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A la une / Essais bébé

Notre aventure « petit miracle » : sans père point de salut !

Comme je te le disais dans mon dernier article, les efforts fournis et toutes les actions mises en place commençaient à donner leurs fruits mais le comte bleu venait de partir pour une lointaine destination pour 6 mois.

Qu’est ce qu’une « opex » ?

Tu le sais déjà, le comte bleu est militaire. Une opex c’est un séjour à l’étranger, sur un théâtre d’opération où l’armée Française est engagée. La durée peut varier mais pour mon capitaine elle varie de 4 à 6 mois. A priori pendant ce séjour, les militaires ne rentrent pas chez eux et il me semble relativement rare (mais pas toujours impossible) que leur famille puisse leur rendre visite sur place. Ça se tient vu que l’armée est rarement à l’étranger pour planter des pâquerettes. Dans notre cas, nous nous étions donc préparés à être séparés 6 mois, alors que nous n’avions jamais été loin l’un de l’autre plus d’un mois depuis notre rencontre, et à passer les fêtes chacun de notre côté…

Photo : ludovic

6 mois d’attente supplémentaires

Concrètement comment ça s’est passé ? Les premières semaines sont passées plutôt vite. J’avais plein de choses à faire (ménage, bricolage, cadeaux de noël, achats et décoration pour notre tout nouvel appartement) et j’avais prévu de voir du monde presque chaque week end jusqu’à Noël.

Comme je te l’avais dit je surveillais quand même une éventuelle grossesse. Mais un premier cycle est arrivé. J’ai cependant été nettement moins déçue que d’habitude, peut-être parce que les choses étaient claires. Sauf que le suivant a commencé à s’éterniser… pourtant jusqu’à présent, les quelques derniers cycles avaient été très réguliers. Alors le premier cycle depuis le départ du comte bleu avait-il été un « anniversaire » ? Et puis en fait non, à J35, les anglais ont débarqués (la guerre c’est moche…).

A partir de ce moment-là, moi qui avais cru que ce délai de 6 mois serait insupportable et que je ne cesserais pas de penser à ce bébé qui ne pouvait pas exister avant mai 2016, j’ai trouvé cette période très relaxante, du moins sur le plan de l’attente de notre tour. J’avais l’impression que comme le comte n’était pas là, il n’y avait pas d’enjeu et donc pas de quoi se stresser. De ce côté-là son absence a été très bénéfique. En revanche, je ne te cache pas que les quelques annonces de grossesse pendant cette période m’ont touchée, mais le fait que le futur papa soit absent m’a aidé à prendre mon mal en patience : cette fois, si les choses ne fonctionnaient pas, ce n’était pas à cause d’un éventuel problème de notre côté mais pour une raison banale et évidente, le père n’était pas disponible ! Tu avoueras que ça joue quand même.

Ceci dit, la deuxième partie de l’opex a été un peu plus dure. Déjà il n’y avait plus vraiment d’échéance avant le retour de mon capitaine et donc 4,5 mois à attendre sans objectifs intermédiaires. Ensuite, alors que j’avais passé un excellent réveillon avec des amis, les deux semaines qui ont suivies m’ont donné l’impression d’être submergée par le vide. Je n’avais plus envie de rien. Même ce que j’aimais avant et qui m’avait toujours redonné du baume au cœur ne me tentait plus. Je passais mon temps à comater sur mon canapé en regardant à la chaîne les épisodes de The Walking Dead (au passage, mauvais choix quand comme moi tu es un peu peureuse la nuit… en même temps maintenant mes craintes vont beaucoup mieux, thérapie tu as dit ?). Alors certes, j’avais certainement des trucs à régler dans ma vie, comme tout le monde mais je ne voyais rien qui, dans mon existence, justifiait un tel découragement. J’ai mis ce passage à vide sur le compte de l’absence de mon capitaine et je me suis mis un grand coup de pied aux fesses. Petit à petit j’ai repris une activité normale. Jusqu’à oublier ce petit passage à vide.

Je te passe la suite qui n’est pas très palpitante. Ah si ! J’ai pu rendre visite à mon capitaine sur un week-end de trois jours ! C’était une vraie bouffée d’air. Ensuite il n’y a plus eu qu’à attendre son retour pendant un mois et demi. Et puis un beau matin de mai, je suis allée l’attendre à l’aéroport. Joie des retrouvailles, bonheur absolu, love, paillettes et licornes.

De nouvelles solutions ?

A ce moment-là j’avais presque l’impression d’être guérie de mon stress. En fait j’avais plus ou moins oublié ce que ça faisait de retrouver l’espoir déçu chaque mois. Et puis il y a une chouette légende chez les militaires : les bébés « retour d’opex ». J’y croyais ! D’autant plus que nous avions prévu de prendre une dizaine de jours dans les Cyclades pour prendre le temps de se retrouver. Bref toutes les conditions étaient réunies !

Et puis, en fait non. Encore une fois. Et en à peine deux petits mois la pression que je me mettais avant le départ du comte est revenue. Je n’arrivais même pas à me consoler en me disant que cela ne faisait finalement que deux mois qu’un bébé était possible (bah oui, avant mes cycles avaient l’air d’être tout droit sortis d’un roman de science-fiction et ensuite le comte bleu était absent pendant 6 mois) et que donc même si nous attendions depuis déjà longtemps, nos « essais » étaient finalement récents. Tu la vois revenir en force la déprime de janvier ? Gagné !

Photo : gratisoraphy

Tu connais la fameuse phrase « c’est psychologique ! » ? Je la trouve tellement énervante et culpabilisante ! D’autant plus qu’on ne peut pas résumer n’importe quelle infertilité à un blocage psychologique. Je ne vais pas te faire le top 10 des phrases énervantes pendant les essais, mais figurent en bonne place le « n’y pense pas et ça viendra tout seul » (haha, comment veux-tu que je n’y pense pas quand la moindre petite publicité, le moindre ventre rond dans la rue, et surtout les nombreux examens médicaux ne cessent de me rappeler qu’on y arrive pas ?) et le très général « c’est un blocage psychologique » (à ce moment, je me demandais parfois si je n’allais pas découvrir des épisodes noirs de ma vies que j’aurais enfouis et je trouve que ça sonne un peu comme « c’est ta faute, c’est toi qui est défaillant/e »).

Ceci dit, il arrive dans certains cas que le blocage semble être réellement d’origine psychologique et vu ces deux épisodes tous tristes je me suis dit que je n’avais rien à perdre, j’ai tenté le tout pour le tout : j’ai pris rendez-vous avec une psychologue spécialisée dans l’hypnose. Comme pour mes autres démarches, je me suis dit que même si je n’en ressentais pas un besoin impérieux, ça ne pourrait qu’être bénéfique (oui, sauf que je craignais quand même de découvrir des trucs oubliés ou refoulés, merci les psys de comptoir !). J’ai eu mon premier rendez-vous en décembre et ça n’a pas du tout ressemblé aux rendez-vous gênants que je m’étais imaginés. Ça a même été des moments plutôt agréables qui m’ont permis d’apprendre à mieux me connaître et à m’épanouir (et je n’ai rien découvert sur moi-même, c’était plus proche de la sophrologie que de l’introspection hollywoodienne).

Sur un plan plus médical, j’ai ressenti le besoin de relire les résultats d’examen que j’avais en ma possession et j’ai eu une sorte de révélation : le problème semblait hormonal alors pourquoi ne pas en parler à un spécialiste ? Et c’est en traînant sur des forums que j’ai découvert qu’il existait exactement la profession dont j’avais besoin : gynécologue-endocrinologue ! J’ai la chance d’habiter une grande ville et j’ai donc profité de cette proximité pour contacter un médecin qui semblait reconnu dans le domaine. C’est ainsi que je me suis retrouvée à mon premier rendez-vous, un peu moins de deux ans après le début de l’aventure et un peu plus d’un an après avoir mis en place mon propre plan d’action. J’avais  environ 18kg de moins, des cycles réguliers et a priori fonctionnels et un mari de retour depuis 4 mois. J’ai de suite prévenu mon médecin que j’avais déjà évincé une de ses collègues parce qu’elle ne me parlait pas et ne m’expliquait rien. Mais pour savoir comment s’est passé ce rendez-vous il faudra attendre l’épisode suivant !

As-tu vécu une période d’éloignement pendant tes essais ? Comment as-tu géré l’absence ? Tu étais aussi agacée par les phrases comme « c’est psychologique » ?

A propos de l’auteur

Mariée (et folle amoureuse) à mon capitaine depuis mai 2014, je suis ingénieure et architecte (parce que je n'aime pas faire les choses simplement !), addict aux DIY en tous genres (cuisine, dessin, couture, bricolage, écriture...) et maman d'un petit Miracle arrivé fin août 2017 et qui a su rendre son entrée dans nos vies épique !