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A la une / Témoignage

Mon parcours PMA avec don d’ovocytes – Acte 2 : le voyage

Je t’avais donc laissée la dernière fois au bord d’un suspense insoutenable (sisi): à quelques jours du départ en Espagne, pour aller effectuer mon premier transfert dans le cadre d’une Fiv avec don d’ovocytes.

Examens en tout genre: check.

Traitement: en cours.

2 semaines après avoir reçu le premier mail, et alors que je rentre à pieds du travail, je reçois un appel en provenance de Barcelone: nous avons enfin le « GO » final de la clinique barcelonaise. La donneuse répond bien aux stimulations, le premier essai se fera « en frais », sur des ovocytes non congelés, dans… moins de 48 heures. Jean-Mi n’a pas le choix: il doit booker ses billets d’avion le soir même et s’organiser autrement au boulot. Si tout se passe bien, j’enchaînerai 5 jours plus tard.

Traduction? Rien ne sera congelé pour cette première séquence de fécondation/ insémination. Ni les ovocytes de la donneuse, ni les petits soldats de Jean-Mi. L’embryon qui me sera transféré le sera au stade « blastocyte », soit à J5 de la fécondation (dans certaines cliniques, ils préfèrent le faire à J3), là encore dans sa version « fait minute ».

Crédit photo (creative commons) : Jan Vašek

La semaine qui précède

Nous vivons ces quelques jours de façon irréelle: je dois continuer de réaliser des bilans (sanguins et échographiques) et, à la moindre anicroche, le transfert sera annulé. Ajoutons à cela une grève des transports dont la France se souviendra encore dans une vingtaine d’années, et qui augmente quelque peu notre rythme cardiaque: arriverons-nous seulement à partir à l’étranger?

Dont acte: le jour J, Jean-Mi est attendu à la clinique à 14H.

A 12h30, son avion n’a toujours pas décollé. Je te laisse faire le calcul, mais l’affaire commence plutôt mal.

Je passe ma pause déjeuner au téléphone à demander un délai à la clinique (qui nous est accordé sans aucun problème, pourvu que mon mari réussisse à venir dans la journée) pendant que Jean-Mi reste coincé à bord d’un avion qui ne décolle pas. Je sirote tisane sur tisane dans l’espoir de rester zen (raté), en priant que Jean-Mi parvienne à rejoindre la clinique avant 18h.

L’avion fini par décoller, et à 16h, Jean-Mi atterrit enfin à Barcelone, saute dans le premier taxi venu (je n’étais pas là, mais j’imagine très bien la scène), et rejoint la clinique. Il est de retour le soir même à 21h.

Vous reprendrez bien une petite camomille?

Mon séjour

La fécondation se passe bien, et 5 jours plus tard, me voici à mon tour à devoir embarquer.

Contrairement à mon mari, je devrai rester 3 jours sur place. Le premier jour, celui de mon arrivée. Le deuxième, celui du transfert. Et le troisième, celui du départ.

Ce sera mon tout premier voyage en solo à l’étranger, et cerise sur le cheesecake, dans une ville dont je ne maîtrise absolument pas la langue. On rajoute à ça une légère peur de l’avion (#euphémisme), et cela te donnera une idée de mon état d’esprit à quelques heures du voyage.

Pas super zen, donc.

Le voyage se passe bien et sans encombre, j’arrive à mon hôtel l’iPad rempli de films de Noël téléchargés sur Netflix. Je commande mon dîner en room service en profitant d’un lit king size. Tranquille, pas de bain à préparer, pas de dîner sur le feu.

Hey, mais c’est que ce n’est pas si terrible que ça, en vrai.

Le jour J

J’ai rdv à la clinique (située à 15mn à pieds de l’hôtel) à 14h.

Première étape : l’admission.

« Vous avez bien amené le consentement signé par votre conjoint et vous-même ? »

Euh, non. Quel consentement?

Petit couac dans la machine: l’équipe, habituée à voir les couples venir ensemble, a complètement oublié de nous prévenir d’amener un document signé par nos soins attestant de notre accord conjoint pour la FIVDO.

Ah.

Problème: je suis seule, je n’ai pas de consentement sur moi, et impossible de le faire signer manuellement à Jean-Mi.

Nous passons donc au plan B: l’appel téléphonique en visio (obligatoire) pour que Jean-Mi réaffirme son accord. Alors oui, je sais: mon mari était présent à la clinique 5 jours plus tôt, mais les règles sont les règles, la clinique ne peut rien faire sans avoir un dernier accord à minima oral de mon cher et tendre.

Je te passe les détails sur la 4G qui ne fonctionne pas et la communication qui coupe toutes les 5 secondes, mais au bout de 10 laborieuses minutes (qui m’en paraîtront 2857), nous pouvons passer à la suite.

On m’emmène donc à l’étage, dans une chambre de type hôpital, où je dois entièrement me déshabiller pour revêtir une combinaison avec charlotte sur la tête et sur-chaussures aux pieds. J’arrive ensuite dans une salle semblable à une salle d’examen gynécologique, où l’on me fait asseoir sur un fauteuil d’examen.

A ce stade, je ne suis absolument pas stressée, ni inquiète. Je suis juste hilare, voilà. Je crois que je ne réalise toujours pas vraiment ce qui est en train de se passer. Donc quand l’assistante médicale brandit un iPad pour me montrer l’embryon qui a été sélectionné (sur les 4 embryons obtenus), j’éclate de rire. Je sais que certaines doivent pleurer d’émotion, ou se sentir bouleversées, mais j’avoue que je suis surtout déconcertée par cette photo relativement… floue.

Tout se déroule bien, et vite (en moins de 5 minutes, c’est plié), et sans aucune douleur. Le médecin me prévient: « dés maintenant, vous avez une chance sur deux d’être enceinte ». Je repars avec une liste de conseils relativement simples à respecter (poursuivre le traitement, éviter les substances toxiques), et me revoici revenue dans ma chambre d’hôtel. Un petit room service pour fêter ça? Allez.

La suite… je t’en parle la prochaine fois.

Tu as des questions sur la FIVDO? Sur la PMA à l’étranger? N’hésite surtout pas, j’essaierai de te répondre dans les commentaires.

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles