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A la une / Récit de grossesse

Le premier trimestre de ma grossesse tout en douceur, du côté de mon corps

Après t’avoir raconté comment s’était déroulé mon premier trimestre de grossesse du côté de notre vécu (ici et ), je voudrais te parler aujourd’hui des modifications que j’ai constatées sur mon corps. Des symptômes que j’ai eus durant ce trimestre en gros, mais le terme « symptômes » fait un peu trop penser à une maladie à mon goût.

Je vais essayer de te faire une liste exhaustive, car c’est un aspect qui m’intéressait beaucoup avant d’être enceinte (et qui continue). Or, il est, je trouve, trop souvent passé sous silence, ou éludé par un « ça vaaa »… ce qui ne participe pas vraiment à laisser savoir aux femmes, nullipares ou non, ce qui peut leur arriver ! Ceci dit, gardes bien en tête que je ne parle que de ce qui m’est arrivé, pendant cette grossesse, et que ce n’est pas pour cela que tu vivras ces « symptômes » ! (mais il y en a d’autres d’ailleurs !)

Des petits changements un peu partout dans mon corps

Le premier changement que je remarque, ce sont mes seins qui gonflent. C’est souvent le cas sur la fin de mes cycles, et ça n’a pas loupé cette fois-ci. Mais, là, ça continue bien plus longtemps, et ça va beaucoup plus loin. Ils me tiraillent d’ailleurs pas mal à force d’être tendus, et j’arrête très vite de dormir sur le ventre (ça aussi, ça va durer un moment, même si par la suite, ce sera plus à cause de mon ventre !). Assez rapidement, je vais acheter quelques soutien-gorges plus grands, car les miens sont devenus vraiment inconfortables.

Mon conseil : n’en prends pas trop, et prends-les aussi peu cher que possible, car même en prenant de la marge, ils ne vont pas faire long feu, et il faudra bientôt passer à encore plus grand ! (De mon côté, j’ai acheté deux lots de deux soutien-gorges simplissimes mais tout de même jolis et confortables chez H&M, à 15€ le lot. Ils n’ont même pas servi deux mois).

Crédits photo (Creative commons) : jackmac34

On voit aussi très nettement de plus en plus mes veines, sur mes seins, mon ventre, et le haut des cuisses. C’est assez impressionnant tout ce tracé bleuté qui se voit très bien sur ma peau toute pâle. Pareil, cela va durer toute ma grossesse !

Allez, un peu moins glamour ! J’ai, dès le début, et presque tout le long du premier trimestre, des pertes blanches. Pas extrêmement abondantes non plus, et c’est a priori complètement normal. Elles s’estompent puis disparaissent ensuite tranquillement. Mais je sens quand elles coulent… et je ne peux jamais m’empêcher de me demander si, par hasard, ce ne serait pas du sang. D’une certaine façon, je reste un peu incrédule d’être enfin enceinte, et je crois que je m’attends pendant un certain temps à voir mes règles arriver à tout moment « haha, nous voilà, tu y as cru ? ».

Est-ce que, toi aussi, tu connais ce moment où, pendant les essais, à la période où tes règles sont susceptibles d’arriver, tu vas aux toilettes, tu baisses ta culotte et, pendant un millième de seconde, ton regard se braque sur le tissu, pendant que tu as un mini-pic d’adrénaline juste avant le verdict que tes yeux transmettent à ton cerveau : « non, toujours rien » ou, au contraire, « ça y est, ça saigne » ? Si non, sois sympa, ne me prends pas pour une folle. Si oui… Saches que tu n’es pas seule !

Bref, avec ces petits écoulements que je sens de temps à autres, je garde ce « réflexe » et ce petit micro-pic pendant des semaines et des semaines. Heureusement, maintenant, le verdict est toujours « non, rien !! youpiii !! ». Et je finis par me faire à l’idée, même dans mon inconscient. C’est pour de bon. Ce n’est pas une fausse joie. Je suis enceinte. Pour de vrai.

Du côté de mon bidou, je sens d’ailleurs assez rapidement des petits tiraillements. Rien de douloureux, ni même de désagréable. En fait, je les aime bien ces tiraillements, ils me rappellent qu’il se passe quelque chose dans mon ventre à cet instant même ! Comme je te le disais, on apprendra à l’échographie de datation que mon utérus était légèrement rétroversé, et ces petits tiraillements sont mes ligaments qui travaillent à le redresser. Ils cessent en quelques semaines.

Côté symptôme pas-méchant-mais-surprenant, je remarque assez tôt sur mon ventre que plus de poils poussent vers le milieu, formant un peu comme la ligne sombre qui apparaît parfois en fin de grossesse, mais en bien plus flou. Je ne sais pas du tout à quoi c’est dû, ni même si ce n’est pas mon imagination qui me joue des tours ! Pourtant, vers le tiers / milieu de la grossesse, je ne vois plus du tout ce supplément de pilosité…. Je n’ai donc pas dû le rêver…

Encore plus surprenant. Le symptôme le plus étrange que j’ai eu je crois. Je deviens totalement imperméable au stress. Mais alors, complètement. Sans être une grande angoissée, je suis en temps normal parfois un peu speed, ou inquiète… On aurait pu croire que tomber enceinte, voir une aventure pareille débuter, m’aurait un peu flippée. Ou que, moi, qui ait tendance à vouloir tout faire à la perfection, je me stresserais pour bien respecter les consignes sur l’alimentation par exemple. Mais que nenni. Je suis la zénitude incarnée. Absolument confiante pour tout ce qui relève de la grossesse, persuadée que tout va bien se passer. Inquiète de rien.

Complètement imperméable au stress du boulot (qui est pourtant bien présent à cette période !), en mode « advienne que pourra, on fait tous au mieux et de toute façon, le monde va continuer de tourner ». Capable de partir en vacances sans avoir nos billets 15 jours avant, sans savoir où on dormira le premier soir trois jours avant, et sans que cela ne me fasse cligner des yeux. Alors qu’habituellement, tout est réservé plusieurs mois avant. C’est vraiment impressionnant. Mais plutôt chouette à vivre ! Et je ne crois pas que ça ait déplu à Papa Ours non plus.

Cela s’estompera peu à peu après le premier trimestre : je vais rester plutôt zen, mais pas à ce niveau-là (qui me fait penser que le corps humain peut parfois fabriquer des drogues drôlement puissantes !).

Crédits photo (Creative commons) : Pixabay

Un peu plus pénible, mon appétit est complètement chaotique. La plupart du temps, je n’ai absolument pas faim. Incapable de rien avaler. Et puis, d’un coup, je me mets à avoir une faim de loup. Cela dure 10 minutes, et puis je redeviens incapable de manger plus de deux cuillères. C’est un peu embêtant pour savoir quand préparer les repas ! Mais cela passera aussi petit à petit en quelques mois, et j’aurai ensuite un appétit normal.

Dans la série des petites choses un peu embêtantes, j’ai très vite le syndrome de la mini-vessie. Je ne pensais pas que ça pouvait arriver si tôt, car mon ventre n’a pas grossi, mais apparemment ce n’est pas si inhabituel : l’utérus grossit dès le début de la grossesse, même si ce n’est pas visible de l’extérieur. Il compresse donc la vessie. Au deuxième trimestre, il grossit encore plus, mais il remonte, donc il laisse cette pauvre vessie tranquille. Au troisième, il grossit tellement qu’il l’embête à nouveau. C’est exactement ce qui va m’arriver !

Pas très agréable ni glamour non plus, je découvre au deuxième mois les joies de la constipation. Je commence par essayer tous les trucs « natures » qu’on a l’habitude d’entendre, de la fameuse eau aux pruneaux en passant par les graines de chia, mais rien n’y fait. Et les pruneaux, oh mon dieu, je déteste ça !! C’est tellement sucré, et cette texture !!

Comme tu peux le remarquer, il n’y a pas la moindre nausée dans ma liste de symptômes, je suis du côté des veinardes ! Mais quand je me force à manger des pruneaux, je passe une fois très très près… Donc je laisse tomber, et au rendez-vous du deuxième mois, la gynécologue qu’on voit me prescrit une petite poudre magique à prendre le matin avec le superbe commentaire « ah mais ça peut durer neuf mois vous savez »…. Euh non, je ne savais pas. Bon, et l’avenir dira, qu’effectivement, je continuerai ce médicament tout le long de la grossesse. Je voulais essayer d’éviter de prendre des médicaments dans tous les sens en étant enceinte, mais bon, quand il faut, il faut. Bref, si toi non plus tu n’aimes pas les pruneaux, n’hésite pas à demander ce petit traitement, ce n’est pas grand-chose et ça aide drôlement !

J’ai aussi la peau très sèche. OK, elle a toujours été sèche. Mais là… Ça craque, ça tire, ça pèle… Je me tartine de plus en plus, mais je peine à suivre le rythme ! Là, ça ne va pas s’arrêter de sitôt, ça va même devenir franchement embêtant par la suite. Je n’ai pas de conseil miracle, à part : hydrate, graisse, hydrate, graisse… Sans jamais perdre le rythme ! La régularité est très importante, et c’est pas mal d’alterner une crème hydratante et une huile (ou un soin à base d’huiles) pour avoir les deux aspects. N’hésite pas à demander conseil à ta sage-femme par exemple sur les produits que tu peux utiliser.

Et un gros « changement » (ou pas), un peu plus pénible

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Ou pas. LE gros symptôme de ce trimestre (voire de cette grossesse), c’est la fatigue. Mais alors quand je te dis fatigue… comprends « FA-TI-GUE » quoi. Voire pire.

Certes, je suis de base une grosse dormeuse, et ce n’est donc probablement pas bien surprenant que je tombe sur la fatigue à la loterie des symptômes du premier trimestre. Mais à ce niveau, je n’avais jamais rien vécu de tel… Je te dirais bien que j’avais besoin de tant d’heures de sommeil pour être bien. Sauf que je n’ai jamais réussi à dormir assez pour être bien à cette période. Je peux donc te dire que 12h n’étaient pas suffisantes, mais je ne sais pas si 15 auraient suffi, ou bien s’il aurait fallu encore plus ?

Je lutte donc le matin pour sortir de mon lit et réussir à prendre mon petit déj. Je dors pendant le trajet. Je passe ensuite ma journée à lutter pour vaguement faire illusion au travail (surtout que je n’y ai pas encore annoncé ma grossesse). Je somnole pendant le trajet retour. Arrivée à la maison, je m’affale sur le canapé. Et je reste là, comme un gros tas incapable de remuer, à essayer de me motiver pour aller me doucher, pendant que Papa Ours fait à manger. Attention, il ne faut pas qu’il fasse trop de cuisine. Si le « repas » n’est pas prêt suffisamment tôt, je suis ensuite trop fatiguée pour le manger, même si je n’ai rien d’autre à faire que de m’assoir devant une assiette déjà préparée et servie. Il fait donc des choses très simples (le bol de soupe réchauffé au micro-onde et la tranche de jambon sont nos amis !). Une fois que j’ai réussi à me doucher et m’alimenter, je vais enfin m’étaler dans mon lit…. Il est souvent à peine plus de 20h.

Crédits photo (Creative commons) : Flickr

Je ne sais vraiment pas comment j’aurais fait si Papa Ours n’avait pas pris en charge… tout. C’est assez fatiguant pour lui aussi d’ailleurs (dans une moindre mesure je pense tout de même !), car il doit continuer d’assumer sa moitié des tâches habituelle… Et il prend aussi ma moitié, car je suis bien incapable de les faire ! Bon, après, je fabrique un bébé, donc ce n’est pas si déséquilibré en fin de compte. Mais, quand j’arrive à aligner deux pensées cohérentes, je me demande vraiment comment font celles qui doivent vivre cela sans leur compagnon (ou avec un compagnon moins valeureux que Papa Ours !), ou simplement avec un ou plusieurs aînés dont il faut s’occuper.

Ce symptôme-là, pour le coup, est assez pénible. Il ne m’empêche pas d’être incroyablement heureuse, mais, à la longue, c’est tout de même assez désagréable de ne plus avoir aucune activité de loisir, de moment sympa partagé avec Papa Ours (ne serait-ce que regarder un petit épisode d’une série ensemble), de supprimer toute vie sociale (tu me diras, ça m’entraîne pour quand le bébé sera là, non ?) ; et, tout simplement, de ne plus profiter de grand-chose, même des petites choses simples comme manger dehors au soleil le midi, car je suis en permanence en train de lutter… Et, hélas, je n’ai trouvé aucune astuce ou traitement pour le rendre plus facile à vivre. La seule chose à faire, c’est dormir… mais quand tu travailles, je ne vois pas trop comment augmenter suffisamment tes plages de sommeil !

Bon, la bonne nouvelle… c’est que ça s’est un peu atténué au deuxième trimestre. Pas des masses, mais c’est toujours ça !

Pour finir sur une note plus réjouissante, mon bidou commence tout doucement à sortir un peu sur la fin de ce premier trimestre. Pendant la première moitié du troisième mois je mets toujours mes pantalons habituels, mais j’ai tendance à les rallonger en les fermant avec un élastique à cheveux, ou en ouvrant le bouton quand je suis assise. Et durant la deuxième moitié du troisième mois, ce n’est vraiment plus confortable. Mais les pantalons de grossesse sont encore vraiment trop grands, donc je mets exclusivement des jupes ! (C’est pratique les jupes, tu peux les porter un ou deux centimètres plus haut, ça les raccourcit d’autant, mais ça apporte pas mal de confort sans que personne ne le remarque ! Bon jusqu’à ce que ton bidou grossisse trop pour que les un centimètre ou deux plus haut ne soient eux-mêmes plus suffisants).

Je t’ai fait une liste exhaustive, donc cela peut paraître assez long, mais, comme tu le vois, je n’ai eu aucun souci de santé à ce premier trimestre, et, en dehors de la fatigue, les « symptômes » que j’ai eus ont été plutôt légers et peu, voire pas du tout embêtants. Donc oui, c’est possible de passer un bon premier trimestre de grossesse !

Et toi, tu as aussi eu la chance d’échapper aux fameuses nausées ? Tu vois la fatigue dont je parle ? Qu’as-tu eu comme « symptômes », pas forcément méchants, mais dont tu n’avais jamais entendu parler ?

A propos de l’auteur

Un petit Ours va bientôt rejoindre la famille Ours ! Il va tomber dans une marmite un brin écolo, un brin geek, mais pas que ! Et en attendant, je vais te raconter ma grossesse tranquille, en long, en large et en travers (bavarde, moi ?).