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A la une / Récit de grossesse

Mon début de grossesse gémellaire : choisir la maternité

La dernière fois, je t’ai raconté à quel point il m’avait été difficile de me projeter dans cette grossesse les premières semaines.

Une échographie, deux échographies… Ça y est, il semble que la grossesse soit bien partie. J’en suis à 6 semaines, donc encore loin des 12 qu’on a coutume d’attendre avant de considérer que les risques majeurs de fausse-couche sont écartés.

Et pourtant, à peine rassurée sur l’évolutivité de ce début de grossesse, me voilà déjà en panique : internet me dit qu’à Paris, il faut s’inscrire à la maternité dès le premier mois de grossesse. Et une amie me dit qu’elle a dû postuler dans trois endroits différents pour être sûre d’accoucher quelque part ! Bref, je ne suis pas encore totalement sûre que tout ira bien, mais je dois déjà savoir où j’accoucherai !!

J’essaie de trouver des infos, mais je suis complètement perdue entre sage-femme, hôpital, gynéco… Qui suit, qui accouche, où ? J’aurais aimé être suivie par la personne qui pratiquera l’accouchement, mais comment la trouver ? Toutes les sages-femmes et gynécos ne pratiquent pas les accouchements. Je mets pas mal de temps à comprendre qui fait quoi exactement entre le suivi de grossesse, la préparation à l’accouchement et l’accouchement en lui-même.

Petit aparté : Tout ça étant très nouveau pour moi, je me suis sentie vraiment perdue. J’avoue que j’aurais aimé trouver un endroit où l’on me renseigne, où l’on m’explique tout ça en me disant ce qui est possible ou non, urgent ou non. Et en fait, cet endroit existe : c’est la PMI (Protection Maternelle et Infantile). Il ne faut pas hésiter à aller les voir dès le début de la grossesse, car ils en connaissent tous les aspects, aussi bien médicaux qu’administratifs !

Bon, puisque je dois choisir une maternité, je fais des recherches en ce sens, et on verra après qui me suivra et qui m’accouchera. Je m’oriente vers un hôpital public. Étant parisienne, j’hésite entre trois établissements :

  • Tenon, où nous étions suivis pour la PMA et qui peut suivre une grossesse,
  • Port Royal, la maternité de l’hôpital Cochin, de niveau III (le plus haut niveau de prise en charge pour les nouveaux-nés, en cas, par exemple, de grande prématurité) et spécialisée dans les grossesses multiples,
  • Bichat, le plus proche de chez moi (où, si j’ai bien compris, ils sont obligés de m’accepter si je m’inscris).

Bichat ne fournit aucune info concernant la maternité sur son site, et même pas le moindre numéro de téléphone pour s’inscrire. Ce n’est pas très engageant.

À Tenon, je connais les gens (ce sont, pour certains, les mêmes en PMA et en suivi de grossesse) et les lieux (ce qui n’est pas vraiment à leur avantage… mais heureusement, je sais qu’ils sont en cours de rénovation !). Et puis j’ai confiance en eux.

Je suis également assez tentée par Port Royal : leur site internet est bourré d’infos sur comment s’inscrire et sur les préparations à la naissance. Ça me rassure qu’ils proposent de l’auto-hypnose, de la sophrologie, etc. J’ai l’impression qu’ils ne sont pas dans le « tout médical ».

Le souci, c’est que ce n’est pas du tout à côté de chez moi. Je me vois déjà accoucher dans le taxi !

Nurserie

Crédits photo (creative commons) : Dave Herholz

Même si c’est beaucoup trop tôt, je me résous à en parler à une collègue qui, je le sais, saura rester discrète. Elle a accouché de jumeaux il y a dix-huit mois, et habitait près de chez moi au début de sa grossesse. Je lui demande donc son avis.

Celui-ci est clair et net : elle me conseille Port Royal.

Elle a accouché là-bas, ils sont niveau III, très compétents, spécialisés dans les grossesses multiples. Les locaux sont tops, rien à redire. Elle me prévient quand même : c’est un peu une « usine à bébés » (près de six mille accouchements par an : si tu cherches de l’artisanal et de la proximité avec le personnel, tu repasseras). De plus, il n’y a pas de nurserie : si tu es crevée, tu ne peux donc pas confier tes bébés une nuit pour te reposer. Enfin, elle ajoute que la distance importe peu : pour un premier accouchement, je devrais avoir laaaaargement le temps d’arriver !

J’avoue que je suis assez soulagée par ce qu’elle me dit : son avis confirme mon intuition première. Ma mère sera rassurée par le niveau III, mon mari aussi. C’est parti pour tenter de m’inscrire à Port Royal !

J’appelle le lendemain. Je dis les mots magiques (« J’attends des jumeaux. ») et en dix minutes, je suis inscrite et j’ai mes trois premiers rendez-vous de grossesse et ma première écho de programmés ! Ça y est, je ne suis plus SAF (Sans Accouchement Fixe), je suis soulagée !

Nouvel aparté : au final, j’ai une amie qui a une grossesse simple, qui n’habite pas près de Port Royal et qui n’a eu aucun mal à s’inscrire là-bas. Comme quoi, même si tu lis sur internet que « oh mon Dieu il faut s’inscrire dès qu’on tombe enceinte », la réalité, c’est que ça doit dépendre où. Certains endroits privés sont peut-être pris d’assaut, mais en tout cas, à Port Royal, pas de souci d’après notre expérience !

Mais c’est vraiment très bizarre de savoir où on est censée accoucher à un stade où l’on se demande tous les jours si on est bien toujours enceinte, où l’on guette les symptômes (mes seins ne sont-ils pas un peu moins gros qu’hier ? Je n’ai pas eu de nausées aujourd’hui, qu’est-ce que ça veut dire ??) et où l’on n’en parle encore à personne.

On oscille sans cesse entre joie, enthousiasme, crainte, frayeur, soulagement, envie de se projeter, peur de se projeter… Bref, quand on sait que c’est quasi sa dernière chance et qu’on a vécu la désillusion de la fausse-couche, les trois premiers mois ne sont vraiment pas de tout repos !

Et toi ? À quel moment t’es-tu inscrite à la maternité ? As-tu, comme moi, trouvé que c’était hyper tôt ? As-tu pu t’inscrire où tu voulais ? Raconte-moi !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !