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A la une / Témoignage

Être polie à trois ans et demi

Petite Fleur approche maintenant des trois ans et demi bien tassés. Et elle est une enfant plutôt polie. En tout cas, sa politesse convient à mon niveau d’exigence. Niveau qui a varié avec le temps.

Au tout début, quand elle a commencé à parler, son papa et moi lui disions merci quand elle tendait un objet ou quand on lui en donnait un, pour qu’elle s’habitue au mot. Puis nous avons introduit le s’il te plait. Pour ce qui est de bonjour et au revoir, nous parions sur le mimétisme. Nous voir dire bonjour et au revoir dès que l’on croisait quelqu’un et lui demander de faire de même a suffit pour que ces bases soient intégrées.

C’est ainsi que Petite Fleur à deux ans disait « bonjou », « awa », « ci » et « plait » de façon systématique et toujours au bon moment.

Crédit photo (creative commons) : majorvols

Par contre, nous ne lui avions pas du tout appris à dire pardon en cas de pet ou rot. Pas aussi jeune en tout cas.

Puis elle a grandi et est rentrée à l’école. Et les choses se sont un peu compliquées. En grandissant son caractère s’affirmait et le mimétisme et l’effet de groupe induits par l’école  ont fait baisser la fréquence des mots de politesse.

En soi, ce n’est pas dramatique. Alors au début, on n’a pas trop relevé. Mais quand on s’est rendu compte qu’elle refusait de dire bonjour/au revoir et que le « s’il te plait » avait complétement disparu de son lexique (heureusement le « merci » est vraiment bien ancré), on s’est remis à travailler la politesse.

Pour ce qui est de bonjour et au revoir, il a suffit de lui rappeler quelques fois et leur utilisation est revenue facilement. Bien sûr, il y a des jours où elle boude (fait la tronche toute la journée) et il est alors trèèès compliqué d’obtenir quoi que ce soit d’elle. Dans ces cas là, la consigne est simple : « Tu n’es pas obligée de faire un bisou ou même de sourire, mais tu dois dire bonjour/au revoir ». Dans les plus mauvais jours, on obtient un marmonnement inintelligible mais généralement elle finit par saluer de façon compréhensible. (S’il te plaît, dis moi que je ne suis pas la seule à galérer).

Pardon a été introduit quelques semaines avant d’entrer à l’école. Elle l’utilise facilement quand elle pète ou rote parce qu’elle peut ainsi nous faire remarquer qu’elle a fait un bruit rigolo tout en étant félicitée pour sa politesse. Et en bonne petite fille de trois ans, les pets et les rots la font mourir de rire…

Crédit photo (creative commons) : Melissa Wiese

S’excuser quand elle fait une bêtise ou fait mal à quelqu’un est très vite rentré dans les mœurs et on n’a jamais vraiment eu de souci pour ça.

Par contre, le s’il te plaît est devenu un combat de tous les jours. Je ne sais pas trop si c’est par esprit de révolte ou parce qu’à l’école peu d’enfants le disent (franchement je ne sais vraiment pas si les autres enfants le disent ou non) mais en tout cas, il a complétement disparu du vocabulaire de Petite Fleur. Lui rappeler à chaque fois qu’elle demande quelque chose est devenu vraiment fatiguant.

Alors on use d’une méthode que je détestais quand j’étais enfant, mais qui est assez efficace : faire comme si on ne comprenait pas ce qu’elle dit, voire ne pas entendre tant qu’elle ne dit pas la « formule magique ». Parfois elle se reprend tout de suite, parfois elle s’énerve et répète dix fois avant de comprendre qu’il lui suffit de dire s’il te plaît.

Puisqu’il a fallu revenir sur les bases, autant vraiment tout reprendre à zéro. Actuellement, nous lui apprenons à complétement reformuler ses phrases. Elle dit « je veux ça ». Nous voulons entendre « je voudrais ça s’il te plaît ».

Ce n’est pas encore bien acquis mais on approche chaque jour un peu plus de ce que son père et moi espérons. Parfois, on oublie et on lui donne ce qu’elle demande quand elle dit je veux.

Nous sommes bien conscients qu’il y aura bien d’autres moments de relâchement au niveau de la politesse : après des vacances, à l’adolescence,… Et nous recadrerons en douceur comme actuellement. Nous mêmes ne sommes pas des modèles sans failles. Alors nous ne pouvons pas non plus trop lui en demander.

Et toi, ton enfant est-il assez poli à tes yeux ? C’est difficile à mettre en place ? Ou tu t’en fiches ? Raconte

A propos de l’auteur

Je suis une passionnée d'histoire, de dessins animés et de pâtisserie. Après avoir quitté la région parisienne, je vis dans une maison en province avec mon mari, nos deux chats et Petite Fleur. C'est une petite fille gentille et malicieuse qui illumine chacune de nos journées.