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Comment Papa a convaincu Maman

Lorsque nous avons appris la nouvelle de ma grossesse, nous avons profité d’une sortie en ville pour passer dans une librairie où nous avons, entre autres, acheté un livre destiné aux papas. Chéri l’a choisi un peu au hasard, sans même l’ouvrir, probablement parce qu’il s’agit d’une maison d’édition très connue et que le titre est rigolo. Mais quelle ne fut pas sa surprise en l’ouvrant le soir-même pour découvrir l’intitulé de la première partie : « Aïe, elle veut un bébé » expliquant les causes du désir d’enfant chez la femme et du non-désir d’enfant chez l’homme et dont le second chapitre s’intitule courageusement « Le piège se referme… ».

Je pense que ces titres, qui s’inspirent de clichés grotesques et qui manquent cruellement de finesse à mon goût, sont surtout humoristiques avec pour but de détendre les futurs papas un peu stressés. Mais quasiment 9 mois plus tard, Chéri n’est pas encore allé plus loin dans la lecture de cet ouvrage, complètement bloqué parce que ce n’est absolument pas comme cela que ça s’est déroulé dans notre cas.

Comment Papa a convaincu Maman d'avoir un bébé

Crédit photo : AndisBilderwerkstatt (pixabay)

Une envie unilatérale

Au début de notre relation j’étais encore étudiante et je n’étais pas prête d’en avoir fini. Je ne vivais plus chez mes parents depuis quelques années car ils habitaient trop loin de mon université alors que Chéri, lui, travaillait déjà depuis longtemps et vivaient toujours chez ses parents. Et je peux t’assurer que lorsque nous nous sommes installés ensemble, j’ai eu affaire à un jeune homme absolument pas autonome (qui savait quand même cuisiner), mais plein de bonnes volontés. Je me rappelle d’ailleurs avec amusement et tendresse, de la première fois où il a pris l’initiative de faire des (mini) courses ET de me cuisiner un petit plat ensuite. Il était tellement fier. Bref, les années passaient, Chéri évoluait à son rythme et m’aidait un peu à la maison, à condition que je le lui demande (la charge mentale des femmes, ça te parle ? …). Mais nous avions notre rythme et notre équilibre et j’en étais plus ou moins satisfaite.

Et c’est à ce moment que Chéri a commencé à me faire part de son désir d’enfant. C’était la première fois que nous en parlions sérieusement. J’ai été plutôt surprise car il m’a avoué que c’était un désir profond, et qu’il avait vraiment hâte d’avoir des enfants. J’ai été honnête avec lui car moi je n’en avais pas envie. J’ai même été plus précise que ça, notre vie me convenait en l’état et je ne me sentais pas capable d’avoir la charge d’un enfant en plus de gérer tout le foyer et la fin de mes études (et ensuite le boulot chronophage auquel celles-ci me préparaient). Je lui ai expliqué que je n’étais absolument pas prête et que j’avais, pour commencer, besoin de me sentir plus épaulée dans le quotidien pour pouvoir me projeter dans le rôle de mère. Sur le coup il n’a pas compris, il en faisait déjà bien plus à la maison que tous ses copains en couple, j’aurai du en être satisfaite. Quoi qu’il en soit, nous étions d’accord pour ne pas en reparler tant que je n’aurai pas mon diplôme et un emploi.

Le temps d’un break

Je trouve que la vie est bien faite parce que quelques temps à la suite de cette discussion nous sommes partis vivre à l’étranger et sachant que ce serait transitoire, cette histoire de bébé s’est enterrée toute seule. Cette période a été très compliquée socialement, car nous n’avons pas réussi à nous intégrer ni à créer de liens amicaux ou même à nous épanouir dans nos emplois respectifs. Nous nous sommes retrouvés extrêmement isolés, loin de nos amis et de nos familles. Cependant, même si j’en garde un souvenir un peu amer, cet isolement nous a amené à nous rapprocher davantage, nous avons appris à mieux communiquer et par conséquent à mieux nous connaître, et Chéri s’est mis naturellement à s’investir plus dans la gestion de notre foyer. C’est de cette expérience difficile qu’est née l’équipe de choc que nous formons aujourd’hui.

C’est d’ailleurs là-bas que nous avons pris la décision de nous marier, ce qui nous a bien occupé l’esprit l’espace d’une année. Et puis j’ai décroché un autre travail qui nous a permis de revenir en France, Chéri a très rapidement trouvé un CDI et nous avons acheté notre appartement. Les cases se cochant petit à petit, la question du bébé est alors revenue sur le tapis, mais conjointement cette fois-ci. Pour moi il était désormais plus facile de me projeter en tant que maman, de visualiser notre famille et la place de chacun d’entre nous dans notre tribu. Nous avions passé la trentaine et je nous sentais plus adulte et surtout j’avais enfin confiance en mon équipier pour pleinement prendre sa place dans cette aventure. J’étais et je reste convaincue qu’il sera un père fabuleux. Nous avons donc planifié le début de nos essais bébé.

3… 2… 1… c’est parti !

Si tu as lu mon billet précédent tu sais que les bébés et les enfants ne m’ont jamais vraiment intéressés et je pense que même si Chéri avait été plus investi dans le foyer dès le départ je n’aurais pas forcément été emballée par sa proposition de fonder une famille à 25 ans. Je pense que c’est le côté irréversible de la chose qui m’effrayait (et m’effraie toujours) le plus. J’avais vraiment peur de me retrouver prisonnière malgré moi d’une famille dont je n’avais pas vraiment voulu. S’ajoutent les peurs liées à la grossesse et au changement du corps, à l’accouchement, et puis surtout : comment prendre soin d’un bébé ?… Tout ces inconnus m’angoissent d’ailleurs toujours encore !  Clairement au moment d’arrêter ma contraception je n’étais pas si sereine que cela. Mais j’avais un peu de temps devant moi : les statistiques indiquent qu’il faut en moyenne 6 à 9 mois d’essais pour avoir un test positif, je pourrais donc me préparer tranquillement à cette extra-ordinaire aventure.

Et bien tu sais quoi ? AU BUCHER LES STATS !!! Le destin a décidé qu’il était plus que temps pour nous de fonder une famille et nos essais furent concluant dès le premier mois. La découverte du test positif a été source de très grande joie pour Chéri qui n’en revenait pas mais un véritable bouleversement pour moi, et c’était carrément la grosse panique à bord…

Mais ça je t’en reparlerais la prochaine fois !

Et toi ? A quelle moment t’es-tu sentie prête pour devenir maman ? Étiez-vous synchrones avec ton conjoint ? Raconte-moi tout !

A propos de l’auteur

La trentaine passée, j'attends mon premier bébé pour Novembre 2018. La maternité n'était pas une question évidente pour moi et il m'a fallu beaucoup de temps pour que l'envie d'avoir un enfant s'installe vraiment. Et j'ai hâte de pouvoir en parler avec toi !