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A la une / Essais bébé

Notre long parcours PMA

Dès que M. Chéridamour et moi avons décidé d’avoir un bébé, j’ai pris rendez-vous pour une visite pré-conceptionnelle avec une gynécologue choisie au hasard. J’ai eu énormément de chance car je suis tombée sur une personne extrêmement compétente qui a pris les choses au sérieux.

Elle a voulu faire une échographie de contrôle et a de suite repéré de nombreux kystes sur les ovaires. Sa petite phrase « ça va peut-être être difficile » m’a assommée. Je me suis complètement effondrée. Ce bébé auquel je n’avais jamais vraiment pensé, c’est à ce moment-là que j’ai compris à quel point il était vital pour moi.

IAC et FIV, version express

Après 5 mois d’essais naturels, elle nous a fait faire toute la batterie classique d’examens. A moi et même à mon homme qui est pourtant déjà papa car selon elle cela ne voulait pas dire qu’il n’a pas de souci (tu vois à quel point elle est consciencieuse !) Le verdict est simple : rien ne nous empêche a priori d’être parents naturellement (les kystes sur les ovaires se sont résorbés d’eux-même) mais on va nous donner un petit coup de pouce car à ce stade nous en sommes quand même déjà à 2 ans d’essais. Hé oui, les examens sont très longs à faire surtout quand ils foirent ou que des infections viennent freiner le processus.

Nous commençons les IAC (Insémination Artificielle avec sperme du Conjoint). La première est la bonne : c’est positif ! M. Chéridamour et moi sommes sur un petit nuage. Quelle chance nous avons ! Mais nous redescendons vite sur terre car je fais une grossesse extra-utérine. Elle est minime (indétectable à l’échographie) et si sur le moment j’ai l’impression de planer loin de tout ça et de ne rien réaliser, le contrecoup quelques semaines plus tard a été assez rude.

Qu’importe, après une pause obligatoire de quelques mois nous repartons en traitement. 3 autres IAC suivent, toutes négatives. Ma gynécologue veut passer à l’étape suivante car mon âge (34 ans… déjà !) ne permet pas de traîner. Nous passons aux FIV (Fécondation In Vitro) et je dois changer de centre et de gynécologue. Je t’épargne le suspense mais si tu as lu ma présentation tu connais déjà l’issue : négatif. Rien de rien. Pas même l’ombre d’une accroche. En comptant les IAC, les FIV et les TEC (Transfert d’Embryons congelés) nous ferons 12 essais.

Pourquoi autant d’essais ?

Crédits (Creative Commons Zero) : Qimono

Tu dois te dire qu’avec autant d’essais, nous étions vraiment motivés au-delà de tout. Oui… et non. Quand je regarde en arrière je suis la première surprise : « quoi, on a fait autant d’essais ? » Ce bébé, il est évident que nous le voulions de toutes nos forces. Nous avons tout fait pour qu’il vienne en suivant les recommandations des médecins. J’ai été voir un magnétiseur, un ostéopathe, une psychologue… Mais d’un autre côté, j’avais dit dès le départ à mon homme que je ne me voyais pas aller au bout de la PMA. Faire 2 FIV me semblait déjà beaucoup. Je ne voulais pas devenir comme certaines femmes qui ne vivent plus que par et pour ça et qui vont tenter une 6ème, une 7ème FIV à l’étranger. Alors pourquoi sommes nous allés si loin ?

Il se trouve que je réagis du tonnerre aux traitements et je les supporte plutôt bien. J’ai toujours des embryons top-qualité-plus-beaux-que-ça-tu-meurs-ils-sont-parfaits-madame-vous-allez-nous-faire-des-triplés mais rien. Mon homme et moi faisons partie de ces couples en infertilité inexpliquée.

Et ça c’est très difficile à vivre. Comme aucun souci n’est détecté, tu ne sais pas ce qui cloche, ni sur quoi agir. Et tous les mois, tu te dis que même si tu n’es pas en traitement, il se peut que bébé s’installe sans prévenir donc tu es toujours sur les montagnes russes. Chaque médecin ou patricien rencontré m’assure que je vais forcément tomber enceinte. Alors on enchaîne les essais sans s’en rendre compte et on n’ose pas arrêter car le prochain essai sera le bon, c’est sûr et certain !

Quand on sait qu’il faut dire stop

Pourquoi nous avons décidé d’arrêter tout ça ? Nous arrivions au bout des essais remboursés par la sécurité sociale (pour rappel : 4 FIV) mais ce n’est pas la seule raison.

Avant de tenter notre 4ème FIV le gynécologue nous indique que vu tous ces essais « parfaits » il est prêt à tenter une 5ème FIV sans trop de frais pour nous. Sur le moment je suis euphorique : youpiiiiii une chance de plus ! Et puis j’ai repensé à ma volonté du début de ne pas aller trop loin. Je me remémore toutes ces années de galère, une énorme fatigue me tombe dessus et je sens que j’arrive à saturation. Mais je suis aussi terrorisée à l’idée d’arrêter et de cet « après » sans enfant qui s’ouvrirait devant nous. Malgré tout notre décision est prise : si cette 4ème FIV ne fonctionne pas nous n’irons pas plus loin.

Elle échoue et est physiquement extrêmement difficile à vivre. Je fais ce qu’on appelle une hyperstimulation. Je suis très mal pendant une semaine, je m’essouffle dès que je suis simplement debout et j’ai des d’énormes douleurs au ventre. Aujourd’hui encore, 10 mois après, j’en ressens encore. Je dis alors à M. Chéridamour « plus jamais ».

Nous sommes arrivés à la fin de ce parcours et il reste à écrire « l’après ».

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Et toi, as-tu mis longtemps à tomber enceinte ? Combien as-tu fait d’essais ? 

A propos de l’auteur

Coucou ! Moi c'est Mme Espoir. J'ai 37 ans, mon mari et moi sommes ensemble depuis 9 ans et je suis l'heureuse belle-maman d'une Schtroumpfette de 12 ans. Après des années de galère en PMA, mon mari et moi avons décidé de nous lancer dans l'adoption. La route est encore longue avant de devenir maman !