elle m’a également montré un tableau avec le nom de chaque enfant, où elles écrivaient les horaires des repas passés et futurs, ainsi que diverses informations sur les soins et les examens à faire.

Le Choupi ayant mangé un peu plus tôt, je me suis contentée de le regarder dormir, en attendant son prochain réveil. J’avais le droit d’ouvrir les petites trappes pour pouvoir le toucher. Il était tout doux, et c’était très apaisant de juste le caresser du bout des doigts. J’ai profité du fait qu’il dormait pour retourner dans ma chambre, récupérer le papa qui venait d’arriver, et prendre des affaires pour le Choupi (il n’allait pas rester tout nu, quand même !).

Nous sommes revenus dans la salle de néonat avec mon mari quinze minutes avant le réveil théorique du Choupi.

En effet, en néonat, les bébés sont calés sur un rythme de trois heures au début, puis de quatre heures quand ils ont quelques jours. Ce système permet aux puéricultrices de s’occuper de tous les bébés. Du coup, il faut arriver un peu avant pour prendre la température, faire les différents soins (soin du cordon, bain, nettoyage des yeux, nettoyage du nez, etc.) et faire le change avant de donner à manger. Un certain nombre d’informations sont consignées dans un cahier pour le suivi du bébé (température, soins, urines et/ou selles, quantité de lait bu, etc.).

La puéricultrice nous a montré comment faire le change et les différents soins. Je me suis dit que ça faisait beaucoup de choses à assimiler, mais en fin de compte, au bout de deux ou trois réveils, nous étions rodés, mon mari et moi-même.

Au niveau des repas du Choupi, j’avoue que jusqu’à ma montée de lait (deux jours plus tard, et très très douloureuse – je t’en parle après), je ne me souviens pas de grand-chose, si ce n’est qu’on a essayé de le mettre au sein à chaque réveil sans beaucoup de succès, et que j’ai extrait manuellement, puis avec un tire-lait, le colostrum pour pouvoir lui donner à la seringue. En complément, il avait également du lait artificiel, que nous lui donnions de la même manière.

Le Choupi était très fatigué, et du coup, il avait tendance à s’endormir très rapidement pendant les repas et à ne pas boire assez.

IMG_0289_1024

Crédits photo : Photo personnelle

Le lendemain, nous avons eu une explication de la pédiatre. Le Choupi avait une grosse anémie en fer (a priori, c’est assez courant chez les bébés prématurés), qu’il allait falloir soigner. S’est donc ajouté aux divers soins, l’administration matin et soir de médicaments (tout un art !!!).

Ce jour-là, j’ai aussi eu ma montée de lait. Je n’étais pas du tout préparée à ce que ce soit aussi douloureux. J’ai passé ma journée à faire des aller-retour entre la néonat pour les réveils du Choupi et la douche (qui n’était pas dans ma chambre, mais au fond du couloir – pas personnelle, la salle de bain, hein !) pour essayer de me soulager.

Heureusement, la puéricultrice de nuit a été formidable et m’a aidée à passer ce cap douloureux, mais nécessaire. Vu que mes seins étaient très gonflés, elle m’a passé des bouts de sein en silicone pour que le Choupi puisse téter (c’est à partir de là qu’il a commencé à boire correctement), et déjà le lendemain, ça allait beaucoup mieux.

La fatigue du Choupi a mis à mal mes rêves d’allaitement exclusif. Il ne prenait pas assez au sein seul, il fallait donc le compléter au biberon.

Mes journées ont alors commencé à être très routinières, calées sur le rythme imposé par la néonat. On réveillait le Choupi quinze à vingt minutes avant son horaire de repas pour les divers soins. Je lui donnais le sein, puis le biberon, et une fois qu’il était rendormi (c’est-à-dire presque immédiatement), je tirais mon lait pour les prochaines tétées.

Après, soit je restais un peu en néonat (mais les activités y sont très limitées), soit je retournais dans ma chambre. Je suis devenue très amie avec le micro-ondes des puéricultrices, vu que je n’arrivais jamais à manger mon repas au moment où il était servi. J’ai eu peu de visites, mais c’était aussi mon choix. De toute façon, les visiteurs n’ont pas le droit d’aller en néonat.

Au bout de quelques jours, j’ai quand même eu le droit d’avoir le berceau du Choupi dans ma chambre pour quelques heures, mais on devait retourner en néonat pour faire les soins et les repas.

Ce rythme a commencé à m’épuiser psychologiquement, et les puéricultrices s’en sont rendu compte. Depuis ma MAP, trois semaines plus tôt, je n’avais pas fait un seul pas dehors. Il fallait que je sorte de cet univers médicalisé et que je prenne le temps de préparer le retour du Choupi à la maison.

Ça a été très dur de le laisser, surtout en ne sachant pas quand il nous rejoindrait, mais j’ai pu me reposer et reprendre des forces pour son arrivée.

Le Choupi est rentré à la maison trois jours après moi. Avant son retour, je passais la journée avec lui, et le soir, je rentrais dans notre appartement. Je tirais mon lait matin et soir, pour que les filles de la néonat puissent lui donner de mon lait la nuit.

Durant mon séjour en néonat, j’ai été très bien entourée et très bien conseillée. Je pense que c’est la raison pour laquelle j’en garde un bon souvenir malgré tout. J’espère vraiment ne pas devoir y retourner pour un futur petit frère ou une future petite sœur, mais je crois qu’un séjour “classique” me fait plus peur qu’un nouveau séjour en néonat, car je ne l’ai pas déjà vécu.

Nous sommes retournés en néonat un mois plus tard, pour le contrôle de l’anémie du Choupi, et les puéricultrices étaient ravies de nous revoir.

Cependant, comme je l’ai précisé en introduction, nous étions dans une néonat pour petits prématurés (et bébés jaunes !). Je pense que le stress et l’angoisse ne sont pas les mêmes dans une néonat pour grands prématurés, car il y a des enjeux plus vitaux dans ces cas-là.

Et toi ? Ton bébé a fait un séjour en néonat ? Comment l’as-tu vécu ? Raconte !

A propos de l’auteur

Jeune mariée (4 ans) et jeune maman (2 ans) d'un choupinou qui grandit trop vite !!! Je vis à Paris et j'essaye de concilier ma vie perso et ma vie pro du mieux que je peux.