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A la une / Récit d'accouchement

Mon séjour en suites de couche

(Si tu as oublié le début de mon récit, c’est par ici !)

Juste après la naissance de P’tit Matelot

Tout devient calme à présent. J’ouvre les yeux, comme on ouvre les volets après une tempête. Je savoure la sensation de ce petit être tout juste sortit de mon ventre et posé sur mon torse. La sage-femme nous demande comment on appelle ce petit garçon ? Argh, on ne sait pas ! On rigole un coup et elles nous laissent le temps de la réflexion.

Au moment de l’attraper je me souviens avoir pensé qu’il était moche, mais plus les minutes passent et plus je le trouve beau ! (Ne me blâmez pas, objectivement c’est moche un bébé tout juste sorti du ventre !). Mon mari coupe le cordon. On prend notre temps, la sage-femme et l’aide-soignante commencent à nettoyer un peu. Je les regarde et m’imprègne de leurs visages que je n’avais pas encore vraiment vu (souviens toi, je fermais les yeux), je leur demande leurs prénoms : Lucie et Nathalie. J’expulse le placenta, tout va bien. L’une des deux prend P’tit Matelot pour lui faire ses premières mesures. 48 cm et 3,090 kg, il est plus petit que son frère. Il est de retour sur moi et me regarde avec ses yeux gris-bleu (des yeux bleus, sérieux ! Son frère avait les yeux noirs !). On s’échange quelques regards avec le papa et le prénom est décidé. La sage-femme m’annonce que j’ai une déchirure et qu’il va falloir recoudre. Elle me fait une petite anesthésie locale. Sauf que je tremble. Je tremble terriblement, de tout mon corps. J’ai mal et je tremble, des tremblements incontrôlables. Lucie me propose de laisser P’tit Matelot en peau à peau avec son papa et que je respire du gaz pour m’aider à me détendre afin qu’elle puisse me recoudre correctement. Monsieur Solex est vraiment content de pouvoir faire du peau à peau avec son bébé. Et moi je souffre encore un peu en essayant de contrôler mes tremblements pendant qu’elle me recoud. Je suis déchirée au niveau de mon épisio mais aussi au niveau des lèvres, ce qui explique les vives brûlures que j’ai ressenties au passage de la tête.

Crédit photo : Creative commons Bridget Colla

Une fois que tout est terminé, P’tit Matelot est habillé, et on nous laisse tranquillement profiter de ces premiers moments tous les trois pendant deux heures avant de nous monter dans une chambre. La sage-femme revient de temps en temps pour vérifier que tout va bien et m’appuyer sur le ventre pour aider à évacuer le sang. C’est désagréable mais je sais que c’est efficace et que ça m’évitera des flots de sang quand je me lèverais. Avant de me préparer pour m’emmener dans ma chambre, elle m’accompagne aux toilettes pour faire mon premier pipi post-accouchement afin de vérifier que ça ne me brûle pas.

Une fois remontés dans la chambre, nous arrivons à dormir un peu tous les trois. P’tit Matelot est vraiment calme, par rapport à son grand frère. D’ailleurs, ils ne se ressemblent pas du tout ! Crapouillou a le visage rond, des yeux noirs, des cheveux noirs à la naissance (qui se sont éclaircis pour l’instant), tandis que P’tit Matelot a le visage allongé, les yeux bleus et est presque blond. Tout ceci fera l’objet de nombreuses remarques de la part de notre entourage, et nous n’avons toujours pas élucidé le mystère des yeux bleus de notre deuxième bébé !

Trois jours à la maternité

Grâce à la présence de ma belle-mère à la maison, Monsieur Solex est libre de venir me voir tous les jours à la maternité et de passer du temps avec moi. Il arrive en milieu de matinée, déjeune avec moi, s’occupe de P’tit Matelot. Et ma belle-mère arrive en milieu d’après-midi avec Crapouillou, après sa sieste pour que je puisse voir un peu mon grand bébé.

Je profite de mon tout petit bébé au maximum. Je sais qu’une fois de retour à la maison, il n’aura plus jamais cette exclusivité que je peux lui offrir à la maternité. Ni ce calme qu’il a l’air d’apprécier, Crapouillou n’étant pas vraiment ce qu’on peut appeler un enfant calme et silencieux ! Crapouillou me manque un peu, évidemment, mais je suis aussi ravie car il profite de sa grand-mère et tout a l’air de bien se passer.

Ce qu’on m’avait dit est vrai, les tranchées sont plus douloureuses cette fois-ci. Mais j’ai de la chance, elles ne durent pas très longtemps, et dès le deuxième jour je ne prends déjà presque plus d’antidouleur. J’ai un peu mal à mes cicatrices par contre et je prends mille précautions pour m’asseoir. Les fuites de sang sont comme la première fois, abondantes certes, mais pas au point d’être hyper gênantes.

Quant à la mise en place de l’allaitement, cette fois ça va beaucoup mieux ! Une année d’allaitement a bien préparé mes seins, bien qu’ils soient quand même un peu sensibles. J’ai des débuts de crevasses mais cette fois je connais le problème, les symptômes, et les solutions qui fonctionnent chez moi, donc je règle le problème assez vite. Je suis impressionnée par ma montée de lait ultra rapide : le deuxième jour, à 18h j’ai des seins de taille « grossesse », et en pleine nuit à 2h du matin ils sont devenus énormes ! Pas de douleurs, mais je suis contente de mettre P’tit Matelot au sein pour me soulager.

Crédit photo : Creative commons David J Laporte

J’avais un très bon souvenir de mon séjour en suites de couche pour mon premier accouchement. Cette fois-ci le service est plein à craquer, les équipes sont débordées, et comme je ne présente pas de problèmes particulier je ne suis pas une priorité. Je comprends totalement qu’il y ai des patientes prioritaires, et je ne me plains pas de ne pas avoir de problèmes, au contraire. Mais je me sens seule et oubliée. La sage-femme, au lieu de venir me voir dans la matinée, n’a le temps de passer dans ma chambre qu’en fin d’après-midi. Avec les hormones et la fatigue, je ne vis pas très bien que « personne ne s’intéresse à moi ». Même si, parallèlement, je plains le personnel médical qui est surchargé et que je compatis pour les patientes qui ont besoin de soins urgents. Bref, je trouve le temps long, mais il faut attendre trois jours pleins pour sortir de la maternité, pour le test de dépistage, donc le vendredi matin. La seule chose intéressante que j’aurais pu faire, un atelier massage du bébé, je n’ai pas pu y aller car P’tit Matelot a eu faim pile à ce moment-là et j’ai dû lui donner la tétée !

Je vois d’autant moins de monde que c’est mon deuxième enfant, je sais donc me débrouiller seule pour changer la couche, le mettre au sein, lui donner son bain. La bonne nouvelle c’est que personne ne vient me déranger la nuit quand nous dormons tous les deux, et on ne m’oblige pas à réveiller bébé pour lui donner à manger.

J’ai quand même savouré les 2 premiers jours en tête à tête avec mon tout petit bébé et le calme de ma chambre d’hôpital. Le jeudi soir a été éprouvant émotionnellement (parce que je me sentais abandonnée, et parce que le chef de mon mari lui avait refusé son jour de congé pour qu’il vienne me chercher le lendemain). Et c’est avec beaucoup moins de nostalgie que la première fois que je quitte le bâtiment le vendredi matin. En me demandant quand j’y reviendrais, et si mon prochain accouchement serait dans cette ville ou ailleurs. Et en me disant cette chose étrange : quand même, j’adore accoucher, et mon passage préféré sont ces quelques heures en salle d’accouchement !

 

Tu me trouve un peu folle d’aimer accoucher ? Toi aussi tu étais à la maternité pendant une suractivité ? As-tu voulu profiter de cette bulle avec le bébé ou étais-tu pressée de rentrer chez toi ? Racontes-moi !

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).