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A la une / Essais bébé

Nos premiers pas vers l’adoption

Une fois la décision prise d’adopter les événements se sont vite enchaînés. Tellement vite même au début que cela nous a paru assez étrange. Mais j’étais plutôt contente : j’avais envie de foncer après les années de PMA durant lesquelles la lenteur était la norme (« vous voulez refaire tout de suite un essai ? Ah non madame il faut attendre 6 mois parce que le docteur est en vacances en Thaïlande / parce que c’est Noël / parce que 2 mois de repos c’est trop court » ne rayer aucune mention inutile).

Nos réflexions, peurs et choix de départ

Lorsque nous avons commencé à parler sérieusement de l’adoption avec mon mari, certains points ont émergé et marqué le début de nos réflexions.

Nous avons discuté et fait part à l’autre de nos peurs :

  • Il avait peur que je n’ai pas pris conscience qu’on ne pourrait pas pouponner. Nous sommes en effet trop âgés pour adopter un nourrisson. Je le savais déjà et très honnêtement cela ne me dérangeait pas. Au contraire, je trouvais ça tellement naturel d’avoir un enfant déjà âgé de 2 ou 3 ans !
  • Ma plus grande crainte était qu’il n’aime pas vraiment cet enfant adopté. Il adore sa fille et il me paraît presque impossible qu’il aime autant un enfant qui ne serait pas de lui. C’est d’ailleurs ce qui m’a retenu très longtemps de lui parler d’adoption. Il m’a aussitôt rassuré : la relation qu’il aura avec notre enfant adoptif sera bien évidemment différente de celle qu’il a avec Schtroumpfette. Pour autant il n’a aucun doute sur le fait qu’il aimera notre enfant car ce sera notre enfant, celui que nous désirons et attendons depuis longtemps. C’est assez étrange car lui avait la même interrogation : serais-je capable d’aimer un enfant qui n’est pas de mon sang ? Avoir Schtroumpfette dans ma vie me montre depuis des années que ce n’est absolument pas un problème !
  • De son côté, il sait à quel point ne pas avoir d’enfant m’a miné toutes ces années. Si l’adoption ne réussissait pas il était vraiment très inquiet de la manière dont je réagirais. Je ne peux pas le savoir et je lui ai dit honnêtement que ce serait de toute façon un moment très difficile. Nous serions ensemble et savoir qu’il serait à mes côtés m’aiderait à surmonter tout ça.

Crédits photo (Creative Commons) : sebastian2nd / 1 photo

Nos limites sont de suite apparues et nous n’étions pas prêts à les franchir pour que ce projet qui nous tenait à cœur puisse se faire. Cela peut sembler égoïste mais pour nous c’était évident qu’il fallait être clairs :

  • Nous n’adopterions pas de fratrie mais un enfant seul. C’est déjà un pas énorme et s’occuper de deux petits bouts nous semblait trop difficile pour nous.
  • Mon mari était complètement bloqué et hostile à l’idée d’adopter un enfant de plus de 5 ans. J’aurais peut-être poussé plus loin pour ma part mais je comprenais son sentiment. 5 ans âge limite donc (ce qui sera à affiner par la suite : 4 ans et 11 mois ou 5 ans déjà révolus ?)
  • Un agrément dure 5 ans. Si passé ce délai nous n’avions pas adopté, nous n’irions pas plus loin car M. Chéridamour trouvait que nous serions trop vieux. J’étais là encore d’accord avec lui même si en arriver là me briserait le cœur.

L’euphorie des premiers moments

Nous avons envoyé notre lettre au Conseil Départemental pour indiquer notre désir d’adopter. Elle est partie moins de 15 jours après notre mariage. Et à peine 5 jours plus tard nous avions un coup de fil pour nous proposer de participer à la prochaine réunion d’information qui avait lieu… le lundi suivant (on était jeudi !) A mon grand regret le délai était beaucoup trop court pour s’absenter du travail. Nous avons donc assisté à la réunion suivante qui avait lieu un mois après.

Je dois t’avouer que les premiers temps j’ai eu la tête dans les étoiles. La réponse donnée par M. Chéridamour m’a rendue très heureuse et c’est un euphémisme car j’étais euphorique. Je me sentais devenir maman, j’avais l’impression que ce n’était qu’une question de temps. Je lisais des témoignages de rencontres parents adoptant / enfant adopté sur Internet qui me mettaient les larmes aux yeux tellement je trouvais ça beau. J’avais envie de hurler à tous nos amis et nos familles notre décision.

Dès notre choix arrêté, j’en ai parlé à ma psychologue. On a passé une séance à en parler. Elle m’a dit à la fin de celle-ci que pour la première fois elle me sentait apaisée, soulagée presque d’en finir avec la PMA. Avec ce désir d’adoption je laissais pour la première fois parler la maman qui était en moi, preuve que c’était vraiment ce qui nous correspondait.

J’ai été sur mon nuage durant les 3 semaines qui ont précédé la réunion d’information.

Les premiers grains de sable

Une fois passé cette phase « Bisounours » j’ai commencé à me renseigner sérieusement sur le sujet. Sur Internet en premier lieu, via les sites institutionnels comme le site http://www.adoption.gouv.fr/ (voir la tête de M. Fabius présenté comme le ministre des affaires étrangères – ce qu’il n’est plus depuis plus de 3 ans – n’est guère positif et encourageant sur la validité des informations collectées…) puis avec des ouvrages empruntés à la médiathèque.

Ces lectures me confirment dans mon idée que vouloir adopter un nourrisson est illusoire pour nous. Aucune importance je m’y étais faite. Mais là où j’ai un choc, c’est qu’adopter un enfant en bonne santé s’avère également très compliqué. Les enfants proposés à l’adoption internationale sont de plus en plus des enfants « à particularité » à savoir des enfants grands (plus de 6 ans), avec des malformations ou des problèmes de santé allant d’un simple asthme à des handicaps physiques ou psychologiques très lourds.

J’ai alors décidé de laisser poser les choses. J’avais besoin de mûrir tout ça et d’attendre la réunion d’information organisée par le Conseil Départemental. On verrait bien ce qu’il en ressortirait.

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Quand tu as décidé d’avoir un enfant, quels ont été tes sentiments ? Crainte ou joie, qu’est-ce qui a dominé ?

A propos de l’auteur

Coucou ! Moi c'est Mme Espoir. J'ai 37 ans, mon mari et moi sommes ensemble depuis 9 ans et je suis l'heureuse belle-maman d'une Schtroumpfette de 12 ans. Après des années de galère en PMA, mon mari et moi avons décidé de nous lancer dans l'adoption. La route est encore longue avant de devenir maman !