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Mon premier trimestre : vivre sa grossesse en tant que femme au foyer

Comme je te l’ai dit dans ma chronique de présentation, je suis femme au foyer. Par choix. J’ai la chance d’avoir un mari qui gagne assez pour que nous puissions nous le permettre. Et j’ai surtout la chance d’aimer ça !

Je me suis toujours vue en tant que manager d’unité familiale. Gérer ma maison, mes enfants et mon mari comme une petite entreprise, avec des objectifs, des réussites et des challenges. Depuis un an que je suis entrée dans le vif du sujet avec l’Héritier, je me sens bien dans cette situation. Je n’ai aucune envie de me trouver un travail, de devoir le laisser à une nounou ou à une crèche, de ne plus pouvoir organiser mes journées comme je l’entends…

Alors vivre cette grossesse avec tous les avantages et les inconvénients de ma situation professionnelle (oui, j’insiste, je ne suis pas en vacances, ni sans activité, je travaille bien !) était un nouveau challenge, et surtout un grand mystère.

Du point de vue physique

Je savais que ça allait être dur. La fatigue, l’Héritier, l’absence de pause en journée… Et je peux t’assurer que le premier trimestre a été pire que ce à quoi je m’attendais !

Ce deuxième premier trimestre s’est déroulé comme pour ma première grossesse : fatigue intense, moral en berne, démotivation totale. Mais a été beaucoup plus dur à gérer, car je ne pouvais plus me reposer comme je le voulais, j’étais contrainte par les horaires des siestes, le nombre de réveils la nuit…

Ce début de grossesse a en plus coïncidé avec une grosse poussée dentaire chez l’Héritier qui a duré dix jours (avec dans ses meilleurs moments des réveils toutes les heures la nuit), le début de l’angoisse de séparation avec un bébé pot de colle puissance 1.000, et un Superman qui se posait beaucoup de questions sur l’avenir de son entreprise. Tout était réuni pour que je m’effondre !

Grossesse mère au foyer

Crédits photo (creative commons) : Seth Sawyers

J’en étais arrivée au point où je dormais en laissant l’Héritier pleurer dans son lit (je te rassure, il était correctement nourri et ses couches changées régulièrement). Je n’avais plus la force de m’occuper de lui, et quand j’y arrivais, je le posais au milieu du salon avec tous ses jouets et je somnolais sur le canapé.

Outre cette fatigue, je ne supportais plus d’avoir ce bébé collé à moi jour et nuit. J’avais besoin physiquement d’être seule avec mon corps (avant que le nouveau coloc’ se fasse sentir !). Ce qui n’est pas possible quand on est femme au foyer ! Tu dois t’occuper de ton bébé toute la journée, l’éveiller, le changer, le nourrir, le câliner, c’est ton travail (comme c’est celui d’une assistante maternelle).

Pour sortir de cette situation de crise, je suis allée en cure de repos chez mes parents, le petit sous le bras. Une semaine par mois, pendant les trois premiers mois ! Comme pour les premières semaines de vie de l’Héritier, ils ont été à la hauteur de mes attentes. Ces petits séjours m’ont été bénéfiques autant pour le sommeil que pour le moral. Et même si je me suis retrouvée dans cet état par mon « métier », je l’ai béni pendant cette période : pas besoin de demander des congés, possibilité de partir aussi longtemps que je le voulais… Une vraie flexibilité, très appréciée !

Vers le milieu du troisième mois, j’ai eu plusieurs frayeurs en faisant de grosses chutes de tension. La pesée mensuelle chez la sage-femme nous a rapidement donné l’explication de ce phénomène : j’avais perdu deux kilos en un mois. Et vu mon poids de base, ce n’était pas une bonne nouvelle ! J’ai dû me forcer à manger à nouveau le midi (je préférais aller dormir plutôt que perdre vingt minutes à manger… c’est mal, je sais !) et Superman m’a gavée le soir et les weekends.

À part ça, tout roulait ! Pas de douleurs ligamentaires, les seins qui prennent sans faire mal, pas trop de nausées (sauf quand je donnais des épinards à l’Héritier, là, c’était direct aux toilettes !), pas de migraines. À part cette fichue fatigue, j’ai eu un premier trimestre plutôt cool du point de vue physique, en fait.

Du point de vue psychologique

Je n’ai pas de chance, dans la vie (si, en vrai, j’en ai plein, mais j’aime bien me plaindre !). Je ne supporte pas les variations hormonales. Mais pas du tout ! Je ne te raconte pas mon état les quelques jours avant les règles, ou encore après l’accouchement (le baby blues, mon meilleur pote !). Mais ces trois premiers mois ont été les pires : j’ai l’impression que plus ça va, moins je supporte.

Je me posais quotidiennement la question de pourquoi faire des enfants, pourquoi se marier, pourquoi devoir supporter tout ça tous les jours. La joie, le bonheur et les paillettes, en somme !

Je me suis souvent imaginée en train de partir sans prévenir personne, en abandonnant l’Héritier. Partir pour dormir, et surtout sortir de ce quotidien étouffant, arrêter cette fichue grossesse. Ça peut être dur à lire pour toutes celles qui ont tellement de mal à tomber enceintes, je sais, mais je n’en pouvais plus de cette vie. Je ne supportais plus mes choix.

Je me suis beaucoup retrouvée dans cet article : lire que je n’étais pas la seule à avoir ces sentiments m’a beaucoup rassurée. Et je savais, contrairement à l’auteur, que je ne regrettais pas mon enfant, que c’étaient juste ces fucking hormones qui me faisaient penser ces choses-là.

Et c’est ce que je me suis répétée tous les jours pendant trois mois. Qu’avant d’être à nouveau enceinte, j’étais en kiff total de mon fils et de mon mari… de ma vie, en fait ! Que ce n’était pas moi pendant ces moments-là, que je devais serrer les dents et attendre que les hormones arrêtent de danser le tango avec mon moral.

Bonne nouvelle, la fin du premier trimestre a sonné le glas de mon épuisement et de ma mini-dépression.
Et j’ai pu me rendre compte avec beaucoup de bonheur que ces trois mois étaient passés très vite !

C’est l’avantage de vivre avec un bébé de 7-9 mois : les journées et les semaines filent à toute allure. Je n’ai pas le temps de me regarder le nombril : j’enchaîne les jeux, les lessives, les courses, les bains, les factures, les sourires… et hop, voilà, la journée est passée ! Superman rentre du travail, l’Héritier est couché et j’ai enfin un peu de temps pour souffler.

Alors, c’est sûr qu’être enceinte en étant au foyer n’est pas facile tous les jours, car pas de pause (même pas pendant les siestes, qui me permettent de manger en paix, en faisant tout ce que je ne peux pas faire avec mon cher fils dans les pattes), pas de journée off (même pas le weekend !), pas d’arrêt maladie possible, pas de possibilité de garde pour pouvoir aller aux rendez-vous médicaux…

Je suis même un peu jalouse de toutes mes copines enceintes qui travaillent (surtout quand elles prennent quelques jours d’arrêt maladie et qu’elles sont seules chez elles !), mais je sais aussi que j’ai l’avantage de ne pas avoir à réveiller l’Héritier le matin (surtout qu’il peut dormir facilement jusqu’à 10h30), que ses siestes deviennent les miennes, que je n’ai pas besoin de faire plusieurs heures de transport tous les jours, que je n’ai pas à supporter un patron ou des collègues un peu lourds, que je n’ai pas besoin de cacher ma grossesse à mon employeur, et surtout que je n’ai aucune carrière qui est mise en danger (c’est même plutôt l’inverse…).

Le bilan de ce premier trimestre reste très positif. Grâce à Superman et mes parents, qui m’ont aidée et supportée. Grâce à mon Héritier chouchou d’amour, qui me fait oublier mes petits soucis en explosant de rire trente fois par jour. Et grâce à cette petite crevette qui grandit en moi, qui me fait me sentir encore plus femme et maman !

Et toi ? Femme au foyer ou femme « active » ? Un premier trimestre très dur ou très facile à vivre ? Raconte-moi tout !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Jeune trentenaire et jeune maman des trois garçons les plus fantastiques de l'univers. Quand je ne m'extasie pas sur eux, je couds, je tricote, je brode. Et de temps en temps, je passe du temps avec mon mari !