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A la une / Vie de maman

Quand on fatigue

Alors que Petit Bourgeon vient de dépasser ses neufs mois, il est temps pour moi aussi de revenir m’épancher ici.

Vraiment la maternité représente d’immenses bonheurs, mais il y a aussi une face cachée. Petit bourgeon a déjà passé autant de temps au sein du cocon douillet de mon ventre qu’au sein de notre petit cocon familial. Et on peut dire que depuis plusieurs mois, j’ai l’impression que nous creusons inexorablement un trou d’où il devient compliqué de s’extirper.

Crédit photos (Creative commons) : dagon_

Le sommeil, le nerf de la guerre

Tout avait pourtant bien commencé à ce niveau. Nous n’avons jamais eu à nous lever ou vraiment rarement pour nourrir notre fille. Sauf que cela n’a malheureusement pas duré. Depuis cinq mois, nous alternons les phases de bien et de moins bien. Et pour tout dire, le moins bien est plutôt prédominant ces derniers temps.

Il y a d’abord eu mon retour au travail et donc le début de la crèche pour notre fille. Et puis sont apparues les premières maladies et les premières perturbations. Une toux persistante qui réveillait notre bébé et l’empêchait de se rendormir sereinement, une fièvre annonciatrice d’un petit virus, les petites maladies de l’hiver qui s’installent plus ou moins durablement. Et cela n’a cessé de se dégrader depuis.

Si on ajoute à cela le début de la phase d’angoisse de la séparation, on obtient un cocktail détonnant, où une nuit reposante est une nuit, où il n’y a pas eu de grands cris pour s’endormir ou se rendormir, mais pas vraiment une nuit où on a pu dormir sans interruption.

Papa et maman dans tout ça ?

On commence à fatiguer tous les deux. Malheureusement, notre deux pièces ne nous permet pas de s’isoler à tour de rôle pour prendre un peu de repos.

La routine hebdomadaire se fait de plus en plus pesante et les tensions apparaissent entre nous et notre famille.

J’en suis arrivée à me poser énormément de question sur ma manière de faire, sur ma capacité à être maman. Je me sens démunie quand mon bébé pleure et que je n’arrive pas à savoir ce qui cloche, ni comment la soulager. Je me sens complètement dépassée et inutile  car j’en deviens incapable de me lever la nuit. Je n’arrive plus à prendre des moments pour moi, où je ne pense pas à ces nuits sans sommeil qui nous détruisent petit à petit.

Je n’arrive plus à être là pour ma famille et mes amis. Je ne pense qu’à ces soirées de l’horreur où la moindre minute passée à ne pas m’occuper de ma fille me permet tout juste de survivre. J’en viens à craindre le moment du coucher, synonyme de pleurs que je ne comprends pas et qui me font perdre pied. Je crains de m’endormir ou de me rendormir, car je sais que je serais bientôt interrompue et que ce sera pire après.

Je suis fatiguée, j’en pleure presque chaque jour et je me reconnais difficilement dans le miroir. Je n’arrive pas à faire mon régime parce que je trop fatiguée pour penser aux menus diététiques de la semaine. Je peine à faire mon travail de manière rigoureuse et consciencieuse. Je n’ai aucune motivation quand il s’agit de faire quelque chose chez nous et je cherche par tous les moyens à ne pas être dans notre appartement où j’étouffe.

L’avenir m’angoisse et j’ai peur de ne jamais voir le bout de ce tunnel dans lequel nous vivons depuis plusieurs mois.

J’ai envie d’une semaine sans ma fille, où je pourrais faire ce que bon me semble et avoir des nuits réparatrices. Et en même temps, je culpabilise d’avance de devoir la laisser. J’ai l’impression de m’éloigner d’elle, de la rejeter alors qu’elle n’y est pour rien.

Je me demande chaque nuit ce que l’on a fait de travers, à quel moment on a failli dans notre mission de parents pour que notre fille n’arrive plus à dormir.

On écoute et teste toutes les solutions que chacun veut bien nous donner et on prie vraiment pour que cela finisse par passer et que l’on retrouve enfin une petite fille sereine et reposée.

J’ai l’impression de vivre ce que l’on appelle l’épuisement maternel. Et pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que j’essaye seulement de me trouver des excuses et que je suis simplement une mauvaise maman.

Pour toi aussi les premiers mois sont difficiles ? Comment tu t’en sors ? Quels sont tes conseils ?

A propos de l’auteur

Je suis une jeune femme trentenaire, mariée qui vit à Paris par nécessité professionnelle. Depuis juin 2017, je suis la maman comblée d'une adorable petite fille. Je suis quelqu'un de dynamique (mais pas pour le sport). J'aime les séries télé surtout américaines (même les plus débiles), la lecture, les mangas, la musique sous toutes ses formes (et là encore même les plus débiles !) et les jeux de société.