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A la une / Témoignage

Mon parcours avec don d’ovocytes : on se lance !

Alors me revoilà, depuis ce dernier article où je t’expliquais les options qui s’offraient à nous, en cas de nouvelle grossesse.

crédit photo (creative commons): serrano1004

 

De la prise de décision…

Nous sommes en novembre, au moment où j’écris ces lignes, et je viens officiellement de réenclencher le parcours pour une nouvelle grossesse. Cette fois-ci, ce ne sera pas une grossesse naturelle: on a déjà trop donné, le risque à prendre est beaucoup trop cher payé.

Il y’a forcément une part de frustration, quand on sait la facilité avec laquelle je tombe enceinte. Il y’a aussi nécessairement beaucoup de questions qui se posent, particulièrement en ces temps de débats pour le moins animés autour de la révision des lois de bioéthique. A lire les « anti » PMA, en donnant la vie à un enfant qui ne serait biologiquement pas le mien, je le condamne à devenir punk à chiens des années de souffrance et d’errance psychologique. Misère.

Je ne suis pas prétentieuse au point de prétendre tout connaitre mieux que les autres, j’ai donc passé beaucoup de temps, ces derniers mois, à lire tout ce qui tombait sous la main sur le sujet. Les arguments pour, les arguments contre. A réfléchir, poser le pourquoi du comment, plier les cheveux en quatre. Pour en arriver à la conclusion suivante: le désir d’enfants ne se commande pas, on a (semble-t’il) plutôt l’air de faire du bon boulot avec Kate (elle ne s’est pas encore plaint, en tous cas) (sauf quand on la prive de Pat Patrouille), et, surtout, nous sommes prêts et décidés à redevenir parents. Les « yakafokon », les « il faut se résigner et trouver de la joie où il y’en a », les « la filiation, elle est surtout biologique »: je les emmerde. Voila, comme ça, c’est dit. On passe à la suite.

Bien entendu, j’ai lu aussi les témoignages d’enfants nés de dons, ou sous X, et je prends en compte ce qu’ils racontent de leurs questionnements. Je n’exclus d’ailleurs pas de prendre contact avec une association, pour leur poser des questions sur notre démarche. Parce que leur vécu vaut mille fois plus, à mes yeux, que des arguments idéologiques.

Je sais donc à quel point on peut se sentir seul(e), perdu(e), et terriblement jugé(e) quand on en arrive à prendre ce genre de décisions. Avoir recours à un don d’ovocytes, ce n’est pas anodin. Alors j’ai décidé de te parler de ce parcours, étape par étape (quitte à ce que cela ne fonctionne pas). Pour que toi, qui me lis et qui t’apprête aussi à en passer par la, tu saches à quoi t’attendre. Je ne prétends pas avoir une expérience universelle, ni pouvoir répondre à toutes tes questions d’ailleurs. Mais je te propose qu’on fasse malgré tout un petit bout de chemin ensemble.

Prêt(e)?

Alors, c’est parti.

… au premier RDV

Donc nous sommes en novembre, ma dernière IMG remonte à janvier dernier, et je n’ai toujours aucune nouvelle du centre de diagnotic pré-natal (CDPN), où nous sommes suivis.

Je ne sais pas très bien si c’est le fait d’avoir 35 ans dans un mois (tic-tac, tic-tac), si c’est l’attente, toujours aussi longue et pénible, ou plutôt l’incertitude qui me motive à enclencher de nouvelles démarches.

Il m’apparait assez évident cependant que les derniers tests génétiques n’ont rien donné – sinon, nous aurions eu de leurs nouvelles, justement.

Donc je décide de prendre RDV avec ma gynécologue, à son cabinet. J’apporte une précision à ce stade du récit: je suis suivie par une équipe au top au CDPN, qui ne juge jamais, mais qui conseille et qui écoute. Ils ont l’habitude des parcours, disons, différents. Donc quand je parle, en début d’entretien, d’un don d’ovocytes dans le cadre d’une nouvelle grossesse: je suis écoutée. Je m’attendais à devoir argumenter (je m’étais même déjà entrainée devant mon miroir) (avec ma brosse à cheveux), ce n’est pas le cas. Le médecin remplit une demande par écrit, qu’elle ajoute à mon dossier, et m’explique qu’elle la présentera au prochain comité du CDPN.

Elle m’ausculte rapidement pour vérifier l’état de mon utérus, me prescrit une ordonnance à réaliser au tout début de mon prochain cycle: bilan sanguin, maladies sexuellement transmissibles, thyroide, et tout le toutim. Elle rappelle également la généticienne du centre: c’est elle qui va enclencher la demande auprès de la clinique qui procèdera au don d’ovocyte et à la fécondation in vitro. J’ai donc RdV le mois suivant, avec mon bilan sanguin, pour discuter de la suite. On me conseille vivement de prendre RDV avec le psychiatre du CDPN, qui est spécialisé dans ces questions. C’est celui que j’avais rencontré avec Kate, juste après mon IMG: c’est en effet une bonne idée, il me semble indispensable de ne pas négliger notre santé psychologique tout au long de ces démarches.

La suite? Elle se fera à l’étranger, en Espagne: compte tenu de notre dossier nous serons orientés en dehors de France. Pourquoi? Eh bien tout simplement parce que la bas, la loi autorise à « screener » de façon bien plus fouillée les ovocytes donnés. Ce qui, dans le cas d’un couple qui a déjà eu recours à deux IMG en raison d’une maladie génétique, ne peut être que rassurant.

Je repars donc de ce RDV avec une liste d’examens à réaliser, et des questions plein la tête. Mais aussi et surtout, l’espoir que les choses progressent enfin.

La suite au prochain épisode!

Et toi? Tu aurais recours à un don de gamètes aussi dans un cas similaire? Tu es déjà passé(e) par la aussi? Tu as des questions? Dis-moi tout en commentaires, j’essaierai de répondre à tes questions. 🙂

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles