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A la une / Témoignage

Les trous dans les oreilles

Je vais peut-être me faire lyncher mais tant pis : PetitePerle, trois ans et demi a les oreilles percées. Promis je ne suis pas une maman tortionnaire qui adore les boucles d’oreilles et qui l’a délibérément imposé à sa fille…

C’était une demande de sa part, une décision mûrement réfléchie avec son papa et moi.

Voici comment cela s’est passé, et surtout voici mes conseils si ton enfant te demande des trous dans ses oreilles.

L’envie de PetitePerle

Vers ses deux ans, elle regardait avec insistance mes boucles d’oreilles : j’ai deux trous à chaque lobe (donc quatre) et un piercing au tragus. Elle me demandait presque tous les jours si elle pouvait aussi mettre des boucles d’oreilles.

Je n’y prêtais pas vraiment attention, pour moi c’était une petite lubie d’un moment et cela allait passer. Sauf que non. Pendant deux mois, elle répétait inlassablement qu’elle voulait des trous aux oreilles.

Mari Barbu était ravi : dans sa culture, on perce les oreilles des enfants très jeunes. Au berceau, quelques jours après la naissance. Je suis profondément choquée et défavorable à cela.

Je me rappelle avec douleur mes premières boucles d’oreilles qui m’avaient été imposées pour mes sept ans. Ma grand-mère nous avait emmenées, mes sœurs et moi, nous faire ces petits trous pour notre anniversaire. Mes sœurs étaient contentes, mais moi je n’en voulais pas. Je me souviens avoir eu très mal, j’ai pleuré tout l’après-midi qui a suivi et j’en ai voulu à ma grand-mère de m’avoir imposé cela.

Mes autres trous, mes différents piercing, mes tatouages étaient tous des décisions réfléchies et assumées. Je ne voulais pas que PetitePerle souffre pour un effet de mode.

Alors j’ai essayé de la dissuader. Je lui ai dis qu’elle allait avoir mal. Mais rien n’y faisait : elle voulait des boucles d’oreilles et n’en démordait pas.

Alors j’ai réfléchis pendant plusieurs jours, j’ai pesé le pour et le contre tout en esquivant l’insistance de sa demande. Et je ne lui ai pas menti : sur la douleur, sur les soins, sur les embêtements des premiers jours (pas de piscine par exemple) et puis j’ai cédé.

Les premiers trous

Avec mon mari, nous sommes donc allés dans une bijouterie pour prendre des renseignements. J’étais farouchement opposée à faire percer les oreilles au pistolet. Dans cette pratique, c’est la boucle qui perce le trou en s’insérant dans le lobe avec la pression du piston. C’est rapide, c’est vrai, mais bien plus douloureux car le cartilage est froissé au passage de la tige.

Mais Mari Barbu, lui, souhaitait que ce soit le bijoutier familial qui le fasse. Il connaît très bien sa famille et d’ailleurs, ne nous a pas fait payer. J’ai ravalé ma fierté et PetitePerle semblait tellement à l’aise.

Une fois ses boucles choisies, elle souriait comme jamais assise sur la chaise à attendre patiemment ses petits trous. Moi, j’avais déjà l’arnica et une pipette de doliprane prêts dans mon sac…

Je l’ai regardé et j’ai entendu le premier CLAC du pistolet. Evidemment PetitePerle a un peu pleuré. Les larmes me sont rapidement montées aux yeux. Mais comment ai-je pu cautionner cela ? J’ai l’impression d’être la pire mère au monde. Je me retourne, deuxième CLAC et PetitePerle qui pleure à nouveau. Je lui donne immédiatement le doliprane et lui fait un câlin.

A peine le temps de regarder ses petits bijoux, elle ne pleure déjà plus et retrouve un sourire jusqu’aux oreilles. En quelques minutes, elle agit comme si rien n’était et me demande une queue de cheval pour faire voir ses jolies boucles à tout le monde !

La cicatrisation se passe très bien.

Mais en rentrant à la crèche quelques jours plus tard, on nous demande de les lui retirer car les bijoux quels qu’ils soient sont interdits. Et bim, grosse douche froide ! Honnêtement, je m’y attendais un peu mais Mari Barbu faisait l’autruche. J’ai réussi à négocier un sursis d’une semaine, le temps que la cicatrisation soit parfaite et je lui ai enlevé les boucles.

PetitePerle a beaucoup beaucoup pleuré. Elle était sincèrement dévastée de devoir les retirer. En à peine trois jours, les trous se sont complètement rebouchés…

Ma fille était inconsolable. Alors je lui ai promis que dans un an et demi, pour son Noël de ses trois ans, je lui ferais remettre ses boucles d’oreilles. Je pensais qu’elle passerait à autre chose rapidement. Mais non ! Elle n’en a pas reparlé pendant environ cinq mois et après elle revenait à la charge toutes les semaines !

Les seconds trous

Cette fois-ci, je fais comme je l’entends ! Pas de trous au pistolet ! Ils seront fait à l’aiguille proprement. Je me suis donc mise en quête d’un perceur qui accepte de faire des trous sur des enfants. J’en ai appelé deux que je connaissais mais ils ont refusé. J’en ai donc appelé un troisième que je connaissais de réputation mais je n’y étais jamais allée. Au téléphone, le monsieur m’annonce immédiatement la couleur : oui il fait les enfants mais uniquement sur leur consentement. Il me fait répéter plusieurs fois que la demande émane bien de ma fille et non d’une pression que je lui ai mise. Je lui explique qu’elle a déjà eu les oreilles percées. Cela semble le convaincre. Il me dit que s’il ne sent pas la petite à l’aise, il refusera de lui faire.

Je suis conquise par son sérieux et décide de réfléchir. Finalement je pense qu’à Noël, cela sera compliqué avec le bonnet. Je décide donc de prendre une journée maman-fille le premier jour des vacances d’octobre et prends rendez-vous.

PetitePerle est surexcitée ! Elle me tire la main pour que je marche plus vite vers la boutique ! Arrivées au salon, l’endroit est d’une hygiène incomparable. Le monsieur est avenant, souriant et poli et le courant passe très bien avec PetitePerle.

Il la fait asseoir sur le grand fauteuil, elle a même le droit de jouer avec la télécommande pour incliner le dossier comme elle désire. Puis il s’adresse uniquement à elle en me tournant le dos : il lui demande si elle est bien sûre de vouloir des trous dans les oreilles et dans l’affirmative, il lui présente les « outils » qu’il va utiliser et comment cela va se passer.  Puis il demande de choisir des boucles d’oreilles et me demande mon accord.

Une fois PetitePerle bien installée et détendue, je lui donne une petite dose d’arnica. Le perceur voit immédiatement où étaient ses premiers trous et me dit qu’ils ont été mal fait car la boucle passait dans un nerf. Il prend un crayon et marque un petit point. Puis il sort une petite règle et mesure le depuis le point jusqu’au bout de l’oreille à l’arrière, à l’avant, en haut et en bas pour reproduire les mêmes mesures sur l’autre oreille.

Je suis étonnée d’une telle précision. PetitePerle reste très calme et écoute Ed Sheeran qui passe à la radio ! Puis, le perceur sort le cathéter, la première aiguille et perce lentement le lobe après avoir désinfecté trois fois la zone. PetitePerle a mal mais ce n’est pas une douleur violente et brève comme au pistolet. Elle ronchonne mais ne pleure pas. Doucement il fait glisser la tige de la boucle et retire le cathéter. Un trou de fait ! Pendant toute la procédure il lui parle, lui raconte des blagues.

Le deuxième trou se passe de la même manière mais là, PetitePerle s’attend à la douleur et se met à pleurer. Par contre elle ne bouge pas d’un centimètre. Une fois le deuxième trou terminé, elle regarde ses nouvelles boucles avec des étoiles dans les yeux.

Je repars avec les recommandations de soin et un rendez-vous de contrôle quinze jours après pour vérifier la cicatrisation. PetitePerle repart avec des pinces pour faire des trous à ses peluches !

crédit photo : photo personnelle

Mes conseils

Si ton enfant souhaite des trous dans les oreilles, voici mes petits conseils :

  • la décision doit venir de l’enfant. Pas d’une lubie d’une personne de la famille !
  • il faut lui expliquer clairement les choses : la procédure, la douleur, les soins
  • le perçage à l’aiguille est préférable en tout point au perçage au pistolet (dans les bijouteries). Les perceurs ont suivi des formations contrairement aux bijoutiers dont ce n’est pas le métier. Le perçage à l’aiguille est plus propre, la douleur est plus longue mais moins violente là où le perçage au pistolet se solde par une douleur vive et intense. Par conséquent, la cicatrisation est plus facile
  • préférer des saisons comme l’automne ou le printemps pour ne pas pénaliser ton enfant avec une privation de piscine ou de mer ou craindre que les boucles ne s’accrochent au bonnet

Il est important d’écouter ton enfant mais aussi tes envies. Si tu n’es pas d’accord, explique-le lui. Je ne juge pas ceux qui ne font pas percer les oreilles, ceux qui le font très tôt ou très tard. Chacun fait comme il souhaite. Cet article n’est qu’un partage d’expérience !

Et toi ? Tu as fais percer les oreilles de ton enfant ? Es-tu contre ? Pour ? Dis-nous tout !

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !