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Mon premier trimestre de grossesse, ou comment ne pas garder un secret

S’il y a bien une chose à savoir sur moi, c’est que je ne sais pas garder un secret. Mais vraiment ! Si tu as une info qui ne doit pas être divulgué, surtout, abstiens-toi de m’en parler.

C’est pourquoi, avant même d’avoir les résultats de ma prise de sang, il y avait déjà 2 de mes amies qui étaient au courant ! Alors pour moi, c’était hors de question de ne pas en parler à ma sœur ou à mes parents ! Et puis je pense (et ça c’est mon point de vue totalement personnel), que si jamais (et je croise les doigts qu’une telle chose n’arrive pas) je devais faire une fausse couche durant ce trimestre, ou n’importe quelle autre complication, j’aurais besoin de le partager, d’en parler, d’être soutenue par mes amies et ma famille.

Je suis aussi quelqu’un de très optimiste. Je sais que la peur n’évite pas le danger, alors je reste sereine (je sais, par moment c’est plus facile à dire qu’à faire). Et j’ai la certitude qu’un bon état d’esprit permet au corps d’éviter certains maux. Mais attention, on est d’accord : ça ne fait pas tout ! Quand je lis l’article d’Urbanie avec la réflexion de son médecin alors qu’elle souffrait d’hyperémèse gravidique, ça me met hors de moi !

Bref, tout ça pour dire que je débute cette grossesse très sereinement.

Le jour même (26 avril), nous apprenons à ma belle-mère et ma belle-sœur que je suis enceinte.
Ma belle-mère téléphonait ce jour-là à l’homme pour râler, car elle allait devoir acheter un deuxième siège auto (ma belle-sœur étant enceinte de 4 mois, de son deuxième enfant) pour sa voiture. Et l’homme lui a simplement fait remarquer qu’elle pouvait en acheter 2 d’un coup.

Ma belle-sœur ne nous ayant pas tendu de perche aussi belle, nous lui avons simplement annoncé la bonne nouvelle. Hormones (ou pas) elle s’est mise à pleurer ! Note que jusqu’à présent je n’ai toujours pas versé ma larme. Pourtant, je suis du genre à pleurer devant une publicité (si si, je te jure …).

Le lendemain, je vois ma sœur pour un déjeuner en famille. Je commence par lui adresser mes félicitations, ce à quoi elle me demande pourquoi. « Bah tu vas être tata ! » Et là, elle s’est mise à pleurer… et du coup moi aussi !

Dans les 2 heures qui ont suivi, ma tante, mes cousins/cousines, mon grand-père et mes parents sont mis au courant. Pas de réaction très expressive de mes parents. Bon, il s’est avéré que ça devait être dû au contre-coup de devenir grand-parents (ou plus précisément, pour ma mère, de devenir grand-mère). Mais ça n’a pas duré. Le lendemain, elle voulait l’annoncer à tout le reste de la famille et ses amies !

Moins de 2 semaines après avoir découvert ma grossesse, l’ensemble de ma famille était au courant, la famille proche de l’homme aussi, et certains de nos amis les plus proches (bon OK, quelques-uns d’un peu moins proche aussi…). Je sais… Mais bon ! Qui n’a pas envie d’exhiber la première photo de bébé haricot partout ? Il fait 8mm, youhou ! T’a vu, là, c’est le bébé ! Mais si tu vois, là, le petit truc !

Bref, un secret bien gardé.

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Crédits photo (creative commons) : Phalinn Ooi

Des désagréments liés à la grossesse ?

Je ne serais pas malade ! Ma mère ne l’ayant jamais été, il n’y a pas de raison. État d’esprit ou chance, en tout cas, je n’ai pas été malade. En fait, mes seuls symptômes pendant ce premier trimestre ont été :

  • La fatigue extrême du 2ème et 3ème mois. Je n’ai jamais été autant fatiguée de ma vie. J’allais même faire des siestes dans les toilettes de mon entreprise après les repas.
  • De légers malaises
  • Une splendide acné du dos ! Même ado, je n’en avais pas eu dans le dos…
  • Une petite (attention glamour) constipation, mais rien de dramatique
  • Un manque d’appétit. Rien à voir avec les nausées, car je n’en ai pas eu. Mais je n’avais pas faim. Et j’ai perdu 3kg durant ce trimestre.
  • Ne plus pouvoir fermer mon pantalon à 2 mois de grossesse ! Mon ventre s’est durci d’un coup, et impossible de fermer mon pantalon avec ma bouée (cette ceinture de graisse autour du ventre) comme je le faisais avant
  • Bien que ma petite bouée se soit durcie au-devant, j’ai perdu sur les hanches ! Yeah !
  • Une petite sciatique.

Pas de nausées, pas de fringales, pas d’odeurs dérangeantes (bon si, une fois, une amie a mis du parfum à la vanille, c’était horrible).

Voilà. Non, ne me déteste pas ! Ce n’est pas parce que tu entends que les « grossesses de magazine » n’existent pas que c’est le cas. Positive attitude !!! Et ne pas culpabiliser d’avoir une belle grossesse, profiter à fond ! Car la chance peut tourner.

Haha, si, j’ai oublié un truc. Est-ce que tu sais ce que c’est une douleur intercostale ? C’est une horrible douleur dans la poitrine (souvent proche du cœur, alors à 25 ans, tu crois faire une crise cardiaque…), et cette douleur t’empêche de respirer correctement, de tousser, de bailler… bref, c’est insupportable. En principe, ça disparait en quelques minutes.

Eh bien quelques jours après avoir découvert ma grossesse, j’en ai eu une. Mais elle n’est pas partie. Je l’ai supporté pendant 3 jours. Et c’était très éprouvant. Au moment où j’allais prendre rendez-vous avec un médecin, je suis allée faire un tour sur ce site internet pour les hypocondriaques. Après avoir listé une dizaine de causes possibles aux douleurs intercostales, du cancer des poumons, au cancer des os, en passant par la tuberculose… le site annonce touuuut à la fin que c’est aussi un symptôme de grossesse, et que du simple paracétamol fait passer la douleur.

Hop, un paracétamol et 20 min plus tard, c’était terminé !

Le suivi de grossesse

Que tu sois enceinte ou pas, tu dois le savoir, il y a des examens à faire durant une grossesse. Aucun n’est réellement obligatoire, mais la CAF et la sécurité sociale ont mis au point un petit stratagème : si tu déclares ta grossesse et que tu assistes à certains examens préconisés, tu seras pris en charge. Le but est d’inciter les femmes de certains milieux à être suivies régulièrement pour éviter les complications. Bien sûr, si c’est ton choix, tu peux ne faire aucun examen.

Le jour où j’ai découvert ma grossesse, j’ai appelé une gynécologue, que j’avais choisi car elle était dans ma ville. Oui, un peu au pif. Mais en même temps, la seule que je connaissais et appréciais était dans ma ville natale, à 70km. Ce qui n’est pas trop embêtant quand il s’agit de faire un frottis une fois tous les 2 ans, mais plus compliqué pour une grossesse. Je prends donc rendez-vous chez la gynécologue de ma ville, celle que j’avais vue lors de ma probable « fausse couche » le mois précédent.

Le rendez-vous est pris la semaine suivante. Si tu n’as pas encore eu de grossesse, tu ne te rends peut-être pas compte, mais attendre une semaine c’est HYPER long ! J’avais tellement hâte ! Je me voyais déjà avec une photo de mon bébé haricot !

Enfin, le lundi 6 mai arrive. Je vais chez la gynéco après le travail. Dès que je rentre dans son cabinet, elle me demande si je reviens car je suis enceinte. Je lui confirme avec un grand sourire. S’ensuit un horrible et expéditif entretien…

C’est sans doute la norme, mais je ne m’y attendais pas… Elle me donne une ordonnance pour aller faire une prise de sang. Un fascicule sur ce que je peux manger ou non. Un numéro de téléphone pour aller faire la première échographie aux environs du 13 juin (dans plus d’un mois ?!). Et elle m’explique qu’elle me verra une fois par mois jusqu’au 7 ou 8ème mois, ou je devrais aller me faire suivre à l’hôpital de proximité. J’ai à peine eu le temps de lui demander si je pouvais choisir un autre hôpital que j’étais déjà dehors. Et là, j’ai fondu en larmes. Je m’attendais à autre chose.

J’appelle ma belle-sœur, elle me confirme que c’est normal. J’appelle une amie qui a un fils de 6 mois, elle me conseille sa gynécologue. Que j’appelle, mais elle ne prend pas de nouveaux patients… J’appelle une copine, elle me conseille son gynécologue. C’est celui qui me tentait le moins, car il y a 45 min de voiture pour y aller, il est dans une ville assez huppée et il accouche lui-même ses patientes à la clinique (privée et assez huppée, donc). Or je voulais aller dans une maternité niveau 3… Mais bon, mon amie me dit qu’il est vraiment bien, alors je lui téléphone. Je téléphone le lundi 6 mai à 19h, et j’obtiens un rdv pour le samedi 10 mai à 10h. Oui, en plein weekend prolongé ! Un bon point.

Ce rendez-vous a été parfait. La première chose qu’il m’a dit en arrivant, c’est « félicitations ! ». C’est bête, mais ça fait tellement du bien ! Il prend quelques renseignements sur nos antécédents (oui, comme c’est un samedi j’ai ramené l’homme avec moi), il regarde les résultats de ma prise de sang (oh joie, je suis immunisé contre la toxoplasmose !!!) et me propose d’aller jeter un coup d’œil à cet embryon ! Je suis sur un nuage : je vais voir mon bébé et vérifier qu’il est bien placé ! Vois-tu, une de mes craintes est de faire un œuf clair. Une amie de ma famille vient tout juste « d’avorter » à 10 semaines de grossesse, car personne n’avait vu que l’œuf n’était pas fécondé. Elle s’est donc crue enceinte pendant 2 mois…

Bref, j’ai hâte de vérifier que je suis réellement enceinte. Le gynécologue sort son appareil pour faire une échographie vaginale. Et même si j’avais prévenu l’homme avant le rendez-vous, il tourne de l’œil et doit quitter le cabinet… Dommage pour lui, car il loupe la première photo de son bébé de 8mm, et n’entend pas son mini cœur qui bat déjà. Il suspecte juste une erreur sur la date de fécondation. Mon bébé a une taille d’un bébé plus jeune que celle qu’il devrait avoir selon la date de mes dernières règles. Il me donne un accouchement entre le 31 décembre et le 7 janvier.

Durant le mois qui suit, je suis sur un petit nuage. Ma seule frayeur, c’est que dès que j’ai des pertes blanches (qui peuvent être abondantes en cas de grossesse), je fonce au toilette pour contrôler que ce n’est pas du sang, car la sensation est la même. Je suis heureuse, tout va bien dans le meilleur des mondes, je vais bientôt aller faire mon échographie du premier trimestre, avec le contrôle de la trisomie.

Le jour J arrive. Et là, je panique. Et si mon bébé est mort ? Ou s’il lui manque un membre ? Ou s’il a une trisomie ? Je pleure sur le chemin. J’ai peur que tout s’écroule. J’ai peur de passer le cap des 3 mois sans fausse couche, et que l’on m’annonce une mauvaise nouvelle.

Nous entrons dans le cabinet. Je m’installe. Heureusement pour l’homme, le cabinet est équipé d’un très bon appareil qui peut faire une échographie par-dessus le ventre. Le cabinet est très accueillant. Une chaise pour le papa, un grand écran en face pour bien voir le bébé. Un coussin pour que je m’installe. Elle pose la sonde sur mon ventre, et là … je ne peux pas retenir mes larmes. Cette fois, mon haricot ressemble à un bébé. On voit la tête, les jambes, les bras… Et il n’arrête pas de bouger et de sauter partout dans mon ventre (ce qui est très étrange car je ne sens rien du tout) ! Je pleure doucement pour que ça ne se remarque pas trop.

L’échographiste fait toute ses mesures. Tout va bien. Tout est parfait. La nuque est toute petite. Vraiment tout est parfait. (Et bonus : il n’y en a qu’un ! ouf). Nous sortons du cabinet… et je fonds littéralement en larmes. Toute la tension et la peur que j’avais accumulé durant ce trimestre vient de s’évanouir. Je suis enceinte. Mon bébé est en parfaite santé.

Dès le lendemain tout le monde (collègues compris) est officiellement au courant. Et heureusement, car mon petit bidon commence à se voir (genre je mange tartiflette/gâteau au chocolat tous les soirs).

La prochaine fois je te parlerais de mon second trimestre de grossesse, avec un accident de voiture, une suspicion de trisomie, le sexe du bébé, les premiers achats…

Et toi ? Tu as parlé à tout le monde de ta grossesse dès qu’elle a été confirmée ? Tu étais plutôt optimiste ou tu avais peur de plein de choses ? Tu as eu à faire à un gynécologue peu aimable ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Madame D depuis septembre 2015, je suis la maman (comblé) de Princesse, 5 ans et de PetitLion 1 an et demi (à peu près). Absente par ici depuis quelques temps, je reviens te raconter cette seconde grossesse et notre nouvelle vie à 4 (oui je te raconte ma vie quoi !)