Menu
A la une / Récit d'accouchement

Le récit de mon accouchement à domicile

La dernière fois, je t’expliquais les principales raisons pour lesquelles mon mari et moi avions opté pour un accouchement à la maison pour la naissance de notre deuxième enfant.

Aujourd’hui, je vais te raconter le déroulement de mon accouchement très calme et sans stress (mais pas sans douleur, je ne sais pas toi, mais moi, je ne suis pas une grande fan des contractions !)

Crédit photo (creative commons) : freestocks.org

Le travail pour mon premier accouchement

Une autre raison qui m’avait poussée à me renseigner sur les accouchements à domicile et dont je ne t’ai pas encore parlé, est que la naissance de ma fille aînée n’avait pas été des plus rapides. Le début du travail avait été très lent, et donc pénible. Mes contractions avaient commencé un samedi soir, avaient duré toute la nuit, puis s’étaient arrêtées le dimanche matin. Grosse déception donc, puisque j’étais persuadée que j’allais bientôt rencontrer mon bébé.

Même chose dans la nuit du dimanche au lundi, puis du lundi au mardi, mais cette fois les contractions ne s’étaient plus arrêtées, jusqu’au mardi 15h02, où j’avais enfin donné naissance à Choupinette. Presque 72 heures donc, entre le début et la fin du travail.

Je me considère quand même comme chanceuse puisque je n’ai pas eu de complications. Il avait été difficile pour moi en tant que nouvelle future Maman, de savoir quand se rendre à la maternité. Nous avions été renvoyés à la maison après quelques heures dans la soirée du lundi, pour y retourner tôt le mardi matin. Pourquoi s’embêter avec tout ça, pourquoi ne pas tout simplement rester à la maison ?

Le début du travail – les signes avant-coureurs

Petit Dauphin est né un jeudi tôt le matin. Le vendredi précédent, j’ai eu l’impression que mon bébé était descendu plus bas dans mon bassin. J’étais alors enceinte de 38 semaines. Choupinette était née à presque 41 semaines, donc je ne m’attendais pas à un accouchement avant encore deux semaines. J’ai quand même décidé de finir deux ou trois choses pour mon travail (je n’étais en congé de maternité que depuis deux semaines) et dans le rangement et l’organisation de ma maison, au cas où…

Le dimanche, toute la journée, j’ai eu un mal de dos lancinant, mal de dos qui ressemblait fort à des débuts de contractions ! Et puis, impossible de manger, j’avais l’impression que je n’avais plus de place pour quoi que ce soit, et ça, ça ne m’arrive jamais ! Mais le lundi, j’allais beaucoup mieux, était-ce une fausse alerte ?

Enfin, le mardi en début de soirée, de vraies contractions ont commencé. Ouf ! Mais vu la lenteur de mon précédent accouchement, je me doutais que je n’étais pas tout à fait au bout de mes peines…

Comment gérer la douleur

Le lendemain matin, mon mari était censé aller à une réunion à deux heures de route de chez nous. Autant te dire qu’il a dû annuler, en revanche, il est quand même allé au travail parce que mes contractions étaient très espacées, et on se doutait donc qu’il faudrait un bon moment avant que Bébé numéro deux soit prêt à naître. Heureusement pour moi, Choupinette était encore à la crèche à plein temps donc j’ai pu passer la journée toute seule, avec mes contractions toutes les 10 minutes, mais pas plus. Je n’ai pas osé sortir de chez moi et cette journée m’a parue bien longue.

En début de soirée, les contractions se sont intensifiées, et au moment de nous coucher, j’ai demandé à mon mari de mettre l’appareil TENS dans mon dos, pour essayer de gérer la douleur. Pour le reste, j’ai surtout eu recours aux techniques de respiration apprises pendant mon cours de yoga prénatal, et c’est ce qui a le mieux marché ! Mon mari est parti dormir dans notre chambre d’amis, car nous n’étions pas encore tout à fait sûrs que notre bébé arriverait le lendemain, et on voulait que l’un d’entre nous puisse dormir suffisamment pour pouvoir s’occuper de Choupinette à son réveil.

Il est temps de prévenir la sage-femme

Mes contractions sont devenues de plus en plus fortes, petit à petit, au cours de la nuit, mais j’étais vraiment détendue malgré la douleur, et pas du tout inquiète de l’accouchement (ça, c’est un autre avantage de l’accouchement à la maison, moins de stress donc plus d’oxytocine !). Je me concentrais sur mes contractions une par une, sans trop réfléchir à combien de temps ça pourrait durer.

Et puis tout d’un coup j’ai eu l’impression que les contractions venaient les unes après les autres, trèèèèès fortes et presque sans interruption. Je me suis enfin rendu compte qu’il était temps de téléphoner à la sage-femme. J’ai réveillé mon mari qui a passé le coup de téléphone, parce que moi, je commençais à avoir du mal à me concentrer.

Les deux sages-femmes sont arrivées 20 minutes plus tard et ont commencé à faire des vérifications d’usage : prendre ma température, ma tension, etc. Tout allait bien, donc ça y est, nous étions bien partis pour un accouchement à domicile !

La naissance de Petit Dauphin

Il était environ 4h30 du matin à l’arrivée des sages-femmes. En les attendant, mon mari avait eu tout un tas de tâches à effectuer, dont la plus importante était de gonfler la piscine d’accouchement et de commencer à la remplir, puisqu’idéalement je voulais que Petit Dauphin naisse dans l’eau.

L’eau est considérée comme le deuxième moyen le plus efficace de diminuer la douleur des contractions; après la péridurale (d’après mes cours de préparation à l’accouchement). J’ai aussi eu droit au gaz hilarant (en Angleterre c’est ce à quoi les femmes ont le plus recours, plus souvent que la péridurale et c’est disponible pour un accouchement à domicile), mais j’étais à un stade tellement avancé de l’accouchement quand on m’en a donné que ça n’a pas eu beaucoup d’effet.

Quand la piscine a été enfin prête, je commençais déjà à sentir le besoin de pousser, et notre fils est né environ 10 minutes plus tard, dans l’eau. C’était un moment vraiment merveilleux, et j’ai vraiment adoré être la première personne à le toucher et à le prendre dans mes bras, sans aucune interférence de la part des sages-femmes, qui ont fait leurs premières vérifications sans interrompre ce moment de peau à peau.

Petit Dauphin est né à 38 semaines et 6 jours. Sa naissance a été très calme, à tel point qu’on pense qu’il ne s’en est pas vraiment rendu compte (il n’a pas cherché à téter pendant plus de 12 heures, tellement il était serein et détendu… nous un peu moins à ce niveau-là !). Il est né dans notre chambre, à 6h24 du matin, donc seulement deux heures après l’arrivée des sages-femmes, et trois heures après que j’ai réveillé mon mari.

Crédit photo : Photo personnelle

Petit Dauphin n’a été pesé qu’une ou deux heures plus tard. Après que la santé de notre bébé et la mienne aient été vérifiées, les sages-femmes sont reparties, vers 9 heures du matin, et nous avons eu toute la journée pour profiter des premiers moments avec notre fils (mon mari avait emmené Choupinette à la crèche entre-temps) et annoncer la naissance à notre famille.

L’annonce à ma famille

Tu vas peut-être trouver ça bizarre, mais je n’avais pas dit à ma famille que je prévoyais d’accoucher chez moi – en fait je l’avais dit à très peu de monde, et cela pour deux raisons :

  • Il existe pas mal de raisons qui pourraient nécessiter un transfert à l’hôpital. La priorité étant bien évidemment la santé de la Maman et du bébé, au moindre doute, les sages-femmes nous auraient demandé d’aller à la maternité ou, en cas de véritable urgence, auraient appelé une ambulance. Un accouchement à la maison n’est donc jamais garanti, jusqu’à la dernière minute. Nous ne voulions donc pas en parler à tout le monde et ensuite devoir expliquer que non, finalement, on avait dû aller à la maternité et devoir expliquer en détails le pourquoi du comment.
  • Ne pas inquiéter nos proches et ne pas recevoir de commentaires désobligeants qui risqueraient de nous inquiéter à notre tour. « Mais vous êtes inconscients ou quoi ? Un accouchement sans médecins et même pas à la maternité? N’importe quoi ! »

Je tiens à préciser que pour les quelques personnes à qui on en a parlé, personne n’a fait le moindre commentaire désagréable, donc peut-être étions-nous un peu (beaucoup) trop sur nos gardes. Nos amis et notre famille (on l’a dit à ma belle-famille) nous faisaient confiance et devaient se douter qu’on ne prendrait pas un tel choix à la légère.

La version officielle pour mes parents, c’était donc que Petit Dauphin naîtrait dans la même maison de naissance que Choupinette, ce qui n’était pas tout à fait faux, puisque c’est là que nous irions en cas de transfert. Puisque l’accouchement en France est beaucoup plus médicalisé, comme j’en touchais un mot dans mon article précédent, j’avais peur que mes parents (français) ne comprennent pas notre choix qui s’inscrivait dans le contexte anglais et je ne voulais surtout pas qu’ils s’inquiètent.

En revanche, ma belle-famille avait moins de chance de s’inquiéter, d’autant plus que ma belle-mère a accouché deux fois sur trois à la maison (pas le choix, elle habitait à la campagne, et ses accouchements étaient trop rapides, ne lui laissant pas le temps d’aller à la maternité). Je me suis souvenu plus tard – trop tard -, en en discutant avec ma mère, que ma grand-mère maternelle avait accouché à domicile, et donc que mon père était lui-même né à la maison ! Peut-être n’aurait-il pas été trop inquiet, finalement…

Et toi, comment as-tu géré la douleur de ton – ou tes – accouchement(s) ? Voudrais-tu tenter un accouchement à domicile ? Quelle serait la réaction de tes proches si tu prenais cette décision, à ton avis ?

A propos de l’auteur

J'habite en Angleterre depuis dix ans et mon mari est anglais. Je suis l'heureuse Maman d'une petite fille née au printemps 2018 (Choupinette) et d'un petit garçon né en décembre 2019 (Petit Dauphin), nous avons fait le choix d'avoir deux enfants rapprochés (19 mois). Je viens te raconter mon quotidien de Maman de deux enfants en bas âge et partager mon expérience de l'accouchement en Angleterre.