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A la une / Témoignage

Notre premier mois ensemble

Je suis de retour pour te raconter, sous la forme d’un journal de bord, nos premiers mois avec Princesse Kate. Il ne s’agit que de mon expérience, forcément subjective et unique, mais je me suis dit que ça pourrait aussi t’intéresser de savoir comment peut se passer, concrètement, l’arrivée d’un  bébé dans un foyer.

Prête ? C’est parti !

Le séjour à la maternité

Une fois mon accouchement idyllique et les formalités d’usage (tétée de bienvenue, comptage de tous les doigts de main et de pied – cinq partout, ouf ! -, gros câlins et émerveillement total) terminés, on m’installe dans ma chambre.

Je vais y rester plusieurs jours, puisque j’ai choisi exprès une maternité qui propose des séjours « longs » (cinq jours en moyenne). Comme je te l’ai déjà raconté, je n’ai pas trop la fibre maternelle : je doute donc pas mal de mes compétences pour accueillir un premier enfant. Je me dis qu’en cinq jours, on aura le temps de me montrer tout ce que je dois savoir avant de rentrer avec notre Princesse.

Et il y a aussi une autre raison : j’ai très peur de faire un énorme baby blues, ou une dépression post-partum. La raison ? Le deuil périnatal, bien sûr. Et le fait qu’ayant perdu ma mère très jeune, je n’ai pas vraiment eu de « modèle » maternel.

Il faut savoir que, depuis ma première grossesse, les spécialistes (sages-femmes et co) me harcèlent de questions sur ma mère. D’après eux, je suis visiblement « à risque », vu que beaucoup de choses peuvent se rejouer lors de la naissance d’un bébé. Aujourd’hui, je suis très apaisée par rapport à cet événement – certes pas très drôle. Le hic, c’est qu’à force de me mettre dans le crâne qu’une mère décédée peut entraîner des difficultés lors de l’arrivée d’un bébé, eh bien… je me mets à douter de mes capacités. Mais à présent, je peux te le dire : je vais très bien, et j’aurais aimé avoir un peu moins de pression par rapport à ça…

En fait, à ma grande surprise, j’apprends assez vite, et de façon plutôt naturelle, mon nouveau « job » de mère. Je suis gaga de ma fille, j’adore m’occuper d’elle, et je prends peu à peu confiance en moi. Moi qui avais très peur de la « casser » ou de « mal faire », il ne me faut que vingt-quatre heures pour être tout à fait à l’aise en la prenant dans mes bras. J’ai beau ne rien y connaître ou presque, j’ai la pêche, et zéro signe de baby blues. Au bout de quatre jours, je rêve carrément de rentrer à la maison !

Seule ombre au tableau : les fameux pleurs nocturnes du bébé… Je n’étais pas assez informée sur ce sujet, et j’ai été assez déstabilisée les premières fois. Il faut savoir que les bébés ont fréquemment des pics de pleurs le soir (ou, dans mon cas : la nuit), sans qu’il y ait forcément une raison concrète (faim, couche à changer, trop froid ou trop chaud…) pour les expliquer. Il faut donc s’armer de patience et serrer les dents… Je te renvoie d’ailleurs vers les excellents conseils de Die Franzoesin pour rester calme et protéger ton bébé si tu sens que tu craques.

Le retour à la maison

Nous rentrons finalement le cinquième jour. Jean-Mi reprend le travail dix jours plus tard grâce à son congé paternité, c’est donc parfait (je ne me sens pas encore tout à fait prête à rester seule avec Kate la journée).

Nous prenons nos marques petit à petit : le bain, les soins, les premières selles qui tardent à arriver, les biberons à préparer… Une routine se met en place au fur et à mesure. Nous appelons la maternité deux ou trois fois, lorsque nous nous posons des questions, mais très vite, nous apprenons à improviser.

En fait, la communication s’établit peu à peu, et je réalise que Kate arrive à nous faire comprendre ses besoins assez facilement, sans avoir forcément besoin de pleurer. Et pour le moment, ils sont assez limités : manger, être propre, se faire câliner, dormir contre sa maman ou son papa…

Bébé sort sur maman

Crédits photo (creative commons) : David J Laporte

Ah oui : impossible de la faire dormir dans son petit lit. Après neuf mois passés dans son bouillon, bien au chaud, elle n’a pas tellement envie de dormir seule ! On a interdiction de la poser loin de nous, sous peine de hurlements à la mort grand mécontentement. Je dois donc revenir sur un principe fondamental que je m’étais imposé : ne jamais pratiquer le cododo. Oui, j’ai longtemps été « anti-cododo », pour tout un tas de raisons que je ne développerai pas ici. Mais tu sais ce qu’on dit : « Avant, j’avais des principes… »

Heureusement, on nous a offert un matelas ergonomique pour bébé, dans lequel la demoiselle consent parfois à s’endormir. Je pose donc notre ancien matelas dans sa chambre, directement au sol, le fameux petit matelas à côté, et c’est parti mon kiki !

Cododo : 1/Urbanie : 0.

Jean-Mi reprend le travail et, malgré mes craintes de me retrouver seule avec mon bébé, là encore, tout se déroule à merveille. À un détail près : Kate refuse de rester seule la nuit, et ça vaut aussi la journée. Je me retrouve donc avec un petit koala agrippé à mes bras 24h/24… et malheureusement, n’ayant pas de troisième main greffée, ça limite considérablement mes activités.

Alors, pour résumer : je ne me nourris plus que de choses froides, faciles à manger d’une seule main, et très nutritives (du fromage et du chocolat), mon appartement ne ressemble plus à rien, faute de temps pour faire le ménage, et je prends mes douches lorsque j’arrive à me dégager quelques minutes.

Je ne vais pas te mentir : c’est parfois dur à vivre. Un soir, avec le manque de sommeil (il faut nourrir et changer Kate toutes les deux ou trois heures, y compris la nuit), mes nerfs finissent par lâcher : trente-six heures sans prendre de douche, une tentative totalement ratée de cuisiner une quiche lorraine (que je fais tomber au moment de l’enfourner et qui se répand dans tous les interstices du four), et un chat très jaloux qui miaule à la mort pour avoir un câlin pendant que Kate s’égosille dans le salon… Tu imagines le tableau…

Depuis, c’est Picard tous les soirs, douche quand Jean-Mi rentre du boulot, Kate dans les bras et chat sur les genoux. Pour le reste, ménage compris, on fait juste au mieux.

(Martha Stewart : 1/Urbanie : 0.) (Décidément !)

La morale de l’histoire !

En fait, la grosse leçon que je retiens de ce premier mois, c’est qu’il faut apprendre à lâcher prise. Non, ton appartement ne sera sans doute plus très présentable pendant quelques temps. Oui, tu passeras peut-être ces premières semaines en pyjama. Ce n’est que transitoire, et il vaut mieux essayer de ne pas se mettre la pression par rapport à ça (sous peine de craquer pour une simple quiche lorraine, comme moi).

D’ailleurs, nous avons très rapidement fait le choix de limiter les visites : aucune envie de passer le peu de temps que je peux prendre pour me reposer à rendre l’appartement présentable ! Quand je le peux, je fais une sieste ou je mange un plat chaud, et ça me fait le plus grand bien !

Surmenage : 0/Urbanie : 1.

Vers la fin du premier mois, Kate connaît un petit pic de croissance : en l’espace de quelques jours, elle prend une taille de vêtements et commence à avoir des moments d’éveil bien plus conséquents qu’auparavant. Elle semble avoir une conscience bien plus aiguisée de notre présence, réagit à nos caquètements et onomatopées ridicules, ses yeux sont grands ouverts, prêts à découvrir ce qui l’entoure.

Je suis également beaucoup plus à l’aise pour la sortir en poussette en ville et lui faire découvrir le vaste monde. Jusqu’ici, je m’étais contentée de la visite à la PMI et chez son pédiatre. Désormais, je la prends avec moi pour faire quelques emplettes.

Nous entrons, je le sens, dans une toute nouvelle phase… que je viendrai te raconter à l’issue du deuxième mois.

Et toi ? Comme s’est passé ton retour à la maison avec bébé ? Tu redoutais d’être seule avec lui ? Avez-vous trouvé rapidement votre rythme ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles