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Accoucher sans péridurale, mais pourquoi donc ?


Publié le 20 mai 2020 par Maman Ours

« Quelle idée étrange ! Pourquoi vouloir souffrir alors qu’on a la chance de vivre dans un pays et à une époque où on peut l’éviter ? En plus, chez nous, c’est gratuit ! Non, vraiment, quelle idée étrange. Et pourquoi pas se faire opérer sans anesthésie tiens ! »

Voilà une opinion fort répandue. Une opinion que je comprends très bien : ce fut la mienne pendant très longtemps !

Mais, tu t’en doutes, si je viens aujourd’hui te parler avec un tel titre, c’est que j’ai petit à petit fini par me dire, que, peut-être, sans péridurale, ce n’était pas forcément une si mauvaise idée, même si je comprends bien que son aide puisse être précieuse… Comment en suis-je arrivée là ?

C’est donc possible

Vu mon âge, j’ai grandi en sachant que la péridurale existait, qu’on avait cette option, et en me disant que bah, si ça existe, autant en profiter !

La première fois que j’ai entendu dire qu’on pouvait accoucher sans péridurale et ne pas forcément en être traumatisée, voire même, trouver cela mieux, je suis tombée des nues. J’avais un peu plus de 20 ans, et Grand Manitou, le doyen de mon équipe de jeunots (le seul qui avait des enfants quoi) nous avait rapporté que sa femme avait accouché une fois avec, et une fois sans (par manque de temps, pas par choix), et qu’elle avait préféré sans ! Incrédule, je lui ai demandé, «  mais, pourquoi ?? » (elle est pas un peu folle ta femme, Grand Manitou ?)
« Elle dit qu’elle s’est remise beaucoup plus rapidement, et que même si ça a été un peu plus difficile sur le coup, elle a vraiment apprécié d’être plus tranquille ensuite » .
Jeune Maman Ours hocha la tête, songeuse, moitié « mais tout de même ! quelle héroïne cette femme », moitié « ah, mais elle n’est peut-être pas si folle en fait, ça se tient un peu son histoire » .

Et voilà, la graine était plantée : je savais que c’était possible d’accoucher sans péridurale (involontairement) et que ce n’était pas forcément l’enfer sur Terre et la pire expérience imaginable.

Crédits photo (creative commons) : Kalea Jerielle

Et puis les années sont passées. Je n’avais pas encore commencé à dévorer des livres sur la maternité, mais, petit à petit, je me renseignais. Conversation avec une collègue par ici, Baby Boom par là, lecture de Madame Dentelle (coucou le coup de vieux!) puis de Dans Ma Tribu…

Un jour, j’ai appris que la péridurale pouvait parfois « affaiblir » les contractions, et donc ralentir le travail. Et que dans ce cas, on injectait souvent de l’ocytocine (l’hormone, qui, entre autres, fait se contracter l’utérus) de synthèse pour « compenser » . Mais que les contractions sous ocytocine étaient souvent très violentes. Et là, j’ai commencé à paniquer un peu et, dans mon cerveau, s’est formée la vision de la pauvre accouchée, gisant sur sa table, une perfusion dans chaque bras, avec d’un côté un seau de « produit qui diminue douleur et contractions » et dans l’autre un seau de « produit qui augmente contractions et douleur » . Et un savant fou qui court d’un côté à l’autre en jouant sur les réglages, « allez un peu plus de celui-là, ah non, c’est trop, bougez-pas j’en remets de l’autre côté ! » (je sais, la péri, c’est dans le dos ! mais c’est une vision, pas un manuel de médecine – et heureusement !).

Il faut aussi que je te dise que mon historique fait que je suis très peu sereine (voire : complètement terrorisée) quand il s’agit de prendre des hormones : mon corps ne réagit pas très bien, et mon cerveau déteste cette sensation (hélas déjà vécue) qu’on te donne des substances à tâtons, en regardant ce qu’une dose te fait pour savoir si c’est la bonne. Et que toi, pendant ce temps, tu morfles.

J’ai donc commencé à penser, que, on verrait bien le jour venu, mais peut-être que Mme Grand Manitou pouvait être un exemple à suivre en fin de compte.

Et pourquoi pas ?

Et puis j’ai été enceinte à mon tour. Au milieu du choix du suivi, de la maternité, de l’allaitement ou du biberon, j’ai un peu pensé à l’accouchement aussi. Quelle femme enceinte n’y pense pas ? Cela ne m’inquiétait pas vraiment. Certes, j’étais tellement zen que rien n’aurait pu me faire peur ! Mais, même si je ne m’attendais pas à une partie de plaisir, je me disais que si tant de femmes l’avaient fait… et que tant l’avaient refait en sachant de quoi il retournait, c’est que d’une façon ou d’une autre, j’en serai probablement capable.

Cette idée de « tenter sans péri » traînait dans ma tête. Sans pression, sans ambition. Parce que bon, accoucher, c’est dans tous les cas impressionnant. Peu importent les modalités, chaque personne qui a fait cela est épatante. Et puis j’avais bien conscience que c’était facile, dans mon canap avec mon bidou qui sortait à peine, de me dire que j’essaierai peut-être. Mais que je n’avais pas la moindre idée de ce que ça allait être en réalité. Alors je me disais que je verrais bien, et j’osais à peine le dire du bout des lèvres. Après tout, je pouvais toujours essayer, et la prendre en cours de route si ça n’allait pas. Ou bien même au bout de trente secondes hein !

Mais depuis mon cher canapé, l’idée d’être infusée d’hormones et de produits me faisait plus peur que l’idée d’accoucher, alors j’y pensais de plus en plus.

Crédits photo (creative commons) : National Cancer Institute

Oserai-je le dire ? Il y avait aussi dans cette envie un petit côté « défi à moi-même ». C’est complètement inutile et stupide, mais c’est ainsi.

Et puis j’avais lu l’importance des positions et de leur variété pour l’avancement du travail et le ressenti de la douleur. Et c’est quelque chose qui m’avait immédiatement parlé, car j’avais, dans d’autres circonstances (évidemment) pu me rendre compte par moi-même que, pour une même douleur, certaines positions étaient « neutres », d’autres atténuaient énormément la douleur, et d’autres la rendaient insupportables. Or, si aucune position n’est réellement mieux qu’une autre pour accoucher (il faut s’adapter à chaque cas), il y a un consensus assez généralisé sur le fait que la position allongée sur le dos est la moins bonne, que ce soit pour le ressenti de la parturiente ou l’avancée de l’accouchement. C’est ballot, car, en cas de péridurale, on est souvent coincées dans cette position (pas systématiquement ceci dit, mais souvent). J’avais donc peur de me retrouver immobilisée dans une position qui ne me conviendrait pas.

Enfin (surtout), c’était complètement cohérent avec mes envies de simplicité, de naturel et de suivi pas trop médicalisé concernant ma grossesse.

C’est là que mon syndrome d’Hermione s’est manifesté. « Hey, Maman Ours, tu vas bientôt faire un truc de dingue là tu sais. Faudrait songer à potasser un peu le sujet, non ? Et d’autant plus si tu envisages de prendre l’option « à la dure » ! » OK, OK petit syndrome, je file dévaliser ma librairie bien aimée de ce pas !

Je me suis donc retrouvée avec une bonne pile de livres concernant l’accouchement, globalement à tendance « accouchement naturel ». Et j’ai dévoré.

Y croire

Au départ, inconsciemment, je cherchais – en plus d’informations sur les accouchements – des « techniques » pour augmenter mes chances de « réussir à accoucher sans péridurale ». Petite élève studieuse un jour… Et petit à petit, comme je t’en ai parlé, j’ai découvert ce qu’était un accouchement. Comment le corps humain fonctionnait à ce moment si unique et incroyable. Comment toute cette mécanique si bien rodée, si précise, permettait ce miracle. Si on la laissait faire. Les moyens que la nature a prévus pour pouvoir vivre cela sans souffrir. La différence entre la douleur et la souffrance aussi d’ailleurs.

J’ai pris confiance en moi : j’ai toujours eu un bon rapport à mon corps. On se respecte, tous les deux, et jusqu’ici, lui faire confiance a toujours été une stratégie gagnante. Alors j’ai fini par y croire, que je pouvais une nouvelle fois lui faire confiance. Après tout, il est le fruit de millions d’années d’évolution. Toutes les femmes de mon arbre généalogique l’ont fait depuis tout ce temps : j’ai donc très certainement tout ce qu’il faut pour les imiter !

Crédits photo (creative commons) : Jeremy Bishop

J’ai ainsi compris la grande différence avec une opération sans anesthésie : le corps humain est fait pour accoucher. C’est un acte « normal » dans la vie d’une mammifère. Nos corps ont tout ce qu’il faut pour fabriquer des bébés et les faire naître. Tandis que la nature n’a pas du tout prévu qu’on nous ouvre le ventre ou les genoux avec un scalpel (même si c’est parfois bien utile !). Alors forcément, dans ces moments, on a bien besoin d’une anesthésie. Et d’ailleurs, jamais de la vie je n’envisagerais de vivre une opération, ou même un arrachage de dent, sans anesthésie. Et si je dois subir le moindre petit acte médical, ne serait-ce que si je dois avoir des points après une déchirure par exemple, je veux une anesthésie, la question ne se pose pas !

Le vouloir

J’ai aussi découvert combien vouloir prendre le contrôle de ce process pouvait le perturber. Combien même des actes minimes pouvaient être de petits grains de sable dans l’engrenage, pouvant empêcher telle étape, et, par effet papillon, avoir des répercussions néfastes ; et donc demander d’autres actes pour corriger cela, qui eux même risquent d’apporter d’autres perturbations, et ainsi de suite. Et avec tout cela, j’ai fini par découvrir les risques qu’une péridurale et d’autres actes médicalisés non indispensables comportent : comme beaucoup de choses, il y a des avantages, assez évidents, mais aussi des inconvénients. Je te laisse te renseigner auprès de sources plus fiables que moi si tu veux en savoir plus. À chacun de les peser et de faire ses choix évidemment. Mais de mon côté, je commençais à me dire que le jeu n’en valait peut-être pas la chandelle.

Entendons-nous bien : parfois, il n’y a pas le choix. Et c’est heureux que nous puissions bénéficier de l’aide de la médecine quand quelque chose va mal. Pas un seul instant je n’ai envisagé de refuser un acte médical en cas de problème. Je ne redoutais même pas une césarienne d’urgence, car, pour moi, c’est une chance qui permet de sauver des vies. Et là, tant pis pour le reste. Si ça devait arriver, qu’on le fasse, et je me débrouillerais plus tard pour faire ma paix avec cela.

Toujours est-il que petit à petit, ma motivation à essayer de me passer de ces aides si bien intentionnées mais si pleines de revers augmentait. Ce n’était plus une idée plutôt légère « pourquoi pas, on va tenter », mais vraiment une volonté assez marquée. J’évitais tout de même de me mettre trop de pression et je ne m’interdisais absolument pas de changer d’avis en cours de route. Après tout, c’est le genre de moment dont on n’a pas la moindre idée avant d’y être, alors il ne fallait pas être trop présomptueuse ! Si j’en ai besoin, j’en ai besoin. Si je n’en ai pas besoin… et bien c’est qu’il n’y en a pas besoin!

Comprendre

Au fil de mes lectures, ma perception de l’accouchement a évolué. Je suis partie d’une vision où il s’agissait de « réussir », comme un exploit, à accoucher « sans péridurale ». Une montagne à gravir, une technique à éviter. Serrer les dents, rassembler toutes ses forces, refuser l’aide. Être forte.

Et je suis arrivée à me dire qu’en fait, ce que je voulais, ce n’était pas tant d’éviter la péridurale ; mais plutôt de vivre pleinement mon accouchement. Et que pour cela, il suffisait de laisser faire. De demander à bénéficier des conditions idéales, et puis de me faire confiance.

J’allais rédiger un projet de naissance expliquant mon point de vue. Demander à bénéficier de la salle nature si possible ; demander à avoir un minimum d’actes médicaux (toujours : dans la mesure du possible) ; demander à pouvoir bouger et choisir mes positions, à être conseillée et encouragée.

Et puis ensuite, ce serait à moi de jouer. Mais pour ça, je verrai le jour même. Accoucher, ça ne s’apprend pas. Ce n’est pas en listant des techniques, en déterminant précisément à l’avance ma position et l’endroit que Papa Ours devra masser que j’accoucherai.
Non.
Mon projet c’est d’accoucher, pas d’être accouchée. Je me fais confiance, Papa Ours me fait confiance, j’espère que l’équipe me fera confiance.
Ballon, pas ballon ? Liane ? Piscine ? Massage ? Respiration ? Visualisation ? Debout, allongée, assisse, accroupie, à 4 pattes ? Je n’en sais rien. Donnez-moi toutes ces options, et d’autres si vous avez d’autres idées, et je verrai. Je saurai ce dont j’aurai besoin. Et cela changera d’un moment à un autre probablement. Mon corps est prêt, il est fait pour cela. Et maintenant, moi aussi je suis prête.

Crédits photo (creative commons) : sydney Rae

À partir de là, je n’ai plus eu de difficultés à rédiger mon projet de naissance, moi qui craignais tant la page blanche. Je craignais de ne faire que lister ce dont je ne voulais pas, toutes ces horreurs de violences gynécologiques qui font si peur, mais non, j’ai facilement pu écrire ce dont j’avais envie.

Je n’ai plus eu qu’à briefer un peu Papa Ours, qui avait bien sûr déjà un peu compris, puisqu’il suit mes pensées depuis longtemps : le jour J, ce que j’attends de lui, c’est d’être mon roc. Qu’il m’accompagne dans ce voyage inédit ; qu’il me soutienne ; qu’il soit là, tout simplement. Qu’il accepte ce qu’il se passera, quoi que ce soit, qu’il accepte que je serai peut-être désagréable, peut-être distante (ou peut-être pas !). Qu’il soit prêt à ce que je change d’avis d’un instant à l’autre (« passes moi le ballon » / « nooon j’en veux pas du ballon »). Qu’il ne me plaigne pas. Qu’il ne cherche pas à me protéger du cyclone qui va déferler sur moi, même si cela lui coûte, mais qu’il saute avec moi dedans. Quand il est là, tout est plus facile.
Ah, et qu’il ne prenne pas de photos.

Et si en fin de compte, c’est trop pour moi ? Et bien, j’ai la chance de vivre dans un pays et à une époque où on peut m’aider. Alors je demanderai de l’aide, et j’en bénéficierai sans le moindre regret.

Et si en fin de compte, je fais partie des malchanceuses pour qui la nature, même sans qu’on vienne la perturber, fait n’importe quoi ? Alors je serai dans le cas d’une pathologie, d’une anomalie, d’un risque, et je rentrerai donc dans le domaine de la médecine. J’ai la chance de vivre dans un pays et à une époque où elle fait des miracles, et j’espère qu’elle saura m’en offrir un.

Je ne te semble pas trop folle ? Et toi, tu as une idée de l’accouchement que tu souhaites ?


Pendant la grossesse, tu t’imaginais épanouie, heureuse, avec un joli ventre rond, et bien sûr, il y a de ça. Mais tu n’étais peut-être pas tout à fait préparée pour les vergetures, les coups de pied dans la vessie à 2 heures du matin et les galères administratives. On ne te la refera pas deux fois. Avec le guide hyper complet et concentré de Dans Ma Tribu, tu sauras exactement ce qui t’attend après l’accouchement. Clique ici pour en savoir plus.

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Commentaires

16   Commentaires Laisser un commentaire ?

Clara

Je suis en désaccord avec toi sur tellement de points ! (Je ne vais pas tous les lister.)

Oui la péridurale peut parfois affaiblir les contractions ou les espacées mais la douleur et la crispation peuvent aussi ralentir le travail ! Ce n’est donc pas vraiment un argument contre (ou pour) pour moi.

Si on accouche dans une maternité correcte, il est tout a fait possible de bouger avec la péri. On peut marcher, aller aux toilettes, se mettre sur le ballon, à 4 pattes… et accoucher dans la position que l’on veut. Et une fois la péri interrompue, on peut se relever assez vite (premier test 2h après l’accouchement pour moi).
(Et par la même occasion, les bonnes mater nous laissent boire et manger pendant le travail ! Petit coup de gueule pas contre toi.)

Quand au fait que l’accouchement est un acte normal ou naturel, que tous les mammifères y arrivent et donc que ça justifie d’accoucher sans péridurale, je ne te suis pas du tout. Si c’est aussi naturel et normal que cela, pourquoi le faire à l’hôpital ? Et pourquoi lire des livres dessus ou échanger avec d’autres mamans sur l’accouchement ?! Aucun autre mammifère ne fait cela. Elles se contentent de se trouver un coin douillet et d’accoucher, souvent seules, sans préparation ni aide. (Les animaux dans les zoos ne comptant pas.)

Au final, je suis contente qu’on vive dans un pays où l’on peut choisir notre façon d’accoucher (même si on manque parfois un peu d’accompagnement) et où l’on puisse avoir ou non la péri.
Je suis aussi d’accord avec toi sur le fait que le principal c’est d’avoir une idée de ce que l’on souhaite mais de savoir que ca ne se passera pas forcément comme cela pour ne pas mal vivre son accouchement.
Et prépare bien ton mari. Il n’y a rien de pire que de voir souffrir la personne que l’on aime sans avoir l’impression de pouvoir l’aider/la soulager. (Chéri est resté plus marqué que moi de mes souffrances pour l’accouchement).

J’espère que tu seras satisfaite de ton accouchement et que tu profiteras à fond de tes premiers instants en famille !

le 20/05/2020 à 08h19 |

Maman Ours

Certes, les péris ambulatoires existent, et les recommandations commencent à dire que boire et manger c’est pas si mal, et que les épisios c’est peut-être pas si chouette d’ailleurs, seulement c’est encore (hélas on est bien d’accord) très loin de la réalité dans beaucoup d’endroits (pas partout heureusement, mais bon, beaucoup….)
Je suis bien d’accord avec toi sur le fait que c’est fantastique d’avoir le choix (on est bien d’accord que là haut je ne fais que vous partager mes réflexions sur ce qui m’a amenée à faire ce choix hein, mais à chacune de faire le sien !)… et j’espère que justement on va progressivement avoir de plus en plus de vrais choix (histoire qu’on puisse prendre la péri sans forcément devoir se cogner toutes ces contraintes, même si ça restera toujours un acte technique).

La frénésie de lecture vient en grande partie de mon caractère, je lis dès qu’un sujet m »intéresse ! et celui-là m’a passionnée.
Mais effectivement, les autres mammifères, à commencer par les humaines de pays tout proches, ne se prennent pas tant la tête, comme le dit magnoelias ci-dessous. Seulement, elles ont toujours vu (ou au moins su) leurs mères, tantes, cousines, voisines accoucher et en être capables, on ne leur a pas bourré le crâne avec une vision archi-assistée de l’accouchement, elles n’ont donc aucune raison de douter de leurs capacités… tandis que moi, je ne savais même pas qu’on avait ces capacités ! C’est pour cela que tant lire m’a été bien utile.

le 28/05/2020 à 12h49 |

Clara

Merci de la réponse alors que visiblement tu as un petit ourson qui t’accapare. Et je suis ravie que tu aies eu un bel accouchement qui te corresponde.

Je me rends compte que mon commentaire est un peu virulent alors que c’est juste que ton article m’a vraiment surpris. Si je comprends que certaines veuillent accoucher sans péri ce n’est absolument pas ces raisons là qui me parlent.

Vivement que toutes les maters soient au courant des dernières avancées de la science et respectueuse des parents !
(Pour l’épisio, pour avoir eu la déchirure + l’épisio, je vois bien l’avantage de l’épisio qui fait moins souffrir mais qui n’est pas toujours nécessaire.)

Pour la lecture, je te comprends. J’ai aussi adoré lire (plus les blogs de vrais moments que les livres) mais ca me paraissait aller à l’encontre de tes arguments contre la péri.
Par contre, je me suis toujours su capable. Après tout, tous les bébés naissent ! Ca me paraissaient tellement évident.

Félicitations pour l’ourson ! Et heureuse vie à ta petite famille.

le 30/05/2020 à 22h35 |

Raphaelle

Ce type d’article me donne toujours un sentiment un peu amer.. j’avais moi aussi « prévu » d »essayer d »accoucher sans péridurale mais au final ca n »a pas été possbile (36h de travail et un bébé mal placé). Pourtant ce que je retiens de mon accouchement et notamment de mes presques 30h sans peri, c’est bien cette « souffrance » (et non douleur comme tu le dis). Du coup ca me fait toujours mal au coeur quand je lis des livres theoriques qui parlent de ressources internes permettant de ne pas souffrir.. tout est si différent d »un accouchement à l »autre.. et en fin de compte c’est un peu culpabilisant, comme si on ratait son accouchement si on écoutait son corps au moment où il nous disait qu »il était à bout..

le 20/05/2020 à 09h42 |

Maman Ours

J’ai tellement de peine à te lire : si tu as écouté ton corps, tu as eu mille fois raison à mes yeux. Certes on a, j’en suis persuadée, des capacités qu’on ne soupçonne pas toujours, mais pour des dizaines de raisons, les choses peuvent devenir plus compliquées que prévu ; parfois la nature « bug », ça arrive, parfois (souvent?) on ne donne pas à la femme les conditions idéales pour que ces capacités puissent être vécues…. En aucun cas ce n’est de ta faute : accoucher c’est toujours un tour de force (d’autant plus quand la situation est difficile je dirais même).
On a une chance incroyable de pouvoir avoir de l’aide si on en a besoin, il ne faut pas s’en priver ou s’en vouloir. Si on en a besoin, on en a besoin.
J’espère que tu arriveras à être apaisée vis à vis de ton accouchement !

le 28/05/2020 à 12h12 |

Vee

Je te comprends tout à fait, j’avais les mêmes souhaits que toi, pour les mêmes raisons, et je reste persuadée que nos corps sont fait pour arriver à gérer ça. J’avais prévu d’accoucher en maison de naissance avec ma sage-femme, j’avais lu plein de livres aussi, et finalement… J’ai dépassé le terme, on s’est rendu compte au rendez-vous de dépassement que j’avais un souci qui m’interdisait la maison de naissance et j’ai donc été déclenchée à l’hôpital. Du coup, sans ma sage-femme pour m’accompagner, j’ai estimé après 5h de douleur que je n’en pouvais plus et demandé une péridurale. J’ai eu peur d’en garder un mauvais souvenir, et le reste de mon accouchement s’est très bien passé donc je n’ai pas de regrets ni de sentiment d’echec, mais rétrospectivement (et en ayant oublié comme ça faisait mal, donc pas très objectif), je pense que je me suis fait avoir par le gap douleur/endorphines qui arrive paraît-il au moment où les endorphines n’ont pas encore assez d’effet par rapport à l’augmentation de la douleur, vers 3 cm – et c’est exactement là que je l’ai demandée, sans plus penser à mes cours de préparation où on m’avait dit ça. Bref, dans tous les cas pas de regrets, mais les accouchements ne se passent jamais comme on les souhaiterait je crois, et finalement même si la nature est bien faite je pense surtout que c’est bien qu’on ait le choix, dans une certaine mesure, de douiller ou pas ! J’espère que le tien fera exception et se passera selon tes souhaits, cela dit 🙂

le 20/05/2020 à 13h26 |

Maman Ours

Oh mince, que d’imprévus ! C’est certain, dans tous les cas il faut être absolument consciente qu’on a des souhaits, mais que ça se passera comme ça se passera.
Et c’est effectivement très bien qu’on ait du choix ! J’aimerais même qu’on en ait encore plus !!
En tout cas c’est super que tu gardes un bon souvenir de ton accouchement malgré tout cela : comme quoi ce n’est pas forcément lié à « est-ce que tout s’est passé comme je l’avais prévu ».
En tout cas, avec un souci imprévu, sans ta SF et en déclenchement…. waouh, chapeau d’être allée aussi loin !!!

le 28/05/2020 à 12h17 |

magnoelias

C’est intéressant de lire les commentaires en réponse à ton article. L’accouchement est définitivement propre à chacune (préparation) et à la situation le jour J (pas vraiment contrôlable).
Je vis dans un pays (Pays-Bas) où les grossesses et accouchements ne sont pas du tout médicalisés, où la majorité des femmes accouchent à la maison et où la péridurale n’est jamais mentionnée par les sages femmes d’elles même. Bien sûr, la péridurale peut faire partie de ton plan d’accouchement mais la proposition ne viendra vraiment de toi.
Comme toi, je considère l’accouchement comme un acte naturel et, contrairement à toi, je me suis à peine renseignée sur le sujet, me disant que l’instinct me dira quoi faire au moment venu. Comme les animaux mentionnés dans un commentaire d’une des lectrices. Pour mes deux accouchements, j’ai simplement mis dans mon plan d’accouchement que je voulais un accouchement simple et rapide 😀 Sans chichi 😀 Avec des instructions claires et précises 😀 Je n’ai pas osé l’accouchement à la maison simplement car en cas de complication, je me voyais mal partir en ambulance au milieu du travail. Je savais que si l’accouchement durait trop longtemps, j’aurais demandé la péridurale pour me permettre d’être « en forme » jusqu’au bout.
Au final, deux accouchements plutôt express (~4h entre première contraction et naissance) sans péridurale. Est ce lié à mon état d’esprit ? Pour le premier, j’ai eu le droit à 1g de paracétamol 😀 Pour le deuxième, j’ai eu la chance d’accoucher dans l’eau. La douleur était bien présente dans les deux cas mais le cerveau l’oublie. On est ainsi faites.

le 20/05/2020 à 15h38 |

Maman Ours

Waouh, le suivi de grossesse et les accouchements dans d’autres pays et en particulier aux Pays-Bas me font toujours rêver !
Le gramme de paracétamol est presque drôle (j’espère que tu ne m’en voudras pas) au vu du contexte !
Dans l’absolu, je suis d’accord qu’il ne devrait pas y avoir besoin de se préparer comme je l’ai fait, l’instinct est là pour cela. Le problème, c’est que vivant en France, et la maternité étant ce qu’elle est en France, sans ces lectures, je n’aurais même pas su qu’il était possible d’accoucher sans tout un tralala médical, je n’aurais jamais entendu parler du déroulement d’un accouchement « quand on laisse faire ».
Tous ces livres m’ont permis, déjà, de savoir cela et d’avoir un tas d’infos, et, ensuite, de me déconditionner de la certitude qu’un accouchement, c’était sur le dos, les pieds dans les étriers, branchée à dix capteurs, avec une péri dans le dos, et une foule de blouse blanche qui s’affairent pendant que je fais le petit chien en étant toute rouge et en souffrant le martyre… Et ce déconditionnement était vraiment nécessaire !
Quand on vit dans des conditions qui font qu’on sait qu’en règle générale, une femme est capable d’accoucher, on a évidemment pas besoin d’autant de déconditionnement et de préparation je pense.

le 28/05/2020 à 12h27 |

La Piu

Article intéressant. Il me semble que beaucoup de femmes enceintes que je connais ont cette vision. Personnellement, je me suis toujours dit que je souhaitais aller le plus loin possible seule et sans aide médicale. J’ai toujours considéré la péri comme un coup de pouce/joker. Je ne me suis mise aucune pression ni posée plus de question à ce sujet, j’avoue.
Résultat des courses : un accouchement déclenché et qui s’est fait sans péri (quand je me suis dis que ça commençait à faire trop mal, c’était le moment de pousser) Un 2e accouchement venu naturellement et fait sans péri. Pourtant pour un prochain bébé, j’ai tjs cette appréhension et de me dire que je n’ai aucune idée de l’accouchement, que je repars à zéro. Cette humilité me permets de tout envisager sans pression. Ma réelle crainte finalement c’est qu’il y ait un problème de santé grave pour maman ou bébé… que l’accouchement soit fait avec ou sans péri, par césarienne ou voie basse…finalement qu’importe…le plus important c’est que tout le monde soit en forme. Mais je pense bien que tout ces actes médicaux ne sont pas sans incidence.

le 20/05/2020 à 16h15 |

Maman Ours

J’admire ta sagesse, je suis d’accord sur toute la ligne !
Je ne suis pas franchement capable d’en parler, mais mes seules vraies craintes étaient aussi sur la santé. Le reste, dans tous les cas, on s’en sort. Ca aide effectivement à ne pas trop se stresser, paradoxalement.
Ton humilité devant la venue d’un nouvel accouchement et ta capacité à ne pas te projeter en fonction du précédent me font rêver, j’espère que j’en serai capable le jour venu.

le 28/05/2020 à 12h31 |

Line

Joli article ! Je me retrouve dans la frénésie de lecture 🙂 et dans l’envie de subir le moins possible d’intervention pour que la nature puisse faire sa part. Résultat, deux beaux accouchements en maison de naissance ! Pourtant, c’était pas gagné pour mon premier, l’accouchement a duré plus de 30 heures avec des contractions aux 5 minutes et 1h30 de poussée, pas de la tarte! Et pourtant, même si j’ai eu mal, je n’ai pas eu l’impression de souffrir ou de subir. Je pense que cette aspect est très subjectif. Ma belle-soeur est sage-femme et il y a parfois des accouchements qui se sont hyper bien déroulés sur le plan médical, mais la maman a trouvé horrible et a souffert alors que tout est allé pour le mieux…
Personnellement, je me suis sentie à ma place en maison de naissance et j’ai réussi à me passer de péridurale car j’ai été extrêmement bien accompagnée par mes sage-femmes. Probablement que si j’avais accouché à l’hôpital, j’aurais demandé la péridurale car l’équipe n’a pas autant de temps à consacrer à chaque maman. La péridurale est souvent proposée car c’est le seul moyen (rapide) qu’ils ont a disposition…
En tout cas, j’ai adoré mes deux accouchements même s’ils étaient très différents !

le 20/05/2020 à 18h25 |

Maman Ours

Je te rejoins à 100%, le ressenti peut-être très différent de ce qu’on penserait au vu des événements, et l’accompagnement est primordial là-dessus ! Je suis ravie que tu aies eu d’aussi beaux accouchements ! (et bravo, parce que : wouah !) Ça me donne encore plus envie qu’une maison de naissance ouvre près de chez moi !!
Effectivement, une partie des actes médicaux « d’office » sont là pour que les services puissent réussir à gérer tout le monde qu’ils doivent gérer avec aussi peu de monde qu’ils ont pour le faire hélas…

le 28/05/2020 à 12h37 |

Maman qui naît (voir son site)

Très bel article!
Je me retrouve beaucoup dans le cheminement de ta pensée. Il y a encore dix ans je ne m’imaginais pas accoucher sans péridurale, ni même allaiter (et j’étais sûre de moi!^^) et toutes les informations que j’ai cherché au fil des années m’ont amenées progressivement à changer d’idées sur ces deux points.
Au moment où j’écris ces lignes, je vais accoucher d’une minute à l’autre j’ai envie de dire! Je ressemble à une cocotte minute sous pression! 🙂
Comme toi je lis beaucoup sur la grossesse, l’accouchement, le post-partum. Pas par stress, mais par envie de savoir car ces sujets me passionnent. Nos corps sont quand même capables de créer un être vivant et je trouve ça juste dingue.
Concernant mon accouchement, j’aimerais pouvoir être « actrice » de celui-ci et que les professionnels de santé me guident plus que me prennent en charge. Mais le jour J est et restera jusqu’au dernier moment un point d’interrogation. Peut -être que j’aurais une péridurale, peut-être même une césarienne… qui sait? personne!
Je suis cependant toujours étonnée des réactions vives que ces sujets provoquent… comme si une façon de pensée dénigrait ou mettait une pression sur l’autre. Alors que ça ne devrait pas être le cas! J’entends même des fois certains hommes critiquer les opinions et choix de certaines femmes sur ces sujets (LOL!). Quelque soit la manière d’y arriver, nous avons toutes envie de vivre un accouchement heureux sans complications et d’avoir notre bébé dans les bras. Et c’est quand même ça le plus important! 🙂
Merci pour ton partage en tout cas. Je trouve cet article très bien écrit et complet dans ton raisonnement.

le 28/05/2020 à 17h03 |

Maman Ours

Merci pour ton joli message ! Effectivement concernant l’accouchement, il y a un équilibre assez délicat à trouver : la personne qui va accoucher doit effectivement être bien consciente qu’elle ne peut avoir que des souhaits, tellement d’inconnues sont possibles… et les personnes qui ne vont pas accoucher doivent être plus que conscients que ces souhaits sont incroyablement importants….et qu’ils ne sont pas leurs oignons !

Alors je te souhaite l’essentiel pour cet accouchement imminent : la santé, et la santé de ton bébé ! et en essentiel bonus, un magnifique accouchement, qui te laissera de beaux souvenirs peu importe son déroulement.

Et profites bien de ces débuts si intenses, si déroutants et si merveilleux (et encore plein d’autres choses)

le 01/06/2020 à 23h43 |

Maman Ours

Je te rejoins aussi sur le côté fascinant de la grossesse et de l’accouchement… je ne suis plus (directement) concernée (pour le moment) mais je continue de repérer des livres sur le sujet (et de croiser les doigts pour avoir un peu plus de temps pour lire un de ces jours) tellement je trouve le sujet passionnant !

le 01/06/2020 à 23h44 |

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