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A la une / Récit d'accouchement

Quand je donne la vie à la plus jolie chose au monde : l’arrivée à la maternité

Voilà, on est le 12 décembre, j’ai derrière moi dix-huit mois de galères, et neuf d’une grossesse absolument par-faite (sans rire, j’aimerais faire TOUS mes enfants comme ça). On a appris en cours de route que sur les quatre embryons survivants, deux avaient été congelés. Nous avons donc une chance de pouvoir faire les trois enfants que nous aimerions sans repasser par la FIV (mais de toute façon, je referai une stimulation : je veux donner mes ovocytes).

On est le 12 décembre, et mon marché de Noël se passe très bien. RAS jusqu’au soir. Je vais me coucher en pressant des points d’acupression censés déclencher les contractions, dans l’espoir que ma Lueur voie le jour le lendemain. Pour une Lueur, naître le jour de la Fête des Lumières, c’est joli, non ? En plus, le 13 décembre, c’est le jour de la fête de ma meilleure amie… qui a d’ailleurs accouché trois semaines plus tôt, d’un petit garçon.

Mais le 13 décembre passe, sans le moindre signe d’un débarquement imminent. Le mardi qui a précédé, la sage-femme qui m’a examinée m’a annoncé un col mi-long, mou, et ouvert à 2. Elle m’a proposé de décoller un peu les membranes, et j’ai dit non de peur que le bébé arrive avant le 12. Elle m’a alors proposé de revenir le mardi suivant si toujours rien, pour accélérer un peu les choses (le but avoué étant l’arrivée de la Lueur quelques jours avant le terme, afin de profiter de Noël en famille, et non à l’hôpital !).

Le mardi 15 décembre, j’hésite toute la journée à retourner voir la sage-femme. Mais non. Moi qui veux un accouchement « naturel », ça me semble tordu d’aller le déclencher de cette façon. On va laisser choisir son arrivée à la Lueur, et tant pis si je loupe les repas en famille au profit de ceux (insipides) de la maternité. Je me couche, sereine, sur ces bonnes paroles.

À 3h du matin, comme toutes les nuits depuis trois mois, je me lève pour aller soulager ma vessie (il paraît que c’est un rythme qu’on prend en prévision des futures nuits avec bébé…). Je fais pipi, et je retourne me coucher.

Mais sur le chemin, je me sens… humide ! Bon, demi-tour, je pense à une fuite urinaire (ce serait une grande première, mais bon, on m’en a parlé, donc…). Je m’essuie, change de culotte… et finis debout dans la baignoire ! Je chuchote à mon mari, qui dort dans la pièce d’à côté : « Mon amour ? Je ne suis plus étanche… »

Il sursaute :

« QUOI ?
– C’est maintenant, je crois…
– T’es sûre ?
– Ben, ça coule, quoi… C’est pas le Niagara, mais ça ne s’arrête pas vraiment… Tu m’amènes une culotte et une serviette ? »

Je prends une douche, l’homme m’amène le nécessaire… et retourne se mettre sous la couette ! (Ça m’a fait rire, mais il m’a expliqué après qu’il avait froid et attendait que je finisse ma douche pour aller prendre la sienne.) J’appelle ma maman, qui doit nous emmener jusqu’à la maternité (Monsieur Loup n’a pas le permis). Puis, je vais prendre mon p’tit dèj (oui, à 3h30 du mat’ : je sais que ça peut durer longtemps et j’ai peur de tomber en hypoglycémie !).

Nous arrivons aux urgences gynéco, et sommes rapidement pris en charge par de gentilles sages-femmes. Monito, vérification du liquide (« Oui Madame, c’est bien la poche des eaux, pas de doute ! »), du col… qui est ferme et ouvert à 1, génial… Il est 5h du matin lorsqu’on nous installe dans une chambre. Je me mets dans le lit et m’endors, et Monsieur Loup fait de même dans le fauteuil à côté de moi.

Nouveau p’tit dèj’ frugal à 8h, puis déjeuner à midi… sans sel, le déjeuner ! Même le pain ! Une horreur… Et depuis 4h ce matin, personne n’a revérifié mon col… Le monitoring de la matinée ne révèle rien de probant, je ne suis absolument pas en travail.

Accouchement long

Crédits photo (creative commons) : Emily May

Après le déjeuner, vers 14h, je sens que ça commence à bouger. J’ai les reins qui tirent, comme pendant mes règles. C’est un peu douloureux, mais tout à fait gérable : Monsieur Loup respire avec moi, me fait des massages, et appuie dans les « cupules » du bas de mon dos dès que ça tire trop. Tout ceci me soulage beaucoup.

À 15h, la sage-femme passe. « Tout va bien ? » Impeccable. Je demande un ballon, pour faire travailler le col et continuer à m’agiter. Manque de bol, ils sont tous partis au nettoyage ! Bon, je me mords les lèvres et fais les cent pas dans ma chambre. Mais ça commence à être VRAIMENT douloureux.

Pour te donner une idée de la chose, j’ai l’impression que tous mes organes sont aspirés à l’intérieur de mon vagin, créant un immense appel d’air dans mon ventre et une terrible tension dans mon bas-ventre. Horrible. Bon, d’accord, donc c’est ça, une contraction, une vraie ! Très bien ! Ma super sage-femme m’a appris à respirer, et à compter le nombre de souffles dans une minute. Je sais qu’il m’en faut huit. À six, je me contrôle, en me disant que c’est bientôt fini. Et à peine fini, zut, en revoilà une !

J’appelle la sage-femme. Le temps qu’elle réponde, une autre contraction arrive. Elle entend juste : « Ouhouhouhouhouuuuuu » (oui, je ne m’exprime plus que par onomatopées…) et arrive au pas de course avec le monito. Elle me trouve pliée en deux sur le bord du lit. « Ah, ça y est, ça travaille ! » Non, sans blague…

Elle me propose de vérifier le col avant de brancher le monito. « Ah ? Bon, ben, vos contractions sont efficaces : vous êtes à 3 ! Avez-vous songé à la péridurale ? » Sachant que pour un premier, on s’ouvre d’un centimètre par heure en moyenne, et qu’il faut être à 10 pour mettre au monde son bébé, dans ma tête, le calcul est vite fait. Sept heures comme ça ? Je dois être à huit sur l’échelle de la douleur, j’ai failli tomber dans les pommes en me levant pour aller aux toilettes, une contraction étant arrivée juste à ce moment-là…

Je lui dis d’un air décidé : « APPELEZ L’ANESTHÉSISTE ! » Elle rigole. Quand je pense que je voulais aller le plus loin possible sans… Je suis déçue de ma capacité très limitée à encaisser la douleur, mais je songe aussi à mon mari, qui ne sait plus quoi faire pour me faire respirer, et à mon bébé, que je vais devoir pousser pendant vingt minutes…

La sage-femme m’amène une blouse, une culotte jetable, un savon neutre, et m’envoie sous la douche avec la promesse de revenir dans dix minutes. Bon, je te passe la galère pour me rendre dans la salle de bain, mon mari qui m’interdit de verrouiller la porte, les cinq contractions pendant ma douche, qui manquent de me faire tomber à chaque fois.

Finalement, propre, sèche et vêtue, je rejoins le lit, auquel je reste appuyée pour soulager mes contractions, et je continue à chanter mes « Ouhouhouh » au lieu de respirer profondément. On revient me chercher, et je pars pour la salle de travail, pieds nus ! (Oui, je préfère ça à la galère de remettre des chaussures ou, pire, d’enfiler des chaussettes. Toutes les soignantes du service qui me croisent à ce moment-là viendront en rire avec moi le lendemain.)

La suite très bientôt !

Et toi ? Tu avais aussi peur d’accoucher pendant les fêtes ? Le travail a mis du temps à démarrer ? Tu as finalement opté pour la péridurale ? Raconte !

Toi aussi, tu veux raconter ton accouchement ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Bretonne de cœur, Normande de racines, Parisienne d'adoption. Mariée à Monsieur Loup, mon prince Charmant, depuis juin 2012, et maman d'une petite Lueur depuis décembre 2015. Dessinatrice, fan de Disney, gamine dans l'âme, je suis une éternelle positive... et c'est pas toujours facile ! Tu peux désormais me retrouver sur www.bribesdevies.fr, et me suivre sur instagram @chaperonrouge_et_cie