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A la une / Récit d'accouchement

Ne pas connaître le sexe de bébé : une erreur ?

Il y a déjà quelques temps, je te disais que j’avais fait le choix de ne pas connaître le sexe de bébé. Enfin, pour être plus précise, j’avais accéder aux souhaits de mon mari. Tellement de personnes nous racontaient cette magie indescriptible de la rencontre, il n’y avait que des récits plus beaux les uns que les autres. Jamais personne ne m’a dit « si j’avais su, j’aurais demandé ». Tous m’avaient dit : « tu verras, au moment de la naissance, quand tu découvres ton bébé, c’est un instant tellement spécial que tu oublies de demander le sexe ! »

Freesia par exemple en a fait l’expérience. Ma belle-mère me raconte encore la naissance de son fils avec des étoiles plein les yeux. Comment elle a pris le temps de compter qu’il avait bien 5 doigts à chaque main et chaque pied avant de regarder le sexe. Moi aussi, je voulais connaître cet instant de grâce, hors du temps.

Sauf que ça ne s’est pas passé du tout comme ça, et je commence tout juste à l’accepter.

Crédit photo : Evan-Amos

Pendant la grossesse

Lors du premier trimestre, j’étais comme toutes les femmes : stressée à l’idée de faire une fausse couche. A chaque rendez-vous, je ne souhaitais qu’une chose : entendre le petit cœur battre et la sage-femme me dire que tout va bien. Au revoir madame, on se revoit le mois prochain. Parfait. Mais déjà, je me demandais. Si c’est une fille, aura-t-elle le même caractère de cochon que sa sœur ? Si c’est un garçon, aura-t-il le même gabarit monstrueux que son frère ? Je savais à peine que j’étais enceinte, que déjà je me projetais avec un bébé de six mois !

Évidemment, tout ça ne s’est pas arrangé avec le deuxième trimestre qui offre le choix de connaître le sexe de bébé. J’ai failli craquer pendant l’échographie. La gynéco voyait bien que je mourais d’envie de savoir. Mais mon mari a tenu bon « ah non, on ne saura pas, c’est ce qu’on a décidé ! » Et il avait raison. Alors, j’ai bâillonné mon envie et on est retournés au boulot, mon ventre et moi. Mais à partir de ce jour, je me suis levé tous les matins en me disant « c’est sûr c’est un(e) garçon / fille » (oui, ça changeait en fonction de mon humeur !). Et quand je commençais à réfléchir au prénom, je me suis dit (avec une grande lucidité !) que choisir un prénom c’était plus simple qu’en choisir deux.

Le troisième trimestre a été l’apothéose de mon impatience. Je n’avais qu’une hâte : accoucher. Pour ne plus ressembler à une baleine, ne plus avoir tous ces petits maux de grossesse bien sûr. Mais surtout pour connaître ENFIN le sexe de ce bébé. Mon mari en avait marre que je lui dise plusieurs fois par jour « je me demande si c’est une fille ou un garçon »

A l’accouchement

J’ai eu un accouchement plutôt facile, même si je l’ai trouvé un peu longuet. D’abord les contractions m’ont fait mal. Je ne pensais à rien d’autre. Mais dès que la péridurale a fait effet, j’aurais pu m’appeler Idéfix. AH ! Je vais savoir ! Je somnolais entre deux prises de tension (tu sais, ce satané brassard qui gonfle toutes les cinq minutes et t’empêche de dormir tranquillement en accouchant !) et attendais impatiemment la délivrance juste pour savoir comment je pourrais appeler mon bébé.

Tu t’en doutes. A la naissance, je ne l’ai pas contemplé émerveillée. Je n’ai pas compté ses doigts ni vérifié ses oreilles. Non, je ne l’avais même pas regardé, je ne l’avais même pas touché que je demandais déjà à la sage-femme : « alors, fille ou garçon » ?

En conclusion

Que je regrette de ne pas avoir connu le sexe en avance !!! Je me rends compte avec le recul que, même si c’est mon troisième, j’avais besoin de me projeter. Autant qu’avec mon premier ou ma deuxième. Et que me projeter un jour avec une fille, le lendemain avec un garçon ne m’a apporté que la frustration de ne pas savoir.

Mais surtout, j’ai l’impression que cette soif de savoir a gâché cette première rencontre avec mon bébé. Cet instant magique que seules les mamans connaissent. Je l’ai connu avec mes deux premier. Pas avec mon troisième. Et j’en nourris beaucoup d’amertume. Alors, maintenant je sais. Mon tempérament fait que j’aurais du demander le sexe de mon bébé pour vivre une grossesse et un accouchement plus sereins. Que cette surprise n’est pas faite pour tout le monde.

Et toi ? Tu veux connaître le sexe de ton bébé ou tu préfères avoir la surprise ?

A propos de l’auteur

Je suis maman d'un "grand" garçon (6 ans) qui a combattu un cancer à l'aube de ses 4 ans, d'une petite fille (4 ans) et d'un petit garçon (2 ans). Grande lectrice, amatrice de cinéma adorant voyager, j'ai mis beaucoup de choses entre parenthèses pour me consacrer à mes petits monstres !