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A la une / Essais bébé

Prendre une nouvelle route

Lorsque le résultat négatif de notre dernière FIV est tombé cela a été très dur même si nous avions eu le temps de nous y préparer. Durant tout notre parcours est toujours restée dans un coin de ma tête cette question : « et si ça ne fonctionnait pas ? »  Après tout, un couple sur 4 sort de la PMA sans bébé.

Les premières évocations de l’adoption

Je te le disais dans un article précédent, je n’ai jamais vraiment voulu d’enfant avant de rencontrer l’homme de ma vie. Ce n’est pas complètement vrai : petite, je ne me voyais pas maman mais quand rarement je l’envisageais c’était d’un enfant adopté. Oui ça paraît étrange. J’avais peur de l’accouchement et cela me paraissait être une belle solution de donner de l’amour à un enfant qui n’avait pas la chance d’avoir une famille. Lorsque j’ai appris que devenir parents allait sans doute être compliqué pour nous, j’ai repensé à tout ça. C’est un peu comme si j’avais toujours su qu’être maman ne serait pas un long fleuve tranquille et que la PMA ne fonctionnerait pas.

Avant de se lancer dans les FIV, M. Chéridamour m’avait dit en plaisantant que si ça ne marchait pas on adopterait une petite fille aux yeux bridés. Même si c’était une phrase lancée en l’air pour dédramatiser, je l’ai gardée dans un coin de ma tête. Après l’échec de notre 3ème FIV j’ai commencé à sérieusement repenser à l’adoption. Mais la peur de se lancer et d’un refus de M. Chéridamour m’a longtemps fait me taire.

Nous avions parlé de l’adoption de manière assez « abstraite ». Je savais qu’il considérait comme moi qu’un parent adoptif est un parent à part entière et qu’il aime son enfant (pas « comme si c’était le sien », ça devient tout simplement son enfant). Selon nous, l’amour pour un enfant adoptif est le même que pour un enfant biologique. C’était important pour moi de savoir ça car je sais que pour certains l’adoption n’est qu’un pis-aller.

Et les autres options ?

Quand bébé n’arrive pas malgré la PMA il y a plusieurs pistes que les couples explorent. Certains ont recours à la GPA (Gestation Pour Autrui), d’autres en fonction de la cause de leur infertilité vont faire des essais à l’étranger, d’autres encore abandonnent. Hormis la dernière, ces options ne nous ont pas traversé l’esprit.

Pourquoi ? Nous en avions très clairement assez de notre parcours médical. 6 ans de piqûres, d’examens, de médecine nous ont dégoûtés. Pour tout dire je ne suis pas à l’aise du tout avec la GPA. Lors de notre entretien avec la psychologue durant notre agrément pour l’adoption, elle nous a posé la question concernant une possibilité d’aller à l’étranger pour un don d’embryon. Nous avons été étonnés avec mon homme de découvrir à ce moment-là qu’on n’y avait même pas pensé ! Peut-être parce que mes embryons étant a priori de bonne qualité. Sans doute aussi car nous avions le sentiment qu’il fallait en finir avec tout ça. Je voulais que nous soyons parents ensemble mais je ne désirais pas être enceinte à n’importe quel prix. La grossesse et l’accouchement n’ont jamais constitué pour moi la seule manière de m’envisager maman.

Le fait d’être belle-mère a dû aussi aider. J’aime Schtroumpfette et je sais que l’amour qu’on donne à un enfant qui n’est pas issu de ses propres entrailles peut-être extrêmement fort.

Notre prise décision

Photo (Creative Commons) : Yakir

Avoir déjà plus ou moins fait mon deuil de ce bébé ne m’a pas empêché d’être douloureusement atteinte par notre dernier échec. J’ai enfin osé parler à mon homme de l’adoption dès la minute où j’ai lu le résultat, ce petit « négatif » signant la fin de notre aventure PMA. Je lui ai demandé de réfléchir au sujet. Lui n’en était pas au même point que moi, il n’y avait jamais vraiment pensé alors que mon envie grandissait depuis des mois. Ce n’était pas cet échec qui me faisait dire « bon alors on n’a qu’à adopter ». Je ne voulais pas sa réponse de suite, je ne voulais surtout pas qu’il accepte pour me faire plaisir et je lui ai demandé de bien réfléchir. Il y aurait un enfant en jeu, c’était surtout lui qui compterait, c’est à lui que nous devions penser. Je savais que nous serions des parents attentifs et que cet enfant nous l’aimerions et lui donnerions tout le bonheur et l’éducation que nous pourrions.

Mon chéri a pris le temps. Je ne l’ai pas vu faire mais il s’est renseigné. Cela lui a pris deux semaines. Deux très longues semaines pour moi car j’avais l’impression qu’il avait enterré le sujet et n’osait pas me dire non. J’aurais accepté cette réponse et il le savait, cela nous aurait ébranlés mais on aurait continué et construit notre vie différemment.

Et puis un soir il m’a dit qu’il était d’accord. Il savait que ce serait difficile mais il voulait cet enfant autant que moi. Je n’ai rien pu faire d’autre que pleurer dans ses bras. J’avais le sentiment qu’on me donnait l’autorisation d’être maman. Et j’ai eu aussi très peur car cet enfant qui n’était pas encore là, qui n’avait ni nom ni sexe ni âge je l’aimais déjà tellement fort. L’adoption me semblait possible, évidente même alors que j’avais toujours eu une crainte que la PMA ne fonctionne jamais.

Nous avons laissé passer quelques jours sans en reparler et sans entreprendre de démarche. Et pour cause : 15 jours après notre décision, nous allions nous marier ! Mais dès la semaine qui a suivi notre mariage nous avons de nouveau évoqué ce projet qui était désormais le nôtre. Nous avons pris quelques décisions importantes qu’il ne faudrait pas perdre de vue car c’était ce qui nous tenait le plus à cœur. Un nouveau chemin s’ouvrait devant nous. Il nous a fallu nous perdre quelques années en PMA pour finalement le trouver.

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Et toi, as-tu déjà pensé à adopter ? Comment s’est prise cette décision ?

A propos de l’auteur

Coucou ! Moi c'est Mme Espoir. J'ai 37 ans, mon mari et moi sommes ensemble depuis 9 ans et je suis l'heureuse belle-maman d'une Schtroumpfette de 12 ans. Après des années de galère en PMA, mon mari et moi avons décidé de nous lancer dans l'adoption. La route est encore longue avant de devenir maman !