Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Mon premier trimestre confus


Publié le 26 mai 2020 par Bibi

Je te l’annonçais la dernière fois, nous attendons avec bonheur et surprise notre petit deuxième. Et le premier trimestre de cette nouvelle grossesse n’a vraiment pas été de tout repos….

J’en suis où ?

Comme ma grossesse a été un peu une surprise, et que j’ai eu un petit saignement, je n’avais aucun moyen de savoir où j’en étais dans ma grossesse.

Petit rappel de la timeline: fin novembre, règles normales. Fin décembre, petits saignements. Test négatif le 28 décembre. Test positif le 21 janvier. Du coup, impossible de deviner exactement quand Polichinelle s’est installé. Quand j’ai découvert ma grossesse, j’estimais être à environ 8 semaines, selon les symptômes que j’avais (nausée, fatigue, seins qui ont pris deux bons bonnets). Mais pour établir un suivi raisonnable, impossible de jouer aux devinettes. La première chose que ma sage-femme a donc fait a été de réserver une échographie pour déterminer la datation. Je te le rappelle, en Suède, le suivi médical est très léger: une échographie de détection de trisomie, une d’anatomie, et c’est tout ! Toute nouvelle occasion d’apercevoir bébé est bonne à prendre, j’étais donc bien contente.

Crédit photo (creative commons) : Viviana Rishe 

C’est un soir tard d’hiver, toute seule (puisque Mister Man s’occupait de Pépette) que je vois pour la première fois la nouvelle vie dans mon ventre. Je n’avais jamais eu une échographie aussi rapide. Bonjour, sploush sploush sur le ventre, tiens voilà le cœur, je mesure la tête, voilà où vous en êtes, au revoir. En 10 minutes j’étais ressortie. Et donc j’étais donc bien à la semaine 8 ! (Ce qui veut dire que Polichinelle s’est installé dans mon ventre à peu près 27 jours après mes dernières règles…. Tu m’étonnes que ça nous ait surpris!)

Commencer un travail

Je l’abordais rapidement la dernière fois, mais j’ai commencé un nouveau travail après 1 an et demi de chômage (et de congé maternité aussi). J’ai fait mon test de grossesse la veille de mon premier jour… J’étais donc passablement déconcentrée sur cette première semaine.

Aah mes premières semaines de travail et de grossesse combinées… Je pourrais en faire un roman je pense. Laisse-moi te raconter en vrac quelques moments choisis de mes débuts dans la boîte:

  • Je commence par un séminaire dans un des meilleurs spas de la région. Quelle chance ! Sauf qu’enceinte, interdiction de jacuzzi, sauna, de partager une bière avec les nouveaux collègues… Difficile de trouver de bonnes raisons pour échapper aux meilleurs traitements de cet hôtel de luxe (mention spéciale au serveur qui vient à notre table et qui hurle à la cantonnage « pour qui la bière sans alcool? » alors que j’avais fait exprès de commander discrètement au bar, à l’écart….)
  • Je continue en me coupant sévèrement le doigt avec un couteau à pain lors d’un simple petit déjeuner. Je pisse littéralement le sang pendant 10 minutes, ce qui me fait presque tourner de l’œil.
  • Je m’endors dans le bus qui m’amène au travail et débarque, échevelée, avec 30 minutes de retard.
  • Je vomis juste devant la porte d’entrée de la boîte, sur les pédales du vélo d’un collègue. J’essaie désespérément d’effacer les traces, en comptant sur la faible bruine ambiante pour m’aider à cacher mon délit.

Tout cela en seulement trois semaines de travail je pense. Ajoute à ça qu’à partir du moment où j’ai vu le test positif, mon ventre a décidé de grossir de manière exponentielle chaque jour (en tout cas c’est l’impression que j’avais), et qu’il était donc très difficile de trouver les vêtements adéquats pour rester discrète…

Fatigue, angoisse et soulagement

Tu l’auras compris, mon premier trimestre n’a pas été de tout repos. Ce que j’en retiens, c’est surtout la fatigue et l’angoisse. Nouveau boulot, nouvelle grossesse, et Pépette de 18 mois à gérer: cela faisait beaucoup. J’étais continuellement épuisée, avec des sautes d’humeur épiques, et des nausées terribles le soir.

Crédit photo (creative commons) : Kinga Cichewicz

Mon angoisse n’aidait pas à réduire mon état de fatigue. J’étais stressée par le fait de cacher ma grossesse à mes nouveaux collègues, et surtout l’impression de leur faire faux bond juste après qu’ils m’aient fait confiance en m’embauchant. Mais surtout, et comme toujours depuis mon IMG, j’avais peur que quelque chose n’aille pas avec le bébé. Tant que le test de la trisomie n’était pas fait, ce bébé n’était pas concret.

Bref, j’étais constamment à fleur de peau. Entre le nouveau travail, les hormones, l’angoisse, la fatigue, tout me paraissait difficile, et je pleurais pour un rien. Pour te donner une petite idée, voilà une liste des choses qui m’ont fait pleurer pendant ces deux mois:

  • Mon mari m’a apporté un sandwich
  • Ce chien a perdu sa balle
  • Ma fille a dit « manger » correctement
  • J’ai vu un koala
  • J’ai pris 2 kilos
  • à peu près toutes les vidéos avec des chiots ou des chatons …

Heureusement, mon mari a vraiment assuré pendant cette période difficile. Il prenait soin de Pépette, de moi et de mon état émotionnel (ce qui n’était pas de tout repos pour lui non plus).

J’ai finalement craqué à 11 semaines, 1 semaine avant mon écho de détection de la trisomie, et annoncé la nouvelle à mes nouveaux collègues. J’ai eu le droit à 2 « je m’en doutais », ce qui prouve que je n’étais pas aussi discrète que je le pensais. Leurs réactions ont été très positives, et très rassurantes sur mon avenir dans la boîte.

Ça, ajouté au fait que l’échographie nous a montré un bébé en pleine forme, a suffit pour calmer mes nerfs mis à rude épreuve. Mes symptômes (et ma fatigue surtout) se sont progressivement calmés, et j’ai enfin pu respirer… Jusqu’à la prochaine session de stress.

Une pandémie

Car oui, j’ai commencé mon deuxième trimestre alors que l’OMS déclarait le monde en situation de pandémie. Aussitôt, mon niveau d’angoisse a grimpé, comme tu t’en doutes. Et il n’a pas beaucoup diminué depuis. Je dois accoucher en Septembre et je ne sais toujours pas dans quelles conditions ce sera. La grosse question du moment c’est si notre famille pourra faire le déplacement pour venir nous aider avec Pépette quand Polichinelle sera arrivé…. Mais ce n’est que le haut de l’iceberg dans une période pleine d’incertitudes.

Et un au revoir

Malheureusement, je manque de temps et de place pour te raconter comment j’ai vécu et continue à vivre cette grossesse en pleine pandémie. Ceci est mon dernier article pour Dans Ma Tribu… (et que ça fait bizarre d’écrire ça !)

Crédit photo (creative commons) : Gerd Altmann

J’aurais voulu te parler de pleins d’autres choses sur ma petite famille. Te raconter ma nouvelle grossesse, les angoisses et les bonheurs qui y sont liés. T’expliquer les différences d’éducation entre la Suède et la France. Te parler de ma fille, de ses progrès en langage malgré un environnement bilingue, ses batailles avec la propreté, ses livres et jouets préférés… Bref, il me reste encore plein de choses à partager avec toi.

Mais que l’aventure s’arrête ici, ou qu’elle continue autre part (tu pourras me retrouver sur Bribes de vie, je voulais juste te dire merci. D’abord, merci de m’avoir lue. Partager mes hauts, mes bas et mon quotidien de maman m’a permis de mieux m’affirmer dans ce rôle. D’y réfléchir et de le documenter.

Merci d’avoir échangé avec moi, avec nous, sur ce blog. J’ai pu y faire des rencontres (virtuelles ou réelles) exceptionnelles, et ces moments d’échange seront ceux qui me manqueront le plus. Grâce à toi, j’ai l’impression de faire partie d’une grande communauté de femmes fabuleuses, et c’est un sentiment infiniment épanouissant.

Et comme, une fois n’est pas coutume, je ne trouve pas mes mots pour conclure cette aventure sur ce blog, il ne me reste plus qu’à dire: hej då (au revoir)… vi ses ? (à bientôt?).


Pendant la grossesse, tu t’imaginais épanouie, heureuse, avec un joli ventre rond, et bien sûr, il y a de ça. Mais tu n’étais peut-être pas tout à fait préparée pour les vergetures, les coups de pied dans la vessie à 2 heures du matin et les galères administratives. On ne te la refera pas deux fois. Avec le guide hyper complet et concentré de Dans Ma Tribu, tu sauras exactement ce qui t’attend après l’accouchement. Clique ici pour en savoir plus.

Guide accouchement

Commentaires

Julie

Ah oui pas facile d’être enceinte durant cette pandémie… moi qui rêvais d’être plus sereine qu’avec ma première, je connaîtrais jamais ça finalement. J’angoisse pour tout, je ne supporte aucun contact, et mon mari et moi sommes à bout à force de combiner boulot et garde de notre fille, et je désespère de ne pas voir notre famille qui est soit derrière une frontière fermée soit pas très loin mais considérée à risque.
Le plus bête je pense c’est quand je me dis que j’ai même pas pu recevoir de félicitations en bonne et due forme avec des bonnes grosses embrassades. C’est un peu ridicule au vu de la situation.
Et on se demande toutes si c’est plus dangereux pour nous ou pour ce petit être.. bref courage à toutes.
Et à bientôt sur BDV Bibi!

le 27/05/2020 à 07h18 |

Les commentaires sur cet article sont fermés.