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J’ai peur d’être enceinte suite à un avortement il y a plusieurs années


Publié le 21 août 2014 par Chacha d'avril

Il y a quelques années, j’étais une jeune étudiante célibataire de 19 ans. J’avais mon appart, loin de mes parents. Et j’ai vécu la période la plus libérée sexuellement de ma vie. Je ne le regrette absolument pas, à un point près.

J’ai rencontré un garçon, il est venu passer le weekend chez moi. Nous avons fait l’amour. Et nous avons été idiots. Nous n’avons pas utilisé de préservatif.

Deux semaines plus tard, je me suis sentie bizarre… Dans le doute, j’ai décidé d’acheter un test de grossesse. Je suis passée devant trois pharmacies avant de trouver le courage d’entrer dans l’une d’elle. Je suis rentre, ai fait mon pipi et attendu.

Et ma vie a basculé. Un plus est apparu. La barre verticale était à peine visible, mais elle était là. J’avais 19 ans, j’étais seule dans cette grande ville et j’étais enceinte.

Je me suis précipité chez le médecin qui m’a prescrit une prise de sang. Il voyait bien ma détresse mais ne voyait pas quoi faire, en-dehors de m’envoyer faire cette prise de sang à l’hôpital.

A l’hôpital, la prise de sang s’est faite très rapidement, et la technicienne m’a rappelé pour me confirmer l’impossible. Je ne pouvais pas le garder, j’étais encore une enfant.

J’ai appelé le garçon, qui n’a rien trouvé de mieux à dire que « Il te faut de l’argent ? ». Pas de tu vas bien, tu veux que je vienne, rien. J’ai refusé son argent et je n’ai plus du tout eu de nouvelles ensuite. Je n’ai jamais eu envie de tuer quelqu’un à ce point !

Je n’étais pas bien. Il fallait que je fasse vite. Je voulais éviter l’IVG chirurgicale.

Je suis arrivée au service de l’hôpital adéquat. On m’a reçu sans aucune amabilité. J’ai du prendre plusieurs rendez-vous. Une gynécologue, accompagnée de son interne, m’a ausculté. On m’a donné un rendez-vous quelques jours plus tard, pour respecter le délai de réflexion.

Heureusement que j’avais mon amie de lycée qui me soutenait. Je crois que sans elle, je n’aurais pas supporté tout cela. Je l’appelais plusieurs fois par jour, à toute heure, et elle m’écoutait, me rassurait, me parlait des vacances qu’on allait prendre l’été suivant, rien qu’elle et moi. Elle m’a sauvé la vie.

fille triste

Crédits photo (creative commons) : Robert Vitulano

Le jour du rendez-vous est arrivé, on m’a donné un cachet qui devait m’ouvrir le col de l’utérus, et on m’a demandé de revenir le lendemain. J’ai saigné abondamment, comme jamais je n’avais saigné, et je suis revenue le lendemain.
On m’a installé dans une chambre, et on m’a donné un cachet afin que « la grossesse » se détache. Puis il a fallu que je marche pendant des heures à travers l’hôpital, en prenant le plus possible les escaliers. On m’avait installé une cuvette dans les toilettes pour récupérer « la grossesse ».

En marchant j’ai finit par le sentir tomber. Je me suis précipitée aux toilettes, et je l’ai vu. J’aurais aimé ne rien voir. J’ai appelé la sage-femme. « Ah oui, c’est bien la grossesse. » J’ai détesté cette phrase de toute mon âme. Je suis restée une heure à l’hôpital, ai encore saigné deux jours, et suis revenue une semaine plus tard, voir si tout était en règle.

Un an plus tard, j’ai rencontré l’homme qui est aujourd’hui mon mari. Quand est arrivé le moment fatidique de ne plus utiliser le préservatif, même si j’avais une pilule, j’ai angoissé. J’ai pleuré à chaque fois, quand il n’était pas là, je me donnais de grands coups de poings dans le ventre. Je ne voulais pas que ça recommence.

Il a été adorable, m’a rassuré, m’a entouré de tout son amour, et j’ai appris à faire confiance à ma pilule au bout de plusieurs mois, peut-être années.

Aujourd’hui nous sommes mariés. Nous parlons bébé depuis quelques mois. Mais voilà, tout cela resurgit à nouveau.

Quand on parle bébé, je vois une maison, quatre enfants, notre chatoune, une énorme voiture, et nous deux heureux comme des rois. Quand on parle bébé. Pas quand on parle grossesse.

Je n’arrive pas à m’imaginer enceinte. Je ne veux pas être enceinte. Je ne veux pas voir de test de grossesse, je ne veux pas voir de + s’afficher. Même si je sais que la situation est totalement différente aujourd’hui, être enceinte m’est impensable.

Problème : je veux des enfants, mais je refuse de passer par la case grossesse. Ça me fait trop peur. Ça me terrifie.

Il essaie de me rassurer, s’énerve un peu parfois. J’essaie de travailler sur moi-même, ça va un peu mieux. Mais je ne suis pas encore enceinte, je pense que mon blocage psychologique a entraîné un blocage physiologique.

J’espère juste que, quand je me sentirais prête, mon corps le sera aussi. J’espère être enceinte avant la fin de l’année, mais être enceinte continue de me faire peur.

Mais j’ai confiance en l’avenir et je continue de travailler sur moi.

Et toi, tu as connu de mauvaises expériences qui se répercutent sur ton envie d’être parent aujourd’hui ? Comment réussis-tu à avancer ? Viens en parler…

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Commentaires

6   Commentaires Laisser un commentaire ?

Two Love

Je te trouve très courageuse d’écrire ton récit, j’espère que cela t’aidera un peu à exorciser ce que tu as vécu.
As-tu essayé de voir un psy? Je trouve cela inadmissible que l’on ne t’ai pas plus entouré lors de ton avortement, je pense que cela est nécessaire car même si c’est ton choix, que tu savais que c’était mieux pour toi, ça n’empêche que ce doit être dur à vivre.
Je reste persuadée que lorsque tu seras prête dans ta tête, que tu auras tourner la page de ton avortement, tu tomberas enceinte et tu seras une mère aimante. Je fais partie des gens pro-avortement, c’est une bonne chose que cela existe.
Je te souhaite beaucoup de courage pour la suite!

le 21/08/2014 à 09h20 | Répondre

XX

Je te trouve également très courageuse. Je suis aussi passer par là, j’étais en 2e année d’école d’ingé, j’étais avec un garcon à l’époque et je suis également tombée enceinte, je suis passée par le planning familial car il était impensable pour moi de le dire à mes parents, c’est la mère de mon copain de l’époque qui m’a accompagné dans toutes mes démarches. Je suis allé chez un gynécologue et j’ai pris aussi un médicament mais chez moi toute seule et cela a été très dur. Après j’avais la peur au ventre comme toi j’ai eu du mal à faire confiance à la pilule (mm si à l’époque je ne l’avais pas prise mais celle du lendemain). Maintenant je suis avec quelqu’un d’autre qui est devenue mon mari, cela a été dur de lui raconter mon histoire mais c’était un mal nécessaire. Où j’en suis maintenant, je suis enceinte et je suis dans mon 8e mois, tout se passe bien et cela a marché du premier coup. Je suis heureuse car cette grossesse est voulue, désirée. Je l’ai su de suite que j’étais enceinte et mon médecin m’a très bien épaulé.

Je te souhaite beaucoup de courage et dis toi que le passé est le passé, ton mari est là pour toi et le jour où tu seras prête tout se passera très bien.

le 21/08/2014 à 11h59 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Comme les commentatrices précédentes, je trouve ton histoire très émouvante et je te trouve courageuse de la raconter.

Par contre, j’ai toujours un peu de mal avec le « c’est psychologique » quand on parle de grossesse. La grossesse t’effraie ? On te dit que tu n’arrives pas à tomber enceinte parce que tu n’es pas prête. Tu as très envie d’un bébé ? On te dit que tu ne tombes pas enceinte à cause de la pression que tu te mets. Une connaissance qui appréhendait énormément la maternité est tombée enceinte en un mois, une amie qui voulait tellement un enfant qu’elle en était malade est tombée enceinte en un mois, moi qui désirais énormément tomber enceinte, j’ai mis huit mois. Il y a énormément de facteurs, des facteurs physiques, beaucoup de hasard, aussi, dans la mise en route ou non d’une grossesse. Il faut absolument qu’on arrête de culpabiliser les femmes qui ont un peu plus de mal à concevoir en leur disant que c’est de leur faute, que ça se passe dans leur tête.

Pour la grossesse, si ça peut te rassurer, la mienne a été épouvantable (bien qu’absolument pas appréhendée à la base, comme quoi) et pourtant je me dis à présent que ce n’était QUE neuf mois. Certes ces neuf mois paraissent interminables sur le coup mais le bébé à la fin, NOTRE bébé, celui qu’on a tant désiré, les vaut largement !

Courage, je suis sûre que tu finiras rapidement par tomber enceinte et que ce sera ensuite, selon l’expression consacrée « que du bonheur » 🙂

le 21/08/2014 à 14h42 | Répondre

Ernestine (voir son site)

C’est drôle. (Enfin, pas dans le sens premier du terme. mais dans la coïncidence). J’ai avorté à 18ans, de façon chirurgicale. Honnêtement, vu ce que j’ai lu, c’était bien mieux : tu ne voyais rien. Je suis rentrée dans l’hopital un matin, on m’a endormie et je suis ressortie. J’ai eu des saignements durant 2semaines et puis voilà. Sans rien voir ni rien entendre. J’étais toute seule avec mon copain de l’époque, personne pour nous aider, nous n’avions rien dit.

Aujourd’hui, je suis à nouveau enceinte. Sans le vouloir, une incompatibilité entre ma pilule et mes problèmes de santé. Je suis avec un homme que j’aime, j’ai peur, je suis jeune et l’idée de repasser par tout ça m’est impensable. Pourtant, je crois qu’il aimerait bien, lui.

le 24/08/2014 à 08h16 | Répondre

jessica

Si la peur est si forte , autant faire appel à une mère porteuse non ?

le 25/09/2014 à 00h32 | Répondre

Margot

Il existe un moyen de dépasser les traumatismes: sans annuler les souvenirs traumatisants, mais en ‘effaçant » le souvenir que le corps en a gardé. Cela s’appelle l’EMDR. Le célèbre Dr Servan Schreiber a importé cette méthode en France -pour vous rassurer, ça n’est pas une secte- et c’est à pratiquer avec des psychologues, des vrais, homologués en plus EMDR. Je vous en parle car je crois fermement que l’on peut, en quelques semaine de thérapie, grâce à cela, surmonter des traumatismes que l’on se traine sinon à vie.

Bon courage à toutes

le 25/09/2014 à 19h44 | Répondre

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