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A la une / Récit de grossesse

Quand les grossesses ne se ressemblent pas…

Je suis enceinte. Je le crierait bien à la terre entière, mais en fait 30 personnes ça suffit 🙂

Je suis enceinte, mais je ne le « sent » pas. comme pour la Lueur, d’ailleurs… pas de nausées, pas de douleurs, pas de seins qui tirent, moi qui pensais qu’ils seraient plus sensibles aux hormones après une grossesse et un allaitement (ouais, faut pas chercher des fois…). Bref, en forme d’enfer. Chouette.

Et puis un soir, du sang. Rien, quelques gouttes quoi, mais un peu quand même. Juste de quoi se dire « euh… c’est normal ça? » Je ne sais plus où j’ai lu « toute perte anormale durant la grossesse, il faut consulter. De quelques taches de sang aux grandes eaux! » Je dois consulter. pour 3 gouttes?

Bon, je verrais demain. Je vais me coucher, demain matin j’irai faire une prise de sang, on sera le 3 juillet. Et on verra ce que ça dit.

Le lendemain matin, au labo, je demande une prise de sang, sans ordonnance. La dame de l’accueil, qui s’était déjà occupée de moi pour la Lueur, me dit « une raison pour cet examen? » je me décompose, et je répond « je crois que je suis en train de le perdre »… « Ok. Je comprend. je le passe en urgence, vous aurez vos résultats ce midi ».

Tellement efficace qu’avant ma pause déjeuner, mes taux arrivaient en ligne. 243 uI. Mais tout va bien alors??? Mais enfin ! Mais ? Mais le sang ? J’appelle le voisin docteur. Il me dit de ne pas m’inquiéter. Si le taux monte, c’est que tout va bien, il faut juste que je me repose un peu, et que j’arrête de porter des choses.

Je reprend mes prises de sang prescrites par l’hopital: Celle du 6 est à 743. Tout ceci augmente gentiment. La dernière prise de sang prescrite donne 3038. Bref, tout va bien.

Je découvre un peu plus tard que ces taches de sang sont dues au patch, un des effets secondaires lointains… OUF ! Plus de peur que de mal !

A partir de là, les choses se déroulent à peu près normalement. Enfin, dans mon normalement à moi !

Un premier trimestre épuisant

Comme pour la Lueur, j’ai passé mon premier trimestre à manger et dormir. je me levais, j’avais faim, je mangeais, j’avais sommeil. Heureusement, ceci a pas mal coincidé avec les grandes vacances, ce qui m’a permis de BEAUCOUP dormir (et j’ajoute que j’ai la chance d’avoir une chouquette qui fait des siestes de 3 à 4h, ce qui permet de quand même pas mal récupérer pour moi aussi 😉 ) Monsieur Loup n’en peut plus de m’entendre dire sans cesse que « je suis cuite ». Je baille à tout va, j’essuie le coup de mou de la sieste digestive au boulot, et malgré mon lobbying pour l’acquisition d’un canapé dans notre nouvelle salle de pause, c’est un échec: résultat je rentre chez moi, je gère ma fille, et je me couche à… 21h !

Les différents médecins m’ont bien dit de ne rien porter et de ne pas me fatiguer, suite aux pertes de sang du début de grossesse. J’ai de la chance: j’ai une fille très dégourdie qui grimpe partout, j’ai donc très rarement besoin de la prendre à bras (sauf pour de gros calins qu’on fait sur le canapé ^^). C’est déjà Monsieur Loup qui cuisine à la maison, je fais donc peu de longues étapes debout devant mes plaques… bref, tu l’auras compris, dès que je peux, je m’étale comme une loque.

Côté bouffe, j’ai peu d’envies… jusqu’à ce qu’on arrive en Bretagne, où je pourrais en fait manger en continue des étrilles et du crabe. Ca tombe bien, mon père et mon époux passent la moitié de leur temps à la pêche, et rentrent rarement bredouilles ! A part ça, le fromage est mon ami (moi qui avait sacrément levé le pied sur les matières grasses animales… oups!) et je mange des fruits à foison (nectarines, prunes, mirabelles, cerises, fraises…)

Je perd énormément de poids, alors que franchement, je ne me prive pas. C’est surement dû à la continuité de mon rééquilibrage alimentaire (je t’en parlerai dans un prochain article), mais quand j’ai vu que j’arrivais à pas loin de 3 kgs de moins en 2 mois de grossesse, j’ai dit stop et j’ai réintroduit les féculents le soir. Les choses sont gentiment revenues à la normale.

Et puis, on a fait la fameuse écho, où on a vu une Lanterne en noir et blanc s’agiter dans tous les sens… la sage-femme moyennement sympathique n’a même pas voulu prendre de photos du bourgeon pour jouer aux devinettes avec mes copines, au prétexte que « de toutes façons à ce stade on ne voit rien ». M’enfin, tout va bien, le test de trisomie nous donne un score encore plus rassurant que celui de la Lueur, tout le monde nous demande si on veut un garçon ou une fille et y va de son pari, et on glisse doucement vers le 4ème mois de gestation…

Épanouissant, le deuxième trimestre ?

Franchement, quand je vois comme les copines galères, comme pas mal de Tribulettes qui sont enceintes en même temps que moi ont longuement enduré les nausées et comme elles attendaient avec impatience l’arrivée de ce trimestre sensé être salvateur, je me dis qu’une fois de plus j’ai de la chance ! Ce passage du 1er au deuxième trimestre s’est fait tout en douceur, sans l’arrêt brusque ou le démarrage d’un symptôme ou un autre. Oui, je suis toujours un peu fatiguée. Oui, j’ai toujours faim. Bon, ma libido revient gentiment, mais la « fenêtre de tir » est courte tant je suis KO (bref, c’est pas suffisant pour les appétits de Mr Loup que mes rondeurs ne rebutent visiblement pas…). Par contre je ne peux pas m’empêcher de comparer avec ma première grossesse: j’ai ressenti les premières vagues de la Lanterne 15 jours avant celles de la Lueur, par contre je n’ai pas encore eu de fuite de colostrum, alors que pour la Lueur ça avait commencé bien vite…

Et là, catastrophe… arrivée des remontées acides. MAIS QUOI??? SI TÔT ??? Pour Ellana, elles avaient commencé autour du 8ème mois, me « condamnant » à boire des litres de lait pour apaiser mon œsophage sans cesse brûlé, y compris en pleine nuit. 1 mois, ok. Mais là, j’en ai encore 5 à tirer ! Ça va pas le faire ! Me voilà donc à re-boire des petites gorgées de lait dès que ça commence à me déranger, j’exclue les agrumes de mon alimentation (dommage, l’hiver arrive et avec lui les clémentines et oranges dont je raffole…), je ne grignote plus de pain, même le chocolat m’embête… le fromage me soulage mais bon, à ce rythme, je vais tripler les quelques kilos perdus en sens inverse, là !

Finalement, ma sage-femme de consultation me prescrit une petite gélule miracle, 2 mois plus tard (oui, il m’a fallut du temps pour en parler, allez comprendre… je me disais que ça passerait…). Le petit médicament doit se prendre une fois par jour, mais finalement il est si efficace que je ne le prend que quand je commence à être incommodée, donc à peu près tous les 2 ou 3 jours. C’est assez cool !

Ah, et puis au 5ème mois, nous avons découvert que la Lanterne… est en fait un Lampion ! Allez, c’est parti pour les nombreux « super! le choix du roi ! » En tous cas, je suis le même schéma que mon petit frère (ou ma maman), une fille d’abord, un gars après…

Et pour finir ?

A 6 mois de grossesse révolus, je n’en peux plus. 1h15 pour aller au travail et autant pour revenir, les trajets pour Paris ne sont vraiment pas reposants. Les trains sont inconfortables, quand j’ai une place c’est un miracle parce que les trains sont annoncés longs, arrivent finalement courts, tout le monde se précipite… Parfois j’en laisse passer un pour être sure de pouvoir m’asseoir et passer un trajet à peu près acceptable. Ne parlons pas du metro, j’arrive en pleine heure de pointe, les gens se tassent comme jamais, je laisse passer 3 ou 4 metros, on ne me laisse pas m’asseoir (de toutes façons je suis bien incapable d’atteindre un siège), et j’arrive avec 30 minutes de retard au travail. Ce qui n’est pas grave. Sauf qu’il faut rattraper ces 30 minutes, donc je pars plus tard, donc je me dépêche pour pouvoir faire mon trajet ET récupérer ma fille avant la fermeture de la crèche. Je suis épuisée par le stress et l’inconfort (sans compter que le Lampion bouge TOUT LE TEMPS). Un vendredi soir, je rentre avec le ventre extrêmement tendu et douloureux, et le coeur qui bat à toute vitesse. J’envoie un mail à mon patron en lui disant que c’est plus possible, je risque de me faire arrêter à tout moment et on n’est pas prêt, je n’ai pas formé la relève. Je lui propose de télétravailler les mardis et jeudis, et il accepte sans aucun problème, en soulevant qu’il comprend bien l’inconfort et la fatigue induis par mon état et mes déplacements.

Je télétravaille donc 2 jours sur 5 avant les vacances de Noël. Je vois la sage femme le dernier jour avant les vacances, qui me dit « de toutes façons, ne vous faites pas d’illusions, vous serez en arrêt patho au retour des vacances ». Ça ne me va pas du tout ! J’ai une prime versée en janvier qui comptera dans mon calcul d’indemnités, et je suis sensée bosser jusqu’à début fevrier ! Mais mon patron toujours aussi top me laisse mon mois de janvier en télétravail complet, et tout s’est tranquillement déroulé jusqu’au congé mater officiel 🙂

Entre temps il y a bien sur eu les vacances de Noël avec la famille, et OUI j’ai mangé du foie gras (mais pas du saumon ni des huitres), et j’ai fait ma relou parce que les 2 premiers repas chez ma maman étaient principalement composés de plats que je n’aimais pas, mais c’était juste pour l’embêter. Ma famille appelle le Lampion « Liposucion » parce que je suis plus mince enceinte que je ne l’étais avant ma grossesse, je dors, je mange, je profite, la belle vie ! Nous avons aussi revu le Lampion, et en fait on le reverra plusieurs fois: il est en dessous de courbes comme l’était sa soeur, je ne m’inquiète pas mais le protocole exige une surveillance accrue… tant mieux, la sage-femme qui me suit adore les photos 3D, je vois donc mon loustic à chaque fois et repars avec plein d’images !

Bon, allez, je te laisse après ce pavé, j’entre dans mon 8ème mois, la prochaine fois qu’on parle du Lampion ce sera pour te raconter notre rencontre 🙂

Toutes photos personnelles

Et toi, tu as comparé tes deux grossesses? Est-ce que le fait d’être maman d’un pas encore complètement autonome numéro 1 t’as fatigué plus que prévu? As tu quand même profité de cette deuxième grossesse?

A propos de l’auteur

Bretonne de cœur, Normande de racines, Parisienne d'adoption. Mariée à Monsieur Loup, mon prince Charmant, depuis juin 2012, et maman d'une petite Lueur depuis décembre 2015. Dessinatrice, fan de Disney, gamine dans l'âme, je suis une éternelle positive... et c'est pas toujours facile ! Tu peux désormais me retrouver sur www.bribesdevies.fr, et me suivre sur instagram @chaperonrouge_et_cie