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A la une / Témoignage

L’infertilité de mon mari, vue par lui-même


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J’ai quelques articles d’avance, mais aujourd’hui, je laisse la plume à mon mari. Et cet article aura été un sacré défouloir pour lui, dis donc ! Bref, pour toi qui voulais savoir dans les commentaires de mon article comment avait réagi Monsieur Loup, voici sa réponse… en long, en large, et en travers !

Moi, c’est Monsieur Loup… Je me décide enfin à écrire, et ce n’est pas évident. Ce bébé, que Chaperon Rouge couve, je le veux depuis longtemps. Et me dire qu’il arrive bientôt me… « Te quoi ? » me demande ma femme. « Me… » un mélange de plein de choses, inexprimables, en tout cas pas avec des mots. Donc finalement, je vais faire sans. Mais c’est positif, hein !

L’histoire du Loup

Revenons en arrière. Il faut savoir que le Loup, petit, a été chéri d’une façon « un peu moyenne ». Oui, ceci est un euphémisme. La tendresse ? Connait pas… Et quand ça a commencé à trop se voir, toutes ces marques « d’amour », on a placé le louveteau dans un chenil. Quand tu as 5 ans, et qu’il t’arrive « tout ça », tu te demandes un peu ce que tu as fait pour en arriver là…

Alors, le Loup est devenu tortue. Il s’est fait une carapace, pour survivre aux coups bas. Parce que la vie, c’est comme ça. Une succession de mises à l’épreuve, et il ne tient qu’à toi de les subir… ou de les surmonter !

Subir, j’ai donné. J’ai eu ma dose. En grandissant, j’ai compris que j’avais été mis dans une petite case, comme sait si bien le faire la Société. Le regard des gens, leur comportement… J’ai eu très vite envie de les changer, de briser la malédiction des fameux : « Tes parents te battaient, donc tu battras tes enfants », « Les chiens ne font pas des chats », etc. Stop. Personne ne trace ma vie à ma place.

Moi, quand je serai grand, j’aurai des enfants. Et même que je les aimerai. Et que je ferai tout pour qu’ils soient heureux, épanouis, sains.

Rendre les enfants heureux, les voir grandir et s’épanouir, participer à leur éducation, j’en ai fait mon métier. Oui, il faut être patient, quand on est animateur. Mais pas seulement à cause des enfants. À cause des collègues, surtout ! Ceux qui te disent à longueur de temps : « Je sais mieux faire que toi, j’ai des enfants ! » Oui, ça met les nerfs à rude épreuve. Mais je continue ce que je fais le mieux : je prends sur moi, et je fais rêver ces petits loups qui deviendront grands. Rien que ça, c’est une victoire sur mon passé.

L’épopée du bébé

« Il était une fois Monsieur Loup qui courtisa Chaperon Rouge… »

J’ai assez vite compris qu’elle serait LA maman. J’ai découvert avec elle les joies de la vie avec une (vraie) famille, une notion un peu surprenante. La carapace, je l’ai laissée au vestiaire. C’était pas si mal, de partager, de s’attacher, d’aimer. Et de faire des projets. Emménagement, bébé…

C’est encore un peu tôt, mais c’est sûr qu’on en aura, et même plusieurs, on en veut tous les deux.

Puis il y a eu le mariage. Vingt-quatre heures incroyablement fortes dans une vie. L’idée de « nous y mettre » a fini par faire son chemin, un an environ après le fameux « Oui ».

Il faut savoir que je suis un « né sous pilule » (celle qui est fiable à 99.99%). Je me suis donc naturellement dit, depuis toujours, que quand on voudrait le faire, cet enfant, ce serait du tout cuit. Et puis, côté Chaperon Rouge, la réputation de (super)fertilité dans la famille n’était plus à faire. Cette simple perspective suffisait à me donner une pêche d’enfer.

Allez, c’est lancé, l’année prochaine, je serai PAPA !

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Crédits photo : Illustration personnelle

Mais du temps est passé. Et toujours pas de +, à l’horizon. Au moindre retard, j’étais tout fou, je me faisais des films. Mais le temps a continué de passer. On se posait des questions, mais « c’est normal, ça ne se fait pas comme ça, du premier coup ! C’est six mois, la moyenne ! » Finalement, on a eu la chance de rencontrer une super gynéco, qui a tout de suite prescrit des tests.

J’ai eu un « petit pot à remplir ». C’est là que la remise en question a commencé. J’ai imaginé le pire, évidemment.

  • Et si je suis stérile ? On fera comme les copains, appel à un donneur.
  • Et si ça ne marche pas ? On adoptera.
  • Et si on refuse notre dossier ? Ben on en fera un plus solide !

Aucune force au monde ne pourra se mettre en travers de notre chemin. On ne subira pas. Plus jamais.

Bon, c’était bien joli de me trouver des solutions dans ma tête, mais en vrai, le test n’était pas fait. Peur de la mauvaise note à l’examen.

J’ai quand même fini par le faire. Les dés étaient jetés, et on misait sur les statistiques : y’avait quand même peu de chances qu’on soit deux dans un même groupe de potes à avoir le même problème !

Et puis, coup de fil du Dr Géniale : « C’est un peu moyen pour Monsieur Loup…»

Dans ma tête, je me disais que ce n’était pas si grave. Que les spermatozoïdes ne devaient pas être assez nombreux, ou trop bizarres, ou pas en grande forme… La faute aux ondes, à la malbouffe, tout ça.

On va couper le wifi, mettre des câbles dans l’appart, arrêter de ranger le portable dans la poche, ne plus aller à McDo, remettre des légumes et du poisson au menu, et ça va le faire.

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Crédits photo : Illustration personnelle

Jusqu’à ce qu’on reçoive les résultats du labo. Euh, c’est une blague, tous ces zéros ?

Pour que tu comprennes ma réaction, racontée par ma femme, on va faire un arrêt sur image et un zoom dans ma tête :

Donc pour la gynéco, « un peu moyen », ça veut dire nul, la bulle, le zéro pointé ? Même pas un petit survivant cabossé pour sauver l’honneur ? Elle nous aurait dit : « Les résultats sont catastrophiques ! », ça aurait voulu dire quoi ? Qu’on n’avait plus que deux jours à vivre ?

Elle avait juste voulu être délicate. Mais le comique de situation m’a fait rire, du coup. C’était un réflexe : ma carapace est revenue toute seule. Instinctivement. C’était pas fini, les épreuves ? J’étais en rogne contre la vie, là. Contre son pied de nez, sa méchante grimace.

Mais il y avait plus urgent à régler : Chaperon Rouge pleurait. Et ça, je ne pouvais pas le supporter. C’était même plus douloureux que la nouvelle elle-même. C’est comme ça : quand elle est triste, c’est pire que de l’être moi-même. Et en plus, elle était triste à cause de moi (c’est ce que je me suis dit sur le coup : après des années de « C’est de ta faute ! » à tort et à travers, on finit marqué…).

Il fallait réagir. Je l’ai prise dans mes bras, et je lui ai dit qu’on y arriverait quand même. Que la science était de notre côté. La rassurer me permettait de me convaincre, petit à petit, que l’azoospermie totale ne nous arrêterait pas. Évidemment, elle savait tout ça. Elle m’a regardé, et elle a dit : « C’est vraiment pas juste, après tout ce que tu as vécu… »

Des mots qui touchent là où ça fait mal. C’était à la fois la plus triste et la plus belle des déclarations d’amour.

calin copie

Crédits photo : Illustration personnelle

On a pleuré ensemble

Pour le pire et le meilleur

Liés.

Et toi, comment aurais-tu pris ce genre de nouvelle ? As-tu eu une telle déconvenue dans ton parcours ? Ton passé joue-t-il un rôle dans ta manière d’envisager ton futur ? Viens en discuter avec nous…

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Bretonne de cœur, Normande de racines, Parisienne d'adoption. Mariée à Monsieur Loup, mon prince Charmant, depuis juin 2012, et maman d'une petite Lueur depuis décembre 2015. Dessinatrice, fan de Disney, gamine dans l'âme, je suis une éternelle positive... et c'est pas toujours facile ! Tu peux désormais me retrouver sur www.bribesdevies.fr, et me suivre sur instagram @chaperonrouge_et_cie