Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Mon parcours PMA avec don d’ovocytes – Acte 2 : le voyage


Publié le 8 mars 2020 par Urbanie

Je t’avais donc laissée la dernière fois au bord d’un suspense insoutenable (sisi): à quelques jours du départ en Espagne, pour aller effectuer mon premier transfert dans le cadre d’une Fiv avec don d’ovocytes.

Examens en tout genre: check.

Traitement: en cours.

2 semaines après avoir reçu le premier mail, et alors que je rentre à pieds du travail, je reçois un appel en provenance de Barcelone: nous avons enfin le « GO » final de la clinique barcelonaise. La donneuse répond bien aux stimulations, le premier essai se fera « en frais », sur des ovocytes non congelés, dans… moins de 48 heures. Jean-Mi n’a pas le choix: il doit booker ses billets d’avion le soir même et s’organiser autrement au boulot. Si tout se passe bien, j’enchaînerai 5 jours plus tard.

Traduction? Rien ne sera congelé pour cette première séquence de fécondation/ insémination. Ni les ovocytes de la donneuse, ni les petits soldats de Jean-Mi. L’embryon qui me sera transféré le sera au stade « blastocyte », soit à J5 de la fécondation (dans certaines cliniques, ils préfèrent le faire à J3), là encore dans sa version « fait minute ».

Crédit photo (creative commons) : Jan Vašek

La semaine qui précède

Nous vivons ces quelques jours de façon irréelle: je dois continuer de réaliser des bilans (sanguins et échographiques) et, à la moindre anicroche, le transfert sera annulé. Ajoutons à cela une grève des transports dont la France se souviendra encore dans une vingtaine d’années, et qui augmente quelque peu notre rythme cardiaque: arriverons-nous seulement à partir à l’étranger?

Dont acte: le jour J, Jean-Mi est attendu à la clinique à 14H.

A 12h30, son avion n’a toujours pas décollé. Je te laisse faire le calcul, mais l’affaire commence plutôt mal.

Je passe ma pause déjeuner au téléphone à demander un délai à la clinique (qui nous est accordé sans aucun problème, pourvu que mon mari réussisse à venir dans la journée) pendant que Jean-Mi reste coincé à bord d’un avion qui ne décolle pas. Je sirote tisane sur tisane dans l’espoir de rester zen (raté), en priant que Jean-Mi parvienne à rejoindre la clinique avant 18h.

L’avion fini par décoller, et à 16h, Jean-Mi atterrit enfin à Barcelone, saute dans le premier taxi venu (je n’étais pas là, mais j’imagine très bien la scène), et rejoint la clinique. Il est de retour le soir même à 21h.

Vous reprendrez bien une petite camomille?

Mon séjour

La fécondation se passe bien, et 5 jours plus tard, me voici à mon tour à devoir embarquer.

Contrairement à mon mari, je devrai rester 3 jours sur place. Le premier jour, celui de mon arrivée. Le deuxième, celui du transfert. Et le troisième, celui du départ.

Ce sera mon tout premier voyage en solo à l’étranger, et cerise sur le cheesecake, dans une ville dont je ne maîtrise absolument pas la langue. On rajoute à ça une légère peur de l’avion (#euphémisme), et cela te donnera une idée de mon état d’esprit à quelques heures du voyage.

Pas super zen, donc.

Le voyage se passe bien et sans encombre, j’arrive à mon hôtel l’iPad rempli de films de Noël téléchargés sur Netflix. Je commande mon dîner en room service en profitant d’un lit king size. Tranquille, pas de bain à préparer, pas de dîner sur le feu.

Hey, mais c’est que ce n’est pas si terrible que ça, en vrai.

Le jour J

J’ai rdv à la clinique (située à 15mn à pieds de l’hôtel) à 14h.

Première étape : l’admission.

« Vous avez bien amené le consentement signé par votre conjoint et vous-même ? »

Euh, non. Quel consentement?

Petit couac dans la machine: l’équipe, habituée à voir les couples venir ensemble, a complètement oublié de nous prévenir d’amener un document signé par nos soins attestant de notre accord conjoint pour la FIVDO.

Ah.

Problème: je suis seule, je n’ai pas de consentement sur moi, et impossible de le faire signer manuellement à Jean-Mi.

Nous passons donc au plan B: l’appel téléphonique en visio (obligatoire) pour que Jean-Mi réaffirme son accord. Alors oui, je sais: mon mari était présent à la clinique 5 jours plus tôt, mais les règles sont les règles, la clinique ne peut rien faire sans avoir un dernier accord à minima oral de mon cher et tendre.

Je te passe les détails sur la 4G qui ne fonctionne pas et la communication qui coupe toutes les 5 secondes, mais au bout de 10 laborieuses minutes (qui m’en paraîtront 2857), nous pouvons passer à la suite.

On m’emmène donc à l’étage, dans une chambre de type hôpital, où je dois entièrement me déshabiller pour revêtir une combinaison avec charlotte sur la tête et sur-chaussures aux pieds. J’arrive ensuite dans une salle semblable à une salle d’examen gynécologique, où l’on me fait asseoir sur un fauteuil d’examen.

A ce stade, je ne suis absolument pas stressée, ni inquiète. Je suis juste hilare, voilà. Je crois que je ne réalise toujours pas vraiment ce qui est en train de se passer. Donc quand l’assistante médicale brandit un iPad pour me montrer l’embryon qui a été sélectionné (sur les 4 embryons obtenus), j’éclate de rire. Je sais que certaines doivent pleurer d’émotion, ou se sentir bouleversées, mais j’avoue que je suis surtout déconcertée par cette photo relativement… floue.

Tout se déroule bien, et vite (en moins de 5 minutes, c’est plié), et sans aucune douleur. Le médecin me prévient: « dés maintenant, vous avez une chance sur deux d’être enceinte ». Je repars avec une liste de conseils relativement simples à respecter (poursuivre le traitement, éviter les substances toxiques), et me revoici revenue dans ma chambre d’hôtel. Un petit room service pour fêter ça? Allez.

La suite… je t’en parle la prochaine fois.

Tu as des questions sur la FIVDO? Sur la PMA à l’étranger? N’hésite surtout pas, j’essaierai de te répondre dans les commentaires.


 


Commentaires

11   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virg

Carrément, tu as quitté le surréalisme pour atteindre … je me demande l’ubuesque ? Le vaudeville ? Une plaisanterie pour la forme de Mère Nature ?
Toujours est-il que j’imagine très bien ton histoire en téléfilm (ceux de l’après-midi qui finissent bien), devant l’écran en famille « non mais là c’est trop tard, s’il décollle ça fait arriver à telle heure à Barcelone ! » « Si si c’est encore bon » « allez décolle m…  » et le consentement !
Je comprends très bien que ça t’ai quelque part aidée à ne pas trop angoisser le jour J, en mode parcours du combattant depuis 1 semaine, tu es à mille lieues de réaliser.
Je croise les doigts pour que cette anecdote rentre dans les annales de votre famille … pour le petit number 4 😉

le 08/03/2020 à 09h29 | Répondre

Urbanie

Je pense revendre les droits de mon histoire à Hollywood pour leur prochaine comédie, en effet. ^^ Je dis souvent à mon mari qu’on en rira bien, dans quelques années. 🙂

le 08/03/2020 à 18h27 | Répondre

Madeleine

Quelle aventure!
Pour mes transferts, dans ma clinique, on ne s habille pas en charlotte, blouse et tout.
On arrive à l heure dite, on passe en salle d examen gynéco, comme chez le gynéco en ville, on enlève juste sa culotte, et zou! En moins de 5 min, comme toi, c est plié !
Puis, 10 min après, on quitte la clinique. Pour dire, on paye le parking au-delà de 30 min, et bien, on n’a quasi jamais eu à payer!
Je croise les doigts pour vous!!!

le 08/03/2020 à 10h10 | Répondre

Urbanie

Oui ça a été super rapide, mais je ne sais pas pourquoi ils m’ont fait revêtir leur tenue intégrale… qui n’a pas servi à grand chose, finalement. Sans doute pour rassurer les patientes sur le sérieux du protocole?

le 08/03/2020 à 18h28 | Répondre

Mélinda

Le stress… J’espère que la suite sera belle, j’ai tellement hâte de la lire ! Rien à voir, perso j’adore passer quelques jours seule pour les mêmes raisons : rien d’autre à faire que me faire plaisir 🙂

le 08/03/2020 à 13h44 | Répondre

Urbanie

Ah non mais les 3 jours à l’hôtel à commander room service sur room service ça a été le bonheur total!

le 08/03/2020 à 18h29 | Répondre

Emilie

Mais tu nous laisses en plein suspense là. Vite vite raconte-nous la suite.

le 08/03/2020 à 14h17 | Répondre

Urbanie

Hahahaha bientôt, c’est promis!

le 08/03/2020 à 18h29 | Répondre

Lumi (voir son site)

Je crois que je comprends l’hilarité du jour J : après toutes ces galères et dans un tel contexte, difficile finalement de prendre la mesure de l’instant !
Moi aussi je croise les doigts pour que ce périple offre à terme de jolies anecdotes familiales.

le 09/03/2020 à 21h58 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’espère que la suite à ce suspens sera belle !!!

le 10/03/2020 à 15h23 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?