Menu
A la une / Témoignage

Une histoire de dodo

Dans la famille Plante, on a des profils de sommeil assez différents. Si Mr Plante n’éprouve aucune difficulté à s’endormir, je suis pour ma part, un cas désespéré. Le moindre bruit, la moindre contrariété et bye bye mon sommeil réparateur. Si tu ajoutes à cela que je suis incapable de dormir sur commande, tu comprendras que la moindre minute grappillée peut s’avérer salvatrice.

Tu vas vite comprendre à la lecture de mon récit, que ma fille a sans doute hérité des tendances “hibou” de sa maman (le mauvais caractère aussi, mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui).

Les débuts

Tout avait pourtant plutôt bien commencé. Une fois passée la première nuit, un peu difficile à la maternité et à la maison, l’emmaillotage a sauvé nos nuits. On ne s’est pas trop vanté de peur de nous porter la poisse (cela n’a pas vraiment fonctionné), mais notre fille faisait ses nuits. Couchée aux alentours de minuit, elle pouvait dormir facilement jusqu’à 7h, et parfois, elle poussait même jusqu’à 8h. J’aurais dû comprendre qu’il y avait anguille sous rocher, étant donnée sa faculté à rester éveillée pour toutes les tentatives de siestes.  On avait mis en place un petit rituel qui fonctionnait très bien : un bain juste avant la dernière tétée, et c’était parti pour une bonne nuit réparatrice pour tout le monde.

Quand cela se dégrade

A notre retour de vacances, alors qu’elle avait bientôt trois mois, le changement a été brutal. Des réveils systématiques à 3h du matin (tu sais ce moment où tu as très envie de te lever), des pleurs difficiles à calmer avec comme seule échappatoire de donner un biberon (on s’est bien gardé d’en parler à notre pédiatre). Une reprise du travail, un début de garde en crèche, une crise d’appendicite de mon mari et une infection de la cicatrice plus tard, les rituels ne fonctionnaient plus du tout et nos nuits étaient franchement morcelées. Je te rappelle que je mets beaucoup de temps à me rendormir et que nous vivons dans un deux pièces, j’ai donc commencé à accuser pas mal de fatigue.

On a mis cela sur le compte des changements et on s’est dit qu’une fois le rythme prit, tout irait mieux ! Optimisme quand tu nous tiens.

Quand les choses se corsent

Avec la fatigue de la crèche, on a naïvement cru que notre fille dormirait mieux. Je te le donne en mille, cela ne s’est pas du tout passé comme cela. En gros, elle dormait très peu (pas d’emmaillotage à la crèche) que ce soit le matin ou l’après midi. En revanche, elle voulait dormir en rentrant à la maison et c’était ensuite la java jusqu’à 22h-23h (pour nos soirées reposantes entre adultes, on repassera).

Là encore, on a pensé que cela durerait le temps qu’elle s’adapte (sans te spoiler chère lectrice, pour les siestes, je crois qu’on attend toujours).

A ses 4 mois, nous avons commencé la diversification et j’ai introduit sur les conseils de notre pédiatre des céréales. Pendant quelques semaines, nous avons vu un mieux. Plus de réveils biberons au milieu de la nuit. Des bonnes nuits bien reposantes pour papa et maman qui en avaient bien besoin.

Et puis la varicelle s’est invitée à la fête ! Puis la roséole un mois après (patient zéro, bonjour ! En même temps, avec des parents microbiologistes) et du coup, on a perdu notre mojo du sommeil. Je te laisse deviner (on doit être un peu naïfs), mais on a pensé que ce serait temporaire.

Crédit photos (Creative commons) : Riala

Quand cela perdure

Au mois de novembre, notre fille a commencé à tousser. D’abord un peu, puis beaucoup. Toujours la nuit, toujours aux mêmes heures ! On a tout essayé !!! Le coussin sous sa tête, humidifier la chambre, l’oignon, le coquelusédal, le doliprane … Rien n’y a fait ! Le pédiatre nous a assuré que c’était lié aux dents et que ça finirait par passer. Sauf que mois après mois, c’était toujours la même rengaine et pas l’ombre d’un début de percée dentaire.

Au début, on remettait sa tétine et elle s’endormait de nouveau. Puis la tétine n’a plus suffit et il a fallu lui donner un biberon. Notre voisin s’étant plaint des hurlements de notre fille, on n’osait pas la laisser pleurer et nous nous sommes donc enfermé dans un cercle vicieux, à accourir au moindre début de sanglot. Notre fille nous appelait alors pour un oui ou pour un non et n’arrivait plus à se rendormir seule.

Quand on touche le fond

On pensait être dans une situation déjà bien moisie, quand a débuté la phase d’angoisse de la séparation. Les couchers étaient horribles alors que jusque là, c’était à peu près la seule constante sympa. Les hurlements n’étaient plus calmés par un biberon au milieu de la nuit. Cela nous a valu des vacances catastrophiques chez mes parents, dont nous ne sommes pas sortis indemnes. On s’est retrouvé au bord de l’implosion, il fallait se lever toutes les nuits sans exceptions.

On a fini par consulter la psychologue de notre crèche qui a mis le doigt sur un problème en particulier. Pour elle, ces réveils systématiques indiquaient que notre fille ne différenciait pas la sieste de fin de journée du début de sa nuit. On a donc arrêté de la coucher en rentrant de la crèche et on a fait travailler notre imagination pour que les repas se passent dans le calme. On a vu un vrai mieux pendant plusieurs semaines, mais les couchers restaient problématiques et fatigants pour tout le monde. Exténués, nous avons décidé de laisser pleurer notre fille pour qu’elle apprenne de nouveau à s’endormir sans nous. La première soirée a été difficile, mais très vite, les couchers sont redevenus paisibles.

Quand on voit le bout du tunnel

Je te mentirais si je te disais que cela a été miraculeux. On a seulement commencé à avoir une majorité de « bonnes » nuits plutôt que de « mauvaises ». Il y a eu des rechutes avec l’acquisition de la marche, une seconde roséoles et le retour en crèche au mois de septembre.

Il y a trois mois, notre fille a recommencé les réveils à 3h de matin (l’heure maudite comme nous l’appelons). Nous avons cru que le cauchemar recommençait. Et puis ma maman m’a fait remarqué que peut être, elle était gênée par un gros pipi au milieu de la nuit. Un soir, Petit Bourgeon a refusé son biberon et il n’y a pas eu de réveil. Nous avons donc abandonné le biberon du soir et nos nuits sont redevenues calmes.

Tu t’en doutes peut être, mais pour autant on ne dort pas toujours bien. Il y a eu les poussées dentaires (première dent à 17 mois, donc nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge), une otite et puis toutes les petites maladies de l’hiver. A chaque fois, je m’étonne encore à chercher une cause. Je me rends compte que j’ai surtout peur de rater quelque chose. Je suis obligée de constater que je n’ai pas vraiment la main sur quoique ce soit.

En revanche, j’avais vraiment besoin d’extérioriser tout cela. J’ai eu le sentiment d’être jugée sur le sommeil de ma fille. J’ai eu l’impression d’être une mauvaise mère. Je m’en suis beaucoup voulue et je sens que je suis encore très fragile sur le sujet. J’appréhende les vacances chez les autres et encore plus de faire garder notre fille pour une nuit. Je garde un certain traumatisme de ces nuits compliquées et je crois que je ne poserais plus jamais la question rituelle « alors, il fait ses nuits ? » à qui que ce soit.

Est-ce que le sommeil a été une acquisition difficile pour ton enfant ? Est-ce que toi aussi, tu as très mal vécu cette période ? Viens me raconter.

A propos de l’auteur

Je suis une jeune femme trentenaire, mariée qui vit à Paris par nécessité professionnelle. Depuis juin 2017, je suis la maman comblée d'une adorable petite fille. Je suis quelqu'un de dynamique (mais pas pour le sport). J'aime les séries télé surtout américaines (même les plus débiles), la lecture, les mangas, la musique sous toutes ses formes (et là encore même les plus débiles !) et les jeux de société.