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A la une / Témoignage

Le début de notre parcours PMA : direction la FIV

Je t’ai raconté dans mon article précédent comment, après trois ans d’essais naturels infructueux, nous en sommes venus à « entrer en PMA ». Je vais aujourd’hui te raconter notre parcours, qui a donc duré deux ans tout pile.

Après les tests pas très encourageants que nous avions faits, nous avons pris rendez-vous à l’hôpital, auprès du professeur conseillé par ma gynéco.

Deux façons de le rencontrer :

  • en « public », et donc via une consultation entièrement remboursée, rendez-vous possible en octobre.
  • en «privé », tarif : 90€, en partie remboursés, rendez-vous possible en juin.

Nous étions fin mai, on a décidé de payer. Heureusement qu’on pouvait se le permettre.

On l’a rencontré, et il nous a expliqué ce qu’on allait faire.

Il a répondu à toutes nos questions, même à celles du type « Ok, et si ce que vous proposez ne fonctionne pas, c’est quoi l’étape d’après ? », alors que j’imaginais qu’il me dirait : « On verra à ce moment-là. » Bref, pas ultra chaleureux, mais gentil, patient et pédagogue. Et compétent, bien sûr.

Son idée, c’était de commencer par des stimulations pour moi, avec des médicaments pendant trois mois, et d’aviser ensuite. En parallèle, il a prescrit un test complémentaire, qui a révélé que la simple stimulation serait parfaitement inutile. Arrêt immédiat du traitement, et passage à l’étape suivante.

L’étape d’après, en PMA, c’est l’insémination, autrement appelée IAC (insémination artificielle avec sperme du conjoint) ou IAD (avec sperme de donneur). Ça consiste à surveiller le cycle de Madame (coucou la salle d’attente à 7h du mat’) pour, quand elle est prête, récupérer le sperme (de Monsieur ou du donneur), trier les spermatozoïdes les plus performants et les injecter directement dans l’utérus (en leur faisant ainsi passer la barrière constatée lors du test évoqué précédemment).

Nous, le staff a décidé de nous faire sauter cette étape, et de nous emmener directement à la FIV (fécondation in vitro).

Tu comprends pourquoi ça n’a duré « que » deux ans pour nous, et pas plus. Pour les couples qui passent par toutes les étapes (stimulation quelques mois, puis souvent au moins trois inséminations, puis FIV), ça peut durer beaucoup plus de temps que pour nous. Autant de cycles, d’essais et d’espoirs déçus.

Temps qui passe

Crédits photo (creative commons) : Nathan O'Nions

Peut-être te demandes-tu pourquoi nous avons sauté ainsi des étapes ? Eh bien à cause de mon âge canonique, figure-toi ! Eh oui, 38 ans, c’est « vieux » pour faire un enfant, quand on est une femme !

Je me penche un peu sur ce thème de l’âge, et je te raconterai la prochaine fois la suite de notre parcours, avec les FIV.

La PMA, bien que concernant de plus en plus de couples, n’est pas un sujet très souvent expliqué, et le grand public n’y connaît pas grand-chose.

Il connaît l’expression « bébé éprouvette », c’est vrai. Mais il ignore bien souvent qu’on peut traiter certains problèmes avec « seulement » une opération de Madame et une stimulation, confond régulièrement insémination avec FIV, croit que PMA = bébé éprouvette. Bref, il est un peu perdu.

Ce que le grand public connaît mal également, ce sont les statistiques de possibilités de grossesse selon l’âge de Madame. Sa science en matière d’âge et de procréation lui vient souvent des magazines people, où depuis quelques années, moult stars affichent de jolis ventres ronds à la quarantaine parfois bien tassée (Marcia Cross, 45 ans, Halle Berry, 42, etc.).

Du coup, dans l’esprit du grand public (dont je faisais partie avant de rencontrer ce médecin gentil, mais qui me parlait de mon âge à chaque rendez-vous), on peut facilement avoir un enfant à 40 ans. Moi, à 38 ans, j’étais donc laaaaarge.

Ben en fait, non. « Avoir un enfant » (même deux en ce qui me concerne), c’est possible, mais « facilement », certainement pas.

Regarde :

  • à 25 ans, la probabilité d’avoir un enfant est de 25% par cycle,
  • à 35 ans, la probabilité d’avoir un bébé est de 12% par cycle,
  • à 40 ans, les chances de faire un bébé sont de 6% par cycle,
  • et la fertilité des femmes est presque nulle après 45 ans.

En dix ans (de 25 à 35 ans), on perd la moitié de chances que ça marche. Et ensuite, on les divise par deux en cinq ans. La fameuse « horloge biologique » existe bel et bien, et ce malgré toute l’avancée de la médecine.

Le souci, vois-tu, c’est la quantité et la qualité de tes ovocytes. Ils vieillissent, comme toi, et ils deviennent moches et moins efficaces (pas comme toi !).

Pour te donner une idée, en un an (l’intervalle entre ma première FIV et ma deuxième), le nombre d’ovocytes qu’on a récupérés a été divisé par deux, et le nombre d’embryons implantables également. J’aime autant te dire que ça fait très très mal de constater ça, et qu’ensuite voir les mois passer entre deux tentatives devient encore plus difficile.

Bref, je ne veux pas t’affoler non plus. Mais si tu as déjà plus de 35 ans, ne fais pas comme moi. Ne te cache pas la tête dans le sable pendant trois ans en pensant que tu as encore du temps devant toi. Si ça ne fonctionne pas au bout de quelques mois, demande à faire des tests, pour appréhender la situation avec toutes les infos en main.

La prochaine fois, je te parle de notre « vif du sujet », nos trois FIV.

Et toi ? Quel âge avais-tu quand tu as décidé d’avoir un enfant ? Y es-tu parvenue naturellement, ou as-tu eu comme moi besoin que la médecine s’en mêle ? De quels types de traitement as-tu bénéficié ? Dis-nous…

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !