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A la une / Récit de grossesse

Ma fin de deuxième grossesse sous insuline

Après un premier et un deuxième trimestres assez classiques, j’attaque le dernier trimestre.

J’ai à nouveau échoué au test du diabète, pour une unique valeur mauvaise (0,93 au lieu de 0,92 à jeun… on sent que l’univers se moque de moi ? J’avais eu 0,95 pour l’aîné. Un jour, je serai dans les clous, ha ha !).

Me revoici donc estampillée « diabétique ». Bon, je suis déjà un régime sans sucre à peu près depuis le début, mais a priori ça n’a pas suffi. Pour en rajouter un peu, mon bébé est à nouveau « hors normes », et donc voilà que tout le monde s’affole sur mon « gros bébé » et mon « diabète ».

Je ne le vis pas trop mal, mis à part les rendez-vous très réguliers, car je m’y attendais. Je savais que j’allais sûrement ravoir du diabète, et mon fils aîné étant un super grand modèle (il est encore et toujours au-dessus de la courbe maxi du carnet de santé), je m’attendais aussi à refaire un gros bébé. D’autant qu’à l’écho des 22SA, le deuxième était estimé encore plus grand et gros que le premier !

Bref, ma diabétologue me prescrit un nouveau super appareil top design pour mes glycémies : il y a même la pub à la télé et une affiche gigantesque dans ma pharmacie. Si ça c’est pas la classe !!!

Elle me laisse deux/trois semaines pour que le régime se mette en place (manque de bol, je le fais déjà, donc je me dis bien que ça ne va pas suffire…), on se revoit quasi toutes les semaines avec mon carnet de glycémies. Me revoilà donc à tout noter et à avoir l’impression qu’on me dit quoi faire de mon corps et de mes repas.

Mon troisième trimestre avec du diabète

Crédits photo (creative commons) : Charlie Davidson

Mais je m’en fiche un peu car je ne suis pas alitée, mes analyses sont toujours à peu près bonnes (pas de pré-éclampsie pour l’instant), et je profite de mon fils aîné.

J’ai aussi beaucoup de douleurs articulaires, surtout au bassin. J’ai l’impression de perdre un os à chaque fois que je me tourne dans mon lit. Je me lève toutes les quarante-cinq minutes pour aller aux toilettes, mais j’arrive à dormir quand même, je ne fais pas de sieste la journée.

Je reste active avec mes différents cours de préparation à l’accouchement, et je fais doucement à la maison… enfin, aussi doucement qu’on peut faire avec un aîné en plein terrible two et débordant d’énergie !

Après trois semaines de glycémies, le bilan est sans appel : ma glycémie à jeun du matin est trop haute, peu importe mes repas. La bonne nouvelle : mes glycémies post-repas sont quasi toujours bonnes, donc pas besoin de durcir encore plus mon régime. Et puis, je n’ai pas pris un gramme sur tout le septième mois avec tout ça.

La diabétologue me prescrit donc de l’insuline, je dois me piquer moi-même le soir, dans la cuisse, et augmenter tous les deux à trois jours la dose si ma glycémie du matin ne baisse pas. Je suis un peu dépitée, j’ai des bleus partout sur les cuisses (pas pratique pour mes petites robes !) mais qu’importe : tout est mieux que d’être clouée dans mon canapé ou de stresser pour une pré-éclampsie !

Je n’angoisse pas trop à propos des éventuels effets secondaires du diabète, car ça reste léger, donc je ne crains pas trop pour mon bébé. Quant à ses mensurations, je sais que ça n’a pas qu’à voir avec le diabète, mais aussi avec la génétique, vu que l’aîné est toujours géant 2 ans et demi après sa naissance. Bon, quand même, à chaque écho, je redoute qu’on m’ennuie un peu plus à cause de sa taille, mais le poids estimé revient progressivement du 98ème percentile au 70ème environ. Pas mal, déjà !

À partir de juillet, j’attends un peu d’accoucher.

D’un côté, je suis pressée car j’en ai marre de mes piqûres d’insuline tous les soirs, de mon bassin en vrac toutes les nuits, de mes levers pipi toutes les quarante-cinq minutes, et de mon régime limité en sucre, de la chaleur, d’être fatiguée dès que je veux jouer avec mon fils…

D’un autre côté, sachant que ce sont mes derniers jours de femme enceinte, j’en profite quand même, malgré les rendez-vous diabétologue, sage-femme, échos, etc.  Je finis mes cours de yoga le 21 juillet : je voulais au moins atteindre cette date.

Ma DPA est au 14 août, mais en raison de mon diabète et des mensurations de mon enfant, il est décidé de me déclencher le 25 juillet. Préférant que mon fils vienne de sa propre initiative et ayant très très TRÈS peur d’être déclenchée en raison de mon premier accouchement très long et douloureux (j’ai peur qu’en déclenchant, ce soit encore pire), je négocie la date et j’obtiens deux jours de rab. Je serai déclenchée le mercredi 27 juillet.

Tout est prévu avec mes parents pour garder le « grand » (qui est encore petit, finalement !), mon mari prévient au boulot, on s’organise. Je finis mes valises et mes checklists. Mais j’espère vraiment que mon bébé naisse avant. Après tout, mon premier est né à 38SA+6, et je serai à 37SA et des poussières le 27, donc tout reste possible !

Jeudi 21 juillet, je me rends au yoga prénatal le matin. J’ai un pressentiment dès le matin, je ne me rendors pas, j’ai l’impression que c’est la dernière fois que je me réveille enceinte.

Au yoga, on fait du ballon, le cours est sympa. Mais je contracte pas mal et la sage-femme, qui sait que je serai déclenchée, n’arrête pas de me dire : « Floconnette, ça, vous pourrez le faire pendant le travail ! » À la fin, elle m’examine et me dit que ça se présente bien. Elle me rassure en me disant que le déclenchement ne devrait pas mettre trois jours chez moi. Elle en profite pour faire un décollement des membranes.

Je rentre chez moi, je mange, et je repars pour un rendez-vous chez l’esthéticienne. J’ai quelques contractions plus « douloureuses » qu’avant, mais éparses, et je me dis que c’est la réaction au décollement des membranes. Mais pour l’aîné, ça avait commencé comme ça aussi.

Ensuite, je passe à mon boulot déposer et récupérer des papiers. J’ai des épisodes douloureux, mais gérables. J’ai un petit doute, je me dis que je vais aller faire des courses car il manque des choses pour mon fils aîné et pour le bébé. Donc je vais au supermarché, et je commence à bien avoir mal d’être en activité, quand une petite contraction arrive. Elle reste gérable, mais je grimace un peu et les petits vieux me regardent bizarrement.

J’en profite pour acheter des tas de glaces sucrées en me disant : « Peut-être pour bientôt ! » car si j’accouche, plus de régime ! Mais je n’y crois pas trop, je pense à un faux travail dû au décollement. J’avais déjà énormément de contractions avant, en plus.

Ensuite, je récupère mon fils chez sa nounou.

À la maison, je m’occupe des dernières choses, et mes contractions se rapprochent tout doucement. J’attends que mon mari rentre. J’essaie de faire passer le faux travail, mais rien à faire. Nous dînons tous les trois. Je doute toujours, car ça se rapproche, mais je ne trouve pas ça assez douloureux ou assez proche (plusieurs minutes).

Vers 21h, on couche le grand et j’appelle la maternité, qui me dit de patienter encore. À 21h30, j’appelle ma maman pour lui dire de préparer une valise au cas où. À 22h, je la rappelle en lui disant de venir pour de bon. Ça y est, j’ai mal, mais pas à outrance.

En attendant, je finalise les valises et là, je me bénis d’avoir été aussi organisée.

J’ai mon sac de salle d’accouchement fini, ma valise quasi finie avec la liste « dernier moment », donc ça va vite, et je finis celle de mon fils (je conseille à toutes les futures mamans de deuxième ou plus de faire ça, car ça évite bien du stress de se dire que son aîné aura ses repères et ses affaires). J’avais aussi rédigé un papier avec les quantités de lait de ses biberons, les horaires de sieste et de coucher, les doudous avec lesquels il dort, etc. Comme ça, rien à ré-expliquer à ma maman, et surtout, en cas de plan B (des amis plus proches s’étaient proposés en cas d’urgence), ça pouvait aller très vite pour déposer mon fils.

Ma mère arrive à 23h30, on décolle de la maison à minuit, et là, je commence quand même à avoir bien mal, même si ça reste gérable. Dans la voiture, je regarde l’heure : j’ai des contractions toutes les trois minutes et elles durent environ une minute, parfois un peu moins. J’ai toujours peur d’un faux travail, mais je commence à vraiment y croire. De toute façon, si ce n’est pas pour cette nuit, il faudra me soulager : je ne peux pas rester comme ça.

On arrive à la maternité vers minuit et demi et… la suite au prochain épisode !

Et toi ? Comment s’est passée la fin de ta grossesse ? As-tu eu du diabète ? Craignais-tu le faux travail ? Quand as-tu décidé de te rendre à la maternité ? Raconte !

A propos de l’auteur

Trentenaire, mariée, maman, propriétaire en campagne, cadre (pas trop) dynamique, sportive (à mes heures), coquette, gourmande..... et j'en passe! Je suis mariée depuis début 2013 et maman depuis début 2014 pour la première fois. J'adore manger, cuisiner, tricoter, lire, me promener, jouer du piano .... et les chats! Je jongle entre ma vie de femme et de maman, en incluant le boulot là dedans. Pas facile tous les jours mais quel bonheur :-) Au point que nous avons récidivé: nous avons accueilli notre deuxième fils tout récemment! Et je suis évidemment totalement folle de mes deux enfants :-)