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A la une / Témoignage

Quand la rentrée ne se passe pas comme prévu

Ah, la rentrée… Quand tu es enfant, tu es intenable la veille, tu ne dors pas, tu te demandes quel prof tu vas avoir, si tu seras avec tes copains. Quand tu es parent, tu trouves ton enfant intenable la veille, il ne dort pas (et toi non plus), tu te demandes quel prof il va avoir, s’il sera avec ses copains.

Les rentrées de Schtroumpfette

Nous n’avons jamais eu de souci avec Schtroumpfette en maternelle et en primaire. Elle aime l’école, ne pleurait pas, elle adorait retrouver ses copines et avait toujours mille choses à nous raconter le soir. En CM1 elle s’est retrouvée séparée de sa meilleure amie. Cela ne l’a pas empêché de passer une bonne année et de resserrer les liens avec ladite amie.

Elle a énormément stressé pour sa rentrée en Sixième, comme beaucoup d’enfants je pense. C’était compliqué par le fait qu’elle allait dans un établissement où elle ne connaissait personne. Mais la visite du collège en juin lui avait plu, elle était impatiente. Et puis on sait que pour la rentrée au collège tout le monde est à égalité, les enfants viennent de plein d’écoles différentes. Schtroumpfette s’est aussitôt intégrée. En Cinquième, elle a eu un petit coup dur. Les classes ont été mélangées (grosso modo, 5 élèves de chaque classe ont été répartis dans les autres classes) et elle se retrouvait sans ses copines dans une classe constituée depuis l’année précédente. J’avoue avoir éprouvé un secret soulagement car je n’appréciais pas la manière dont les choses se passaient entre elles, avec sans arrêt des chamailleries. Elle a su créer de nouvelles amitiés et moins d’une semaine après un petit noyau dur s’était constitué. 3 ami-e-s avec qui les choses se passaient à merveille.

Pour la rentrée suivante, elle et nous étions plutôt sereins. Après avoir été changé de classe l’année précédente, nous pensions qu’il y avait peu de chance que ça se renouvelle. Naïfs que nous étions… Patatras, la chute a été rude. Elle s’est une nouvelle fois retrouvée dans une classe où elle ne connaissait personne.

Alors que faire ?

Crédits photo (Creative Commons) : Kokomocole

Autant te le dire tout de suite, je fais partie de ces parents qui pensent que les décisions de l’établissement doivent être acceptées. J’ai vécu quelques rentrées et années difficiles (j’ai notamment déménagé en milieu de Sixième… les 4 mois suivants je me suis retrouvée absolument seule tout le temps, à tel point que j’en étais venue à me cacher dans les toilettes pour que personne ne me voit -oui oui, tu as le droit de sortir les mouchoirs). Je sais donc à quel point ce genre de situation peut être traumatisante. Pour autant, mes parents n’ont jamais envisagé de demander un quelconque changement et je suis plutôt dans cette même optique tout comme M. Chéridamour.

Quatre jours après la rentrée juste avant de la déposer à l’école, je découvre assez catastrophée que ça ne se passe pas bien dans sa classe. Schtroumpfette se sent très isolée, ne parle à personne. Elle a essayé de s’intégrer mais n’y arrive pas. Je la sens déboussolée, chose dont je n’ai pas l’habitude car elle a un caractère volontaire, plutôt enthousiasmée par les nouveaux défis. J’appelle M. Chéridamour qui me confirme cette impression. Lui a pu en discuter avec elle tous les soirs et il sait que les choses sont compliquées. Je me suis sentie dans la peau de la pire belle-mère du monde de n’avoir rien remarqué. Oui, j’ai eu une rentrée vraiment très compliquée également, hyper stressante et je rentrais le soir tard et complètement lessivée. En parlant avec Schtroumpfette je n’avais rien vu. Il faut dire que je m’étais surtout concentrée sur les profs et l’emploi du temps, deux choses dont elle était ravie. Il m’avoue qu’elle va d’ailleurs demander à changer de classe le jour même.

C’est là que j’ai senti qu’il fallait qu’on fasse quelque chose. Demander de nous-mêmes le changement non mais l’accompagner oui. Il ne fallait pas qu’elle aille « au charbon » seule mais qu’elle sache qu’on prenait part à son mal-être. Nous avons donc décidé qu’il allait contacter l’établissement durant la journée pour appuyer la demande de Schtroumpfette. Il a écrit un mail très bien tourné, axant notamment sur le fait qu’elle et ses amies constituaient un excellent groupe de travail avec une bonne dynamique ce qui la motivait et l’encourageait à se dépasser en cours. Après un coup de fil à la maman pour la mettre au courant et recueillir son assentiment, il l’a envoyé. Au moins Schtroumpfette saurait que nous avions fait notre possible.

Le résultat

A notre grande surprise le changement a été accepté. Plusieurs choses ont joué :

  • Schtroumpfette est dans un établissement privé. Peut-être que ce genre de demande est davantage prise en compte que dans le public ?
  • La classe qu’elle voulait intégrer était bien moins nombreuse que la sienne (24 élèves contre 32 !)
  • Si Schtroumpfette avait été séparée de ses copines, c’est parce qu’elle était inscrite à un voyage scolaire et pas elles. Il a fallu qu’elle y renonce ce qui a été possible dans la mesure où un autre élève était prêt à prendre sa place pour le voyage.
  • Et chose qui a énormément pesé dans la balance, le mail a été envoyé par M. Chéridamour. La principale nous a expliqué que ce genre de demande émane (quasi) toujours de la maman. Le fait (rarissime) que ce soit le papa qui fasse la démarche l’a interpelée et lui a fait dire que ça devait en effet être important.

J’avoue ne pas avoir été très fière de moi. Je suis allée à l’encontre de mes idées. Mais j’ai senti mon cœur se serrer terriblement quand j’ai vu Schtroumpfette si triste. J’ai eu une envie irrépressible de la prendre dans mes bras et de lui faire un câlin. Elle n’a que 12 ans après tout. Recommencer encore une fois à zéro, pour la troisième fois en 3 ans, je trouvais ça beaucoup et M. Chéridamour était d’accord avec moi.

Cette décision a eu pour conséquence une grosse dispute du côté de la maman. M. Chéridamour l’a tenue au courant, a recueilli son assentiment tout au long des démarches. Cependant, le beau-père ne Schtroumpfette était d’un avis complètement différent (notamment car nous ignorions complètement si la somme versée pour le voyage nous serait remboursée). Être du même avis au sein du couple parental n’est pas évident, cela devient vite le casse-tête quand les parents sont séparés, remariés et qu’il faut que chacun y trouve son compte.

Nous avons bien mis les points sur les i avec Schtroumpfette. Son comportement en classe devrait être le même que les années précédentes, irréprochable et sans la moindre remarque d’enseignant nous signalant des bavardages en classe ou un manque d’attention. Elle a compris et elle est d’accord. Nous ne nous faisons pas trop de souci, c’est une élève très sérieuse qui adore étudier.

Je pense très honnêtement que si le changement avait été refusé, cela se serait quand même bien passé pour Schtroumpfette. Elle n’aurait pas été complètement à l’aise dans sa classe, sans doute un peu isolée et certainement un peu triste. Mais elle se serait adaptée et aurait profité de ses amies en dehors de la classe.

Et si l’an prochain, le même cas de figure ce présente ? Nous ne referons pas de demande. Nous savons d’ores et déjà qu’elle revivra cette situation à l’entrée au lycée (ses amies n’iront pas dans le même qu’elle) et il faudra qu’elle s’adapte bon gré mal gré à ce moment-là.

En attendant, elle a réintégré sa nouvelle classe une semaine après la rentrée. Les enseignants étant quasiment les mêmes que ceux de la classe qu’elle venait de quitter, le changement s’est fait en douceur et sans aucun problème. Elle a retrouvé toute sa motivation, prête à foncer tête baissée dans les projets éducatifs qu’elle trouve passionnants… et accompagnée de ses amies ! Nous avons maintenant droit tous les soirs aux histoires de triangle amoureux, de la bêtise qu’a fait untel en cours de maths ou de la vidéo qu’elle et ses copines sont en train de réaliser pour leur exposé d’anglais !

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Et toi, ton enfant a-t-il eu des rentrées difficiles ? As-tu déjà demandé à ce qu’il change de classe ?

A propos de l’auteur

Coucou ! Moi c'est Mme Espoir. J'ai 37 ans, mon mari et moi sommes ensemble depuis 9 ans et je suis l'heureuse belle-maman d'une Schtroumpfette de 12 ans. Après des années de galère en PMA, mon mari et moi avons décidé de nous lancer dans l'adoption. La route est encore longue avant de devenir maman !