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Ma grossesse par don d’ovocyte : les premières démarches

Comme l’avait préconisé ma gynécologue, nous avons rendez-vous avec une spécialiste de la Procréation Médicalement Assistée qui travaille sur Paris. Une de mes amies me l’a recommandée. C’est très important d’avoir l’avis de personnes en lesquelles tu as confiance pour ton choix de médecin !

Le rendez-vous est fixé pour la fin mai 2013.

Rendez-vous chez le docteur

Crédits photo (creative commons) : Darko Stojanovic

Notre rendez-vous arrive. La gynécologue confirme ce qui a pu nous être dit précédemment. Elle me fait une échographie qui montre que mon utérus est tout à fait normal, mais qu’effectivement, les ovaires sont atrophiés et sans activité.

Elle nous explique alors comment se déroule le don d’ovocytes en France. Il faut s’inscrire dans un Centre d’Étude et de Conservation des Oeufs et du Sperme (CECOS), qui pratique le prélèvement et le don d’ovocytes. Elle nous conseille celui de l’hôpital de Cochin, car il n’y en a malheureusement pas plus proche de chez nous. Et selon elle, les équipes qui y travaillent sont vraiment compétentes.

Elle me demande également si je suis sous traitement hormonal. Je lui réponds que ma gynécologue estimait que mes ovaires ne réagiraient pas à une stimulation, et que ce n’était pas nécessaire pour elle. Elle m’explique alors que ce traitement est obligatoire pour moi : il ne servira pas à stimuler mes ovaires, mais à les « remplacer ».

En effet, le corps féminin n’est pas prévu pour être privé d’œstrogènes dès 25 ans (les œstrogènes étant produits par les ovaires en fonctionnement). Sans traitement, il y a de forts risques de maladies cardio-vasculaires, d’ostéoporose, de problèmes de sommeil, de bouffées de chaleur, etc.

Elle me prescrit donc ce traitement hormonal de substitution. Dès les premiers jours de prise, mes bouffées de chaleur disparaissent, mon poids se stabilise (sans traitement, j’avais pris huit kilos en six mois), et je dors mieux.

Nous prenons alors contact avec le CECOS de l’hôpital de Cochin. Je suis surprise par le délai : ils nous donnent un rendez-vous à peine un mois plus tard.

Ce jour-là, nous rencontrons une médecin très à l’écoute, qui nous explique énormément de choses.

Notamment qu’en France, il y a une pénurie de donneuses. Et donc une liste d’attente pour bénéficier de ce geste généreux : il faut compter quatre ans minimum. Cependant, il a été mis en place un système de parrainage : si une femme vient faire un don d’ovocytes en disant qu’elle vient de notre part, alors le centre nous prend en charge dans l’année qui suit son don. Par contre, cette femme ne peut pas donner directement pour nous : ce type de don « direct » n’existe pas en France, où l’anonymat est la règle.

Elle m’explique également qu’étant jeune, je ne suis pas prioritaire, que les quatre ans d’attente ne sont pas du tout une garantie, et que le délai peut augmenter d’ici-là. Nous décidons tout de même de nous inscrire sur la liste d’attente.

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Si donner tes ovocytes t’intéresse, voici les conditions :

  • avoir moins de 37 ans,
  • avoir un ou plusieurs enfants,
  • être en bonne santé,
  • être majeure,
  • avoir le consentement de ton conjoint.

Tu peux trouver plein de renseignements à ce sujet sur ce site sur le don d’ovocytes.

Je ferai dans un autre article un point plus précis sur les questions que les femmes pouvant être intéressées se posent souvent.

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Elle nous pose des questions sur notre ressenti, sur nos sentiments : est-ce que l’on compte annoncer à notre enfant de quelle manière il a été conçu ? Est-ce que nous envisageons également l’adoption ? Que pensons-nous de la règle de l’anonymat en France ?

Enfin, elle fait un point sur les antécédents familiaux de Monsieur Aragorn.

Nous sortons de là avec la liste de tous les rendez-vous qu’il va falloir prendre pour « valider » notre dossier :

  • rendez-vous avec la psychologue du CECOS,
  • rendez-vous avec le médecin biologiste pour vérifier qu’il n’y a pas de souci pour Monsieur (qui devra refaire un spermogramme sur place),
  • rendez-vous avec le Tribunal d’Instance de notre ville, ou un notaire, pour rédiger un acte permettant d’établir la filiation de l’enfant à naître par PMA avec tiers donneur (ainsi, personne ne pourra venir contester mon statut de mère),
  • rendez-vous avec un gynécologue de l’hôpital de Cochin pour vérifier que je peux gérer une grossesse,
  • rendez-vous avec un cardiologue de l’hôpital pour vérifier que les traitements pour mon cancer n’ont pas abîmé mon cœur et qu’il supportera une grossesse.

Nous voici donc lancés dans l’aventure ! Mais une aventure qui risque d’être particulièrement longue…

Et toi ? Tu connaissais le don d’ovocytes et le délai nécessaire pour en bénéficier ? C’est un acte que tu pourrais envisager ? Viens en parler…

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée depuis octobre 2013 avec Monsieur Aragorn, nous savions depuis plusieurs mois que l'aventure de la parentalité ne serait pas simple pour nous. Une pointe d'attente et un gros soupçon de destin nous permettent aujourd'hui d'attendre un heureux évènement pour octobre 2015. Je te propose de plonger dans notre histoire, qui est surtout mon histoire et que Monsieur Aragorn a accepté de partager et de rester à mes côtés malgré les difficultés.