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Du point de vue du papa


Publié le 10 novembre 2019 par Mère Renarde

Aujourd’hui, je te propose une chronique un peu particulière. Je t’ai parlé de ma grossesse, de la naissance de petit koala, et de notre séjour en néonatalogie, tout cela de mon point de vue. Mais cette histoire, nous sommes 2 à l’avoir vécu, et je trouve intéressant d’avoir également le retour de mon mari sur la façon dont il a vécu tout cela. Je lui ai demandé s’il voulait bien en parler, et il a accepté. Alors je lui laisse la parole.

Crédit: PublicDomainPictures – Pixabay 

La grossesse

J’ai appris que Mère Renarde était enceinte durant un shooting photo pour nos noces de coton. C’était un moment assez spécial où je ne m’attendais pas vraiment à cette annonce vu qu’on venait à peine de commencer les essais. Forcément j’étais content, mais je ne savais pas trop comment réagir. Je me suis mis à réfléchir à la suite, et j’ai énormément de questions qui me sont venus en tête, des questions qui n’étaient pas forcément là avant : Est-ce que je suis prêt à avoir un bébé ? Comment être un bon père quand je n’ai pas eu de modèle ? Qu’est ce que je dois faire pour être un bon père ? Comment garder une vie de couple avec un bébé et sans famille dans les environs ?

Du côté de l’homme, c’est assez “facile” de vivre la grossesse, mais plutôt difficile de se sentir futur père. Si on se focalise sur les 9 mois que durent la gestation en théorie, le père a plutôt le beau rôle puisqu’il n’est impliqué qu’à 2 moments: le début, et la fin. Mais dans l’entre deux, pendant que ma femme était en train de subir énormément sur le plan médical, je ressentais pas mal de culpabilité de ne pas pouvoir l’aider plus. Les seuls moments où je pouvais réellement vivre cette grossesse, c’était pendant les cours d’haptonomie. Le fait d’apprendre quelques exercices me permettait de me sentir plus proche de ce qui était en train de se passer.

Et à côté pour aider, j’ai fait un maximum pour décharger Mère Renarde de certaines tâches régulières : les repas, la litière des chats (pour la toxoplasmose), les transports en voiture au lieu des transports en commun, etc. C’était le moins que je pouvais faire pour qu’elle puisse se reposer.

Aux vus du déroulement de la grossesse de ma femme, j’étais inquiet à la fois pour le bébé, mais surtout pour elle car j’avais toujours peur qu’il y ait une complication qui arrive sans prévenir, et que les séquelles soient irréversibles.Cependant, j’ai souvent été rassuré par les praticiens. Même si les situations n’étaient jamais ni favorables ni optimales, ils savaient toujours comment rectifier au mieux le tir et nous rassurer. Ça peut paraître bête, mais quand on ressent que les spécialistes connaissent leur sujet, on se sent plus vite rassurés même si ça n’enlève pas les soucis de santé. Dans la mesure du possible, j’ai fait en sorte d’être présent à tous ses rendez-vous avec elle. Il me semble avoir loupé un ou deux rendez-vous intermédiaires, mais jamais les obligatoires. J’ai souhaité être présent à tous, car c’était un moment privilégié entre nous 3. On pouvait voir notre fille se développer, et c’était un soulagement lorsqu’on apprenait qu’il n’y avait pas de problème à signaler. J’avais également prévu d’assister à tous les cours de préparation à l’accouchement avec elle, mais nous n’avons pas eu l’occasion de les faire (à proprement parlé). Je pense que ces cours auraient pu être utiles afin de mieux connaître le déroulement des différentes étapes de l’accouchement, mais les médecins et aides-soignant(e)s ont toujours fait de leur mieux pour m’expliquer ce qui était en train de se passer et j’ai appris sur le tas.

J’ai fais comme j’ai pu avec mon propre stress. Etant plutôt quelqu’un de réservé, je ne partage pas énormément ce que je ressens avec d’autres personnes que ma femme. Pour l’accompagner au mieux par rapport à son diabète gestationnel, je me suis intéressé à son quotidien afin de comprendre qu’elles étaient les nouvelles problématiques. Que ce soit les prises de dextro quotidiennes, le fait de passer des comprimés à l’insuline, la différence entre l’insuline lente et rapide, et tout ce qui en découle, c’était important pour moi de comprendre ce que Madame traversait. Avec tout ça, j’essayais ensuite de lui proposer des solutions. Je ne dis pas que c’était toujours des bons conseils, mais en faisant ça, j’avais l’impression d’être plus présent avec elle dans sa grossesse.

L’accouchement

Quand on a hospitalisé Mère Renarde du jour au lendemain, j’ai eu l’impression qu’on venait de tirer le coup de feu d’une course de 100 mètres. Tu ne sais pas ce qu’il va ni comment ça va se passer derrière, mais tu sais que c’est maintenant, et qu’il faut y aller. A partir de ce moment-là, je m’en suis remis à 100% aux spécialistes, et j’ai exécuté les ordres, car je savais que c’était eux qui avaient raison pour le bon déroulement des choses. Au moment de l’annonce de la césarienne en urgence, je ne sais pas si j’ai vraiment réalisé ce qu’il se passait sur le moment. On n’est jamais vraiment prêt pour ce genre de moment, mais la première chose qui m’est venue à la tête c’est: “Elle va pleurer, et elle en a le droit. Tu dois être là pour elle et la rassurer”. Et à partir de là, j’ai décidé de mettre de côté ce que je pensais ou ressentais tant qu’on était ensemble.

Le départ en salle d’accouchement a été assez difficile. Hollywood a l’habitude de nous montrer des films où les accouchements se passent mal, où chaque seconde compte, avec le héros qui perd sa femme tandis que le bébé survit. C’est le genre de situation que tu n’as surtout pas envie d’envisager mais qui est tellement ancré que tu as l’impression que c’est la norme. Je vois ma femme qui part sur le brancard en salle d’opération, sans pouvoir aller plus loin car on me demande de rester dehors, et j’ai l’impression que la réalité à rattraper la fiction. Alors que je pensais pouvoir aller avec mère Renarde en salle d’opération, on m’a tendu de quoi m’habiller pour rester ensuite avec ma fille. Etant un grand flippé du secteur médical, j’avais toujours été partagé entre 2 émotions : l’envie de tenir la main de ma femme pour lui faire comprendre que j’étais présent pour et avec elle, et l’envie de rester à l’écart pour ne pas tomber dans les pommes et poser plus de problème que nécessaire au corps médical. Mais là, à ce moment précis, je n’avais qu’une seule envie : être avec ma femme et lui tenir la main, quoi qu’il arrive.

Seul dans ce couloir, j’ai fini par craquer et pleurer à mon tour. Les minutes passent, je ne vois ni n’entend personne. Ça commence à devenir de plus en plus long. J’essaierai de trouver du réconfort auprès de mon meilleur ami en lui disant que c’est le moment, que c’est plus tôt que prévu, et que je suis un peu perdu. Puis j’ai entendu crier au bout du couloir, là où elles étaient toutes les deux parties. Je me demandais vraiment si j’avais bien entendu et si c’était bien ma fille, et j’en ai eu la confirmation lorsque j’ai vu arrivé la pédiatre en marche rapide vers moi et la salle post-accouchement.

Je ne suis pas quelqu’un qui est à l’aise avec les enfants, je ne sais jamais comment réagir avec eux. De ce fait, je n’ai jamais trop côtoyé de bébés, et c’était donc une découverte complètement nouvelle de voir ma fille. Elle me semblait minuscule dans ce berceau bien trop grand pour elle, elle avait du mal à bouger et avait l’air d’avoir la peau sur les os. Mais tout ça, même si je le réalise maintenant, ça ne me “choquait” pas plus que ça sur le moment, car je ne savais pas ce que donnait un bébé en sortie d’une grossesse “classique”. C’était surtout très impressionnant de voir tout le personnel médical tourner et s’agiter autour d’elle. Toujours est-il que malgré tout ça, je la trouvais déjà belle, mais elle restait encore une inconnue pour moi.

Même si le personnel m’a permis d’être présent pendant les examens, je n’ai pas l’impression d’avoir joué un rôle dans cette naissance. Et d’un autre côté, même si j’avais été dans la salle d’accouchement, je ne suis pas sûr que j’aurais servi à grand-chose de plus. J’ai donc décidé de faire tout ce que je pouvais faire personnellement pour y contribuer : prendre un maximum de photos et d’informations pour ensuite les rapporter à ma femme en salle de réveil. Je sentais que c’était de mon devoir de faire ça, et largement le minimum syndical par rapport à tout ce qu’elle avait pu endurer de cette grossesse (et puis au moins, je pourrais dire que c’est moi qui ai rempli les papiers pour la naissance, ça m’a pris au moins… pfiou, 5 bonnes minutes…). L’avantage d’avoir une opération en plein samedi, c’est que toutes les salles d’opérations étaient vides, et on était les seuls dans cette partie du complexe. On me disait que je pouvais donc me balader sans problème de la salle de réveil jusqu’à la salle post-accouchement. Mais j’avais quand même un sentiment de culpabilité et d’injustice. Celle qui avait trimé pendant plusieurs mois pour en arriver là était dans une salle mise à l’écart et n’avait même pas eu l’occasion d’au moins voir sa propre fille. Et moi dans tout ça, j’ai juste attendu dans une salle d’attente, et je peux la voir, la toucher, et l’observer dans tous les sens. Ce n’est pas la faute du service médical, et je ne leur en veux pas. Ils savent ce qu’ils font, et ce qui doit être fait. Mais moi, ça n’empêche qu’à ce moment là, je me sens privilégié sans l’avoir mérité.

La néonatalogie et le nouveau rôle de papa

J’ai plutôt bien vécu le séjour en maternité. Nous étions dans une clinique qui permet d’avoir un lit accompagnant pour le père dans la chambre de la mère, et ça pendant toute la durée du séjour. Pour l’avoir vu il n’y a pas longtemps, ce n’est pas le cas de toutes les cliniques ou hôpitaux, donc je me sens assez chanceux sur ce coup. En plus, notre mutuelle prenait en charge tous les frais annexes, donc pas besoin de s’en faire de ce côté là. C’est toujours ça de gagner quand on a un enfant en néonat. J’ai tenu à être présent toutes les nuits avec Madame à la clinique. Pendant son hospitalisation, j’ai dû rentrer une ou deux nuits pour m’occuper de nos chats, mais une fois l’accouchement passé, je suis resté à temps plein avec elles à la clinique quand je ne travaillais pas.

En néonatalogie, je n’ai pas eu l’impression de manquer d’information. Lorsqu’un événement survenait, ou que des examens étaient nécessaires, le personnel n’hésitait pas à venir nous voir ou nous appeler. Les pédiatres et accompagnants étaient très gentils. Je n’ai jamais vraiment eu l’impression de les déranger. C’est bizarre comme réflexion, mais je pense qu’être passé par la néonat est devenu une chance (mais c’est mon petit côté optimiste qui parle). J’ai toujours trouvé ça dur qu’une fois l’accouchement passé, on renvoie les nouveaux parents chez eux au bout de 3 jours. Il y a énormément de choses à apprendre en peu de temps, et tout autant de questions qui apparaissent. Dans notre cas, nous avions un accompagnement personnalisé, que ce soit pour le biberon, les bains, les changes, et toutes ces tâches quotidiennes qui s’ajoutent. Et avoir quelqu’un juste à côté à qui on peut poser toutes les questions, ça n’a pas de prix. Cela ne m’a pas empêcher de me poser plein de questions : Quels sont les séquelles qu’elle risque ? Est-ce qu’on lui trouvera quelques choses dans quelques années ? Pourquoi as-t-elle cassé ses globules rouges ? Pourquoi je la caresse alors qu’on m’a dit qu’il ne le fallait pas ? Est-ce qu’elle va tomber malade si je la sors de la clinique ? Est-ce que ça se voit que je sais absolument pas ce que je fais ?

Crédit: Photo perso

Créer un lien avec ma fille n’a pas été aisé. Pendant plusieurs mois, je me questionnais sans cesse en me demandant si j’étais légitime. C’est débile, car on peut difficilement trouver plus légitime qu’un parent, mais en temps que père, c’est à l’accouchement qu’on commence seulement à avoir un vrai contact avec son enfant. Il faut apprendre à le connaître, mais aussi apprendre à se connaître en temps que parent, ce qui n’est pas inné. Et moi, dans mon cas, j’avais l’impression de ne pas réussir à créer un lien, je me reprochais le fait de ne pas être à l’aise avec les enfants.Puis avec le temps, petit koala a commencé à interagir, faire des sourires, demander des choses, et c’est devenu plus facile. Je pense que j’ai réalisé que le lien était présent dès lors que ma fille me reconnaissait, et me faisait des sourires en me voyant.

Sur le plan professionnel, Je n’ai pas annoncé immédiatement la naissance. J’ai mis mon supérieur direct au courant, mais on n’a pas parlé absence au travail pour autant. Tout s’est fait très naturellement, si j’avais besoin, je pouvais poser des jours ou m’absenter. De toute manière, j’avais prévenu qu’il ne fallait pas trop compter sur moi à partir d’une certaine date, et on en était pas trop loin. L’annonce officielle n’a été faite que 10 jours plus tard. J’ai reçu pas mal de mails en retour pour me féliciter. Malgré la mention de l’arrivée précoce du bébé, seulement une ou deux personnes m’ont souhaité qu’elle prenne des forces rapidement. Je ne pense pas que les gens s’en fichaient, je pense que c’est surtout le fait de ne pas savoir quoi dire sur le moment, et je ne leur en veux pas pour ça. Ça ne m’a pas empêché d’en parler régulièrement avec d’autres collègues plus proches au boulot. Je n’ai pas spécialement ressenti qu’on essayait de me faire comprendre que ce n’était pas mon rôle de gérer tous les à côté. Et de toute manière, même si on m’en aurait empêché, je ne leurs aurais pas spécialement laissé le choix. Les gens pouvaient bien dire ce qu’ils voulaient, le plus important pour moi c’était que les 2 amours de ma vie aillent bien.

Mon conseil pour les papas de préma c’est de faire confiance aux spécialistes, car ils savent ce qu’ils font. Je ne dis pas qu’ils ne peuvent pas se tromper, mais déjà moins que nous. Il faut accepter le fait qu’il y aura des moments difficiles pour la famille, et pour le couple. Il faut apprendre à vivre cette nouvelle vie, mais ça vient avec le temps, il faut juste se faire confiance, et ne pas lâcher.

C’est aussi important d’expliquer aux autres quelles sont les conséquences d’avoir un bébé prématuré. La plupart des gens n’imagine pas tout ce que cela implique, car ils ne sont pas passés par cette case. Ils se disent que c’est juste un enfant né plus tôt que les autres, mais comme pour toi, ce n’est pas inné, ils ne peuvent pas deviner. Donc n’hésitez pas à expliquer pourquoi vous n’avez pas voulu de leur visite par exemple, ça évitera des malentendus.

Et mon dernier conseil : ta femme est surement dans un état pire que toi. Alors n’hésite pas à lui faire comprendre que ce n’est pas de sa faute, que tu es là pour elle, et que tout ira bien.


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Commentaires

8   Commentaires Laisser un commentaire ?

Lili

Quel article touchant et sincère ! Merci au papa d’avoir témoigné sur son vécu et quel magnifique message d’amour il fait passer à sa femme et sa fille.

le 10/11/2019 à 08h40 | Répondre

Bleuvert

Merci beaucoup pour cet article Père Renard (hum, je ne savais pas très bien comment t’appeler…). Très bien écrit, touchant, généreux. C’est rare d’avoir le point de vue des papas, et encore plus qu’ils se livrent comme toi.
Je vous souhaite énormément de bonheur à tous les trois, merci de nous avoir parlé de ces épreuves surmontées, heureusement avec une fin heureuse !

le 10/11/2019 à 08h49 | Répondre

Mère Renarde

Père renard c’est adéquat je trouve ;).
C’est très gentil de ta part. Aujourd’hui nous profitons énormément de notre fille et de notre famille.

le 28/11/2019 à 08h20 | Répondre

Virg

Merci pour ton regard papa Renard, c’est inestimable.

le 10/11/2019 à 15h05 | Répondre

Mère Renarde

Je transmets le remerciement en retour de sa part 🙂

le 28/11/2019 à 08h20 | Répondre

Jen

Témoignage très touchant. Mon bébé est né avec un petit poids, mais pas préma. Cependant, préma et petit poids ont des situations en commun. Césarienne en semi-urgence pour moi. Mon mari a pu m’accompagner pendant l’accouchement et a ensuite pris le bébé contre lui jusqu’à la néo-nat. Même si ça peut paraître étrange, je partage ton avis. Cette prise en charge était aussi une chance. On a été accompagnés, aidés, soutenus. Le personnel médical a été d’une extrême bienveillance et a su nous rassurer quand nous en avions besoin. Nous n’avons pas été lâché dans la nature au bout de 3 jours. Nos familles habitant loin de nous, ça nous a aussi permis de recevoir l’aide dont nous avions besoin et nous mettre en confiance pour la suite.

le 14/11/2019 à 08h49 | Répondre

Mère Renarde

Merci pour ton commentaire Jen. J’espère que tout va pour le mieux pour tous les 3 désormais, et que vous arrivez à profiter de votre nouvelle famille.

le 28/11/2019 à 08h22 | Répondre

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