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Et si tu prenais un(e) au pair ?

Sur Sous Notre Toit, j’ai raconté mon expérience de jeune fille au pair. Et comme j’ai pas mal nagé dans le monde au pair (en tant que modératrice du forum des au pairs du monde entier – forum malheureusement déserté aujourd’hui, mais où on trouve encore beaucoup d’informations), j’ai proposé de venir par ici te donner des pistes si tu songeais à prendre un(e) au pair pour garder tes mômes…

Étant donné que j’ai eu plusieurs retours intéressés, me voilà ! (Ok, un peu en retard, mais j’ai tellement d’articles à écrire que c’est dur de savoir par où commencer !)

Qu’est-ce qu’un(e) au pair ?

Un ou une au pair (oui, oui, il existe des garçons au pair aussi) est un jeune d’un autre pays qui vient habiter chez toi pour t’aider avec les enfants.

Tu offres le gîte, le couvert, de « l’argent de poche » et souvent des cours de langue, contre un soutien au quotidien avec tes enfants. L’au pair peut aller les chercher à l’école, les aider pour les devoirs, garder le bébé pendant la journée ou faire de menus travaux ménagers (en lien avec les enfants : préparer le repas, faire les lessives, faire les lits…).

Pour l’au pair, c’est l’occasion de vivre dans un pays étranger, de connaître la culture de ce pays et de se perfectionner dans la langue.

Jeune fille au pair

Crédits photo (creative commons) : Vladimir Pustovit

Pourquoi choisir d’accueillir un(e) au pair ?

Accueillir une personne inconnue chez soi, ça peut paraître une drôle d’idée ! Je pense que cette solution n’est pas pour tout le monde… Mais ça peut être intéressant à considérer si :

Tu veux sensibiliser ta famille à la diversité des langues et des cultures.

C’est un véritable échange avec une personne qui vient d’ailleurs. Tu peux même demander à l’au pair de parler à tes enfants dans une langue étrangère… Mais au-delà de la question linguistique, c’est un enrichissement pour tout le monde, de s’ouvrir à une autre culture : c’est ainsi qu’on réfléchit à nos valeurs, nos habitudes et qu’on apprend de nouvelles choses. C’est une vraie richesse que d’être un peu moins ethnocentré !

Tu t’arraches les cheveux pour savoir comment faire garder tes enfants avec vos horaires compliqués.

Tu ne sais pas comment faire entre la crèche/la nounou qui a besoin d’un engagement précis, la baby-sitter qui n’est jamais dispo quand il faut, les enfants qui sont toujours malades quand il ne faut pas ? En gros, l’au pair, c’est la flexibilité de quelqu’un qui peut être disponible plus facilement et à des horaires irréguliers (en respectant bien sûr le fait qu’il/elle a le droit d’avoir aussi une vie perso : flexibilité d’accord, mais pas esclavage, hein !).

Les contraintes

Il faut fournir le gîte et le couvert (pension complète).

Ce qui veut dire qu’il faut avoir une chambre en plus, et ne pas avoir de problème avec l’idée d’avoir un étranger chez soi tous les jours – oui, oui, même le dimanche quand tu aimes traîner dans ton vieux pilou-pilou.

Tu ne recrutes pas un professionnel de la petite enfance.

En général, les personnes qui postulent pour être au pair ont de l’expérience en baby-sitting, mais c’est tout. Au pair n’est pas un métier ! Si tu es une maman super stressée, qui aime savoir que les gens qui s’occupent de son trésor ont un BAC+12 en éducation enfantine, passe ton chemin. Quand tu prends un(e) au pair, tu ne dois pas oublier qu’il y aura peut-être une petite formation à lui donner pour s’occuper de tes petits bouts – surtout que ce qui se fait ou ne se fait pas avec les enfants dépend aussi beaucoup de la culture qu’on a…

Tu ne peux pas attendre de ton au pair qu’elle/il s’occupe de tes enfants cinquante heures par semaine.

Un(e) au pair est une aide, qui ne doit pas travailler plus de trente heures (en tout cas, sous la législation française… Dans d’autres pays d’Europe, ça varie, mais ça ne dépasse généralement pas les trente-cinq heures) et doit avoir du temps pour découvrir le pays et prendre des cours de langue. Il faut aussi qu’elle/il ait au moins un jour complet de libre par semaine, et des vacances si elle/il reste plus de six mois.

Comment faire pour que ça se passe bien ?

L’idée te tente, mais tu as un peu peur… Tu te demandes si vous pourrez être une bonne famille d’accueil.

Alors, je vais te rassurer (ou pas, en fait) : il n’y a pas de recette magique pour être LA bonne famille pour un(e) au pair. C’est une relation humaine, et donc l’alchimie pour que ça marche dépend du caractère des personnes en présence : ta famille, donc, mais aussi la personne que vous allez accueillir.

S’il y a une chose à retenir pour moi, c’est l’importance de la communication ! Comme dans toutes relations humaines, donc… Mais encore plus sachant que c’est une personne qui n’a pas la même culture, donc pas forcément la même façon de penser (ce qui peut te paraître logique ne l’est pas forcément pour elle, et inversement).

Discutez, donc : déjà dans la procédure de recrutement… Pour avoir une vraie relation de confiance, pour que les deux côtés puissent poser leurs questions et dire leurs attentes. Par exemple : certains au pairs attendront d’être véritablement intégrés comme un membre de la famille et voudront participer à toutes les sorties familiales, alors que d’autres préféreront s’échapper pour voyager, ou avoir du temps pour eux quand elles/ils ne travaillent pas… C’est le genre de détails qui peuvent créer des tensions si on n’est pas sur la même longueur d’onde !

« Ma famille ne va intéresser personne… »

Tu es super convaincue par l’idée, mais tu penses qu’aucun au pair n’aura envie de venir chez toi ? Détrompe-toi !

« Ma famille est bilingue, j’aurais bien pris un(e) au pair pour aider au développement de la langue minoritaire, mais quel intérêt pour l’au pair de venir dans une famille qui parle déjà sa langue ? »

Au contraire, ça peut rassurer des jeunes qui souhaitent apprendre la langue d’un pays, mais qui ont peur de sauter directement dans le bain linguistique intensif… Et puis, certains candidats décident de partir au pair pour l’aventure culturelle, pas forcément pour la langue.

« J’habite au fin fond de la campagne, qui va venir s’enterrer avec nous ? »

On ne va pas se mentir, tu auras bien plus de candidats si tu habites au cœur de Paris plutôt qu’au fin fond de la Creuse (mais entre nous, qui a une chambre en plus pour un(e) au pair à Paris ?). Mais ça ne veut pas dire que tu ne trouveras personne. La nature peut attirer. Et puis, ça dépend des autres conditions : si tu as moyen de mettre à disposition une voiture pour l’au pair ou que tu peux l’emmener à la gare régulièrement pour qu’elle/il voie un peu de pays, ça peut jouer dans la balance.

« J’ai des horaires de travail bizarres, ce qui demandera vraiment de la flexibilité à l’au pair/je ne peux pas proposer une chambre de luxe à mon au pair/j’ai cinq enfants, j’ai peur que ça fasse fuir les candidats… »

Bien sûr, quand on cherche une famille, on fait attention à ce qui est proposé… Mais moi, quand je cherchais, j’ai aussi beaucoup pris en considération le feeling avec la famille. Je préférais aller dans une famille vraiment sympa, avec qui j’accrochais bien, que dans une qui proposait un meilleur deal sur le papier, mais avec qui je n’avais pas l’impression de partager grand-chose en discutant.

Alors, ça te tente ? Si oui, je reviens bientôt pour te parler de la législation française et de comment trouver un(e) au pair.

Et toi ? As-tu des contraintes particulières pour faire garder tes enfants ? As-tu ce désir d’ouverture culturelle dans leur éducation ? Ça t’intéresserait de prendre un(e) au pair ? Viens nous dire !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com